I. Renseignements généraux
Débarquement.— Les formalités de débarquement sont presque nulles. Un officier du paquebot emporte à terre les passeports, qu'on fait reprendre le lendemain à la police. A peine l'entrée est-elle accordée, que le pont du navire est envahi par une quantité de tirogmani, de domes-
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tique* Je place et de bateliers tenant offrir leurs service*. L'étranger qui ne sait pas le turc, ou tout au moins le grec, doit prendre un de ces interprète* : la langue italienne, que Ton entend dan* presque tous le* ports de la Méditerranée, serait ici d'un secours insuffisant. L'interprète se chargera de faire prix avec les bateliers, les porteurs, et do conduira 1 étranger à l'hôtel qu'il aura désigné : mais l'étranger qui aura fait choix d'un hôtel ne devra pas se laisser influencer par le drogman qui voudra souvent le conduira à un autre; il devra également payer lui-même, autant que possible, le batelier et les porteurs, car il peut être assure que le drogman lui réclamerait plus du double de ce qu'il aurait payé. Un drogman, qui ne fait que vous aider au débarquement et vous conduire* À l'hôtel, est très-largement payé avec 10 piastres turques. On donnerait un peu plus s'il s'était chargé de trouver un logement dans une maison particulière. Le voyageur dont le bagage est lourd ne devra pas descendre dans un caïq, qui chavire trop facilement, mais prendre une des barques plus pesantes qui accostent le navire. Pour débarquer, il faut aborder à ladooane et subir la visite de se* effets, mais le voyageur qui a peu de bagage peut se rendre directement à terre, à l'échelle de débarquement la plus voisine; le douanier turc qu'il rencontrera se contentera d'une visite très-superficielle, on le rendra plus accommodant moyennant un bnghchich ( gratification ) qui variera de 2 à 10 piastres, selon la quantité du bagage que l'on emporte, ("est ordinairement à Top-Hanè que l'on débarque pour se rendre aux hôtels de Péra. On y trouve au besoin des chevaux pour monter dans les hauts quartiers.
Hôtels.— Tou* les hôtels des Européens se trouvent encore à Péra ou i Gala.fi. Ils sont en général très-eliers et traitant le voyageur comme une proie qui ne saurait leur échapper. On paye ordinairement tant par jour pour le logement et la nourriture : le voyageur qui passe sa Journée dans les quartiers éloignes de Constantinople, à Scutari ou sur le Bos-
VEUUOPE. L Rot* t f. f>*/
phore, paye ainsi les repas qu'il n'a pas pris, même s'il prévient d'avance. Il serait à désirer qu'on établit à Stamboul même, dans le quartier de l'Hippodrome, des hôtels dans une maison turque , comme il y en a maintenant à Damas, pour faire concurrence à la rapacité des Européens de Péra : les mœurs turque* sont assez adoucies maintenant pour que la chose soit possible. On éviterait aussi de cette manière la perte de temps occasionnée chaque jour par la nécessité de descendre de Pera et d'y remonter et de traverser la Corne-d'Or.
JIÔteh-H Angleterre, tenu par Misseri, rue de Péra, au coin de la rue de la Po»te- Militaire, 17 francs par jour pour la chambre, le déjeuner et le dîner, plus 1 franc de service. — La bouffie se paye 1 franc, le thé 1 franc, le dîner à table d'hôte pour les invités, 7 francs, le déjeuner 5 francs. -On ne sert pas de repja dans les chambres ; il est défendu de fumer, crainte d'incendie. — Les portes de l'hôtel se ferment à minuit, et ne sont plus ouvertes a qui que ce soit. — Si i on s'en absente quelques jours, on paye, comme si on y était, 18 francs par jour. — Cet extrait du règlement de l'hôtel d'Angleterre montre comment les propriétaires de ces établissements entendent traiter les voyageurs auxquels ils veulent bien accorder l'hospitalité : les règlements de* autres hôtels sont malheureusement les mêmes.
H 'tel <1e lieîlcvue, rue de Péra, près de l'ambassade de France, mêmes prix qu'à l'hôtel d'Angleterre, très-belle vue sur la Corne-d'Or et l'entrée du Bosphore.
Hôtel de I Kurove, rue de la Poste-Militaire, au point dit les quatre rmsf tenu par Destuniano, 12 à 15 francs par jour — Table d'hôte, 0 francs.
Hôtrt <fr Péra, rue du Quartier Général. — 1? francs par jour, table d hôte, f> francs. —Déjeuner, .1 fmnes. — Café ou the simple, 1 franc. — îdrm avec pain, beurre et <eufs, 'i francs: service, 1 franc — Bougie, l franc.
Jh'tfldtt Amltissii îeurs, HJtrhlu Globe, rue de Pera, prix comme à l'hôtel de Pera.— 1l>'i<1 <U F r.r»„v , H 'tri ,1e I.uon
Koi r*. 58^ CONSTANTINOPLE. — RENSEIGNEMENTS.
Franc*, tous deux sur le Pt7iï Champ des Morts, avec une très-belle vue. Prix : 10 à 12 francs par jour,— Les autres hôtels de Pera ou de Galata ne sont que des bouges indignes des touristes.
