IRE
674. — Victoires des Perses qui battent les armées de Justin II.
611. — Khosroès II profite d'une invasion des Awars qui ravagent les provinces septentrionales de l'Empire, pour attaquer la Syrie.— Il dévaste la Syrie, la Palestine . et vient planter son camp en face de Constantinople, à Cbalcédoine, où l'armée persane reste pendant dix ans.
633. — L'empereur Héraclius attaque l'Asie Mineure par le sud. — Il gagne une bataille à Issus, et soumet les provinces septentrionales. — Il pousse de Trébizonde à Oroumiah, la ville où naquit Zoroastre. Cette diversion rappelle les armées persanes derrière l'Euphrate.
627.— Héraclius attaque à son tour la Perse. — Il gagne la bataille de Mossoul et pousse jusqu'à Ctésiphon. — Khosroès.
est assassine par son tils Siroès qui lui •uccède.
V« période.— DOMINATION a a ABC
633-638.— Conquête de la Syrie par les Arabes. — Bataille d'Aiznadin , où l'armée d'Héraclius est vaincue, 634.—
, Prise de Damas.— Khaled détruit l'armée grecque fugitive. — Prise d'Alep. — Prise d'Antioche. — Héraclius abandonne la Syrie aux conquérants, 638. — Bataille de Cadésiah qui dure 3 jours ; les Perses sont vaincus parles Arabes.
—Conquête de la Perse.
637. — Les Arabes fondent les villes de Bassorah et de Koufah, sur les bords du Chat-el-Arab.
661. — Moawiab, premier khalife de la dynastie des Ommiades, après l'assassinat d'Ali, choisit Damas pour capitale de l'empire arabe.
717.— Le khalife Soliman conduit une armée de 120 000 hommes sur les bords du Bosphore, en face de Constantinople que sa flotte assiège. — L'attaque des Arabes est repoussée, grâce au feu grégeois.
752 — Destntction de l'empire des khalifes Ommiades d'Asie.— Les Abbassides les remplacent.
762. — Abou-Djafar-Almausour, khalife abbasside, fonde la ville de Bagdad, qui devient la capitale des khalife* de celte dynastie.
454 TURQU
780-809.— Haroun - ar-Raschid règne à Bagdad. — Il encourage les sciences, et vulgarise chez les Arabes les arts de Conslantinople. — Son ûls Al-Mamoun fonde une académie, et de nombreuses écoles. Après lui régnent une suite de khalifes, qui ne sont plus que des despotes cruels et fainéants. La plupart périssent de mort violente. — Les milices torques enrôlées au service des khalifes se rendent indépendantes sur divers points de l'empiie. Elles se choisissent des chefs qui imposent la loi aux khalifes au lieu de la recevoir d'eux. Ceux-ci, à partir de Kayim, n'ont plus qu'un pouvoir nominal.
Vie période . — DOMINATION TURQUE.
995. — Une dynastie de souverains turcs s'élève dans la province deGaznah, d'où elle tire son nom de famille des Oaznévides. Mahmoud, deuxième souverain de cette race, prend le titre de sultan. Il fait la conquête du Khorassan ; mais Seldjouk , un esclave , soulève et entraîne la tribu des Turcomans, que Mahmoud avait appelée et établie en Perse.— Il renverse la famille des Gaznévides. — Seldjouk est le fondateur de la dynastie des Seldjoukides.
1058.— Togrul-Bey, petit-nls de Seldjouk, reçoit l'empire des mains de Kayim, khalife de Bagdad. Kayim remonte sur le trône, mais il ne lègue à ses successeurs qu'une vainc autorité sur la province de Bagdad.
1093—Mélik-Shah, sultan seldjoukide du Khorassan, meurt, et son empire se divise.—La Perse , la Syrie forment des royaumes distincts ; un membre de la famille des Seldjoukides fonde la sultanie d'Iconium ou de Roum.
1007. — Les premiers croisés débarquent en Asie Miueure.— Ils mettent le siège devant Nicée.— L'empereur Alexis couvre la ville de son pavillon.— Les croisés s'éloignent et s'enfoncent dans l'intérieur de l'Asie . — Ils batten t Kilidj-Arsl an à Dorylée* , 1097. — Baudoiu s'empare d'Édesse, le reste de l'armée chrétienne
2 D'ASIK.
va prendre Antioche. — Bohemond e*t proclamé prince d' Antioche. — Ker— boga, lieutenant du khalife de Bagdad, vient assiéger Antioche. — Les croiaés font une sortie et repoussent le Turcs. 1144 — Noureddin, sultan de Syrie, reprend Kdesse, dont la population chrétienne est passée au fil de l'épée. Cet événement provoque la seconde croisade.
