‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 240 sur 511 · UX-KARA-HISSAR · texte numérisé non relu

UX-KARA-HISSAR

la chaîne de l'Olympe, pour redescendre à travers une gorge sauvage et monotone jusqu'à (30 kil.)

Kutayé, ou Kioutahia (10 h.

d'^Ezani) , capitale de l'éyalet de ce nom et résidence du "gouverneur général. Elle est bâtie sur remplacement de l'ancienne Cotyaium, au pied d'une colline, sur la pointe extrême de laquelle s'élève un ancien château. La ville est traversée par un ruisseau, qui va se jeter, de l'autre côté d'une large plaine , dans le Poursak- Tchaï (ancien Tbymbrèsl, affluent du Sangarius.

La route se dirige au S.-S.-E. ; elle monte et descend sur les dernières pentes du Moualar-Dagh, franchit (15 kil.) le Thymbrès, remonte sur un large plateau, où elle rencontre (10 kil.} le v. de Yénidièh-Diami, et laisse à droite (10 kil.) celui de Douvarlar pour passer entre deux sommets isolés, après lesquels elle laisse à dr. les v. de Semlèh et de Tchakvr-Sas, et à g. celui de Tatar-Métiémet, pour atteindre (20 kil.) Osman- Keui. A partir de ce dernier, elle s'engage dans un étroit vallon jusqu'au (8 kil.) v. d'Eiret, puis chemine sur un plateau et descend (10 kil.) dans la vallée de l'Akkar- Sou, qu'elle franchit deux fois avant d'arriver (8 kil.) au v. de Kutchuk-Tschobanlar, d'où, passant encore une fois la rivière, on gagne (5 kil.)

Afioun-Kara-Hissar (16 h. de Kioutahia), situé sur le penchant d'une haute montagne trachytique, dominant une plaine de 15 lieues de large environ. On y cultive l'opium (afioun) , d'où le nom de la ville. Kara-Hissar a longtemps passé pour être bâtie sur l'emplacement de l'ancienne ville de Synnada.

D Afioun -Kara-Hissar à Konièfa et i Tane, R. 95.

D Afioun-Kara-Hissar , on peut en 5 ou 6 jours se rendre à Dénizln (V. p. 475), d'où l'on regagnerait Smyrae , suivant l'un ou l'autre sens de la route 76. Les

étapes d'Afioun-Kara-Hissar à Dénizlu , sont : (G h.) Sytchanly, (6 h.) Sandykly, (10 h.) Dinair (ruines d'Apaméc et de Cebena1 , sources du Méandre), (10 h.) Tchardak (par le lac d'Ascania , Adji- Tou/.-Gueul)et (1? h.) Déniartupar Kaklik, etCbonas. Dans le cas où il voudrait suivra cette route , le voyageur aura dû préalablement se rendre de Kutayé à Afloun, par Séid-el-Gbasy, Bcyad et E»ki-Kara- Ilissar, prenant à rebours la route qui va suivre. — Le voyageur pressé reviendrait à Smyrne plus directement par (18 h.) Ouscbak (Trajanopolis) , (18 h.) Kouîa région volcanique intéressante, (8 h.) Tourassili, (8 h.) Hnmmatli, (4 h.) Kassaba et (12 b.) Smyrne.

On peut aussi d'Afioun-Kara-Hi^ar se rendre à Adalia en 6 à 7 jou^-s. Les étapes de cette route sont d'abord, comme cidessus , Sytcbauly , Sandykli et Dinaïr (Vs? h.), puis (4 h.) Ketchi-Bourlou (lac de j Bouldour), (7 h.) Isbarta, (3 h.) Aghlasan ■ (ruines de Sagalassus) , (4 b.) Girmèh i (belles ruines de Cremna), (3 h.)Boudjak, I [2 h.) Karabounar-Keui , (4 h.) Padem- Aghatch (ruines de Cretopolis) , (5 h ) Bidjiklu, (5 h.) Adalia (V. R. 90).

La route se dirige au N.-E., traverse de nouveau la plaine et l'Akkar-Sou, «'engageant dans les montagnes, monte sur un premier plateau à (14 kil. ) Souseuz-Keui, d'où, s'élevant sur un plateau supérieur, elle atteint v10 kil.)