Pour échapper aux exigences des hôtels et conserver la liberté de leurs excursions, beaucoup de voyageurs préfèrent se loger dans des maisons particulières. Au moment du débarquement, on vous remet habituellement un çrand nombre d'adresse* ; au besoin les drogmans vous en procurent. La mention de maison bdtie en yterre n'est pas à dédaigner dans ce pays où les incendies sont si fréquents et si désastreux. Dans quelques-unes de ces maisons, le voyageur pourra faire un arrangement pour sa nourriture, s'il ne préfère prendre «es repas dehors, soit aux tables d'hôte des hôtels, soit aux restaurants ci-
Restaurants.— Du Caxin (recommandé), rue de Pera, près de l'hôtel de Bellevuc. — Table d'hôte à 5 francs et à 3 francs.
Restaurant du Palau des Fleurs (a la carte ou a prix fixe, 3 et i francs), rue de Pera, au delà du théâtre Naum.
Restaurant du Passaye oriental (en face ce passage, dans la rue qui aboutit en face l'hôtel d'Angleterre.) — A la carte.
Restaurant de la Ville, de Paris (au bout de la rue de Pera, en descendant rers Galata), près de l'ancien couvent des Derviches-Tourneurs. Dîner : i francs ôO c. — Déjeuner à la fourchette, 2 francs.
Restaurant du Danube, près du précédent, dans une petite rue qui rejoint le Petit Champ des Morts.
Café».— Il y a Péra deux cafés à l'européenne, où l'on trouve les journaux : le café de Saint-Pétersbourg, rue de Péra, en face l'ambassade de Russie, et le cafe de. France, au bout de la rue du Quartier- Général, sur le Petit Champ des Morts.
Quant aux cafés turcs, il y en a des centaines dans tous les quartiers de Constantinopîe. Le prix d'une tasse de cafe noir y e*t de 20 paras 00 centimes environ.)
Cabinet de lecture, rue de Pera, près de l'hôtel d'Angleterre.
Vues ,.t costumes de Constantinople,
chez Pre2iosi, à Péra, rue du Quartier- Général, 11.
Théâtre Naum. rue«ée Péra, en allant vers le Grand Champ des Morts; c'est le seul théâtre de Constantinople : on y joue l'opéra italien trois fois par semaine.
Le Palais des îleurs est un café chantant ouvert tous les soirs (rue de Péro, au delà du théâtre Naum).
Poste aux lettres. — Sauf une poste turque pour Audrinoplc, que l'on trouve dans l'enceinte de la Yéni-Djami , au bout du premier pont, la poste à Constantinople est entre les mains des étrangers.
La poste française se trouve à Péra, rue de la Poste civile, un peu au-dessous de la chancellerie française. La poste autrichienne se trouve juste en face, auuexèe à la chancellerie autrichienne.
Dropmans, Ciceroni. — Les meilleurs se trouvent à la porte des grands hôtels. On les paye 5 à 6 francs par jour , mais il ne faut pas s'attendre à trouver en eux des ciceroni instruits comme ceux de l'Italie; ils sont fort ignorants et leur emploi se borne à peu près à vous conduire aux endroits que vous leur désignez, et à vous servir d'interprètes. Toutefois, leur secours est indispensable les premiers jours, pour ne pas s'égarer dans le dédale des rues de Constantinople. Lorsque vous faites un achat par leur entremise, vous pouvez être sûr qu'ils prélèvent sur vous un fort bénéfice. Il faut surtout se défier des drogmans juifs ou arméniens que l'on rencontre autour du bazar.
Caïqs.— -Le caïq esta Constantinople ce que la gondole est à Venise, peut-être surpaese-t-il la gondole en élégance; mais à coup sûr il est beaucoup plus léger et plus susceptible de chavirer. 11 faut les premiers jours montrer une grande prudence pour s'embarquer, et se laisser guider par les caùjdji : on s'assied au fond de la barque sur un coussin, les jambes pliées à la turque, et il faut se garder de tout mouvement brusque qui dérangerait l'équilibre de la frèle embarcation. On trouve des milliers de caïqs tant sur la Corne-d'Or que sur le Bosphore. Le prix des caïqs varie suivant le nombre des rameurs, suivant la distance à parcourir,
et surtout selon qu'on prend le caïq pour soi seul, ou qu'on y monte à plusieurs; dans ce dernier cas, on peut traverser la Corne-d'Or ou se rendre à bord d'un navire pour une demi-piastre ou une piastre : pour deux piastres, on ira de Top- Hanè a Scutari. Si l'on est *eut, au contraire, on ne payera pas moins de quatre ou cinq piastres pour une course dans le port, et de dix piastres pour Scutari ; pour les distances plus considérables, il faut faire un arrangement avec les caiqdji: un caïq à deux ou trois paires de rames pour la tournée du Bosphore jusqu'à Buyuk-Déré, coûte de 80 à 180 piastres (de 16 à 20 francs) pour toute la journée» — Il y a encore de gros caïqs omnibus pour le Bosphore, mais les bateaux à vapeur les ont presque entièrement supplantés.
