‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 229 sur 511 · DE SYRA A SMYRNE · texte numérisé non relu

DE SYRA A SMYRNE

(Silitoet m*rinM. = 28ô kil- — 17 heure» de

imigation.)

En sortant du port de Syra , le navire se dirige vers l'E.-N.-E. , laisse à droite l'ilot de Gaïdouro, puis la grande et la petite Délos [V. p. 262), et passant entre les îles de Myconos ( V. p. 263) , de Tinos ( V. p. 260), s'engage dans une mer plus ouverte, et appuie davantage au N.-E., laissant à une assez grande distance à l'E. les îles de Nicaria et de Samos (V. R. 90) et le golfe profond de Scala Nova. On double bientôt l'îlot de Venetico et le cap Mastico ou Thimino, la pointe la plus méridionale de la grande île de Chio, pour s'engager dans le large canal qui sépare cette île du continent , canal semé d'un assez grand nombre de petites îles. Ce sont d'abord, dans la partie la plus resserrée du canal et à la hauteur du cap Blanc ( Aspro Kavo), qui appartient à l'Asie, et du cap Hagia Héléni ( Posidium), qui appartient à l'île de Chio, de petits îlots portant le nom si commun de Gaïdouro-Nisi (lies de l'Ane); ensuite s'ouvre à l'E. la rade deThechmèh ( Cyssus ) , célèbre par deux batailles navales , la destruction de la flotte d'Antiochus le Grand parles Romains, l'an 193 avant J.-C. , et celle de la flotte turque par l'amiral russe Alexis OrlofT et l'Anglais Klphinstone, l'an 1770 après J.-C.

Au delà de la capitale de Chio ( V. R. 90) , se dressent au N.-O.

d'une baie profonde, creusée dans la côte d'Asie, les îlots déserts de d'om ( anciennement Hippi), et de Spalmadnres (anciennement Œinissac:. Ai'O. l'ile de Chio étale tes

belles montagnes et ses côtes fertiles. Remontant ensuite vers le N. le canal d'Egri-Limani , com-

firis entre les îles Spalmadores et e continent, le navire range des falaises escarpées, et doublant le Kara-Bournou (cap Noir, anciennement cap Melaena ) , formé de rochers abrupts d'un aspect pittoresque, se dirige au S.-E.

pour pénétrer dans le vaste golfe de Smyrne , qui ne compte pas moins de 53 kil.de longueur et ue 8 à 24 kil. de largeur ; sur la gauche, à l'E. , le continent projette en avant le promontoire de Karadja- Folda, ou s'élevait l'antique Phocée , dont les hardis navigateurs vinrent fonder notre Marseille. Au delà de ce promontoire s'étend une lagune peu profonde, dont les grèves sablonneuses sont couvertes de salines : tout le long du rivage se dressent de petites buttes blanches , formées du produit de cette exploitation. A droite, àl'O., on range l'île de Makronisi ou de Dourlak, plusieurs petits îlots et la presqu'île montagneuse où s'élevait Glazoméne. Le navire se dirige alors directement à l'E., longeant d'assez près le rivage méridional du golfe, pour éviter les atterrissements que présente la côte N. h l'embouchure du Guédiz- Tchaï , l'antique Hermus, sur la vallée duquel le regard plonge à une grande distance. On pénètre ainsi dans l'arrière - golfe de Smyrne, admirable bassin, qui pourrait contenir les plus puissantes escadres, et qu'enserrent de tous côtés des montagnes aux formes nobles et douces, que la chaude lumière du ciel d'Jonie fait resplendir des couleurs les plus vives et les plus harmonieuses.

Bientôt apparaît Smyrne, qui présente de loin l'aspect oriental le

[Route 75. j

plus saisissant : ses blanches maisons, ses minarets élevés se détachent sur les sombres cyprès du cimetière; derrière, se aresse le mont Pagus, couronné par les ruines de la citadelle génoise. Autour de la ville s'étend une large vallée, riche de végétation, qui rappelle par sa configuration la Conca d'Oro de Palerrae. Les montagnes qui l'entourent présentent au N.

les lignes les plus douces, et cette coloration bleue, pure et transparente, que nos peintres vont maintenant chercher avec tant d'ardeur en Orient. Les montagnes du S. , mieux boisées, sont d'un caractère plus 6évère; les deux pics principaux, appelés les Deux Frères ou les Mamelles, présentent un aspect plein de grandeur. On laisse à droite la forteresse turque de Sandjak - Kalèh , bâtie sur une pointe sablonneuse, a une lieue environ de la ville , puis, en s'approchant davantage, on distingue d'abord les bâtiments du Lazaret, puis une vaste caserne, défendue du côté de la mer par une batterie rasante; le Konak, ou palais du pacba ; les restes des fortifications génoises, et enfin les coupoles et les minarets des mosquées principales. De près , la ville est loin de répondre à l'aspect grandiose que lui donnait de loin son admirable position. Le port, sans animation, est entouré d'un quai bâti sur pilotis , formé de petits cafés et de maisons d'assez pauvre apparence , où l'on distingue cependant les hôtels principaux , et les demeures des consuls, reconnaissablés aux mâts élevés sur lesquels flottentles pavillons de leurs nations.

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