SAINTE-SOPHIE
tifs de la coupole, mais leur face a été masquée par une espèce de grosse étoile dorée. Les mosaïques des bas côtés, et surtout celles de la galerie supérieure, sont encore dans un bon état de conservation, et suffisent à donner une idée de la magnificence de l'ancienne basilique. Pendant le cours des restaurations entreprises il y a quelques années par M. Fossati, cet architecte a fait découvrir les mosaïques de la coupole, et a pu en prendre copie, avant de les recouvrisses dessinsontété gravés, et ont paru a Berlin. Au fond de l'abside, on distingue, à travers le badigeon , une figure colossale, les bras étendus.
Le mihrab, qui indique la direction de la Mecque , ue se trouve pas au centre de l'édifice, Sainte- Sophie , ancienne église chrétienne, n'étant pasorientée régulièrement vers les lieux saints de l'islamisme : c'est pour la même raison que les nattes, ou les tapis, qui recouvrent les dalles de marbre du temple, sont disposés obliquement , et offrent un coup d'oeil discordant avec les lignes architecturales.
Sur un grand pilastre à droite du mihrab est suspendu un vieux tapis, vénéré des musulmans, comme étant un des quatre sur lesquels Mahomet se plaçait pour faire sa prière. Le menbèr (chaire) est adossé a un des piliers à droite de l'abside. Le clocheton aigu qui le surmonte, et les balustrades de l'escalier, sont remarquables par* la délicatesse de leur découpure.
Le vendredi, le khatib y monte pour lire le Koran, tenant à la main un sabre uu, Sainte-Sophie étant mosquée conquise. En face est la loge du sultan avec une grille en bois doré. D'autres estrades , ou mastaba, servent aux lecteurs du Koran. D'immenses disques verts , portant des versets du Koran en lettres d'or, sont appendus aux murailles. Au sommet de la coupole, on lit le célèbre verset : « Dieu est la lumière du ciel et de la terre. >
Ces inscriptions sont l'ouvrage d'un célèbre calligraphe nommé Bitchakjizadèh Mustapha Te h éhbi, qui vivaitsousMurad IV. Quelquesunes des lettres ont jusqu'à 9 met.
de longueur. De longs cordons descendus des voûtes soutiennent des lustres de bronze, des œufs d'autruche, des houppes de soie, qui complètent la décoration actuelle de la mosquée.
Il faut monter sur les galeries des bas côtés pour achever de voir sous tous ses aspects l'intérieur de la basilique : oa y parvient par un escalier, où plutôt une rampe en pente douce, dont la porte se trouve à l'entrée N. du grand péristyle. A l'heure de la prière, on ne peut visiter que ces galeries supérieures.
Les principales curiosités signalées dans Sainte-Sophie par les traditions musulmanes sont : un bloc de marbre rouge creusé,
2ui passe pour la crèche de Jésushnst (Sidi Yssa), qui aurait été apportée de Bétbléem avec unt*es-
Ïtèce de vase, où l'enfant aurait été avé par Marie. La colonne qui sue, à gauche en entrant par la porte du N.; elle est revêtue de bronze, mais une petite ouverture permet de toucher du doigt le marbre toujours humide. La fenêtre froide, près du mîhrab, du côté du N., où souffle continuellement un vent frais. La pierre retflenàissanie, dans la galerie supérieure, du côté de l'O. ; c'est une fenêtre avec une plaque de marbre transparent, qui devient étincelante quand elle reçoit les rayons du soleil.
Sainte-Sophie est illuminée de la manière la plus brillante pendant les fêtes de nuit du Kamazan et du Baïram. Le revenu de la mosquée s'élève à deux millions de piastres.
Mosquée d'Ahmed.— {Ahmedtèh].