Porteurs ou Bammals. — Ils sont remarquables par leur costume pittoresque, le coussinet de cuir fixé sur le dos qui leur sert de hotte, leur vigueur et leur adresse extraordinaires pour porter d'énormes fardeaux au moyen d'une corde ou d'un grand bâton. Il faut se tenir constamment en garde contre eux, et se ranger quand on entend leur cris (t arda /), car ils marchent avec une grande rapidité et ne se font pas faute de heurter les passants. Un bammal, pour porter le bagage d'un voyageur de Top-Hanè à Péra, se paye 5 piastres.
Chevaux. — Ou trouve à l'échelle de Top-Hanè , au bout du pont de la Volidé-Sultane, au bout du pont de Mahmoud , etc., des chevaux de louage pour monter dans les hauts quartiers ou parcourir la ville; le prix en est modéré : de Top-Hanè à Pera, on pave 2 piastres ; les autres courses en proportion. On trouve aussi à Péra des chevaux de louage pour de plus longues promenades.
Flrmans , visite do mosquées, eto.— Pour visiter complètement les bâtiments du séraï et les mosquées principales, il faut solliciter, par l'entremise des ambassades , un firman dont le prix est de 800 piastres (200 francs environ); mais, comme il est valable pour un grand nombre de personnes, on le fait habituellement
TURQUIE D'EUROPE. [Koutk .>8.J
savoir dans les hôtels, et les frais partages entre les visiteurs sont peu considérables. Toutefois, depuis le séjour de l'armée anglo-française , on peut pénétrer sans firman dans Sainte-Sophie et dans les principales mosquées, moyennant un baghehich donné à l'iman ; la seule condition est d oter ses chaussures: mais, pour voir Sainte-Irène et le musée des costume» des janissaires, il fautdemander un permis au pacha de Top-Hanè.
Le vendredi de chaque semaine , le sultan se rend en cérémonie & Tune des mosquées impériales pour y faire sa prière : c'est le moment que l'on doit choisir pour voir à coup sûr le souverain et son cortège : on sait le matin dans les hôtels quelle est la mosquée désignée, et quel sera l'itinéraire, soit par terre à cheval, soit par eau en caïq.
Les tierriches tourneurs donnent tous les dimanches leur séance publique à leur couvent nouveau de Kassém-Pacho.
Les derviches hurleurs se voient tous les jeudis à Scutari,
Les musulmans se réunissent le vendredi dans l'après-midi, aux promenades des eaux douces d'Europe et d'Asie; les chrétiens s'y rendent le dimanche.
La nuit tombée, on ne peut circuler dans Constantinoplc qu'avec une lanterne, sous peine d'être arrêté par la police : l'inégalité du terrain et l'obscurité absolue des rues rend d'ailleurs cette précaution indispensable. On a cependant établi l'éclairage au gaz à Péra, et Ton parle de l'établir également à Stamboul.
Bateaux à vapeur.— 1° Bateaux omnibus pour Scutari, partant du pont de la Corned'Or de demi-heure en demi-heure, de 7 heures à 10 heures du matin, et de
I heure après-midi jusqu'à 5 heures.— Trajet eu 15 minutes. Prix : 1 piastre.—
II n'y a pas de classes différentes, la place est au premier occupant, l'arrière du bâtiment est réservé aux femmes.
Pour le Bosphore, touchant à toutes les échelles de débarquement jusqu'à Buyuk- Déré.— Vrix : f> piastres.— Plusieurs départs par jour, selon la saison. Le premier départ a lieu le matin vers 8 heures, et le le dernier à 1 ou 5 heures du soir—Il y
tKocTE ObV CONSTANTIXOPLI
a également plusieurs départs de Buyuk- Dt'ré a Constantinople, le premier le matin de bonne heure, et un second Ters 1 heure après-midi.
Pour les lies des Prince», tous les soirs Ter» 5 heures. Le bateau repartant le lendemain de grand matin des îles pour Constantinople, on est obligé d'y séjouroer un jour et deux nuits. Le dimanche seulement le bateau part le matin de Constantinople, et y revient le soir.
Pour Brousse. — Tous les samedis. — Retour le lendemain matin.
Pour NicomêJie.—Toiis les samedis — Retour le lendemain matin.
2* Paquebots à vapeur :
Messageries impériales françaises- — 'Bureau à Gala ta.) — Ligne de Marseille ; pour les Dardanelles, le Pirée, Messine et Marseille, trajet accéléré en 7 jours, départ de Constantinople tous les mercredis.
—Ligne de l'Archipel : pour Gallipoli, 1rs Dardanelles, Meteïin, Smyrne, Syra et le Piree, tous les 15 jours, le vendredi. (Trajet en 6 jours.}— Deux jours d'arrêt à Smyrne, et correspondance avec la ligne de Syrie et d'Egypte. (Trajet de Constantinople à Alexandrie en 15 à 10 jours.)
Ligne d'Anatolie . pour Gallipoli, les Dardanelles, Metelin et Smyrne, tous les 14 jours, le vendredi, trajet en 48 heures. Correspondance à Smyrne avec la ligne de Marseille, par Syra et Malte. (Trajet en 11 jours.)
Ligne de Thessalie : pour Gallipoli, les Dardanelles, Salonique et Volo, tous les jeudis. (Trajet en 3 ou 4 jours.)
