‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 281 sur 511 · TRIPOLI · texte numérisé non relu

TRIPOLI

crhalne du Djébel en-Xosairi vch, l'antique Rargvlus, et ou l'on aperçoit seulement les villages en ruines de Djebcle ; (Gàbala) , Merkeb ( l'ancien eastrum Merghatieum) , et Tarions (l'antique Tortosa).

3Iieux que les doux premières, cette dernière localité mérite une mention à cause d'un château qui remonte au temps des croisades, et d'une église d'un beau caractère qui paraît remonter au vi« siècle et dont on a fait une étable. Presque en face on aperçoit la petite île de Rouad (anciennement Ara dus), presque désert»* aujourd'hui , mais autrefois le siège d'un petit Ktat gouverné par (Tes rois indépendants. Cette colonie phénicienne était parvenue à un degré de puissance maritime assez important.

Elle subit successivement ainsi la domination persane et macédonienne. Prise pur Moawyah , lieutenant d'Omar, à l'époque de l'invasion arabe , elle fut détruite et ne s'est jamais relevée de ses ruines. Les auteurs anciens décrivent avec complaisance un appareil au moyen duquel les habitants étaient parvenus à utiliser une source d'eau douce sous-marine. On trouve encore à Kouad quelques inscriptions grecques et quelques colonnes de basalte noir.

A partir de Rouad la cote se creuse pour former un golfo où viennent se jeter plusieurs cours d'eau, dont le plus important porte encore le nom de Nahr */-KV6ir, et répond à l'ancien Kleutherus, qui marquait, selon Ptolémée , la limite X. de la Phénicie. Le navire mouille enfin (M milles de LattakièlO devant la pointe sablonneuse d'El-Mina, prolongée vers le N.-O.

par une série d'écueils qui ferment , comme d'une espèce de digue, la rade de

Tripoli, l'antique Tripoli», auj.

Taraboulous, pron. vulg. Trabïos.

Histoire.— Inpoli était, dans l'antiquité, une sorte de comptoir où trois villes voisines confédérées, Tyr, Sidon et Aradus, avaient chacune un quartier séparé, entouré

d'une enceinte. Le premier était sur une colline à l'E, le deuxième dans la ville actuelle, le troisième enfin sur l'emplacement où est à présent la marine. Comme toutes les colonies phéniciennes, Tripoli eut. dans l'antiquité, un commerce assez étendu ; la période la plus intéressait te de son histoire remonte aux temps des croisades.

Raymond, comte de Toulouse, fit construire sur la montagne des Pèlerins un château qui subsiste encore. Prise par Baudouin II avec l aide de la Hotte génoise, elle devint le chef-lieu d'un comté qui fut donné au fils de Raymond. Assiégée successivement parSaladin en 11H8. par Ribars en 1-208, elle fut prise en l'2H9 par Kelaoun, qui y massacra 7000 chrétiens.

Ktat actuel. — Comme toutes les villes du Levant, Tripoli se compose de ileux quartiers, la villo

Proprement dite, située à 2 kil.

ans les terres, et la marine. Cette dernière partie n'offre rien de remarquable; l'autre, à laquelle le voyageur se rendra sur un des ânes qui lui seront offerts, a beau- • coup plus de caractère. Ses maisons construites eu pierre , ses rues, dont quelques-unes sont bordées d'arcades, lui donnent un air d'importance que n'ont pas les villes de lacoteque nous venonsde décrire. Deux monuments, une église et une mosquée, méritent une mention, ainsi (pie les anciennes fortifications construites par les croisés et dont il subsiste encore des vestiges importants, et entre autres 7 t<>urs qui sont aujourd'hui sans emploi. On visitera aussi avec intérêt sur la rive S. de la rivière, les ruines du château de Raymond, comte de Toulouse, et sur la rive N. le tombeau du cheikh Abou Xassr.

Le bazar jouit d'une certaine réputation, il est largement approvisionné de cette passementerie orientale, bourses, ceintures, etc., dont les voyageurs sont souvent curieux. Tripoli possédait encore récemment un bazar pour la vente

SYRIK.— PALESTINE, noirs ; on est aisé-

♦ilG

des esclaves ment admis à le visiter. La ville est arrosée parla rivière Kadissilt; son territoire est d'une extrême fertilité; il produit le nopal , le mûrier blanc, le citronnier, le grenadier: le sol est profondément humide à cause des irrigations faites pour favoriser ces cultures; aussi Jos fièvres malignes et paludéennes y sont-elles fréquentes.

La population de Tripoli est de 13 000 Ames environ, dont 10 000 sont musulmans et les autres chrétiens de diverses sectes. Le commerce de la ville , diminué par le voisinage de Beyrout, se borne à quelques balles de soie et d'épon-

On visitera, à 1 kil. environ audessus de la ville, un ancien couvent de derviches, en ruines, dans une très-belle situation à l'entrée du Wadi-Kadissàt; plus loin on aperçoit un aqueduc.

Messageries françaises île quinzaine en quinzaine pour Beyrout , JafTa , Alexandrie et Marseille le dimanche; — pour Lattakièh , Alexandrette, Mersina , Rhodes et Smyrnc le lundi.

Au delà de Tripoli la côte incline au S.-O. jusqu'au promontoire de Théoprosopon, aujourd'hui cap Pouajé , et au delà duquel on voit la petite ville de Batroun. Jusqu'à Beyrout la côte est dominée par la partie la plus élevée et la plus pittoresque de la chaîne du Liban. La petite ville de Pjébaïl , la jolie baie de Djounié, les embouchures du . Nahr - Ibrahim (Adonis) et du Nahr el-Kelb (Lycus), sont les points les plus saillants de cette côte, qui sera décrite en détail R. 106 et que lesî paquebots parcourent toujours de nuit. Bien ayant le jour le navire mouille (48 milles de Tripoli ) dans la rade de Beyrout (V. R. 105;.

De Tripoli à Beyrout, R. 106. — Aux Cèdres et à Ba'lbek, R. 107 et 110. — A Hums et Hamah, R- 101.

I Route 9y.

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