Située sur l'Atmeïdan. Cette belle mosquée, bâtie en 1610 par Achmet ou Anmed Ier, est entourée d'une vaste enceinte plantée d'arbres, et dominée par6 minarets à 3 galeries élégamment découpées. Jusqu'au
D'EUROPE. [Routb 58.]
moment de sa construction, la Kaaba de la Mecque était le seul édifice musulman qui eût 6 minarets, etl'on raconte que le sultan Ahmed, pour imposer silence aux réclamations de l'iman de la Mecque, fut obligé de faire construire un septième minaret à la kaaba. Du côté N.. on pénètre par une porte arabe élégante dans une cour ou harem entourée d'un portique, formé de quarante petits dômes soutenus par des colonnes de granit égyptien. Au centre de cette cour est une fontaine, en»
tourée de six colonnes et de six arcades en ogive. Cette cour est la grande entrée de la mosquée.
Sur le côté oriental de la mosquée, on remarque un petit portique à ogives en marbre blanc et noir avec un grand nombre de .petites fontaines, et la porte, le plan incliné et la galerie par où le sultan peut monter à cheval, jusqu'à sa loge dans l'intérieur de la mosquée.
L'intérieur de l'Ahraedièh est simple , mais très -grandiose : le dôme principal est soutenu par quatre ént>rmes piliers circulaires cannelés en dehors, de manière à simuler un faisceau de colonnes ; leur circonférence est de 36 mèt.
Ils sont entourés à mi-hauteur d'une bande plane couverte d'inscriptions pieuses ; leurs chapiteaux sont taillés en stalactite. Quatre demi-coupoles latérales donnent à l'édifice la forme d'une croix grec-^ que, les quatre angles étant beaucoup plus bas, et ne comptant pas dans l'immensité de l'édifice. Chacun de ces quatre angles est surmonté d'un petit dôme entier, de sorte qu'en dehors la mosquée présente en tout neuf coupoles.
Outre les quatre grands piliers déjà décrits, on admire encore de nombreuses colonnes en granit et en marbre , qui soutiennent de beaux arcs en ogive. Le menbrr, en pierre scurptée sur le modèle de celui de la Mecque, est coiffé d un abat-voix portant une couronne dorée surmonté d un croissant
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doré. La loge du sultan, les mas- /aba« ne présentent rien de particulier. Le mihrab est incrusté de pierre» dures; il s'y trouve, dit-on, enchâssé un morceau de la pierre noire de la Kaaba. Des deux cotés du mihrab, on voit deux candélabres avec d'énormes cierges, gros comme des mâts de navires.
La décoration de la mosquée est du reste fort simple : des inscriptions turques autour des corniches, des lustre», des œufs d'au* truchea, en fout le principal ornement.
L'Afemedièh est, après Sainte- Sophie, la principale mosquée de Constantinople; on y célèbre avec une grande pompe les fêtes du Bairam , celle du Mevloud (naissance Ju prophète) , celle du départ des caravanes de la Mecque.
Le revenu de la mosquée est de 200 000 piastres.
Près de l'Ahmedièh, au N. de i'At-Meidan , est le turbé de sultan Ahmed et de son frère Osman, élégante coupole, qui contient de magnifiques catafalques, couverts de cachemires et de dentelles, et d'énormes cieiges.
Petite Sainte-Sophie. {Kutchuk aym Sophia.) — C'est encore une église bAtie par Justinien. Elle est située au S. de l'Hippodrome, près de la mer. On entre d'abord sous un portail ogival soutenu par six colonnes. La fontaine de la cour est très-simple. Le minaret est bâti sur uue espèce de pilône byzantin à colonnettes soutenant des pleins-cintres. L'église, étant encore moins régulièrement orientée vers la Mecque que la grande Sainte-Sophie, présente à l'intérieur la disposition la plus bizarre; le mihrab, le menbèr, le mastabé et la direction des nattes font tout d'abord perdre de vue le plan de l'édifice. La petite église était octogone, et surmontée d'un dôme avec une abside du côté JuN.-E.
Entre les huit massifs carrés, qui soutiennent la coupole, sont deux colonnes de marbre avec des chapiteaux byzantins, dont un badj-