ALEP
tiquité, suivant certaines relations probablement exagérées , jusqu'à 250000 habitants. Alep n'en possède guère, aujourd'hui, que 70 000.
dont 15 000 chrétiens et 4000 juifs
Alep est située dans la plaine mamelonnée qui s'étend de l'Oronte à l'Euphrate. La ville et ses environs immédiats sont dans une oasis traversée du N. au S. par la Kouaïk, qui, descendant des montagnes d'Aïntab, va se perdre dans les sables et former un immense marais, à 6 lieues environ au-dessous d'Alep. De quelque côté que l'on y arrive, on est frappé de la ' multitude de ses minarets et de ses dômes blanchâtres. Ses rues sont étroites, mais propres pour une ville arabe; quelques-unes sont pavées, d'autres sont complètement rouvertes de voûtes dans lesquelles des jours sont ménagés.
Il en résulte qu'on y marche comme dans une ville souterraine, et que pour pouvoirse rendre compte de sa topographie, il faut monter sur la citadelle ou sur quelque maison : on plane alors sur une immense étendue de terrassesd'où surgissent les minarets et les coupôles des mosquées. Les maisons qui bordent les rues sont généralement construites en pierre et n'offrent extérieurement qu'une apparence de misère. Tout le luxe est pour l'intérieur. Quelques-unes sont pavt es de marbre, ornées de jets d'eau, de fleurs, et surmontées de terrasses où s'écoulent, le soir, les plus douces heures de la vie orientale.
Les bazars d'Alep sont abondamment approvisionnés des produits de l'Europe et de ceux de l'Asie.
La ville proprement dite , de forme à peu près carrée, et mesurant à peu près 5 kil. de circonférence, estentourée d'une muraille sarrazine en ruines , et même interrompue dans une grande étendue, surtout à l'E. et au S. Cette enceinte est percée de neuf portes.
La ville est divisée en 24 quartiers.
SYRIE. — PALESTINE
A pou près au centre, et un peu ver» l'E. de la ville, s'élève une forteresse [ELKala'h) placée sur une sorte de colline factice, haute d'environ 60 mèt., et nui put seule résister lorsque la ville fût prise par les Arabes. Elle a été ruinée par le tremblement de terre de 1832. Auiourd'huisa force est nulle; elle est Je plus souvent dépourvue de garnison et d'armement.
En dehors de la ville proprement dite, et au delà d'une espèce de glacis assez large, s'étendent de vastes faubourgs entrecoupés de jardins où se cultivent tous les fruits de l'Europe et de l'Asie , mais dont la fertilité n'égale pas celle des jardins de Damas. Les chrétiens habitent surtout le faubourg de Kitàb au S.-O.
Alep ne possède pas d'antiquités.
Nous citerons cependant auprès de la porte d'Antioche, a l'O., une sorte d'arcade couverte d'une inscription koufique; et, au N., près de la porte Bab en-Nassr, une pierre qui est, de la part des Aleppins de toute classe et de toute religion, l'objet d'une vénération dont on ne connaît pas les causes.
Les environs d'Alep sont plus riches que la ville elle-même en débris de monuments anciens.
Dans un ravon de dix lieues autour de la ville on trouve fréquemment des blocs énormes rappelant ceux de Da'lbck ou d'Alexandria Troas , des fragments de murs soutenant des voûtes qui ont dû faire partie de temples ou de prétoires, des restes d'aqueducs ou de voies antiques. Tous ees débris annoncent que la ville et ses environs eurent, dansl'antiquité, une très-haute importance, ci que Berœa fut sans doute l'entrepôt de commereede l'Europe avec l'Inde.
Le climat d'Alep est généralement sain ; tout le monde cependant, indigènes et étrangers, y est soumis à une affection cutanée particulière que l'on appelle le bouton d'Alep. Cette affection qui attaque ordinairement le visage, se présente, au début, sous la for-
(Koltk lui.)
me d'un bouton ordinaire, et, après des modifications successive*, nui durent généralement un an, disparaît en laissant une cicatrice indélébile. Les indigènes sont généralement attaqués dès l'enfance, les étrangers après un laps de temps variable. On cite comme particularités d*8 personnes qui ont eu le bouton d'Alep longtemps après avoir quitté la ville. Cette affection, dont les chats et le* chiens eux-mêmes sont atteints, est attribuée à la nature des eaux et s'observe surtout sur le bord du Kouaïk.On la retrouve du reste a Bagdad, et dan? plusieurs localités de la Syrie.
D'Alep à Apamée, R. 103.— A Anuoth*?, R. 101.— A Hamah et à Tripoli, R.10J r*> 104.-ALattaklèb. R. lu*.