‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 239 sur 511 · TAU · texte numérisé non relu

TAU

TURQUIE D'ASIE

La petite église , tresse compose d

en 1326.

simple, se compose d'une nef avec deux bas côtés , et une coupole centrale soutenue par quatre colonnes. L'édifice a beaucoup souffert de deux incendies en 1490 et en 1804. Dans la chapelle attenante au monastère, on voit plusieurs tombeaux de princes ottomans remontant à l'origine de la dynastie.

Près de Daoud-Monastir s'étendent les jardins de Murad Ier, où l'on voit quelques vestiges de son palais ; et la mosquée de Murad Ier, qui contient le tombeau très-simple de ce sultan, avec son casque et son turban. Dans le voisinage, s'élève le Mcdrcsu, édifice bâti en briques, précédé d'un portique à cinq arcades, et surmonté de deux coupoles placées sur le même axe. A l'intérieur est une cour à portiques , entourée de chambres pour les softas ( docteurs), avec une grande salle de fond pour les jeunes garçons.

Parmi les autres monuments religieux, les plus curieux après celui-ci sont la mosquée de Bayéxid I", et celle de Mohammedl".

dite Ycchili-Diami (mosquée verte) avec le turbe de ce sultan. Ces derniers édifices sont situés dans la partie E. de la ville, au delà du Gueult-Sou, torrent qui la traverse en entier , et sépare du quartier supérieur le quartier arménien , et plus bas, le quartier Ildérim ( quartier turc des mosquées ) ; le quartier grec est situé dans la partie basse.

Citons encore, dans le faubourg de Tchékirguèh, une autre mosquée de Murad I" ( Ghazy Hounkiar- Djamuxi).

Les Bains de Brousse, célèbres dans tout l'Orient et fréquentés déjà par les anciens, se trouvent à 3 kil. de la ville, sur le penchant N. de l'Olympe et dans la plaine.

On rencontre en chemin la colline qui porte le quartier juif. Les aiieiens Thermes ont disparu; le*

[Route 82.

tous alimentés par des source*, chaudes (60° centigr. ) et sulfureuses, fournies par les contre forts inférieurs de l'Olympe. Les plus nombreuses sont au N. Je Tchékirguèh. Leur disposition est celle des bains turcs en général (V. p. 293 et 323); mais ils manquent d'étuves. Les plus remarquables, au point de vue architectural, sont ceux de Yéni-KapUdja, construits par Roustem - Pacha, gendre de Soliman II. L'intérieur est revêtu de marbre ; au centre de la grande salle, règne un bassin de 14 met. de diamètre.

L'édifice est surmonté de coupeles en pendentifs revêtues de lames de plomb et percées de trous en forme d'étoiles et de polygones variés , bouchés par des globes de verre. D'autres sources vont, par des conduits, alimenter une foule de bains publics et particuliers dans tous les environs.

Ascension du mont Olympe [Ktschich Dagh), — C'est ordinairement de Brousse qu'on part pour f*ire l'ascension, qui ne présente pas de difficulté. On loue pour cela à Brousse des chevaux au prix de 25 piastres par jour et de 15 pour

terre pour gravir à pied dernier sommet. On fera

(l h.) le bien de

passer la nuit auprès du sommet, pour voir le lendemain le lever du soleil. On est facilement revenu à Brousse dans l'après-midi. — ^ l'état du temps ne permettait p«s d'atteindre jusqu'au sommet, on tâchera toujours de monter aux deux tiers de la route, sur une pointe rocheuse, d'où l'on jouit d'une vue admirable et fort étendue. Le panorama.de l'Olympe «s' assez semblable à celui du l'ar" gare; la vue s'étend au N. sur U mer de Marmara avec les golfe* de Moudania et d'Ismid, sur tonstantinople et la mer Noire; *ur un plan plus rapproché, on domine au X.-E les lacs dTsnik et de

bains actuels sont au nombre sept, I Yéni-Srhèhr et le cours du Sang*'

KorTE 8$.]

nus (Sakaria ; à l'O., les lacs tl'Apollonia (Aboulliontï , le cours du Rhyndacus (Mouaïiteh-Tchaï) et le lac de Milétopolis (Moualitch\ la péninsule de l'y/ique ctlachaine de l lda qui masque la Troade : au S. et à l'E., la vue s'étend au loin sur les vastes plaines de la Mygie et de la Bithynie.

DE BROLSSE A jEZANI. 50.'

Oghlan-Keui, après lequel un s'élève en écharpe sur un large contre-fort jusqu'à la vallée au Rhyndacus, qui porte à cet endroit le nom iVAdranasTchaï. Il faut le traverser (12 kil.) pour entrer à

Kirmaslu-Kassabas8i(8h. d'Hassan-Agha-Reui), gros village sans i intérêt , mais au N.-O. duquel se ! trouvent dans la plaine (G kil.) les

ruines de Hammamlu , composées de quelques murs solidement bâtis

DE BROUSSE A iEZANLKIOUTAHIA, ' et de nombreux fragments de poteries et de tuiles.