1147. — Seconde croisade conduite par Louis VIL— Elle n'aboutît qu'à des résultats désastreux.
1189. — Saladin , sultan d'Egypte et de Syrie, reprend Jérusalem — Frédéric Barberousse, empereur d'Allemagne, Philippe Auguste et Richard Coeur -de- Lion prennent la croix. Aucun de ces trois souverains ne réussit à reprendre Jérusalem. — Richard Cœur-de-Lion s'empare de Chypre, et la remet aux mains de Guy de Lusignan.
1 204.— Les Comnènes, chasses de Con s tan tinople par l'armée des croises, fondent le royaume de Trébizonde et celui de Nicee, dont le cinquième empereur Michel Paléologue reconquiert Coostantinople en 1201.
1300.— Osman, chef des turcomans du Kharierm.
1388.— Il fonde l'empire Ottoman sur les ruines de celui des Seldjoukidet ,— il conquiert une partie de la Paphl agonie, et prend le titre de sultan.
1326-1360. — Orkhan-el-Ghaxi fait la conquête de Brousse, qui devient te siège de l'empire.
1389-1 102. -Bajazet 1" assiège Conslantinople.— Invasion de Tamerlan qui devaste l'Asie Mineure. — Bajazet est vaincu par Tamerlan, et fait prisonnier.— Il meurt au pouvoir de son vainqueur.— Interrègne de 11 ans.
1453-1460.— Destruction de l'empire grec.
Destruction de l'empire de Trébizonde.
Mahomet II règne à Constantinople.
(Pour la suite des événements dont l'Asie
Mineure a été le théâtre, voir l'histoire
de la Turquie d'Europe, pages 285-287).
IIIe section : Architecture.
Les principes de l'architecture grecque ont été exposés, p. 80 à 41, et ceux de l'architecture romaine» byzantine et musulmane, p. 288 k 294; nous ne reviendrons pas sur ces généralités. Parmi les monuments les plus remarquables que renferme l'Asie Mineure, les uns , appartenant à la période torque, sont dans un état de conservation a peu près parfait; les autres, ceux qui appartiennent à l'architecture grecque ou byzantine , n'offrent à la curiosité des voyageurs que des ruines, mais elles suffisent pour la plupart à révéler l'état primitif des édifices. Quelques ponts bâtis sous la domiuation romaine ou byzantine servent seuls encore à l'usage pour lequel ils furent construits (pont de Sophon sur le Sangarius, — de Tchok-Gueuz sur l'Halys). En parcourant l'Asie Mineure, à partir du N.-O., on trouve auprès de Nicomédie (Ismid) la citerne d'Imbaher, qui date des derniers temps de l'empire Byzantin , et des égouts romains d'une remarquable architecture; à Isnik, les murs de fortifications de l'ancienne ville de Nicée, lesquels nous donnent un exemple remarquable de l'architecture militaire romaine au IVa siècle. Dans ces deux villes , mais surtout à Brousse, de belles mosquées (Oulou-Djami, mosquée verte, etc.), des turbés, des bains élevés par les premiers sultans ottomans. A Cyzique, les restes d'un amphithéâtre. Les plus belles ruines grecques et romaines (temples, stades, ponts, thermes) se trouvent à yKzani sur le Rhyndacus, aBerghama, a Assos, à Pessinunte, à Ancyre, à Milet, à Iassus. Les théâtres les plu3 beaux et les mieux conservés, qui surpassent même tous ceux de l'Italie, se trouvent dans là Lycie , à Telmissus , à Patare, à Aspendus. Les anciennes églises chrétiennes se voient à Hiérapolis, près du Méandre; à Ancyre; dans la vallée de Kassaba , et à Myra dans la Lycie. Les édifices funèbres sont extrêmement répandus dans l'Asie, la plupart remontent à une haute antiquité: ce sont d'abord les tumulus circulaires de la Troade (tombeaux d'Achille, d'Ajax, d'Ilus, etc.), le tombeau de Tantale près de Smyme, le tombeau d'Alyatte près de Sardes; aux environs de Nacoléia , le monument funéraire appelé Tombeau du roi Midas, et plusieurs autres édifices du même genre, qui présentent en général une simple façade surmontée d'un fronton peu saillant. Tout le pays environnant est semé de grottes sépulcrales. La Lycie possède deux espèce de monuments funéraires d'un style particulier à ce pays, et tout différent du style hellénique. Ce sont d'abord des tombeaux en forme de chambres creusées dans les rochers, et dont