‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 289 sur 511 · HAMAH · texte numérisé non relu

HAMAH

Tonmân, situé près de la rivière Kouaïk : le Khan est actuellement ruiné. Une route h travers la plaine déserte conduirait à Tefténas et Serméin ; mais elle est presque toujours impraticable à cause des Bédouins, et il vaut mieux gagner k l'O. (4 h. 20) Ma'arra, gros v. situé à l'E. delà plaine d'Edlib [V. H. 102), et d'où, par une plaine superbe couverte de villages, et ou l'on cultive les céréales , le coton et le ricin, on atteint (3 h. 451 Serméin, ancienne ville aujourd'hui presque déserte, où l'on trouve beaucoup de citernes et de cavernes creusées dans les rochers envj ronnants et servant d'habitation. La plus remarquable est divisée en plusieurs salles , où l'on voit des colonnes grossièrement sculptées.—De Serméin, on se rend en 3 h. à Riha, Ville de 3000 h., dans une situation pittoresque au pied du Djébel Arbaïn , entourée de jardins et de bois d'oliviers. On trouve aussi , dans les environs , dos grottes sépulcrales et des ruines d'anciens édifiées, surtout à 1 h. à l'E, près du v. de Kcfr Lata, qui possède une immense nécropole rappelant celles de la Lveio, et, près de la source d'un petit ruisseau, un édiiiee voûté, porté par quatre colonnes, où l'on distingue les restes d'une inscription grecque. De la hauteur de Kefr Lata, on aperçoit à 15 kil. au S.-E., Ma'arrat es-Seman, probablement l'antique Arra , ville située sur l'ancienne route d'Alep à Damas, et qui possède une belle mosquée, mais que l'on ne peut visiter qu'avec une escorte considérable ou avec de foi tes caravanes.

Do Riha , en longeant les coteaux fertiles du Djébol-Riha, cou-4 verts de vigne», d'oliviers et d'arbres fruitiers, et semés de villages et de ruines pittoresques, on atteint (2 h. 45) Ramah, petit y.

qui possède quelques restes d'éditiees anciens, notamment un tom beau creusé dans le roc a\ec un petit portique. La route «-onduit à

S Y Kl L. — ^ A LEST I N E .

[Route 103. À

travers quelques villages ruinés,

El-Barah, misérable hameau a 400 mèt.d'un vaste amas de ruines qui, par leur belle conservation , rappellent celles de Pompéï. Elles occupent une aire de plus de 4 kil. de circonférence, dans une jolie vallée, :iu pied du Djébel Riha. En arrivant par le N., la ville ruinée apparaît tout d'un coup. On remarque d'abord un château d'architecture sarrasine, entouré de quelques arceaux isolés; une église do 50 met. de long sur 30 mèt. de large: une nécropole avec des tombeaux trèsremarquables, où l'on peut reconnaître quelques inscriptions grecques, des croix, des insignes épiscopaux ; trois tombeaux carrés, de 8 mèt. de côté et de 5 de hauteur, surmontés d'une pyramide et contenant une chambre intérieure avec des sarcophages. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont plusieurs maisons particulières, admirablement conservées, avec leurs toits, leurs antichambres, chambres, fenêtres, jardins et dépendances. Dans l'une d'elles, on reconnaît un pressoir qui semble encore prêt a recevoir le raisin.

Ces édifices donnent une idée parfaite de la vie intime de leurs anciens habitants. Pourtant, on ignore complètement l'histoire et même le nom de cette ville , dont les restes paraissent remonter du v- au x* siècle. — Les environs sont du reste semés d'une quantité de ruines à peine connues , encore moins décrites, à cause de leur accès difficile.

D'El-Barah, on rejoint, par une région montagneuse a peine habi- * tée, la vallée de l'Oronte, où l'on descend ( 3 h. ) par un défilé roide et tortueux , qui dure 1 h. 15. La vallée de l'Oronte porte en cet endroit b nom de El-Chàb , et court du S. au N. au pied du Djébel Nosairiyèh. Pendant 45 kil.

environ, sur une largeur de 8 kil., le sol est riche , et, avec un peu do culture, donnerait d'admira-

bles produits. L'hiver , les inondations de l'Oronte en font un grand lac. Après (30 min. ) le v.

de Hawâch, on reconnaît (30 min.) les vestiges d'une voie romaine, avec ses pierres milliaires encore en place. Après un petit lac poissonneux, on atteint :

Kal'at el - moudik , l'antique Apamée , fondée ou au moins agrandie parSéleucus Nicator, qui en fit une sorte d'entrepôt de la vallée de l'Oronte , où l'on gardait ses éléphants et ses chevaui.

Plus tard elle fut prise par Tryphon Diodote , compétiteur des .Séleucidcs. Dans la révolte de U Syrie sous Ca?cilius Bassus,ell^ tint pendant trois ans , et ne s* rendit qu'à Cassius ( 46 ans avant J.-C). Au temps des Croisades, elle portait le nom do Fâmirh, et fut prise par Tancrède. Aujourd'hui cette ville florissante n'est plus représentée nue par la petite forteresse de Kal'at el-moudik , dont les murs remontent au temps de* Croisades , et qui contient dans son enceinte un petit village , et par de vastes ruines au X.-E- de celui-ci, qui couvrent un large plateau élevé de 100 mèt. au-dessus de l'Oronte. On y voit les restes d'une enceinte presque entièrement détruite, sauf la porte du N., la rue principale de la ville, dirigée du N. au S., longue d environ 1500 met. et bordée de chaque côté d'une colonnade corinthienne, dont les débris couchés à terre présentent cependant un bon état de conservation. Les fûts offrent une grande variété : ^ uns sont pleins, les autres canne lés, les autres ciselés en spirale le tout, avec l'entablement et le piédestal, mesurait environ 10 znet.

de hauteur. De distance en distance , la colonnade formait uml petite cour rectangulaire. On retrouve, vers le milieu de cet i avenue, une statue de Baconu* assez remarquable. De» deu côtés, on observe les emplacements de grands bâtiment:, rm nés et des rues qui coupaient

; Koutk 104. j

la première perpendiculairement.

lVApamée, on continue à suivre la vallée de l'Oronte, dont les malheureux habitants sont sans cesse en butte aux incursions et aux rapines de leurs sauvages voisins des montagnes, les Ansarièh.

On se dirige d'abord droit au S. , puis on incline à TE. pendant 3 h., et l'on revient vers l'Oronte , que l'on franchit sur un pont de treize arches pour monter à (l h.

20} Kala'at es-Séiiar (4 h. 20 de Kala'at el-moudik), l'antique Larissa, bâtie par Sélcucus Nicator, et qui fut le siège d'un évéché. La ville était située sur un plateau triangulaire, qui domine le cours de l'Oronte et la basse vallée de El-Ghab. L'Oronte gronde à l'E., au fond d une gorge rocheuse ; à l'O. et au N. sont des précipices coupés à pic. Quelques fortifications défendaient, du coté du S., cette forteresse naturelle.

On entre, du côté du N'.-E. , par une jolie porte d'architecture sarrasine. Un pauvre village est contenu dans l'ancienne enceinte ruinée; quelques fragment* romains se mêlent çà et là aux débris des constructions arabes.

Après Kala'at es-Séiiar, on voyage a travers une région élevée et montagneuses, puis on traverse une plaine fertile et cultivée pour atteindre (4 h.) Hamah [V. R. 104).

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