Ligne du Danube : pour Varna, Sulina, TuUcha, Galalz et lbralla,tous les lundis. (Trajet en 4 jours.)
Ligne de Trebizonde : touchant à I nébol i, Sinope, Samsoun et Kératunte, tous les lundis. (Trajet en 3 jours.)
Uot/d autrichien. (Bureau à Galata) :
pour les Dardanelles, Tenedos , Capo- Baba, Mctélin et Smyrne, tous les som.
(Trajet en 2 jours. )
Pour la Thessalie : Salonique et Volo, tous les samedis. (Trajet en 4 jours.)
Pour les Dardanelles : Smyrne, Syra, Corfou, Brindes, Ancône et Triestrwtous les samedis. (Trajet en 11 jours.)— M y a
un transbordement à Smyrne.— Correspondance a Syra avec la ligne du Piree et de l'isthme de Corinthe.
Pour Syra, Corfou et Trieste, tous les vendredis. (Trajet direct en 7 jours.)
Pour les Dardanelles : Smyrne, Rhodes, Chypre, Beyrout et Jaffa, tous les 15 j., le mercredi. (Trajet en 10 jours.)— Correspondance à Chypre avec la ligne do Caramanie, Mersina, Alexandrette et Lattaquié. — A Jaffa, correspondance arec Alexandrie d'Égypte, seulementà l'époque du pèlerinage .
Pour les Dardanelles : Smyrne, Rhodes et Alexandrie, tous les 15 jours, le samedi. (Trajet direct en 7 jours.)
Ligne de la mer Noire : pour Inéboli, Sinope, Samsoun et Trebizonde, tous les lundis. (Trajet en 3 et 4 jours.)
Pour Bourgas et Varna , tous les samedis. (Trajet en 22 heures.)
Pour Varna, Soulina, Tulscha. Galalz et Ibraila , tous les mardis pendant la belle saison. {Trajet en I jours.)— Correspondance à lbraïla avec les vapeurs du Danube pour Giurgevo, Orsova, Semlin, Pesthet Vienne. (Trajet en 8 j. environ.) — Correspondance à Galalz pour Odessa, tous les samedis. — Ces services sont sus» pendus en hiver.
Vapeurs turcs pour Syra et Candie.
♦On annonce l'établissement prochain d'une puissante compagnie ru «se qui desservira toutes les côtes de la mer Noire et les principales lignes de la Méditerranée.
Télégraphe électrique. — Un câble sous-marin vient d'être établi entre Constantinople et les Dardanelles, il doit être prolongé jusqu'à la Crète.— La télégraphie continentale est reliée par les lignes autrichiennes avec le reste de l'Europe.
IL Topographie générale.
Constantinople , anciennement Byzance, capitale de l'empire ottoman, est nommée par les Turcs Stamboul ou lstamboul par corruption des mots grecs sf> ?*}v rrditv, qu'ils entendaient prononcer • ux Grecs à l'époque de la conquête. Elle est située par 41* 0' 16"
TURQUIE D'EUKOPE.
[Kovtk 58. ]
de latitude N., et 26» 38' 50" de longitude orientale, sur la mer .de Marmara, à l'entrée du Bosphore de Thrace, qui sépare l'Europe de l'Asie. Par sa position, qui passe à juste titre pour une des plus magnifiques qui soient au monde, par fimportance et la sécurité de son port, elle commande le commerce de la mer Noire et de la Méditerranée. Sa population est évaluée à 000 000 habitants, y compris les faubourgs.
L'étranger qui voudra se rendre compte le plus rapidement possible de la topographie de Constantinople, fera bien de monter tout d'abord sur la tour de Galata , ou mieux sur celle du Séraskiérat (voir ci-dessous) , d'où l'on embrasse toute la ville et ses environs à une grande distance.
11 faut distinguer dans Constantinople deux parties , l'une en deçà, l'autre au delà du port. Ce port est formé par un golfe profond que le Bosphore fait dans la rive européenne, et qui de toute antiquité s'est appelé la Corne- d'Or (Chrysokéras), sans doute à cause de sa forme et de la richesse de ses rives. Le golfe, en se terminant au N.-O. . reçoit ies eaux des rivières Cydaris et Barbyzès, qui débouchent d'une vallée verdoyante dans laquelle se trouve la promenade des Eaux-Douces d'Europe.
La ville proprement dite, ou Stamboul, est située dans cette péninsule, qui s'avance en pointe sur le Bosphore : elle forme une espace do triangle, dont la base vers l'occident regarde les campagnes do la Thrace ou Uoumélie; le côté du midi est baigné par la mer de Marmara, et Te côté du nord s'étend le long de la Corne-d'Or, en se recourbant en demi-an; a ses deux extrémités. L'angle oriental est formé par la pointe de la péninsule, qu'on nomme Pointe du Serai, qui fait face à la ville asiatique de Scutari. On voitsurl'angle méridional le château des Sept- Tours ; l'angle septentrional est % la mosquée d'Eyoub.
