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DE CANDIE A GORTYNE ET A RÉTIMO

(19 b.— On couche i Hagm' Dcka et au courent d'AJomilo».)

La route sortde Candie du côté de l'O., se dirige d'abord au S., puis, franchissant à l'O. les rivières de Géofiro (25 m.) et de Gazi ou Iortir (30 m.), remonte le cours de cette dernière et débouche sur un

large plateau dominé à l'O. par les sommité» de l'Ida, pour atteindre (1 h. 30) le v. de Hagia-Barbara, d'où l'on descend, en contournant un des derniers contre-forts du mont Ida, au v. de Hagioi-Déka (1 h. 30) situé près de l'emplacement de l'antique.

Gortyne (Vopxw ou ràpxwx) , appelée auparavant Larissa etCremmia. Cette ville, d'origine pélasgique, devint bientôt, avec Cnossos, la ville la plus importante de la Crète; elle avait 50 stades de tour. Ptolémée Philopator l'entoura d'une nouvelle enceinte, qui ne. fut pas terminée. Elle était située dans une plaine arrosée par le fleuve Léthe, et qui, selon la tradition mythologique, aurait été le théâtre des amours d'Europe et de Jupiter, à 90 stades (16 kilorn.) de la mer do Libye, sur laquelle elle possédait deux ports : Metallum (Castra-Matala), qui regardait à l'O., et Lebena (Mitropoli), qui regardait au S. Ses ruines ont été décrites d'une manière assez confuse par Belon, Tournefort, Pocock, Savary; et, comme elles ont disparu, on n'a que des données incertaines sur la position précise de la ville.

A 10. de Hagioi-Déka, et audessus du v. aAmpeloussa . on monte par un chemin escarpé à (l h.) la grotte célèbre qu'on a nommée le Labyrinthe. Belon et Pocock ne voient là qued'anciennescarrières. Tournefort et Savary (Lettres swr la fr/vrr, p. «£15, Paris. 1788) N'efforcent de démontrer que ce labyrinthe est bien l'ancien séjour du Minotaure, ou du fils adultérin de Pasiphaé, que ses cruautés avaient fait passer pour un monstre. Les auteurs les plus anciens, Homère, Hésiode, Hérodote, gardent le silence h ce sujet, et ceux qui, plus tard, ont parlé du Minotaure et du Labyrinthe, Diodore de Sicile, Pausanias, Plutarque, Philostrate et Tzetzès, le placent à Cnossos ; Claudien (Sext.

Cous. Hnn., 03V c^t le seul qui lasse du labyrinthe de Gortyne la

LES ILES. [Route 57. j

demeure du Minotaure. Aussi Savary suppose qu'il y eut en Crète deux labyrinthes : celui de Cnossos, édifice bâti par Dédale, et qui avait déjà disparu , au temps de Diodore de Sicile, et celui de Gortyne , sombre caverne qui aurait été l'asile du Minotaure .

Quoi qu'il en soit, c'est ce dernier dont Savary nous a laissé une description détaillée, et dont le plan est annexe à la grande carte de Crète de Dumas, Gauthier et Lapic. On y pénètre par une galerie fort étroite, et si basse qu'on n'y marche qu'en rampant. Il faut se munir de torches et d'une longue corde pour en parcourir les détours. Le labyrinthe comprend un grand nombre de salles, auxquelles on a donné des noms de fantaisie, et de galeries sinueuses nui pénètrent a plus de 400 mètres aans l'intérieur de la terre. Les détours qu'on est obligé de faire représentent une distance bien plus considérable.

