CHAPITRE PREMIER
GÉNÉRALITÉS
Ve section : Géographie.
§ Ier— Situation, limites, étendue et divisions. — La Syrie, que les Arabes appellent Barr-ach-Cham, le pays de la gauche, par opposition à l'Yémen , le pays de la droite ( en prenant pour centre de l'Asie la sainte Kaaba), la Syrie est située entre les 31° et 87* de latitude N. et entre les 32° et 37a de longitude E. Elle a pour limites, au N., l'Asie mineure (Karamanie, ancienne Cilicie deuxième), à l'O., la mer Méditerranée, au S., l'Egypte, a TE., l'Al-Djézirèh (ancienne Mésopotamie) et le désert de Damas (Barriel-ech-Cham), et renferme les neuf contrées anciennes connues sous le nom de Syrie première , Syrie deuxième, Syrie Euphratésienne , Palmyrène, Phénicie maritime et libanique, Palestine. La superficie de la Syrie est évaluée, avec celle de l'Yrak-Arabi, à 385088 kil. carrés. Administrativement, la Syrie se divise aujourd'hui en 3 éyalets, subdivisés en 14 liras, savoir : léyalet d'Alep, comprenant Alep , Antioche , Raka et Aïntab; celui de Saïda, comprenant Saida Lattakièh, Taraboulous Tripoli), le pays des Druses. celui de Nazareth, St-Jean-d'Acre, Naplouse et Jérusalem ; enfin, l'éyalet de Cham (Syrie), comprenant Damas, Hama , Honis et Tadmor.
La cote de Syrie, bien que très-accidentée, ne présente qu'un véritable golfe : celui d'Alcxandrette, qui s'ouvre entre la Syrie et l'Asie mineure, et une foule de baies séparées entre elles par des pointes qui ne méritent guère le nom' de caps. Les promontoires et golfes principaux sont, en allant du X. au S. : la pointe de Ras-el-Khinzir. qui s'étend entre le golfe d'Alexandrette et la baie de Suédiè, ancienne Séleucie : les caps de Possidi {Ra$-el-Bouseit)t Ziaret, Hcsn, Outdy, les Ras-lbn-el-Hany , Ras-el-Mina, Ras-el-Poudjé, le Ras-Beyrout, le cap Blanc ou Ras-el-Abiad , le Ras el-Mecherfé, le cap Carmel; les baies de Tripoli, de Beyrout, de Saint-Jean-d'Acrtï.
g II. Configuration du sol, montagnes, lacs, rivières.— L ossature de la Syrie, beaucoup plus simple que celle de la Turquie d'Asie, ^ compose de quatre chaînes principales. Un rameau du Taurus, scindr en deux branches, le Giaour-Dagh et le Kulek-Dagh qui s'ajoutent presque bout a bout de l'E. à l'O., couvre la frontière septentrionale
La chaîne de l'Aman us (Guzol-Dagh et Akma-Dagh), se détachant du Giaour-Dagh, s'allonge vers le S.-O., court d'abord tout près de la mer, et atteint sa plus grande élévation en face du golfe d'Alexandrette, où elle pousse directement vers 10. une de ses branches, le Pierius ou Tolos (Djébel-Késérik) , dont les sommets dominent immédiatement la mer. Elle se prolonge par le Djébel-Mouça , et le Casius (Djébel-Okra), haut de 1500 mètres, et par la chaîne du Djébel-Ansarièh , l'ancien Bargylus, qui court directement au S. pour se terminer en face d'une grande coupure située entre Tortose et Tripoli , et par laquelle la grande vallée de Hama communique avec la mer. De l'autre côté de cette coupure, commence la chaîne du Liban ( Djébel-Loubnan ), qui se dirige vers le S.-E. en se rapprochant de la mer, et sur plusieurs points, notamment entre Tripoli et Beyrout, pousse ses derniers contre-forts jusque dans les flots. Ses sommets principaux portent les noms,de Djébel-Makmel , Djébel-Sunnin, Djébel-er-Ràhân, Djébel-el- Garb, Djébel-èch-Choukif , et atteignent une hauteur de plus de 3000 mètres. Parallèlement au Liban, court une chaîne moins élevée : c'est l'Anti-Liban ( Djébcl-ech-Scharki), qui se termine au S. par le massif du grand Hermon ( Djébel-ech-Scheik J, et pousse du côté de l'E. ses derniers rameaux au delà de