les ornements présentent une imitation évidente des constructions en bois (V. Telmissus, Antiphcllus, Myra). Le toit repose sur des rondins , et l'édifice est divisé en plusieurs compartiments par des montants et de3 traverses ressemblant à des solives. Les éléments de ce genre d'architecture se retrouvent encore dans les maisons actuelles de la Lycie. L'intérieur des chambres présente souvent de grandes figures en bas-relief, d'un fort beau travail. Les autres tombeaux sont en forme de sarcophages isolés sur un soubassement en forme de dé. Le tombeau proprement dit ressemble à un petit édifice en bois pourvu
456 TURQUIE D'ASIE
d'une porte à deux battants ; il est couvert d'un toit aigu, en forme de barque renversée, dont les deux versants sont convexes et arrondis, de sorte que les pignons présentent un arc ogival. C'est l'exemple le plus ancien que l'on possède de l'ogive, il parait antérieur à l'art grec : — la vallée d'Argoli (Cappadoce) contient aussi des chapelles et d'innombrables tombeaux creusés dans le roc. — Parmi les monuments antérieurs à l'art grec, nous citerons encore le monument de Sétostris, à Nymphi près de Smyrne; les murs de l'acropole de Sipylum, près de Smyrne ; le camp retranché des Lélèges a lassus, au S. de Milet; un aqueduc pélasgique à Patare ; à Tarse, le monument dit tombeau de Sardanapale ; à Boghaz-Keui , près de l'Halys et do la ville deYouzgat, les ruines d'une ville, dont le nom est encore inconnu (Pterium. Tavia?), offrent les vestiges de plusieurs temples, acropoles et palais, et une enceinte creusée dans le roc et décorée de sculptures, qui appartiennent à l'architecture persépolitaine. — Enfin à Kaisarièh , à Nigdèh , mais surtout à Konyeh, les monuments de l'art seldjoukide (palais, mosquées, médressé, tombeaux), mélange du style byzantin avec l'art musulman primitif. — Nous donnerons une description détaillée de ces monuments à mesure que nous les rencontrerons sur notre route.
IVe section : Statistique. Population.
Tout ce qui touche le gouvernement, l'administration, la religion, l'agriculture, l'industrie, etc., de la Turquie d'Asie, se trouve dans lo chapitre consacré aux généralités sur la Turquie d'Europe (p. 276-331). Nous n'ajouterons ici que quelques renseignements statistiques sur la population de cette vaste contrée,
La population de la Turquie d'Asie, en y comprenant la Syrie, la Mésopotamie, le Kurdistan et la Judée, s'élève à 16 050 000 habitants qui, distribués par races., donnent lieu aux évaluations suivantes :
Ottomans, 10 260000 ; — Grecs, 1 000 000 ; — Arméniens, 2 000 000 ;
— Juifs, 80 000; — Syriens et Chaldéens, 279 000; — Druses, 32 000; — Kurdes, 1 000 000;— Arabes, 900 000;— Tchinganes, 200 000 diverses, 299 000.
Le classement de cette population, suivant les différentes religions qu'elle pratique, donne les résultats suivants : Musulmans, J2 568 000;
— chrétiens Grecs 3 036 000, en comprenant sous ce chiffre les Arméniens qui appartiennent au schisme grec d'Eutychès; — catholiques, 265 000:— protestants, 1000;— juifs, 80 000 ;— idolAtres, 100 000.
Les câtholiques se subdivisent en :
1° Latins ou catholiques suivant la liturgie romaine. Ils ont un pa« triarche k Jérusalem depuis 1847.
2° Grecs unis ou Melkites qui ont un patriarche résidant à Damas, et huit sièges suffragants ;
3° Les Arméniens unis, dont le patriarche, résidant à Bézoummar, dans le Mont-Liban, a avec lui sept archevêques in pa'rlibus, et pour suffragants les évôques d'Alep, de Mardin et Amasia-Tekar ;
1° Les Syriens et Chaldéens unis , qui ont deux patriarches, l'un ;i Alep, l'autre a Mo^soul , et (juinze suffragants.
5° Les Maronites, qui ont un patriarche à Canobin, dans le Liban, et sept évâques suffragants.
Nous avons déjà esquissé 'p. 314-330) ce qui se rapporte au caractère et aux mœurs de la plupart de ces populations : nous reviendrons dans notre V* partie (Syrie-Palestine) sur quelques-unes d'entre elles, Syriens, Maronites, Bédouins nomades, etc.