Eski-Kara-Hissarclôh. d'Afioun- Kara-Hissar), village de peu d'importance, situé sur le penchant •l'une collincvolcanique.il domine une vallée étroite, ou coule une rivière assez considérable. M. Charles Texier a le premier reconnu dans ce village la position de l'ancienne ville de Synnada, fondée par Acamas qui, après la guerre de Troie, vint s'établir en Phrygie. Elle s'appela d'abord Synnaia et fut célèbre par ses carrières de marbre; dès que celles-ci cessèrent d'être exploitées, Synnada tomba dans l'oubli, et l'on ne sait plus rien de son histoire. Les environs du village sont setnés t[o bris de toute

D'ASIE. [Route 82..

sorte, de morceaux de sculptures ébauchées et de blocs portant de inscriptions.

Ou descend dans la vallée qui s'ouvre du N. au S. au-dessou< d'Eski-Kara-IIissar, et l'on passe sur un pont jeté sur la rivière, dont on suit le cours, longeant en écharpe une chaîne de collines volcaniques jusqu'au débouché d'une autre petite vallée où coule un ruisseau affluent de la rivière de Synnada. Au delà de ce ruisseau, sur le flanc opposé de la vallée (7 kil.), apparaissent les carrières. Leurs masses blanches et brillantes, entourées de laves noires, semblent, suivant l'expression de M. Texier, un îlot de marbre au milieu des volcans. La plus considérable de ces carrières a '20 mèt. de large et plus de 100 mèt. de profondeur. Les parties apparentes de la roche sont de marbre blanc ; mais l'intérieur de la montagne renferme des marbres veinés de bleu, de lilas, de violet foncé; ces marbres ont joui dans l'antiquité d'une réputation presque sans égale, et les Romains en ont transporté h Rome des quantités considérables. Le transport se faisait par blocs énormes, de façon à pouvoir tirer de chacun de ces blocs une colonnne d'une seule pièce. Ou sait qu'ils arrivaient à la mer parle Méandre, maison ignore par quel chemin ils arrivaient ace lleuve. L'exploitation de ces? carrières, très-active au temps des Romains, s'est prolongée, mais en se ralentissant, sous les empereurs byzantins.

Retour au pont de SvnnaJa ,7 kil.).

La route monte ensuite vers le N.-E.. traverse une petite plaine supérieure et redescend dans le

vallon très-étroit, qu'on a déjà traversé plus au S. en se rendant aux carrières, et sur le bord opposé duquel s'élève (8kil.)Saïdeler. Tes habitantsde ce village sont presque tous logés dans d'anciennes chambres sépulcrales creusées dans les rochers. Un de cch rochers, d'une

[Roittk 82.J D'A F I O L: N- RA H A-

masse très-considérable, a clé tellement percédecesccllules qu'une partie s'est écroulée et a couvert les environs de ses débris. On trouve à Saïdeler des fragments sculptés de toute sorte de style, et des pierres portant des inscriptions <jui sont sans doute des marques laites par les inspecteurs des carrières.

La route atteint à l'extrémité du plateau (5 kil.) le lieu dit

Kirk-In (les quarante grottes).

Une longue suite de rochers, formés par un tuf volcanique d'un blanc jaunâtre, sont percés.d'une infinité d'excavations, soit des cellules isolées, soit des chambres communiquant les unes avec les autres et situées à différents étages. Quelques-unes de ces chambres sont inaccessibles par leur élévation, les autres servent en hiver de demeure aux gourouks <turcs nomades). Une partie de ces cellules ont servi de tombeaux, mais la plupart ont été habitées ou destinées à l'être.

La route croise deux' vallons très-petits et redescend bientôt 18 kil.) clans une vallée sur le flanc opposé de laquelle on trouve, au pied d'une montagne abrupte (H k.)