Damas, dans la direction de Palmyre. Entre le Liban et PAnti-Liban «'étend, sur une longeur de 112 kil., la vallée de la Cœlésyric , élevée d'environ 670 mètres au-dessus du niveau de la mer. La chaîne du Liban proprement dit s'abaisse en descendant vers Sour (l'ancienne Tyr], et le Léontès ( Nahr-el-Léytani). De l'autre côté de ce fleuve, deux branches parties, l'une du cap Blanc, l'autre du cap Carmel, se dirigent cette fois de l'O. à l'E., des bords de la mer dans l'intérieur des terres, laissant entre elles la vaste plaine d'Esdrelon. Les sommets les plus remarquables de la 'haine la plus septentrionale sont : le Djébel-Safed , le Thabor (Djé- M-el-Toûr), le Carmel ( Djébcl-mâr-Elias ) , le petit Hermon ( Djébel ed-Doub) , les monts Gelboë (Djébel-Foknah ). Ceux de la chaîne la plus méridionale sont les monts Ebal et Garizim dans la Samarie, les monts d'Ephraïm et de Juda, le mont des Oliviers. Les plus hauts sommets de cotte chaîne ne dépassent pas 8 à 900 mètres. A l'O. de ces montagnes 8'étend jusqu'à la mer, de Kaisarièh à Jafa, la plaine de Saron, et, près de Gaza et d'Ascalon , la plaine de Falastine, d'où est dérivé le nom de Palestine: c'est l'ancien pays des Philistins.
La Syrie n'a que deux fleuves, lesquels sont peu considérables , une vingtaine de petites rivières et un grand nombre de torrents, à sec la plus grande partie de l'année. Le Nahr-cl-Assy ( ancien Oronte), le seul fleuve qui appartienne à la Syrie proprement dite f prend sa source dans l'Anti-Liban , non loin de Balbek, et , se dirigeant vers le N., arrive d'abord dans un bas-fond où il étale ses eaux çt forme le lac Kadès. Il en sort pour aller arroser Homs, Hama et Apaméa, parcourant une longue et étroite vallée séparée du littoral par le Djébel-Ansarièh, et de la plaine d'Alep par le Djébel-cl-Ala et d autres montagnes. Il reçoit par un canal étroit les eaux du lac d'Antioche ou Ak-Deniz, puis, tournant ii l'O. , il va baigner les murs d Antioche et la base du mont Casius. avant de se jeter dans la mer,
574 SYKIE. -PALESTINE.
où il arrive après avoir fourni un cours de GO lieues envirou. Les deux lues dont nous venons de parler occupent le fond d'une plaine marécageuse, entourée et presque fermée par les monts de Baylan, l'A m an us et les derniers contre-forts du Taurus. A l'E., la plaine d'Alep, séparée de celle-ci par une chaîne de montagnes d'une importance secondaire, s'élève au N. dans la direction do l'Euphrate et s'abaisse vers le pied des montagnes } en sorte que le Nahr- Kouaïk ( ancien Chalus), qui passe à Alep, venant du N.E., ne peut avoir d'issue et se perd dans la terre. La cote à 10. est arrosée par une petite rivière, le Nabr-el-Kébir , qui traverse Lattakich, et coupée par une multitude de torrents, qui n'ont d'eau que dans la saison des pluies. Au bout de la vallée de l'Assy , s'ouvre une autre vallée qui semble la continuer, mais dont la pente est dirigée en sens inverse vers le S. Celle-ci est arrosée par le Léontès, Nahr-cl-Léytani. qui s'échappe par une gorge étroite entre le grand Hermon et le Djébel-eeh-Choukif, et tombe dans la mer auprès de Sour, où il prend le nom de Nahr-Kasimiyèh. De l'autre côté de l'Anti-Liban s'étend la plaine, ou plutôt le plateau de Damas. Les environs do cette ville sont traversés par de nombreux cours d'eau dont le plus important est le Barada, le Chrysorrhoes des Grecs, et l'Abanade la Bible, lequel descend de l'Anti-Liban et se répand, près de ûamas , en un grand nombre de canaux qui, après avoir arrosé une admirable oasis, ^ réunissent dans un bas-fond et forment le lac de Bahr-el-Merdj.
