CONSTANTINOPLE.— HISTOIRE
attaques des Barbares. Nous renverrons le lecteur pour une étude plus approfondie à l'admirable ouvrage de Gibbon (Grandeur et décadence de l Empire Romain); a ceux de Lebeau (Histoire du Bas- Empire), et de Schlosser [Gesehichte der Bildersturmenden - Kaiser, Histoire des Empereurs Iconoclastes , et nous mentionnerons surtout les événements qui ont laissé une trace dans les monuments encore existants.
Justinien (527-595' peut^tre considéré comme lesecond fondateurd* Constantinople. Après la terrible sédition du cirque, qui réduisit la ville en cendres, et aurait détrôné l'empereur sans la fermeté de Théodora, de courtisane devenue impératrice, Justinien rebâtit sa capitale avec encore plus de magnificence ; on lui doit la grande et la petite Sainte-Sophie [V. ciaprès § V) qui subsistent encore, mais son palais magnifique^, orné de marbres et de mosaïques représentant les victoires de son règne, a disparu avec les vingt-cinq églises qu'il avait bâties. Sa statue équestre, élevée sur une colonne en face de Sainte-Sophie, subsista jusqu'au xvie siècle, où les Turcs la fondirentpour en faire un canon.
Il embellit beaucoup le quartier des Figuiers (Sycie) au delà du
Sort, dont il fit la treizième région e la ville (Galata;. Héraclius enferma dans l'enceinte le quartier des Blaquernes. A partir du règne de cet empereur, la splendeur de Constantinople disparaît peu à peu comme sa prospérité et sa puissance. A peine, de loin en loin, un empereur fait-il réparer les monuments laissés par ses prédécesseurs. En 668 et 675, les Arabes paraissent pour la première fois sous les murs de la ville , mais ils sont repoussés par le feu grégeois et perdent 30 000 hommes (T*. Eyoub, § XI). De nouvelles attaques sont repoussées de 716 à 718. En ft65, 904, 911 et 1043, Constantinople doit se défendre contre les Russes.
Constantin Porphyrogénèto (912 à 959) b&til un palais superbe, dont
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il ne reste plus de traces, et éleva sur l'hippourome la pvramide qui porte son nom. La prise de Constantinople par les Croisés ne laissa pas pierre sur pierre de la ville de Constantin et de Justinien, sauf le peu de monuments que nousavons cités. Toutes les statues des Grecs furent détruites, à l'exception des chevaux de bronze de Lysippe, transportés à Venise. Le rétablissement de l'EmpireGrec, en 1261, n'eut, pour ainsi dire, aucun résultat; le temps des grandes constructions était passé.
En 1422. Murad II assiégea Constantinoplc sans succès. Le 6 mai 1453, Mahomet II l'assiégea à son tour. Laprincipale attaquefut dirigée du côté de la terre ferme. De part et d'autre on fit grand usage de l'artillerie. Les Grecs et les Turcs ne possédaient, en général, que des pièces de petit calibre ; toutefois ces derniers avaient deux ou trois 'énornes pièces, dont les dimensions dépassaient celles de nos canons actuels. Un blocus étroit fut établi parmercomme par terre.
Cependantquatre vaisseaux génois et un grec, partis de Chio, parvinrent à franchir l'Hellespont et la Propontide, et, traversant victorieusement la flotte turque, pénétrèrent dans le port de Constantinople, apportant des soldats, des matelots et des vivres. Mais ce fut tout le secours que la ville assiégée reçut de la chrétienté. Mahomet, ne pouvant forcer l'entrée de la Cornê-d'Or, barrée par une chaîne qui s'étendait de la pointe du Séraï au rivage de Galata , conçut le hardi projet de transporter par terre ses galères du Bosphore au fond de la Come-d'Or, où l'eau n'était pas assez profonde
f>our que les vaisseaux grecs, plus ourds que les siens, vinssent les y combattre. Ce projet fut exécuté avec promptitude et mystère ; les galères, tirées à terre, furent poussées sur de longues glissorres en planches, et les Grecs se virent avec terreur attaqués des deux côtés à la fois : ils essayèrent sans
D'EUROPE. | Rot tf f*
succès de brûler les galères turques. Le siège durait depuis quarante jours. Constantin Dracosès en était réduit à dépouiller les églises pour payer ses troupes.
L'assaut définitif eut lieu le 39 mai.
Les Turcs se précipitèrent avec un farouche enthousiasme, les Grecs les reçurent avec le courage du désespoir. La valeur des janissaires décida la victoire. La retraite du Génois Justiniani, blessé à la main au milieu de l'action, découragea d'abord les assiégés ; bientôt l'empereur, lui-même, fut tué sur la orèche (près de Top- Kapou), et les Grecs lâchèrent pied. Au même moment la ville était forcée du côté de la mer :
Sainte-Sophie, où la population s'était réfugiée, fut bientôt envahie par le vainqueur (V. § V); dès lors ce ne fut plus qu'un horrible massacre, pendant trois jours la ville fut abandonnée au pillage : trois mille soldats grecs furent égorgés, les vieillards, les femmes, les enfants réduits en esclavage ; les trois jours expirés, Mahomet fit cesser le pillage et le massacre, promit sa protection à ceux qui voudraient habiter librement sa nouvelle conquête, et assura aux chrétiens l'exercice de leur culte. Il entreprit bientôt de vastes constructions. Il bâtit le château des Sept-Tours , l'ancien Séraï (E ski- Serai) et le nouveau Séraï sur la pointe des Jardins; il transforma en mosquées huit églises, dont Sainte-Sophie, il éleva les mosquées d'Eyoub , de Scheik Bokhari, des Janissaires, de Kassèm -Pacha, et enfin la grande Mohammedièh. Ses successeurs érigèrent aussi des monuments importants. Bayézid II éleva la Bayézidièh (1498), et la mosquée de Schemseddin-Bokhari. Soliman le Magnifique employa l'architecte Sinan à construire la Suleïmanièh, la mosquée et le tombeau de son fil? Mohammed à Galata, celle de Djihangir au-dessus de Top-Hanè, celle de Mirmah à Scutari, et celle de la sultane Roucbènèk(Roxelane;
Rôtit r 58.