Béyad, château moyen âge, qui tombe en ruines. Des cellules creusées dans les rochers servent de demeure aux naturels du pavs pendant l'hiver. Ils ont dans *le tiaut de cette vallée d'autres habitations où ils passent l'été. On revient un peu en arrière vers la rivière, dont on suit encore le cours dans ladirection du N.-N.-E., au milieu des roches de toutes formes percées de tous côtés pour servir de tombeaux ou d'habitations. Bientôt (6 kil.) la route tourne au N.-O., traverse la vallée, la rivière et un petit affluent de celle-ci. pour s'engager (7 kil.) dans un col étroit et boisé qui aboutit dans une autre vallée, plus large, où s'élève {W kil.)

Khosrev-Pacha Khân (12 h. de

Eski-Kara-Hissar), placé au milieu d'un bassin verdoyant et bien cul-

1USSAR A BROUSSE. 5(W

tivé > au point de jonction do cinq routes. Il n'est habité que pendant l'été. Dans les environs sont des tombeaux creusés dans le roc et parfaitement conservés, qu'on appelle tombeaux des rois de Phrygie.

La route se dirige au N.-N.-O., monte (4 kil.) sur un plateau peu accidenté, d'où on descend (12 kil.) dans une petite vallée qui s'ouvre du côté du N\, et où Ton rencontre (4 kil.)

Pichmisch-Kalessi- Le colonel Leake pensait que le château do Pichmisch-Kalessi et les ruines oui l'environnent occupaient l'emplacement de l'ancienne ville de Nacoleia, qui répond plutôt à Séid-el-Ghazy [V. ci-dessous).

La route suit ensuite le fond de la vallée, qui s'élargit bientôt.

Sur le penchant opposé à la route (5 kil.), et de l'autre côté du ruisseau , au-dessus du v. de Roumbed, on ira visiter le monument appelé Yazili-Kaya (pierre écrite), que le colonel Leake croit être le tombeau de Midas, opinion assez

vraisemblable. Ce tombeau, creusé et sculpté dans un rocher isolé, présente une surface de 400 mèt.

carrés. Des méandres sculptés en relief entourent une niche d'une forme assez singulière. A droite et à gauche de cette niche, deux pilastres d'un peu plus de 1 met.

de large supportent une sorte de frise couronnée par un fronton.

Le tout est orné de losanges en creux et de petits quadrilatères.

Deux longues inscriptions se développent sur le pourtour du monument.

Revenant à la route sur la rive droite du ruisseau, on débouche dans une autre vallée plus large, et tournant au pied delà montagne dans la direction de l'O.-N.-O., le long d'une rivière appelée Bathys par les anciens, on arrive (12 kil.) à

Séid-el-Ghazy, l'ancienne Nacoleia ~ h. de Khosrev-Pacha-Kbân\ Nacoleia n'a pas joue de rôle important dans l'antiquité. Son histoire est peu connue. Elle fut le

siège d'un évôché.

prit part au

evc

tes prit part au concile de Chalcédoine tenu en 451, et un autre au concile de Constantinople tenu en 870. L'importance de Xacoleia s'accrut pendant ta période byzantine. Le bourg actuel doit son nom arabe au tombeau du célèbre Sidi-el-Battal, le Cid des Arabes. Il possède en outre quelques tombeaux antiques, un, entre autres, qui porte le nom de Nacoleia. Au sommet de la colline sur laquelle le village est placé, près du couvent ou tekié de Sidi-el- Battal, quelques débris de murailles indiquent la place probable de l'ancienneacropole. Les rochers de la vallée sont percés d'innombrables excavations, servant d'habitations ou de tombeaux.

De Séid-el-Ghaxy, on peut en S jours retourner à Kutajé, en remontant la vallée du Bathys, et gravissant à un plateau où s'élère (9 h.) Doughan-Aslan , d'où l'on redescend dans la vallée du Poursak- Tchaï, que l'on traverse près d'Arra-Keui, pour rentrer à (6 h. .10 min.) Kutayë.

De Séid-el-Ghazy, on se dirige au N.-O., et l'on s'élève sur un vaste plateau, désert, où l'on ne rencontre aucun village, jusqu'à (40 kil.) J 4

Eski-Schéhr. l'antique Dorylaion (9 h. de Séid-el-Ghazy ), situé dans une large vallée arrosée par le Thymbrès. La plaine deDorylée, mentionnée dans la guerre de* Lysimaque contre Antigone et dans un plaidoyer de Cicéron, a souvent, sous le Bas-Empire, servi de place d'armes pour les armées byzantines. Le bourg d'Eski-Schèhr est renommé depuis les temps anciens pour les eaux thermales qu'il possède. Il ne contient aucune antiquité.