La langue parlée le plus généralement dans l'Asie Mineure est la langue turque (V. p. 331-339); après elle, les langues arménienne et grecque sont les plus répandues. La langue arabe commence en Syrie. (Voy. V# partie.)
Ve section : Manière de voyager, chevaux, khâns, saison
favorable.
On se rend dans la Turquie d'Asie par les paquebots à vapeur de la Méditerranée, Messageries impériales françaises, Lloyd autrichien , qui vont directement à Smyrne tous les huit jours, et desservent la côte d'Asie Mineure de quinzaine en quinzaine. Les mêmes Compagnies desservent les côtes de la mer Noire jusqu'à Trébizonde.
Pour voyager dans l'intérieur du pays, on prendra pour point de départ Smyrne, Trébizonde, Mersina, ou même Constantinople, en franchissant le Bosphore.
Un voyage dans l'intérieur de l'Asie Mineure exige de la part de ceux qui le tentent certaines qualités physiques et morales, telles qu'une bonne santé, l'habitude de la fatigue, de la résolution, et surtout une dose convenable de mépris pour les aises et le confortable de la vie. Il faut savoir trouver dans l'exercice même de son énergie et le développement de ses forces un certain plaisir intrinsèque. Car le plaisir de voir de nouveaux peuples, des mœurs étranges, et uno succession de paysages très-variés sans doute et souvent très-beaux, suffirait à peine a compenser les ennuis, les travaux ou les dangers d'une pareille expédition.
Il y a trois manières de voyager en Asie : la première et la plus vulgaire consiste à louer un ou deux Grecs, parlant français, auxquels on laisse le soin de vous conduire , de vous loger et de vous approvisionner. Ou payera ainsi chaque cbose dix fois ce qu'elle vaut, on sera rançonné chaque jour , on finira par n'être plus* que l'esclave de ses conducteurs, et, ce qui met le comble aux inconvénients de cette détestable méthode, on n'apprendra rien des peuples que l'on aura visités.
La seconde manière, la plus agréable et la plus commode, est d'emmener avec soi quelques domestiques indigènes ; il faut alors plusieurs tentes et des chevaux que l'on loue, ou mieux que l'on achète pour les revendre plus tard avec une faible perte. On va lentement, au train des caravanes, faisant environ 30 à 40 kil. par jour. Le soir, on plante sa tente auprès d'un ruisseau ou sur quelque verte colline. On dîne avec les provisions qu'on a eu soin d'emporter du dernier campement. Cette manière de voyager est relativement bon marche; elle nécessite , il est vrai .quelque connais-
458 TURQUIE D'ASIE
sance du langage et des coutumes du pays qu'on traverse, mais elle
offre à la fois plus de sécurité, plus d'agrément, et permet aux voyageurs d'observer et d'apprendre , ce qui est en définitive le but qu'on se propose.
La troisième manière, la meilleure pour les gens dont les ressources sont restreintes, consiste à acheter deux chevaux, un de selle et l'autre pour porteries bagages, lesquels, réduits au moindre volume possible, seront placés devant un domestique indigène monté sur ce cheval. Le voyageur marche ainsi de village en village , tantôt seul, tantôt en compagnie des caravanes qu'il rencontre, suivant son goût ou la sécurité du pays. Chaque cheval coûte de 2 à 300 francs. A la fin du voyage, on le revend pour la moitié ou les deux tiers du prix d'achat. La dépense de chaque jour est de 2 fr. 50 ou 3 fr. 75 c. Cette méthode oblige à de fréquents rapports avec les indigènes. On apprend bien vite assez de leur langue pour demander des renseignement* sur son chemin, et à la fin du voyage, on est en état d'avoir avec eux une conversation un peu plus suivie. Là où il y a des chevaux de louage , on peut s'en procurer à raison de deux piastres et demie par cheval , et pour chaque heure. Le surudji ou postillon se paye en sus, de 2 piastres et demie à 5, suivant la longueur de l'étape. Le palefrenier qui soigne les chevaux a droit aussi à une petite gratification. Dans les contrées où il n'y a pas de mensil , c'est-àdire de système régulier de postes, on trouve à louer des chevaux chez les kiradjis ou voituriers qui habitent les villes ou les grands villages. Dans les villes où réside un pacha, on peut aller le voir, et, s'il se peut, obtenir de lui un ordre (tezkérèh) qui règle le prix des choses nécessaires aux voyageurs pour cette journée, qui enjoint au maître de poste de leur fournir de bons chevaux, et spécialement de le« conduire avec une certaine rapidité; et aux chrétiens de chaque ville ou village de les recevoir dans leurs maisons. On voit que c'est une espèce de billet de logement.