On sort de Kirmaslu du côté du S.-E., et l'on suit la rive droite du Rhyndacus, longeant le pied des montagnes jusqu'à (15 kil.)

Kestelek, petit v. situé au bord lu Rhyndacus et dominé par les château byzantin, bâti

AFIOUN-KARA-HISSAR.

urroua a brousse par seid-el-ghazy,

ESKI-SCHEHR ET AiNKU -OUECL.

• S i"20 jour». — On couche à Hassan-Ai(l*aa Kirmtilu , à Adranas, à llarmandjik , à Koliyé , a Yénidje-Djami , à A(iouB-K.ara- Hiiftr, i Eski-Kara-HiiMr, à Khoiret-Paoha- KMn, à Scid-«l-Gbasy, a Baki-Schèhr, à In E«?hi,àSeugud,à Vénr-KMn, i Erméni-Batar (tiAîaéh-GMtil.

La route sort de Brousse du cété «Id O.-X.-O. et court dans la plaine jusqu'au (4 kil.) v. de Tchékirjèh.

I>à elle se sépare de la route de

ruines d'un sans doute au moyen âge pour défendre les passages de 1 Olympe contre les Turcs.

La route se dirige alors vers l'E., franchit (2 kil.} le Rhyndacus et court en écharpe sur des collines

Moudania pour se diriger vers l'O. I boisées et coupées de plusieurs et. traversant deux petits rours ravins, jusqu'au (20 kil.) vallon de «l'eau, s'élève sur un plateau pour . Dunelar-Keui, arrosé par un af-

redeacendre auprès du v. de Bodra (H kil.), bâti dans une petite vallée coulent deux ruisseaux. On remonte vers (fi kil.) le v. de Tachtalu, pour redescendre encore

llna f„' L ro 1- ! 1 V II A 1

Huent du Rhyndacus. On franchit encore un contre-fort pour atteindre (7 kil.) le v. de Bourma ; puis, contournant la hauteur qui porte le v. de Kayadjik, on franchit un

«ne fois à (8 kil.) Hassan-Agha- , ruisseau pour entrer (6 kil.) dans

K<*ui (6 h. de Brousse , village où Ion couche, bien qu'il n'offre aucune commodité au voyageur.

On continue à marcher dans la •lirection du S.-O., dans une plaine *jui 8e déploie entre le pied des derniers contre-forts de l'Olympe le lac d'Apollonia (auj. Àbonlll°nt)t semé do petites îles qui portent quelques ruines helléni- «P'-s. I.e v. d?Aboulliont s'élève à 1 extrémité d'une longue presqu'île qui se détache de la rive N. On y trouve quelques restes des murailles, d'un théâtre, et quelques tombeaux. En traversant deux rui6SCaux> puis (8 kil.) le v. de Faderb. et laissant à droite celui

d'Aktché-Bounar, on longe le ri-

v*ff'' jusqu'au (20 kil.ï v. de Kara- 1 Les huttes de ce vmage < M» if vr. -?î>

la vallée WAdranas [10 h. de Kirmaslu), au S.-E. de laquelle on trouve au pied d'une colline calcaire J kil.) les ruines de

Adriani. On y remarque surtout un grand bâtiment carre, construit avec d'énormes pierres sans ciment. Cette construction, qui semble avoir été un gymnase, a 88 pas de long sur 65 de largo, et 35 pieds de hauteur. Près de là, deux monceaux de pierres sculptées semblent indiquer la place de deux temples. Les murs qui soutiennent les champs environnants contiennent encore un grand nombre de colonnes ou de partiesdecolonnes La route s'élève un moment et redescend (5 kil.) au v. de Beidjik.

illajre offrent

/k)6 TURQUIE D'ASIE.

encastrées dans leurs murs des pierres portant des inscriptions grecques. On continue à monter et à descendre dans un pays très-

accidenté et boisé jusqu'à (12 kil.)

Aghatch-Hissar, v. situé dans une gorge étroite qui s'ouvre sur le Rhyndacus et que domine, au milieu de rochers pittoresques, un château byzantin. On traverse le Rhyndacus pour gagner (4 kil.)

Haïdar (5 h. d'Adranas), v. sans intérêt, mais dont les habitants sont très-hospitaliers. La route se dirige vers le S.-E. et (6 kil.) repasse sur la rive gauche du Rhyndacus, puis franchit (5 kil.) un ruisseau pour monter à (2 kil.)

Harmandjik (3 h. de Haïdar), gros v. où l'on peut se procurer des vivres et des chevaux de rechange. On continue sur un large

Slateau, d'abord dans la direction e l'E, puis vers le S., jusqu'au (10 kil.) v. d'Eschen-Keui, dont les maisons sont bâties avec des solives de bois et couvertes avec des copeaux de sapins. On traverse une belle forêt qui couvre les collines au-dessus de la vallée du Rhyndacus. On passe (3 h. 1/2 d'Harmandjik) auprès de rochers dans lesquels sont creusées des chambres sépulcrales dan* le style phrygien , et qui faisaient sans uoute partie de la nécropole d'une ville dont on n'a retrouvé ni les traces, ni le nom. Après avoir croisé deux vallons à peu de distance l'un de l'autre, on redescend dans la vallée du Rhyndacus, qu'on franchit (20 kil.) pour entrer dans Mohimoul et gagner (1 kil) Taouchanlu ,8 h.

d'Hannandjik), gros v. bâti au pied d'un contre-fort de l'Olympe.