Entre les chaînes du Djébel-cch-Cheikh, qui termine au S. l'Anti- Liban, et du Djébel-Kcdès , dernier sommet du Liban, s'ouvre la vallée du Jourdain, lequel, se dirigeant au S., tombe dans le lac Mérom (Bahrcl-Houlé), et peu après, dans le lac de Tibériade ou merde Galilée ( Bahr-Tabarié ). Ce lac, la plus belle nappe d'eau de la Syrie, a 19 kil. de long sur 10 kil. de large. Le Jourdain en sort vers le S pour continuer sa route à travers une large vallée déserte nomm^' El-Ghor, et se perdre dans la mer Morte ou lac Asphaltite après un cours do 97 kil, à vol d'oiseau , mais en réalité de plus de 300 kil.. à cause des méandres sans nombre qu'il trace dans la vallée. Ce fleuve n'a guère que 20 mètres de largeur en moyenne, mais la profondeur àe ses eaux est relativement considérable. Le fait le plus remarquable au point de vue géologique présenté par toute la Syrie, est la dépression de la vallée du Jourdain à un niveau considérable au-dessus de la mer. Ce fait n'a été scientifiquement constaté que dans ces dernier* temps. Les opérations faites par divers voyageurs pour calculer cette dépression ont produit des chiffres un peu différents. Suivant M. Bertou, ce point culminant du Jourdain serait élevé de 1*1 w'1au-dessus du niveau de la Méditerranée, et lamer Morte, où ce fle»»vc vient se perdre , serait de 119 mèt. au-dessous. Depuis la source du Jourdain jusqu'au lac de Bnhr-cl Houlé , la vallée aurait une pen c de 189 mèt. , de 221 entre ce lac et celui de Tibériade, enii» l9o entre le lac de Tibériade et la mer Morte. Suivant M. Deleros, la depression totale serait de 426 mèt. ; suivant M. Symonds, de 127» ct 0 436, d'après les calculs du lieutenant Lynch.
La mer Morte est un lac sans écoulement, qui perd par l'évapora-
tion une quantité d'eau à peu près égale à celle qu'il reçoit de ses affluents. L'hiver rompt un moment l'équilibre ; à cette époque, la mer s'étend dans la vallée et occupe un espace plus considérable. La mer Morte paraît un vaste cratère d'effondrement formé par un grand cataclysme, avant lequel le Jourdain continuait probablement sa route jusqu'au golfe d'Akabah, division la plus orientale de la mer Rouge. La grande vallée qui s'étend dans cette direction au S. de la mer Morte, est la continuation évidente de la vallée El-Ghor, et porte aussi ee nom, comme entre le lac de Tibériade et la mer Morte.
A l'E. du Jourdain , sétend une région peu explorée ( Hauran , Trachonitidc, Ledja), vaste plateau qui, h cause de son élévation audessus de la vallée du Jourdain, présente l'apparence d'une chaîne de montagnes, connue dans l'antiquité sous le nom de monts de Giléad, d'Abarim, de Moab etd'Kdom.
A 10., à la hauteur du lac de Tibériade , s'étendent les plaines et les vallées de l'ancienne Galilée , où l'on reconnaît facilement encore la région fertile décrite par Flavius Josèpbe, et plus au S. , l'ancienne Samarie, et la Judée proprement dite, aussi arides,^ aussi désolées l'une que l'autre. Le littoral étroit qui correspond à ces trois provinces est l'ancienne Phénicic ; quelques ruisseaux peu importants l'arrosent et se jettent dans la mer.
Cavernes.— Il y a, près de Damas , d'immenses cavernes dont l'une peut contenir 4000 hommes. Les montagnes de la Palestine sont également creusées de cavernes très-nombreuses, parmi lesquelles il en est aussi de très-considérables , notamment près du lac de Tibériade.
