‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 233 sur 511 · EPHESE · texte numérisé non relu

EPHESE

et de la fontaine d'Hypelnée. La troisième ville fut construite près du temple de Diane dans la plaine, non loin du Caystre, à l'époque de la dominationdesrois de Lydie.

Depuis, la ville fut encore déplacée quatre fois. Le temps de sa plus grande prospérité fut le règne de Lysimaque, général d'Alexandre, qui l'embellit et l'entoura de murs.

Néanmoins depuis longtemps déjà Ephèse était célèbre dans tout le monde ancien par la magnificence et la richesse de ses édifices, parmi lesquels le temple de Diane était cité comme une des sept merveilles du monde. Ce temple, comme chacun sait , fut brûle par Érostrate, la nuit même où Alexandre le Grand vint au monde. Le christianisme fut prêché à Ephèse par saint Paul; saint Jean y résida, et c'est là probablement qu'il mourut.

È(ht actuel. Ephèse, si souvent "rebâtie et déplr.cce, couvre de ses ruines une inmense étendue de terrain, qui demande au moins 4 heures pour être traversée. Ce vaste amas de ruines, parmi lesquelles il est a;sez difficile de se conduire, est rvpandu dans une plaine bordée a i N. par le mont Ialessus, au S. par le Coressus, à l'O. par la mer, et traversée par le Caystre. Sur la rive droite du Caystre s'étendent des marécages; la rive gauche est couverte de ruines. Deux montagnes isolées s'élèvent dans la plaine; au N.-E.

la montagne sur laquelle Ayaslouk est bâti ; a l'O. le mont Prion, qui occupe le centre de la ville. Il est bon ae se diriger tout d'abord vers le Corcssils, qui ferme la plaine au S. De cette position élevée, le voyageur pourra prendre une idée générale des lieux et marcher ensuite avec moins de difficultés au milieu des ruines dont il aura d'avance reconnu la direction. Sur la crête du Coressus même, s'étendent, sur une longueur de plus de L2U0 mèt. , les murailles de Lysimaque, flanquées de distance en distance de tours carrées et de poternes, et bâties tantoten assises

TURQUIE D'ASIE

[Route Tî. ]

régulières, tantôt en blocs irréguliers. Un chemin de ceinture taule dan» le roc et bordé de nombreux monuments funéraires suit le pied de ces murailles. Delà le voyageur aperçoit devant lui, dans la partie S.-O. de la ville, un édifice carré, appelé prison de Saint-Paul. C'est en réalité, ou un poste avancé de bfttges, ou une de ces vedettes

3ue les Perses avaient coutume 'élever sur les montagnes. Au centre des ruines, comme nous l'avons déjà dit, s'élève le mont Prion, dans les flancs duquel est taillé le théâtre, édifice assez bien conservé. A cdté s'étend le stade , qui par son coté gauche s'appiiio sur la montagne et par son coté droit porte sur des substructions.

Son intérieur n'offre rien de remarquable. Le stade et le théâtre étaient autrefois entourés. de portiques qui conduisaient aux Thermes et a l'Agora, dont les ruines sont voisines. Il ne reste de l'Agora qu'un grand fronton à demi ruiné, fronton qui a été souvent reproduit par le dessin et qui appartenait a un temple prostyle et tétragtyle placé au milieu de l'Agora.

Des thermes , il reste de grandes salles qui n'ont plus de couverture.

— Les autres ruines n'ont plus aucune figure., Le temple de Diane, détruit par Krostrate, fut rebâti sur de plus grandes proportions.

On mit 220 ans à le refaire. Cet édifice magnifique, si souvent mentionné dans les Actes des Apôtres, fut détruit une seconde fois quand les empereurs chrétiens firent abattre les temples du paganisme. On en a cherché vainement les traces, qui ont peut-être été recouvertes par les dépôts du Caystre; la place qu'il occupait était probablement au bord de ce fleuve, au fond du port.

C'est au printemps qu'il fautfaire cette excursion. A cette époque l'eau abonde dans les ruisseaux, et les ruines disparaissent presque sous la verdure «les lianes. En été le voisinage des marais du Caystre rend le séjour dangereux.

Des ruines d'Ephèse on revientà Ayaslouk, qui, parmi ses ruines informes, offre une belle mosquée, bâtie à la fin du xv« siècle ; c'est un grand rectangle coupé en deux portions égales, dont 1 une est la cour (harem) et l'autre le lieu de prière (Djami). L.\ façade de cette mosquée est en marbre blanc. Deux portes donnent accès dans l'intérieur. La porte du S., précédée d'un perron de dix marches, est ornée d'arabesques, d'inscriptions, et couronnée ùe'créneaux découpés dans le genre de ceux des mosquées du Caire. Au-dessus s'élève un minaret en briques. La porte du X. n'a rien de remarquable. La cour, au milieu de laquelle se trouve lafontainc aux ablutions, était autrefoisentourée de colonnes de granit. Au fond de cette cour, la porte de la nef s'ouvre suivant un axe perpendiculaire à l'axe des deux autres portes. C'est une triple arcade mauresque portée sur des colonnettes. Des fenêtres carrées mettent la nef en communication avec le dehors. Elles sont surmontées d'inscriptions et surchargées d'ornements d'une correction admirable , comme tous les détails de cette mosquée. Tout près de ce monument s'élève une autre mosquée plus petite et à demi ruinée. A TE. les restes d'un aqueduc s'étendent dan» la direction de l'O. Les piles en sont faites avec des marbres blancs enlevés à Éphèse et couverts d'inscriptions.

On doit retourner d'Ayaslouk s Smvrne par le même cliemin, à moins que l'on ne veuille continuer jusqu'à Milet, et prendre à rebours l'itinéraire suivi dans notre routa

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