11 y a généralement des khâns ou auberges établis sur la route à des distances de deux ou trois heures les uns des autres. Ces établissements n'offrent aux voyageurs qu'un abri parfois asse2 désagréable, où abonde la vermine. Il faut y apporter ou aller chercher aux environs tout ce dont on a besoin. C'est une demeure bonne pour une ou deux nuits ; pour un séjour plus long, mieux vaut élire domicile dans une maison particulière ; on obtient facilement une chambra en retour d'un présent (baghehich) de médiocre valeur, quand on n'est pas muni d'ailleurs du billet dont nous avons parlé. Dans les villages qui n'ont ni khàns ni auberges, on a la ressource d'aller demander l'hospitalité aux couvents, aux papas, ou à la maison du gouverneur. Lcsdame3 sont difficilement admises dans les couvents.
Aussitôt qu'on arrive dans un khân, on vous délivre la clef de la chambre nue et sans meubles qui vous est assignée. La porte de ces khâns est fermée au coucher du soleil; passée cette heure, il est quelquefois difficile de se faire ouvrir ; il faut donc tâcher d'arriver avant. Il faut avoir soin, en prenant possession de sa chambre , de la bien nettoyer et d'en laver le parquet à grande eau. Il y a toujours,
ed by GoogI
comme on sait, une fontaine dans la cour du khân. L'hospitalité du khàn est entièrement gratuite. Il est d'usage cependant de laisser en partant un petit présent au kbandji ou garde du khân.
A défaut de khàns, ou d'odas, chambres publiques réservées aux voyageurs dans les villages, quand on traverse les hautes plaines de l'Asie occupées par les tribus nomades, on peut demander l'hospitalité à ces peuples qui ne vous la refusent jamais , mais, au contraire, vous offrent gratuitement les vivres qu'ils ont a leur disposition. Ils vous font place sous leurs tentes, ou vous en prêtent une pour vous établir au milieu d'eux, quand vous n'en avez pas. Mais il est a peu près impossible de se passer d'une tente à soi; outre qu'on est exposé à traverser des pays déserts où une tente est indispensable, il est toujours prudent, même dans le voisinage des villes, d'être muni d on pareil abri. Dans le cas d'une épidémie régnante, on peut, par ce moyen, s'isoler et se garantir jusqu'à un certain point de la contagion. En tous cas, la possession d'une tente garantit complètement au voyageur son indépendance et sa liberté d'action.
Le voyageur se procurera donc d'abord une tente, un matelas, des tapis, une cantine contenant des ustensiles de cuisine, de table et de toilette {V. Introduction générale, équipement).
Des armes apparentes sont indispensables, dans un pays où tout le monde porte des armes. — On fera dans le6 points de départ, èt dans les grands centres, provision de quelques denrées , de thé, de chocolat. On trouvera de bon café à Smyrne, et à peu près partout du sucre égytien, qui est d'une qualité inférieure, mais peu coûteux. Le vin est généralement bon sur les côtes ; on peut en acheter dans toutes les grandes villes.
Dans tout l'empire ottoman, le voyageur rencontre des espèces de cafés appelés kahv è-hané , où il peut se procurer de la volaille, du mouton, des pigeons, du riz, etc. Dans les villes, c'est à midi et au coucher du soleil qu'on pourra le plus facilement se faire servir des viandes froides ou rôties.
C'est en Asie que le voyageur devra commencer à s'astreindre scrupuleusement aux règles d'hygiène que nous avons posées dans notre Introduction générale. Les règles les plus importantes à observer sont celles du repos pendant les heures chaudes du jour, de l'alimentation légère et de l'abstention des alcooliques le matin et dans le jour, suivies, au contraire, d'une alimentation réparatrice et tonique le soir ; de la recherche d'un bon campement sur les hauteurs ou dans les vallées fertiles, à l'abri de rideaux d'arbres, en évitant avec soin les lieux bas et ie voisinage des marécages, toutes règles faciles à suivre, parce qu'il suffit d'imiter la vie des habitants du pays ou des Européens déjà depuis longtemps acclimatés.
La saison la plus convenable pour entreprendre le tour de l'Asie Mineure est le commencement du printemps. On visitera d'abord le S-, et on s'avancera vers le X. à mesure que la saison deviendra plus chaude. — A défaut du printemps, le mois de septembre et l'automne seront encore très-convenables, mais en se dirigeant alors du N. au S»! de manière à arriver en Syrie vers la fin de novembre.