ARARAT
tique, assez sauvage, qu'il suivra jusqu'à la petite ville de
Ardjiscn { 1*2 h. du col , 15 de Daï-eddin. ) C'est une kassaba ou ville close, avec d»*s murs et une forteresse en ruines , et une centaine de familles, presque toutes musulmanes : mais sa situation
Sittoresque sur le lac de Van lui onne un certain attrait.
Le lac est une belle masse d'eau formant un triangle irrégulicr de 30 lieues de base environ sur 25 de hauteur : ses eaux sont salées, mais beaucoup plus au S. qu'au X. , ce qui provient de l'abondance dos eaux qu'il reçoit de cette dernière direction.
A partir d'Ardjisch, une route assez fréquentée mène à Van, en longeant la rive N.-E. et E. du lac, et, pendant les deux tiers de son parcours, elle tourne autour d'un cul-de-sac à rives marécageuses, mais d'un bel effet, bordé de villages kurdes et arméniens, et joint au lae par une gorge tellement resserrée, que presque partout ce cul-de-sac semble former un lacbien distinct et bien circonscrit parles lignes fièrement découpées des montagnes voisines. Le panorama est dominé par le massif neigeux du formidable Sipan-Dagh ( 3300 mèt. ) , qui s'élève a l'O. Sur cette route , on voit successivement ( 6 h. 30 ) ^rnts . avec un château et 280 maisons , ville en ruines, mais d'un superbe effet au point de vue du pittoresque : les monastères arméniens de ( 5 h. ) Merek et (2 h. )de Khijis, dont le premier, dédié à la Vierge, es* un lieu «le pèlerinage en renom ; puis, après 4 h. de route , pendant lesquelles on perd de vue le lac, oui reste à 4 lieues sur la droite, Alaheui, bourg entouré de beaux vignobles et jouissant d'uneprospériié relative : enfin (3 h. 30)
Tan d'ancienne Vastanna) est une ville de 30 000 â^mes, qui a beaucoup gagné en bien-être depuis Quelques années. Les habitants de toutes races émigrent à Cnnstantinople , où ils se font
porte-faix, etc., et reviennent acheter une petite propriété dans leur ville natale. On y voit maintenant de beaux bazars, des cafés élégants et probablement des khans confortables. La citadelle, oui a résisté à plusieurs attaques des troupes d'Aobas II, couronne un rocher conique d'un aspect saisissant , parfaitement isole de tous côtés. Les nombreux jardins qui encadrent la ville lui donnent le plus gracieux aspect. 11 y a quelques ruines antiques et de l'époque arménienne , mais sans intérêt. La ville possède un hôpital et des écoles.
Pour éviter les fatigues d'un voyage le long de la côte S. du lac, le voyageur fora bien de louer un des rares bateaux qui font habituellement un service de trans-
Çort de marchandises entre Van et aghvan , qui est en quelque sorte l'échelle de Bitlis. On jouit ainsi des magnifiques points de vue % qui se déroulent successivement, et dont voici les détails les plus saillants : Ariémid, avec son aqueduc, attribué par les indigènes à Sémiramis et appelé Semiramsou, que quelques- géographes ont assez plaisamment pris pour une rivière; Vastan, avec un château et une jolie plaine ; Khandjaik , monastère arménien situé dans une île . et résidence d'un évéque.; Namigas, Gueulli, Garzit , barach. Almali et beaucoup d'autres villages, avec une population mêlée de Kurdes et d'Arméniens ; enfin Tadvan, petit port peuplé de quarante familles arméniennes, avec un fortin sur une pointe qui s'avance dans le lac. On reprend en ce lieu le voyage par terre, et une courte étape de 4 h. mène à
Bitlis, capitale commerciale de l'Arménie. (On y trouvedeuxkhâns pourvus d'un confort satisfaisant.) C'est une ville d'au moins 15 000 âmes , dont un tiers de chrétiens, bâtie dans une plaine , autour d'un rocher escarpé de près de 18 mèt., supportant les ruines de l'ancien château des beys, qui y
D'ASIE. [Route 87. i
régnaient en seigneurs féodaux :
elle a trois mosquées, une douzaine de Tékiés de derviches hurleurs, un bazar important , des habitations spacieuses bâties en pierre, et un konak ou palais de belle apparence.
Bien qu'ancienne, elle n a guère d'histoire, et lesérudits arméniens disent qu'elle s'appelait jadis Salamsur, et qu'elle lut fondée par un roi païen nommé Alexandre. Ses teintureries sont renommées jusqu'en Svrie : la matière colorante vient du district de Chirvan.
Voici maintenant, à partir de Bitlis , les staiions et les accidents notables de la route: Xa/îr(4 h.;:
on s'engage dans une gorge resserrée, entre le Kerku-Dagh, a g., et le Nimroud-Dagh (mont de Nemrod), à dr., pour déboucher sur {4 h.) Muschakgtr, vers lasource du Kara-sou (Arsanios.) On descend cette jolie rivière jusqu'à (5 h.) Irichidir, après quoi on va, à travers la plaine, gagner ( 4 h. 30) Mouch. C'est une ville curieusement bâtie autour d'une butte conique, au milieu d'une fort belle laine, où se voient une centaine e villages : mais la ville elle-même est d'aspect misérable, bien qu'enrichie par un commerce actif en grains, en chevaux , en bétail, et surtout en excellent tabac.
En quittant Mouch, on passe le Karasouàgué, passage assez inquiétant en certaines saisons, et on atteint (2 h. 30) Sutck, près duquel on passe l'Euphrate sur un pont de quatorze arches : on remonte ce fleuve pendant 2 heures et on arrive à Sikahouah , bourg arménien, au pied d'une colline conique qui domine le fleuve : on continue a longer celui-ci jusquâ son confluent avec le grand affluent appelé Boukhour-Teliai , qu'on remonte aussi jusqu'à un petit pont de pierre ; au delà de ce pont, on traverse les v. de (5 h.) Goumgoum, (5 h.) Bachkend; un petit trajet à travers le Bin- Gueul-Dagh mène à la petite ville arménienne (4 h. 30; de Khinir, suivie de (2 h.) Barmek, [l h. 3t)i
Roctb 88.]
Aghvéran, et d'un long défilé au pied du mont Kara-Kaïa (la Ro- ••he-Noire). On est dans un pays montagneux, d'où la vue découvre le pic neigeux du colossal Sipan- Dagh, pourtant éloigné de près de 20 lieues. Après le défilé, on passe à gué l'Araxe , appelé en cet endroit Bin-Gueul-Sou (le fleuve des mille étants}, on arrive à (3 h. 30) Keui-lu , d'où, gravissant un plateau couvert de neige jusqu'en juin, et d'où se déroule une superbe vue de la plaine d'Erzoroum, on peut descendre directement *ur cette ville (Il h. ) , à moins qu'on ne préfère rejoindre (9 h. 30) à Hassan-Kalèh la route déjà décrite (F. p. 523) f d'où l'on rentre à i7 h.) Erzeroum [V. p 522).