PAR LE COL DU LIBAN
8 h. — Les furageur* qui parcourraient celte roule «n lent inverse feraient bien de coucher à Ain-Ata plutôt que de l'engager la nuit dans lei pentes du Liban.
En quittant le monticule des Cèdres on traverse, dans la direction du S.-E., le grand amphithéâtre qui termine la vallée du Nahr- Kadissàt, où restent amoncelées, une oartie de l'année, les neiges de l'hiver, et l'on s'élève, par un étroit sentier qui décrit de grands zigzags 1 h. 20 \ sur le col du Djébel el-Arz 'montagne des Cèdres), à 2286 mèt. au-dessus du niveau de la mer. Du col on jette un dernier regard sur la vallée profonde du Nabr-Kadissàt , sur la plaine de Tripoli et la Méditerranée . merveilleusement encadrées par les contre-forts du Liban. Du côté du S.-E. on voit se dérouler la chaîne de l'Anti-Liban,
SYRIE.— PALESTINE
parallèle a celle du Liban, dont elle est séparée par une large vallée découverte et sablonneuse, l'antique Cœlésyrie, appelée aujourd'hui Bekâ'a. Immédiatement audessous du col, le Liban s'abaisse brusquement, et, au-dessous de ses contre-forts arides, aux formes puissantes mais arrondies , aux teintes chaudes et ocreuses, l'œil s'arrête sur un large plateau boisé qui s'étend au S.-O. jusqu'au petit lac alpestre nommé Birket~el-Yamounèh. On descend par une ponte très-roi de , mais dont les guides exagèrent singulièrement les dangers, carie sentier est bon partout, sur (1 b. 10) un premier plateau où l'on remarquera quelques cèdres rabougris et au-dessus duquel on verra souvent planer des aigles.
On rencontre un peu au-dessous (10 min.) une source abondante sortant d'une voûte de rochers, mais dont les eaux limpides et fraîches sont prises immédiatement par un aqueduc qui les distribue à tout le vallon. Cette fontaine, nommée Ain-Ata, a donné son nom à un pauvre hameau que l'on trouve un peu plus loin (15 min.) perché sur une muraille de rocher.*, à l'entrée d'un vallon verdoyant qui s'étend vers le S. jusqu'au Birket el-Yamounèh.
C'est un lieu favorable pour faire une halte [2 h. 55 des cèdres, 1 h.
35 du col). On traverse ensuite un plateau d'où l'on jouit, en se retournant, d'une belle vue sur les pentes ravinées du Liban, puis 30 min.1 on recommence à descendre dans la direction de TE. sur (25 min.' un grand plateau couvert de chênes verts, au delà duquel (45 min.) on redescend directement vers le S. par un vallon étroit qui (15 min.) tourne h l'E., auprès d'un puits profond et de deux masures. On aperçoit alors la plaine de la Cœlésyrie et l'on distingue déjà, au pied de l'Anti-Liban, les ruines de Na'lbek : enfin '35 min.) on atteint la plaine et
Deïr el-Akhmar (2 h. 15 d'Aïn- Ata\ dernier village maronite du
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Liban, aujourd'hui presque abandonné. On se dirige alors droit au S -E. à travers la plaine, où les a matcurs d'équiiation peuvent se donner carrière. Les ruines de Ba'lbek, qui servent de point de direction, paraissent assez rapprochées, il ne faut pas cependant moins de trois heures pour les atteindre. La plaine de Beka'a, aux lignes larges et grandes, présente les plus beaui points de vue sur les deux chaînes de montagnes qui la dominent. Son sol gras et ocreux paraît susceptible d'une grande fertilité-, s'il y avait la moindre culture; mais de Deïr el - Akbmar à Ba'lbek la plaine n'est qu'une vaste solitude, au milieu de laquelle se dresse {1 h.) une colonne isolée d'ordre corinthien, d'environ 20 mèt. de hauteur et de 1 mèt. 50 cent, de diamètre. Elle porte les tracej d'une inscription effacée. On ne rencontre plus que [\ h. 30 min !
le hameau insignifiant de Eyat, avant d'atteindre {30 min.) Ba'lbek, où l'on entre en longeant les murailles de l'espèce d'acropole fortifiée où s'étalent les merveilleuses ruines d'IIéliopolis.