Redescendant à Ampeloussa, on se dirige à 10., à travers la plaine, en longeant le pied de la montagne jusqu'au (2 h.) v. de Dibaki, en vue du golfe de Messara. La route tourne alors au N.-O., franchit un ruisseau, et commence a gravir les derniers chaînons boisés de l'Ida pour entrer dans la province d'Abadia, habitée principalement par des musulmans. On traverse les v. de Sahta et de (3 h.) Apodoulo. et, laissant a droite Nitbavri bâti sur le flanc de l'Ida , on franchit un torrent pour remontor sur une hauteur qui domine la fertile vallée d'Asomatos. Dans tout ce trajet, la route parcourt des montagnes admirablement boisées et de fraîches vallées, au-dessus desquelles s'élève le sommet glorieux de l'Ida. Au couvent d'Asomatos (3 h.) on peut trouver un gite pour la nuit, si l'on ne veut pas pousser jusqu'au couvent d'Arkadi (1 h. 20), situé dans une petite plaine entourée de belles forêts de pins. Le monastère d'Xmnatos est le plus grand et le plus

[Route 57.] EXCURSIONS D

Tiche de 1 île de Crète. Le chemin descend ensuite au (1 h.) v. d'Amnatos , signalé de loin par ses blancs minarets, et renfermant encore plusieurs maisons bâties par les \ énitiens; puis, après avoir traversé de* bois d'oliviers sauvais et le le v. turc de Loutra.

rejoint (1 h. 30) la route de Candie à Kétiroo, à 1 h. de cette dernière ville. {V. R. 56.)

Les autres parties de l'Ile de Cp.'te sont moins intéressantes au point de vue des souvenirs antinues, car elles ne présentent que aes vestiges douteux de villes qui, elles-mêmes, n'ont pas d'histoire.

Le défaut d'espace ne nous permet pîâ d'en donner une description détaillée, pour laquelle nous renverrons à l'excellent ouvrage de M. Pashley [TraveUin Crcta, 2 vol., Londres, ÏSâl). Nous nous bornerons à indiquer les deux excur- *jons suivantes : 1° dans la parité orientale de la Crète : de Candie i Gournès, Khersonesos, Palœopoîis le port de Lyttos, dont les ruines se trouvent à 46 kil. dans l'intérieur), Spina-Longa, Mira- Lello, et les emplacements d'Ar- $inoê\ Arcadia et Minoa; Basiliki, Episcopi et Girapétra (Hierapytca;. sur la côte S., à 20 h. environ de Candie. On revient le long de la côte S. et par le v. de Myrtos, le tombeau du Géant, les v. de Sykolopo, Pevkos, Saint-Basile, Arvi , Kastel - Kératon , Bianos ; puis, remontant le ileuve Sudsuro,

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on entre dans laplainede Messora, et par les v. de Loutra, Castel- Belveder, Philippo, Rbotès, Mésokhorio, Pyrgo, Théodoraki, Karaka, Saint-Pnotin et Tarvès, on rejoint (2 j ) Hagioi-Déka. (V. R. 57.

— De là à Candie, 6 h.; — à Rétimo, 13 h.)

2° Excursion dans la partie occidentale et le district de Sphakic. — De la Canée à Platania, Térami, le couvent de Gonia, Agribiliana, Nokia, Nopia, église Saint- Georges (ancien Méthymna), Drapania, Kisamo -Casteili (l'antique Kisamos;, Palaeocastron (Polyrrhenia, ruinesassez étendues), Mésagia , Koutri (Phalasarna, une acropole et des grottes sépulcrales), Sphinari, Ramposelorakhos, Kounoni , Skhavopoulo, Pélékanas , Tzaliana , Sélino- Kastelli , célèbre par une révolte contre les Vénitiens en 1332, Saint-Kyriakos (Lissos?, anciens tombeaux), Suia, Livada, Moné-Rodovani (Elyros?), Mazo, Téménia (Hyrtakina), Khadros, Spaniako, Vlithias, Krgasteri, Sainte-Irène, Laki, Meskla, Drakona, Pémonia, Fré, Askyfo, où commence le canton de Sphakié, et d'où l'on peut aller visiter Franko-Kastello , le port Loutron (ancien Phœnix), Aradena, Lividiana , Saint-Rouniéli et Samaria, d'où l'on revient à la Canée par Sainte-Irène et Meskla. Cette tournée, dont les beautés pittoresques du pays et les mœurs primitives des Sphakiotes font le principal intérêt, ne demande guère moins de trois semaines.

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