‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 290 sur 511 · DE TRIPOLI A HAMAH ET HOMS · texte numérisé non relu

DE TRIPOLI A HAMAH ET HOMS

Voyage circulaire de 10 à iî joun comprenant U route de Tripoli i Hama, celle de Harna à Hotns et celle de Homs à Tiipoli. 5 14 jours pour aller. On campe le premier jour, mirant l'heure de départ, au Nahr el-B*red (S U.), au Tfjhr el-Kébir (7 h.}. Le deuxième jour, on campe tur la limite du ('.liera et de la R<*luia (10 b. de Tnpoli), ou au château de Kal'il- Heuin, où l'on re*le qielque temps pour miter ce monument. Le troisième jo:ir à Tell-Gordon ou à Trtll-Dan. Le quatrième jour on arrive à Hama. b'Hama à Hom» (9 h.) pa* de campement si l'on part le matin, nu campement à Ras- Un si l'on part le »oir. De Homi a Tripoli (4 j.l, 1er campement près du lac, i 3 b. da Hom»; 2e eampem«nt dans la valléé de Wadi el-K.elb; 3« campement dans le Chara , prêt du Nahr el-

DK TRIPOLI A HAMAH

Kébir; 4e jour on arrive Tripoli. On peut profiler de ce voyage pour aller visiter Palmyre (5 a 6 j*tirs en su»),

9n trouve à Tripoli des monkres ou loueur* de chevaux qui , moyennant un contrat et au prix de 15 à 20 piastre* (3 fr 50 c. a 4 30 c.) par jour et par bêle, von* transportent et vous tervent de guides dana l'intérieur. Il faut compter trois chevaux par voyageur, un cheval de selle et deux pour les tentes et le* provisions. Si l'on vtot voyager un peu confortablement, il ne faut pas compter sur les ressources du pays qui sont des plus restreinte*. Les routes sont toujours sûrea et faciles, et souvent agréables.

Au sortir de Tripoli," la route

fiasse au pied des derniers contreorts du Liban; à gauche s'étendent les riches jardins de la ville, et au delà la mer; à droite est le Djébel-Torbol, corruption de Tripoli , gros mamelon arrondi en déme, aux couches bizarrement contournées, qui s'apcrçoitde loin en mer et signale Tripoli.

A 45 min. de la ville on passe auprès de la petite mosquée de Bedawi, où de grands et beaux arbres et d'abondantes eaux vives vous invitent a vous reposer. Ce lieu est surtout remarquable par un vaste bassin peu profond dans lequel s'agitent des milliers de poissons considérés comme sacrés par les dévots musulmans, qui leur apportent chaque jour une nourriture abondante.

Un peu au delà de Bedatci la route côtoie la mer. Apres 2 h, 30 min.de marche depuis Tripoli, on arrive ît l'embouchure du Nahr el-Bared (le fleuve froid} , qu'on traverse sur un pont. Il v a sur la rive gauche un café ara"be et sur la rive droite ujn vieux khan en mauvais état où les caravanes stationnent assez ordinairement; c'est un lieu de campement commode pour les voyageurs partis tard de Tripoli.

A partir du Nahr el-Bared on traverse la vaste plaine d'Akkar, bornée à droite par des montagnes. A une heure environ de I3ared on voit à droite la colline d'Arca. célèbre dans l'histoire des croisades par sa citadelle, qui. fut

.SYRIE.— PALKST1NK.

assiégée par Raymond, et connue dans l'antiquité même sous le nom

<le Caesarea Liban i. *

A la hauteur d'Arca, on laisse a gauche le fort ruiné de Kalaïat, dont on ne connaît ni l'origine ni l'histoire.

Apre* avoir marché cino heures dans la plaine et traversé plusieurs ruisseaux qui l'arrosent, on arrive u un santon musulman appelé Choikh-Ayach. On est à 7 h. de Tripoli. La est un grand khan où les ciravanes stationnent. Cette localité est déserte et sans intérêt. A

I h. au delà de ce khan se trouve le Nahr el-Kébir (la grande rivière), qu'on traverse sur un pont, et ou le voyageur muni de sa tente trouve un campement plus agréable qu'à Cheikn-Ayaeh.

Le Nahr el-Kébir, l'Eleuthérus des anciens, est un des trois grands fleuves de la Syrie; les autres sont l'Oronte et le Lêïtani ou Kacèmvèb.

II roule toute l'année un volume d'eau assez considérable.

A partir du Nahr el-Kébir, dont les rives sont couvertes de magnifiques lauriers-roses, le pays change d'aspect: à la plaine nue et monotone d'Akkar, succède presque tout à coup une contrée montagneuse, le Chara. couverte de magnifiques bois de chênes à noix de galle.