La partie située audelàdu port, k TE. et au N.-E. comprend les faubourgs ; le plus important est Galata, bati en partie sur une colline, en partie dans la plaine que forment au pied de la colline deux vallées, l'une orientale, l'autre occidentale. Ce faubourg figure ù peu près une colline conique, dont la haute tour de Galata torme le sommet. Au-dessus de Galata est Pcra, autre faubourg, qui s'étend assez loin au X.-E. sur le sommet des collines, et au pied duquel se trouvent, du côté du Bosphore, Top-Hanè, avec ses jolies mosquées, la fonderie de canons et les établissements de l'artillerie, puis le quartier turc de Foundoûklu, puis le nouveau palais de Dolma- Baghtché et celui de Béchik-Tacht A 10. de Galata, se trouve le faubourg de Kasaém-Pacha, puis Ters- Hanè, avec l'arsenal maritime, et les quartiers de Divan- liane , Hass-Keuï et Sulidze', au-dessus desquels s'étend la plaine de l'Ok- Meïuan.
Trois ponts de bateaux traversent la Corne-d'Or et relient ces faubourgs à Stamboul. Le plus ancien, le Vieux-Pont, ou pont de Mahmoud, construit en 1837, s'étend de l'extrémité la plus occidentale de Galata à la porte Oun- Kapou. Le plus rapproché du Bosphore, ou pont de la Validé- Sultane (mère d'Abdul-Medjid ) , s'étend de la pointe la plus avancée de Galata à la porte Balouk-Bazar- Kapoussi, en face de la grande mosquée Yéni-Djami. On paye 5 paras par personne sur ce pont : le produit de ce péage est consacré aux pauvres. Enfin un troisième pont a élû construit récemment au fond du port, entre la porte d'Eyoub et Hass-Keuï. Le passage est gratuit sur co pont comme sur celui de Mahmoud.
La ville proprement dite, ou Stamboul, se divise, comme Rome, en sept collines. Six de ces collines s'élèvent le long du côté septentrional de la ville , séparées par cinq vallées , dont la
Koi tk 58.] CONSTANTINOPLE
troisième et la cinquième sont les seules qui traversent entièrement lo promontoire. Ces inégalités du sol se reconnaissent bien de la tour de Galata, ou de lOk-Meïdan, au lever et au coucher du soleil, à cause des ombre» qui s'étendent alors sur les vallées. La septième colline, comprenant le quartier le plus méridional de la ville avec le château des Sept-Tours, est séparée des six autres par une vallée beaucoup plus vaste que les précédentes et qui s'étend de l'O. a TE. depuis le milieu des murs du côté de la terre jusqu'au port de Koum- Kapou sur la mer de Marmara.
Cette vallée est encore occupée en grande partie par des jardins, et parcourue par le ruisseau Lycus, qui se jette dans la mer à l'ancien port de Théodose, près do Daoud- Pacha-Kapoussi.
La colline la plus orientale porte le Séraï, Samte-Sophie (4 minarets1,, l'Hippodrome et lamosquée d'Ahim-d Q minarets); la
r première vallée est occupée par es murs d'enceinte du Séraï du côté de la terre, et par les bâtiments de la Sublime-Porte. La seconde colline présente la colonne de porphyre dite colonne Brûlée et la mosquée de Nouri Osman 1 eh .2 minarets). La seconde vallée, qui commence à la porte de Balouk- Bazar. au bout du premier pont, contient la Yéni-Djami, ou mosquée de la Validé-Sultane (2 minarets) bAtie tout au bord de la Corne-d'Or, les bazars et plusieurs khans. Elle est dominée par la mosquée de Bajazet (2 minarets) bâtie sur la hauteur qui relie la seconde à la troisième colline.
Cette colline porte l'ancien Séraï Eski Serai), actuellement le Séraskiérat, avec son énorme tour, et l'immense mosquée de Soliman le Magnifique, avec 4 minarets et une profusion de petites coupoles.
— La troisième vallée, qui traverse tout le promontoire , présente l'aqueduc de Valens, et l'At-Bazar 'bazar des chevaux).— La qua-
trième colline porte la grande mosquée de Mahomet le Conquérant (2 minarets) et la colonne de Marcien. — La cinquième colline porte la mosquée de Sélim (2 minarets) : c'est au pied de cette colline, sur les bords de la Corned'Or, quo se trouve le Phanar, ou quartier grec , avec l'église patriarcale et la mosquée des Roses (Gul-Djamissi).— Lasixième colline comprend l'ancien quartier de l'Heldomon, avec les ruines du Tékir-Seraï , ancien palais de Constantin ; à ses pieds est le quartier de Balata , ou quartier des juifs . et l'ancien faubourg des Blaquernes (Bia^esvai). Au delà des murailles de la ville, et au fond de la Corne-d'Or, on aperçoit le faubourg d'Eyoub, avec sa jolie mosquée à deux minarets, et le beau cimetière qui le domine.