Tremblement* de terre.— Le bassin du Jourdain présente des traces d'anciens volcans; le lac Asphaltite laisse parfois échapper des tourbillons de fumée et montre sur ses rivages des crevasses déformation récente. Tout cela prouve que cette vallée a été le siège d'un feu qui est a peine éteint. Strabon, se conformant à la tradition des habitants du pays, dit que la vallée du lac était peuplée de treize villes florissante*, et qu'elles furent englouties par un tremblement de terre; Ératosthènc attribuait cette catastrophe à un simple affaissement du terrain. Les éruptions ont cessé depuis longtemps; mais les trembiements de terre qui se sont succédé à des intervalles divers, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, menacent encore les populations de ces pays, et en particulier celles de la cétc. En 1759, il en est arrivé un qui tua, dit-on, plus de 20000 personnes dans la vallée de Balbek; un autre, en 4778, ruina Alep; d'autres, en 1783, 1819, 1822, ont étendu leurs ravages sur des surfaces de pays plus ou moins considérables. On a observé qu'ils n'arrivent jamais que dans l'hiver, après les pluies de l'automne.
8 III. Produits du sol. Agriculture.— Le sol de l'Éyalet d'Alep, généralement gras et#argileux , produit principalement du froment, de l'orge et du coton. Les coteaux voisins de la mer sont consacrés à la culture du tabac; les montagnes de l'intérieur, à celle de la vigne, des mAriers, des oliviers et des figuiers. Les environs d'Alep sont couverts de pistachiers. Le Liva de Tripoli présente les mêmes cultures que l'éyalet d'Alep. Le tabac qu'on récolte sut le territoire
570 SYRIE. — PALESTINE
de Latakièh ( Djébeli) , connu dans le monde entier, est l'objet d'un commerce considérable avec l'Egypte. Le pays qu'on appelle plu* particulièrement le Liban et le territoire de Kesraouan portent des bois de sapins, des plantations de mûriers blancs, et fournissent au commerce une quantité considérable de soie ; mais cette soie , assez rude, n'est guère employée qu'à faire des galons. Quant aux cèdres du Liban, ils ont été trop vantés, ou il faut admettre que cette essence, qui tend à disparaître , a dégénéré. Sept ou huit de ces arbres, vraiment beaux, s'élèvent dans une admirable position, sur un haut plateau, près du village d'Ebcharrèh ; mais c'est à quoi se réduit cette merveille de végétation. Le reste des cèdres qu'on rencontre , loin d'être extraordinaires , n'égalent pas les dimensions ordinaires des platanes qui croissent partout dans ces montagnes. L'éyalet de Saida ( Sidon) renferme les plaines d'Acre, d'Esdrelon, de Sour, de Haoulé. dont on vante avec raison la fertilité. Le blé, l'orge, le maïs, le coton, le sésame y rendent , malgré l'imperfection de la culture , vingt et vingt-cinq pour un. Le pays de Kaïsarièh possède une forêt de chêne*, la seule de la Svrie. Les cotons de Safed sont aussi blancs que ceux de Chypre le tabac de Sour; (le sourié), aussi savoureux et aussi parfumé que celui de Latakièh. L'éyalet de Damas offre un sol et des produits très-variés; les plaines du Hauran, celles de l'Oronte, grasses et fertiles, donnent du froment, de l'orge , du doura, du sésame et du coton. Le pays de Damas, terrain graveleux et maigre, est plus propre à la culture des fruits et du tabac qu'à celle des grains ; aussi Damas est-il entouré de beaux jardins où l'on trouve tous les arbres fruitiers de l'Europe , qui donnent des produits d'une excellente qualité. La vallée du Jourdain est, en général, abondante en pâturages, surtout dans la partie supérieure. Le territoire de Rihha ( ancienne Jéricho ) produit deux espèces de baume, l'une l'amyris opobalsaraum, baum»* de la Mecque ou de Judée . déjà célèbre dans l'antiquité; l'autre, appelée dans le pays Zaqqoûm (Elœagnus angustifolius), fournit une amande, dont l'huile employée comme vulnéraire est l'objet du seul commerce qui se fasse à Rihha ; ses branches épineuses ont forme, dit-on, la couronne du Christ. Mentionnons aussi la rose de Jéricho (Anastatica hierochuntica , arbuste dont les fleurs, closes quand elles sont desséchées, se rouvre et reprennent leur couleur, même âpre* de longues années , quand on les imbibe de quelques gouttes d'eau. Les pèlerins le rapportaient comme une fleur miraculeuse. U Judée proprement dite, très - montucuse et généralement stérile, a cependant des cantons qui donnent de bonnes récoltes, surtout en vies; celui de Béthlem , par exemple , produit d'excellent vin blanc. Le nopal à cochenilles, l'indigo croissent naturellement sur quelques points de la vallée du Jourdain. La plaine deFalastine. présente un sol noir et gras, mais absolument privé d'eaux courantes, et rend , à proportion de l'abondance des pluies hivernale*5, de l'orge , du sésame , des pastèques et des fèves. Le palmier, qu'on trouve déjà sous une latitude beaucoup plus élevée vers le Xcommence seulement à Jafa à porter de bons fruits. Les oliviers acquièrent, dans la in.^me région , un développement considérable
GÉOGRAPHIE. f>77
Gaza otfre des paysages qui annoncent déjà l'Egypte avec ses plaines roses, ombragées de quelques rares dattiers. Pour terminer la revue des productions végétales de la Syrie, ajoutons que, depuis la tin du «iècle dernier , on a acclimaté la canne à sucre à Bevrout et le café à Latakièh. *
Animaux. — La Syrie possède tous les animaux domestiques de l'Europe, plus le chameau, qu'on rencontre partout, de beaux chevaux, une magnifique râpe de moutons, le mouton à large queue. Lo buffle habite plus particulièrement lesmaraisde Famié, l'ancienne Apamée, sur l'Oronte. Les gazelles abondent aux environs de Damas. Les rives du Jourdain, couvertes d'une épaisse végétation de roseaux, de saules et d'autres arbustes, servent de repaire aune foule de sangliers, d'onces, de chacals, de lièvres et d'oiseaux; mais le seul animal que les Syriens aient à redouter sérieusement est la sauterelle. Quand l'hiver a été relativement chaud, on les voit venir du désert, de l'E. , par épaisses nuées; l'air en est obscurci et la terre entièrement couverte, là où elles s'abattent. En peu d'heures, elles dévorent les moissons des plus vastes plaines et rongent jusqu'à l'écorce des arbres. Rien ne peut préserver le pays de leurs ravages. L'oiseau samarmar, qui par la taille et la couleur ressemble quelque peu à notre loriot , détruit rapidement une grande quantité de ces insectes; mais c'est encore une trop faible ressource : il n'y a qu'une seule chance sérieuse de salut: c'est que le vent d'E. s'élève avec violence avant que l'essaim destructeur ne s'abaisse, et qu'il le pousse dans la mer.
Minéraux.— La charpente de toutes les montagnes de la Syrie est formée d'un seul et même élément, d'une pierre calcaire dure, blanchâtre, analogue au calcaire lithographique et qui sonne comme le grès. Partout les habitants l'utilisent pour faire de la chaux et construire leurs maisons. Le pays est pauvre en minéraux proprement dits; le fer seul abonde dans les montagnes du Kesraouan et dans celles des Druzes. On en trouve encore dans quelques cantons de la Judée. Il y a à Antabès, au N. d'Alep, une mine de cuivre, mais elle n'est point exploitée.
