PAR LE DANUBE ET LA MER NOIRE
La service de la navigation du Danube, depuis Peslh ja qn'a la mer Noire, *»l fait par le* paquebot* du Llojd aulricliien qui perlent de Pe«lb loua lei lundi*, i 0 heures du malin; ce *onl le* vapeur» accélérés, qui fontesctle à un petit nombre de station*, Undis qie les vapeur» ordinaires, un peu moins coùleui, t'ertêlenl plus fréquemment et prennent un temps presque double. De Peslb àGiurgevo, le prit du pa»sfgn nourriture comprise) 1 bord des accélérés est de 70 florins (ire chambre) (128 fr.)et de 45 florins (2* chambre) (1 17 fr.) ; ces chiffres suffisent pour ae faire une idée de* prit pour un trajet plus ou moins court que celui que nous indiquons.
Le voyageur qui veut arriver le plus rapidement possible à BuchareM ou à Coniteulinople, ot qui ne lient pas à miter la Serbie, peut prendre le cltemtn de fer de Hongrie (Pe*th-Ba- •iasch), qui le mène par Teraesvar 4Bi«ia»ch, bourg Miné sur le Danube, tout près des fameuses Porte* de fer, et de la frontière austro- Serbo-vaUqnt qu'on atteint a Orso»a.
Pour visiter Belgrade, où les vapeurs du Lloyd M s'arrêtent pa*, il faut débarquer i le station autrichienne de Bemlin (serbe Zetnun), CV»l une petite ville -an» histoire et sans monuments, avec deux hôtels confortable* (de Venise et du LttOn). Il fsnl y faire viser son passe-port chei ]e commandant de place, après quoi on peut s'embarquer à bord du vapeur qui fait le service quotidien entre les deux rives. Une demi-heure au plus suffit pour débarquer sur le quai de Belgrade.
Belgrade (en serbe Beograd ou la ville blanche ; Uj Fejervar, Alba- Julia des Hongrois). La ville a deux hôteU, dont le plus confortable est celui de la Couronne Serbe, un café à l'européenne et un cercle fort bien approvisionné de journaux serbes et étrangers.
Histoire. — Belgrade, qui parait être le Singidunum des Romains, ou le Singedon mentionné parProcope, n'a acquis de célébrité qu'à partir de la conquête turque. Sa
Sosition au confluent de la Save et u Danube, sur la limite des pos-
sessions turques et de l'Europe chrétienne , lui donnait une grande importance militaire; aussi fut-elle prise et reprise plusieurs fois en 1522 parSuleïman le magnifique, en 1688 par le duc de Bavière pour les Autrichien!, en 1690 par les Turcs, en 1717 par le prince Eugène : le traité de Pi*sarowitz la donna à l'Autriche, qui la reperdit en 1739; crise eu 1789 par Laudon, général autrichien, elle fut rendue aux Turcs en 1791. Czerni Georges, le chef populaire des Serbiens, s'en empara en 1806, mais elle retomba au pouvoir des Turcs en 1812. Depuw 1820, ceux-ci ont augmenté considérablement ses fortifications.
État actuel. — La population de Belgrade e* t d'environ 30.000 hab.:
son industrie consiste surtout dan* la fabrication des tapis, dea étoffe* de soie, de coton, des cuirs, des armes, et le transit du Danube lui donne une certaine activité. Elle est presque indépendante comme toute la Servie, mais la Porte a est réservé, par le hatti - chérir" de 1834. le droit d'entretenir dans la citadelle une garnison de 4,Û(*0 hommes, formant un gouvernement militaire spécial.
Belgrade présente un aspect fort pittoresque du côté du fleuve, avec sa citadelle et ses hauts quartier où l'on remarque côte à côte les minarets turcs et les flèches des églises grecques, chose assez rare dans cette partie de l'Orient. On distingue à première vue trois parties bien tranchées: au sommet d'un plateau un peu escarpe du côté du nord, la citadelle occupée ^»ar la garnison turque; 1* vieille ville , entourée d'un mauvais mur, est divisée en quartier* serbe, Israélite et turc; ce denu*
[JIoutb 68.] BELGRADE.—
s'étend au pied même de la forteresse et compte 860 maisons avec moins de 6,000 âmes , il a l'aspect original et délabré de toutes les villes turques de l'intérieur ; enfin, 1 a villé nouvelle, bâtie dans la plaine de Vratscbar, ou plutôt sur le versant S. du plateau. C'est là que «ont les établissements civils et militaires (palais du prince, ministères,casernes, consulat de France, école militaire); mais les terrains marécageux qui s'étendent dans ia partie inférieure empêchent les nouveaux quartiers de se développer autant que l'importance politique et commerciale de Belgrade permet de le désirer.
Pour reprendre le paquebot de Constantinople, il est indispensable de se munir du visade son consul et de la police serbe , puis de retourner à Seinlin où l'on prend de nouveau le visa du commandant de place; de Semlin, le vapeur descend droit à Orsova, excepté à l'époque des basses eaux, où le passage des Portes de fer nécessite deux ou trois transbordements assez gênants. On passe successivement devant Grotska, célèbre par la bataille de 1739 entre les Turcs et les Impériaux : Smédérévo {Sémendria). avec une vieille citadelle délabrée occupée par les Turcs : Pojarévatz (Passarowitz des Allemands) , véritable bourgade d'Orient, de quelques centamesde maisons entourées d'enclos palissadés. Pojarévatz a été illustré par la victoire du margrave de Bade surles Turcs en 1689 et par le traité de 1718 (paix de Passarowitz). En 1815, Miluch y triompha de la défense obstinée des Turcs retranchés dans l'église. On rencontre ensuite le château de Kama (riv.
dr.), et le village de Palanka (riv.
g.;, situés sur un coude du Danube, où aboutit la rivière Néra.
Immédiatement après se présente Basiacb (riv. g.) .dernière station des chemins de fer autrichiens, où viennent directement les voyageurs pressés de descendre le Danube.