Enfin de l'autre côté du Bosphore, sur la côte d'Asie, est la ville de ScutarL qui n'est guèro qu'un faubourg de Constantinoplc; il faut la voir, du pont de la Validé-Sultane, au moment du coucher du soleil; rien n'égale l'éclat de cette chaude lumière sur les maisons coloriées, les fenêtres vitrées, et les blancs minarets des mosquées, se détachantsur le fond sombre de l'immense forêt de cyprès qui forme le cimetière do Scutan. — Au milieu du Bosphore, mais plus pr^s de la rive asiatique, se trouve un rocher surmonté d'une tour carrée, nommée la tour de Lt'andre, ou la tour de la Fille (Kiz-Koulessi). Enfin, vers le N.-E.
court le Bosphore, semblable à un fleuve immense, dontles rives sont couvertes de villages et de palais/ tandis qu'au S. de Stamboul s'étend la mer de Marmara, avec les îles des Princes sur le premier plan, et les sommités neigeuses de l'Olympe de Bithynie au fond du tableau.
Tel est l'aspectgénéral que cette vaste capitale offre aux regards enchantés du voyageur moderne.
La topographie ancienne de Constantinople, sa division en treize
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régions sous les empereurs du Bas-Empire , sont des questions que notre cadre restreint ne nous permet pas d'aborder. Les monuments qui servaient de points de repère pour déterminer ces régions ont presque tous disparu sans laisser de trace, de sorte que la restauration du plan de l'ancienne ville n'est plus qu'un objet de pure curiosité historique, sur lequel les ttavants peuvent difficilement se mettre d'accord. Nous renverrons le petit nombre de nos lecteurs, que cette question pourrait intéresser, aux ouvrages spéciaux de Hainmer (Constantinopcl und die Bospoins ) ; — Ducange (Constaniinopolis christiana); — Dallaway (Constantinople ancient and modcrn)\ — Andréossy {Constantin nople et le Bosphore); — Choiseul- Gouffier ( Voy. pitt. de la Grèce, tom. II) ;— Smith (Dicl. ofGreek and Roman Geographu). On trouvera d'ailleurs dans les paragraphes suivants (Séraï, Sainte-Sophie, antiquités, etc.), les indications topographiques des monuments qui ont laissé sur le terrain des restes appréciables.
Comme complément de cet aperçu général , nous donnerons au voyageur pressé par le temps un modèle d excursions pour visiter Constanlinople de la manière la plus rapide, chacun restantlibre de varier à sa fantaisie les promenades que nous indiquons.
CONSTANT) NOPLE, en 7 jour*.
1'* journée. — S'embarquer à l'échelle de Top-Hanè , traverser la Corne-dOr jusqu'à l'angle de l'enceinte du Serai, près de Yali-Kiosk, longer le quai et débarquer à Baghtchc-Kapoussi. — Imaret et Médressé de Sultan Abdul-Hamid.
tombeau d'Abdul-Hamid.— Suivre la rue du Divan , pilais de la Sublime-Porte (Pacba-Kapoussi ). Enceinte du Serai.
Alai-Kiosk, porte de Sdouk-Tchechrae, tour des jardins du Séraï jusqu'à Gulhanc. — Bab- Humaïoun, Sain te -Irène , la Monnnic, Orta-Kapoussi, Bab-Séadet.appar-
D'EUKOPK. [Holtk ô«.;
tements du Séraï. — Fontaine d'Ahmed. — Sainte-Sophie , citerne Baaileia (Yérè- Batan-Séraï). — Palais de l'Université.— Hippodrome (obélisque, colonne serpentine etpyramide murée), turbé et mosquée de sultan Ahmed , petite Sainte-Sophie.
—Citerne des Mille et une colonnes (Binbir-Dérek). —Turbé de Mahmoud. — Ancienne Sublime-Porte. — Retour par le pont de la Validé - Sultane et Gai au. (Cette journée devra souvent être dédoublée, si l'on a besoin d'attendre les permissions nécessaires pour visiter complètement l'intérieur du Serai, de Sainte-Sophie, etc.)
3* journée.'— Galata, pont et mosquée de la Valide-Sultane, bazar des drogues, Yeni-Khànet Validèh-Kban, grand bazar, mosquée de Nouri - Osmanièh , Veiir- KhAn, Colonne brûlée, mosquées d'Ali- Pacha et de Bajazet. — Seraskiérat. — Taouk-Bazar. — Mosquée de Laléli, de Ragib-Pacha,Tchoukour-Tchechmé, ancienne caserne desjunissaires .mosquées de Schahzadé, de Soliman le Magnifique, bains et mosquées de Mahomet le Conquérant, Colonne de Marcien, Et-Meïdan, aqueduc de Valens, At-Bazar (bazar des chevaux, des selliers, etc.), tombeau d'Irèue, rue des Moulins, Oun-Kapou, pont de Mahmoud , Arab-Djami , Petit Champ des Morts, Péra.
3« journée. — Tour des murs. «-S'embarquer à Top-Hanè, doubler la pointe du Séraï en examinant tous les kiosques et toutes les portes.— Débarquer à Kouœ- Kapou. visiter les églises de Hagia- Kyrtaki et de Panagia-Elpidos. — Se rembarquer jusqu'à Yeni-Kapou (quartier arménien), port do Theodosc, Daoud- Pacha-Kapou&si , débarquer à Psamatbia (église arménienne de Soulou-MonasUr, églises grecques, colonne d'Arcadius).— Se rembarquer jusqu'à Narli-Kspou ( visite à la mosquée de l'Écuyer.)— Se rembarquer jusqu'à la tour de Marmara-*— Suivre à pied ou à cheval (envoyer d avonce un cheval aux Sept-Tours). les anciens mun de Constantinople jusqu'à Selim-Kapoussi; visite au monastère de Balouklu. — Rejoindre les murailles et les suivre jusqu'à la porte d'Andrinople, visiter la mosquée
[Route 58.] CONSTANÏINOPLK.-HISroiKE.
de Rouchènèk , de là par les cimetières au faubourg d'Eyoub, (mosquées et cimetièref). retour à Haivan-Hissari-Kapoussi , quartier de Bslata et des Blaquernes.Tekir- Serai, église arménienne de Palaeo-Taxiarcbis , quartier du Pbanar et église patriarcale, mosquées de Sélim et des Roses, retour parle pont de Mahmoud.