$ IV. Climat. Vents. — A raison de la division naturelle du terrain, en pays plat et pays de montagnes, on peut dire que la Syrie a deux climats, l'un très-chaud, celui de la cote ot d<:s plaines intérieures , telles que celles de Ba'lbck , Antioche, Tripoli, Acre, Gaza, Hauran , etc. ; l'autre tempéré et presque semblable au nôtre , lequel règne dans les montagnes. Sous ce climat, l'ordre des saisons est presque le même qu'au milieu de la France : l'hiver, qui dure de novembre à mars, est vif et rigoureux, et ne se passe point sans neige, et souvent celle-ci couvre la terre de plus d'un mètre. Le printemps et l'automne y sont très-doux et l'été n'y a que des chaleurs très-supportables. Dans le pays plat, l'hiver est si tempéré, que les orangers, les dattiers, les bananiers croissent en pleine terre. Mais dès le milieu d'avril , on passe subitement à des chaleurs accablantes, qui ne finissent qu'avec le mois d'octobre. Les régions du N.et celles qui sont à l'E. du Liban, les plaines d'Antioche, d'Alep, de Damas, ont des hivers un peu plus rigoureux, pendant lesquels il gèle et il tombe de la licite, sans que
Orient. 33
578 SYRIE.— PALESTINE
toutefois les étés y soient moins chauds. Sur les montagnes et dttis toute la plaine élevée qui s'étend à l'E., l'air est léger, pur et sec. salubre pour les poitrines bien constituées, mais dangereux pour le> personnes .prédisposées à la phthisie pulmonaire, qui n'est pas rarv dans la région de Damas. L'air de la côte est, au contraire , favorable sous ce rapport ; mais , en revanche, il engendre des maladies d'un autre genre, des fièvres intermittentes et putrides et des ophthalraies. Sur quelques points, à Tripoli, à Acre , mais surtout à Alcxandrette, le voisinage de marais considérables rend le séjour de mai à septembre assez dangereux; il y règne endémiquement des fièvres intermittentepassant facilement au type pernicieux et qui s'accompagnent d'engorgements de la rate, et se terminent par des bydropisies.
Les eaux des montagnes sont légères et de bonne qualité , mais dans les plaines, soit à TE. soitk l'O., les sources sont rares et Japlu part sont saumàtres.
Pendant la moitié de l'année, le ciel, surtout dans le désert et sur la cole, est presque constamment pur et découvert. Les pluies commencent à la fin d'octobre, mais elles ne deviennent longues et abondantes qu'au mois de décembre et continuent a l'être pendant le moi? de janvier, il pleut encore quelque peu en mars et en avril. Ce terme
{>assé, on voit peu de nuages et encore moins de pluie : à partir de 'équinoxe de septembre, le vent dominant est le vent du N.-O. , qui dure jusqu'en novembre et souffle le plus souvent pendant trois jour> consécutifs, au bout desquels il est un moment remplacé par le vent d'E. A partir de novembre, les vents du S.-O., de l'O. et du N.-O. régnent alternativement jusqu'en février, pendant toute la saison de^ fortes pluies. En mars, les vents du S. commencent à souffler pir intervalles de un à trois jours. Les vents d'E. les remplacent en juin, époque où le vent du N. devieut dominant. De juin * septembre, il arrive souvent que le vent fait en un jour le tour de l'horizon, passant avec le soleil de l'E. au S. et du S. à l'O. pour revenir enfin au X.
IIe Section : Histoire.
Ir« PKRIQDE.
De 1920 à 975 av. J.-C.
1920 — Abraham Tient habiter la terre de
Chanaan et se flxe à Sichem.
1897.— Abraham se fixe à Mnmré.
1896.— Naissant. d'Isaac. l&maël est
chasse de la tente d'Abraham. ' 1936.— Naissance d'Ésauet de Jacob, fils
d'Isaac.
1760. — Jacob obtient par surprise le droit d'aînesse. — II quitte la maison paternelle pour éviter la colère de son frère Ésatt.
1739.— Jacob revient dans la terre de Chanaan et s'établit à Sal»-m.
1738,-Joseph, fils de Jacob, est rendu par ses frère».
1706.— Jacob et sa famille s'établissent m Egypte, auprès de Joseph.
1571. -Naissance de Morse.
1491.— Les Hébreux quittent l'ÉgypK « passent la mer Rouge.
1451.— Mort de Moïse.
1150.— Les Hébreux sous la conduite àt J osué traversent le Jourdain.— Coaquéw de la partie méridionale de la Palestine.
1450-1141— Conquête du nord de la Palestine — Partage des terres.-U tabernacle est établi à Silo.
1105.— Othoniel, le premier juge, P»' verne Israël.
HISTOIAK.
1205.— Gédéon, le cinquième juge, défait
les Madianites.
1187.— Jephté,le huitième juge, triomphe
des Ammonites.
1116.— Samson, le douzième juge, périt à
1095.— Satll est élu roi par le peuple.
1018.— David commence à régner.
,1045.-11 prend Jérusalem sur les Jébuséens et en fait sa capitale.
1015.— David meurt et Salomon lai succède.
1011. — Construction du temple.
975.— Salomon meurt.— Le royaume se divise.— Royaume de Juda.