La route franchit ensuite le Thymbrès, et par les hameaux de Aschagha, Yokara, Kavak (10 kil.}, s'élève sur une montagne, où l'on remarque a gauchequolques ruines grecques. Tout ce massif appelé le Besch-Kardaeh-Dagh) est voJea-

TURQUIE D'ASIE. Rouw Un de ses nique et rempli de cavernes et de

chaussées basaltiques. Après 3 h.

de montée , on redescend sur

In Eughi .'lieu de cavernes) (6 h.

d'Eski-Schèhr), bourg bâti au fond d'un amphithéâtre dominé de tous côtés par d'immenses rochers s pic. Les maisons contiennent quelques fragmenta de §coionnes antiques; mais le3-basaltes des environs, le* laves et les scories ont. joué le plus grand rôle dans leur construction. Les environs présentent un grand nombre de cavernes naturelles et de grottes sépulcrales servant aujourd'hui de repaire aux aigles, oui planent en grand nombre sur la montagne. La plus considérable , fermée par uhe muraille crénelée et garnie de tours , semble avoir formé autrefois la citadelle de la ville.

En sortant (5 kil.) du vallon d'In Eughi, on marche vers le N.-E., sur un long plateau désert, jusqu'à (35 kil.)

Seugud ou Seuïud (6 h. d'In Eughi), première ville donnée par le sultan de Konièh à Erthogrul, père d'Osman, fondateur de la dynastie ottomane, et première capitale de cet empire : Seuïud ne contient pas plus de 900 maisons.

Une colline voisine couverte de cyprès et de chênes verts porte, dît-on, le véritable tombeau d'Osman et d'Erthogrul ; le monument est semblable aux plus anciennes tombes des cimetières de Constantinople. Le sépulcre d'Osm*n que l'on montre a Brousse ne rait qu'un cénotaphe.

De Seuïud, on se dirige auN - O., sur le môme plateau, où l'on ne rencontre que deux Dervfnd 25 kil.;, et l'on descend dans la vallée de Tehrjltulyk-Déré jusqu'à (15 kil.

Vézir-Khân (8 h. de Seugud). gros bourg bati sur un affluent du Sangarius dont la vallée se déroule, à une faible distance au N.-E:

De Vézir-KhAn, on peut en A h.

gagner Lefkd, ville nouvelle bâtie en briques crues, sur les bords du San garni? (Sakaria), au milieu d'un pays parfaitement cultivé. Pc

[Route 83.] DE BROUSSE AUX

Lefkè, une route de montagnes conduit en 6 h. à Isnik (F. K. 81), d'où l'on regagne Isinid et Constantinople; ou bien, remontant la rivière de Yéni-Sehehr, atteint (10 h.) cette ville, et de là (10 h.) Brousse i F. R. 81\

l'rie autre route, depuis Vézir- Khân, consiste à remonter le Tcheltulyk-Déré, par 4 h/Béledjik. jusau'au plateau de (7 h.) Erméni- Bazar , d'où , par 1 h. 30 min.) le v. de Karchounlu, on redescend dans la riche vallée dit Gallus, où l'on rencontre \.ï h.) I^laseh, f;2 h. 30 min.) Alibei- Keui, et enfin (1 h.)

Ainèh- Gueul (18 h. de Vézirkhân),gros bourg bâti en vue du lac du même nom, dans une large et fertile vallée, dominée par les sommités de l'Olympe (Krschich- Daqhj. — D'Aïnèh - Gueul, on se dirige au N.-O. pour gagner [i h.) près du v. d'Agazar le pied des contre-forts boisés de l'Olympe, sur lesquels on' chemine jusqu a k2 h. 30 min.} Ak-Sou. situé au pied de l'Olympe dans un pays pittoresque, bien peuplé et bien cultivé.

D'Ak-Sou , on longe en écharpe les contre-forts de l'Olympe, et l'on traverse sept à huit grands ravins, pour rentrer à (6 h.) Brousse T. p. 50z).

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