4» journit — (Un jeudi.) En bateau à vapeur ou en caïq à Scutari, tour de la Fille » mosquées , ascension du mont Bculgouflou derviches hurleurs, grand omeUère, plaine de Haïdar-Pacha. — Kaii-Keui .
> journée. — (Le vendredi.) Top Hanè, Foundouklu, Dolma-Baghtché. -Visite du sulun à la mosquée.— Employer le reste du jour à une petite excursion qui dépendra du quartier où le sultan- se sera rendu. — Promenade aux Eaux-Douces d'Europe.
6* journée.— Le Bosphore, suivre alternativement les deux rives, visite au platane de Buynk-Déré, an mont du Géant, aux Eaux- Douces d'Asie. — Pour faire l'excursion à la forêt de Belgrade, il est nécessaire de coucher à Buyuk-Déré.
7« journée.— (Dimanche.) Les derviches tourneurs à Kassètn- Pacha — Visite à TersHanè, Hass-Kcui, l'Ok-Meïdau, Pialé-Pacha , Saint-Dimltri , le grand Champ, Pera.
La fondation de Byzance remonte à l'an 667 avant J.-C. Elle est généralement attribuée aux Mégariens et, à cause de certaines analogies de culte, aux Argiens.
Cette ville était située au sommet du triangle faisant face aux rives d'Asie ( pointe du Séraï), position, dit -on, déterminée par un oracle d'Apollon qui recommandait aux Mégariens de construire la ville projetée vis-à-vis de la terre des Aveugles (il appelait ainsi le* fondateurs de Cbalcédoine, qui , soixante -dix ans auparavant, avaient méconnu l'emplacement beaucoup plus avantageux que Byzance occupa plus tard:, .lamai*" la Pythie n'avait été
mieux inspirée, car la situation de la nouvelle ville, à la jonction des eaux de la Propontide , du Bosphore de Thrace, et de la rivière Lycus, au milieu d'une nature aussi riche que splendide, assurait à ses habitants les produits d'un sol privilégié, d'une pêche abondante et des péages nombreux supportés par les navires qui, dès cette époque, allaient chercher les blés sur les côtes du Pont-Euxin.
Pécheurs et commerçants, mais sans aucun caractère guerrier, les Byzantins subirent les diverses dominations qui s'imposèrent successivement h la Grèce. Soumis par Darius, fils d'Hystaspe, roi des Mèdes, ils se révoltèrent en même temps que les villes dlonie; mais, à l'approche de la flotte phénicienne alliée du grand roi, ils s'enfuirent à Mésembria. Après la bataille de Platée (479), Pausauias, général lacédémonien , reprit Byzance sur les Perses. C'est pour ce fait que l'historien Justin lui donne le nom de fondateur de Byzance.
Les Athéniens, sous le commandement de Cimon, s'en emparèrent sept ans plus tard, et, après avoir comprimé plusieurs révoltes, furentenfin chassés par une insurrection victorieuse. Aicibiade vintl'assiéger de nouveau en 408; la ville, défendue par une garnison lacedémonienne, ne se rendit qu'à la suite d'un long blocus, après avoir subi les horreurs de la famine.
Byzance resta aux Athéniens jusqu'à la bataille d'JSgos-Potamos (405), à la suite de laquelle elle tomba aux mains du Spartiate Lysandre. C'est vers ce temps qu'elle reçut les dix-mille, et faillit être détruite par ces soldats qu'avaient exaspérés les trahisons d'Anaxibius , gouverneur lacédémonien; l'éloquence de Xénophon la sauva.
En 390, Thrasybule la fit rentrer dans l'alliance athénienne, à laquelle elle resta généralement fidèle ; elle se soumit cependant à Êpaminondas (363ï , et se rattacha en 3ô6 à la ligue de Rhodes, Chio, Cos et du roi de Carie, Mausolc.
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Philippe, roi de Mucédoine en fit le siège '340;; l'énergie et l'éloquence de Démosthène déterminèrent les Athéniens à entreprendre un armement si considérable, que Philippe fut obligé dé lever le siège, (''est pendant cette attaque, au milieu d'une nuit obscure, et au moment où les assiégeants allaient donner l'assaut, qu'une lumière éclatante parut dans le ciel et révéla aux Byzantinsla présence de l'ennemi. On croit généralement, et avec toute apparence de raison, que le croissant dont on retrouve l'image sur les anciennes monnaies byzantines, et que les Turcs ont adopté comme emblème après leur entrée à Constantinople, était destiné à perpétuer le souvenir de ce prodige.