De ïà, la route passe cfe nouveau le Rhyndacus et suit la rive gauche du tleuve au pied des montagnes, eoupe successivement trois ruisseaux i2 kil. — tlkil. — 8 kil.; jusqu'au (3 kil."} v. de Tchakmak, bâti sur un cours d'eau un peu plus considérable, et d'où, suivant toujours vers le S. la rive g. du Rhyndacus, (13 kil.

on

oabr"

ruisseau, et (7 kil. )

) un cinquième

[Route 82.^

JEzani ou Axani (AîÇxvoi ou ÀXx^i, en turc Tchavdir-Hissar , Château du Seigle) (8 h. de Taouchanlu .

— iEzani, fondée parAizen, fils de Tantale, et peuplée d'habitants originaires irArcadie, devint la métropole d'une contrée nommée iEzanite. Son histoire est très-peu connue. Elle fut comprise parmi les évôchés de la Phrygie Paeatienne , au cinquième concile de Constantinople. Le village moderne de Tcnavdir-Hissar se compose de quelques huttes. Il n'offre rien de remarquable. Mais le plateau, que ce village et les ruines occupent,estcouvertd'une épaisse eouenc végétale qui produit des grains en abondance. De là Je nom uu village.

Les ruines d'.Ezani furent decouvertes en 1825 par lord Saint- Asaph. L'édifice qui attire d'abord les regards est un Temple de Jupiter en marbre blanc, placé sur une vaste terrasse. On y parvient en se frayant un chemin au milieu des débris accumulés. La partie antérieure est décorée de vingt-deux arcades, qui étaient originairement revêtues de marbre blanc. Au milieu, un escalier de 30 mèt. de large conduit sur la terrasse. Elle a 146 mèt. de large et 102 de long. Le temple était jadis établi sur un soubassement de 37 mèt. de long sur 22 de large.

Il n'en reste plus que dix-huit colonnes d'ordre ionique. Chaque colonne, faite d'une pièce de marbre et cannelée en demi-cercle, est haute de 9 mèt. 504 mill. avec le chapiteau. Le fût a 8 mèt.

52 centim. de hauteur et 977 mill.

de diamètre à 1 mèt. au-dessus du sol.

Au-dessous de la terrasse ou cella, est un grand souterrain voûté à plein-cintre et éclairé par des soupiraux. Ce temple faisait partie de 1 acropolis.

Au pied de ce temple, en redescendant vers le Rhyndacus, on voit quelques colonnes qui ont appartenu à un temple, et plu?»

loin, dans la même direction, une

[Route 82.] KUTAYÉ.— AFK

autre colonne isolée. De l'autre côté du temple de Jupiter, au N., on voit un édifice carré qui a dû être une basilique ou une agora.

Sur le côté N.-E. de cet édifice passe un chemin qui conduit à Brousse, et au delà de ce chemin 6'étend sur la pente de la colline le cimetière moderne.

En descendant du cimetière vers TE. on rencontre l'Hippodrome ou le stade. Il a conserve une partie de ses gradins. A égale distance de ses gradins et sur les côtés s'élèvent deux grands pavillons.

La façade du pulvinar ou loge consulaire, encore debout, se compose de sent arcades de 2 met. GO oentim. de large. La longueur totale du stade est de 221 met., et sa largeur de 46. Quand l'édifice était entier et muni de tous ses gradins, il pouvait contenir, suivant le calcul de M. Ch. Texier, 12 760 spectateurs.

A côté du stade se trouve le Théâtre, creusé en partie dans une colline. Son grand diamètre a 56 mot. Le mur qui contient les gradins est en marbre blanc. Dans les deux salles extrêmes du postscénium on trouve deux escaliers qui conduisent aux étages supérieurs.

La nécropole s'étend derrière le théâtre, dans la direction de l'E.

Revenant au Rhyndacus, on remarquera sur la rive droite du fleuve un quai soutenu par un mur antique, construit en grande partie avec des pierres sculptées, et deux ponts de marbre qui ont chacun cinq arches voûtées à plein-cintre.

Au sortir d'iEzani, la route traverse le Rhyndacus sur le pont le plus septentrional et se dirige à TE. jusqu'au (9 kil.) v. de Tchaï- Keui, et s élevant sur un plateau supérieur à celui d'J£zam, rencontre les v. de (5 kil.) Souseuz- Keui et de ;6 kil.] Tatar-Bazardjik, au delà desquels elle s'engaçe dans un pays boisé, couvert de chénes-nains et de genévriers. On s'élève sur un col qui dépend de

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