Après 4.') min. de marche depuis le Nahr el-Kébir. laroute se divise en deux; l'une à l'E. conduit h Homs, l'autre au X.-K. à H. mi di. Nous prendrons cette dernière pour aller directement à Hamah et revenir ensuite par la première de Homs à Tripoli. Au milieu du Chûra on trouve le village an sari éh de A ht eî- Haramié source des voleurs', auprès duouel on peut camper. On est à 10 h. de Tripoli, a 16 h. de Hama.

A mesure que l'on s'avance dans le Chara, le terrain va sans cesse en s'élevant; mais les pentes sont douces et faciles. On a à droite les montagnes d'Akkar, h gauche celles des Ansarièh ou de Saffita et des Nofsen. On arrive bientôt a une

dernière éminence au pied de la- I II faut 4 h. pour traverser ce*

rUotit 104.,

quelle s'étend une grande plaine entourée de toutes parts par de> collines boisées , et coupée par plusieurs petits ruisseaux. A cette éminence finit le pays de Chara.

On descend et l'on entre dans U plaine de la Bekaïat { petite Beka'a). 11 faut 1 h. 30 min. pour h traverser et arriver dans le dislne:

de Nofsen.

Mais avant de quitter la Bekaïat.

on aperçoit à gauche, sur le sommet d'une haute montagne, une .( norme construction dont l'aspect frappe l'imagination : c'est uue forteresse que les Arabes nomment Kal'at-el-Heusn {le beau château .

Du point où on la voit pour U première fois sur la limite du Chara et do la Bekaïat. il faut à peine 2 h. pour y arriver.

Le voyageur ne peut passer au pied de ce monument sans le visiter. L'ascension est un peu laborieuse, il est vrai, mais on est largement dédommage par la satisfaction que l'on éprouve en visitant l'intérieur de cette magnifique forteresse , une des plus belles ruinesqui existent en Syrie. Cette forteresse a été longtemps occupée par les chevaliers du Temple, ainsi que le prouvent suffisamment J« tradition, et mieux encore une charmante église gothique et une inscription latine en lettres du xii* siècle , qui commence par ce!»

mots : SU tibi copia, — &it tibi sapientia, etc. Du reste, les dernières constructions de cette forteresse rappellent celles du moyen açe- On dirait un château normand transporté en Syrie.

Nous reprenons la route où nous l'avons laissée. Au sortir Je 1* Bekaïat, la route traverse un pays de collines arides. Le premier village qu'on y rencontre est le T tu- Gordon, habité parles Ansarièh:

il est à 10 min. de la route et masqué par une éminence. On peut y camper. Il est à 7 ou ° j1, de Ch'eikh-Ayach, à H ou 15 h. de Tripoli, et par conséquent * moitié chemin de cette ville à Hama».

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collines ; mais, quoique rocailleux, les chemins sont faciles. On entre ensuite dans une immense plaint1 qui séten»d vers l'E. a perte «If

vue : c'est la région du désert qui commence. Cependant cette plaine est cultivée; elle est couverte au printemps de blé et d'orge.

Après G h. de marche à partir de Tell Gordon, on arrive à un gros village musulman, le Tell-Dan, qui est sur la route même. On peut camper au Tell-Dan. Après 0 h. de route et après avoir traversé plusieurs villages, on arrive à Kt farban, gros bourg chrétien. On n'est plus qu'à 2 h. de

Hamah. La ville ne s'aperçoit pas, elle est bâtie en grande partie sur les pentes rapides de la rive gauche ue l'Oronte, et elle est annoncée par deux petits monticules en pain de sucre qui s'élèvent au loi n à l'horizon et que les moukres vous signalent. On ne voit la ville qu'en y entrant.

Il n'y a dans Hamah ni hôtels, ni lieux commodes pour placer les tentes ; mais on peut facilement obtenir de camper dans un des délicieux jardins de la ville. Hamah est une ville de 10 a 50 000 âmes.

C'est l'ancienne Hamathdcs livres saints, souvent mentionnée parmi les Etats frontières de la terre promise au X. Nombres, XIII, 21 ; Josué, XIII, o; Isaïe. XXXVII.

12; 2* Rois. XVIII, 34, etc., etc.) Au temps des Séleucides elle prit le nom grec d'Épiphaneia, en l'honneur d'Antiochus Epiphane; mais son nom arabe actuel est un retour àson ancien nom. Hamah appartint aux Eyoubites, descendants île Saladin, et le c< !' l»re cosmographe arabe Aboulféûi ; 1273-1331) en fut gouverneur et prince.

La ville actuelle s'étend sur les bords de l'Oronte, dont l'eau, élevée par d'immenses noria, arrose des jardins couverts d'arbres et de fleurs. Kien de plus curieux que ce système de noria. Ce sont de grandes roues, dont quelques-unes ont jusqu'à 12 à 15 mètres de diamètre, que le courant du fleuve met en

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