Pendant une période assez longue, l'histoire de Byzance n'offre d'autre événement digne d'une mention que des incursions desBar bares et surtout des Gaulois, qui font payer leur retraite un tribut annuel de 3000, 5000, puis lOOOOpièces d'or, et enfin de 80 talents. L'élévation des droits de péage que nécessitale payementde cette somme fit éclater la guerre avec quelques États voisins ; la puissance de Byzance fut sérieusement menacée : mais un traité conclu en 219, grâce à l'intervention des Gallo- Grecs, la sauva d'une ruine complète. Dans les guerres que les Romains eurent à soutenir contre Antiochus, Mithridate et l'impostcurPhilippe, les Byzantins prirent parti contre ces derniers. Rome récompensa ce concours en déclarant tJyzancc ville libre et alliée.
Les privilèges qui résultaient de cette déclaration ne furent rigoureusement observés ni sou3 la république, nisous l'empire; et, après des vicissitudes sans intérêt, Byzance fut réduite par Vespasien à l'état de province romaine. Dans la lutte qui s'éleva entre Sévère et Pescenntus Niger, compétiteurs à l'empire, elle embrassa la cause de ce dernier. Sévère victorieux détruisit ses fortifications (106
après J.-C.) et fit mettre à mort les magistrats et les soldats qui l'avaient défendue. Ces rigueurs s'apaisèrent, et, peu de temps après, Sévère se plut à orner de bains, de portiques et de plusieurs monuments la ville qu'il avait ravagée. Il n'eut pas le temps, toutefois, de réparer le mal qu'il avait fait a l'empire tout entier, autant qu'à la ville elle-même, en détruisantses fortifications, dernier boulevard contre les incursions des Barbares. La population de Byzance fut décimée par les soldats de Gallien. Sous Claude II, elle reprit une partie de ses droits et combattit courageusement contre les Goths. Pendant les guerres civiles qui suivirent l'abdication de Dioclétien , les fortifications de la ville furent réparées. Elles servirent de refuge à Licinius, battu sous Andrinople par Constantin. Mais ce dernier vint mettre le siège devant Byzance. éleva des remparts et des tours d'une hauteur égale à ceux de la ville, et la réduisit à capituler.
Constantin lit d<- Byzance la capitale de l'empire, et l'appela, la Nouvelle Rome, mais la postérité a changé ce nom en celui de Constantinople. L'empereur voulut asseoir la ville sur les sept collines du triangle compris entre la mer de Marmara et la Corne-d'Or. Luimême, à pied et suivi d'un nombreux cortège, en traça avec une lance le nouveau contour à 15 stades des anciennes fortifications, prétendant suivre un guide divin, invisible à ses courtisans. Ce fut le 11 mai 330 que la nouvelle capitale fut inaugurée par des fêtes et des cérémonies moitié chrétiennes et moitié païennes, qui durèrent quarante jours.
Constantin établit sur la seconde colline le forum principal orné d'arcs de triomphe, de portiques, de statues. La colouue brûlée . encore existante (V. IV, S VIII), en faisait partie. Un second forum, placé à côté du premier, contenait le milliaire d'or. Constantin construisit
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aussi l'hippodrome {T. § VIII qu'il entoura rie palais, de portiques, de statues enlevées à toutes les parties de la Grèce. On lui doit également la citerne de9 Mille et une colonnes, et la citerne Basileia (V. § VIII). Cet empereur avait construit, près de Sainte- Sophie, les bains de Xantippe, un immense escalier de marbre conduisant au palais, et la première église de Sainte-Sophie (V. § V.) La ville ne lut achevée cependant que sous le règne de Constance ;337-361,. Valens (361-378 construisit un aqueduc encore existant.
Théodose le Grand batitlaporf«Dorèr, et érigea la colonne qui porte son nom. En 395, Constantinople devint la capitale de l'empire d'Orient. En 401, un tremblement de terre renversa ses murailles,
Îui furent aussitôt relevées par rcadius, auquel on attribue a*ussi la base d'une c olonne monumentale encore existante (P. § VIII).
Sa veuve, Eudoxie, construisit un palais et des bains. En 413, sous la minorité de Théodose II, Antbénius. préfet du prétoire, rasa ses fortifications pour construire une nouvelle enceinte. Théodose II encouragea les arts et bâtit des thermes, un forum et deux palais ui ont disparu. En 447, l'encfinte e la ville fut de nouveau détruite par un tremblement de terre, et rebâtie en trois mois par le préfet Cvrus. C'est celle qui existe encore du côté de la terre ferme, entre la mer de Marmara et la Corne-d'Or.
Marcien construisit des aqueducs et éleva la colonne qui porte son nom. Nous ne pouvons raconter ici toutes les vicissitudes par les-
Suelles passa Constantinople penant toute la durée du Bas-Empire; ce serait recommencer une histoire que nous n'avons pu qu'ébaucher, p. -2HI à 284, triste histoire d'ailleurs, longue suite de misères, df hontes et de crimes, pendant lesquels la grande ville fut dans chaque siècle la proie de quelque fléau, la peste, '.es famines, les incendies, les guerres civiles <>t l^s