MURAILLES ET FAUBOURGS
En quittant Bab-Charki, on laisse bientôt k dr. Y hôpital des lépreux , cjui occupe, selon la tradition t 1 emplacement de la maison de Naaman (2 Rois, v). Dans le cimetière que traverse la route, on trouve la tombe du cheikh Arslin, célèbre poëte arabe du temps des Nourredins. La muraille de la ville, très-bien conservée en cet endroit, est surmontée de maisons selon la vieille habitude orientale (Josué,n , 15. — 2 Rois, iv, 10, 2. — Cor. ii, 33). L'enceinte delà ville, après avoir tourné brusquement à gauche, court parallalèlemcnt au Barada. On arrive bientôt au Bab Tourna ( Porte de Thomas), vieille
fïorte sarrasine de laquelle part a route d'Alcp et de Palmvre.
A partir du Bab Tourna, la route est ravissante; elle cétoie un canal, au delà duquel on admire de frais jardins qui s'étendent jusqu'au* Barada.
Le Bab Es-Sélam est situé près de la rivière qui, en cet endroit, présente un aspect pittoresque.
Sur ses rives, ombragées de massifs de peupliers et de saules pleureurs, s élèvent de nombreux cafés, dont les terrasses sont suspendues sur les eaux écuinantes.
Au delà du pont, s'étend un vaste
SYRIE . — PALESTINE. [Uoutf 115.
faubourg habité parles Turcs. On y remarque une belle mosqu':«* qui tombe en ruiues.
Après Bab es-Selam, on suit le
Bain es-Surein, rue située, comme son nom l'indique, entre les deui murs de l'ancienne enceinte, jusqu'au Bab el-Faradis ( Porte d»> jardins), construction cintn'c .
très-massive, de Tépoaue romaine. On remarque en lace, dan* la seconde muraille extérieure une porte arabe. Une rue, bord'-'?
de jolies maisons, avec des étaevf en encorbellement , nous amène en quelques minutes à la nom suivante, Bab Faradi Au N. d< cette porte, s'étend le vaste faubourg de Salahyèh , dont nou> avons décrit l'aspect (p. 65/ — K de Ba'lbek). Rentrant en ville par Bab el-Faradj, on arrive au
Château. Cetteîorteresse, situ* c dans l'angle N.-O. de la muraille de la ville, est un vaste bâtiment rectangulaire de 280 met. de Ion*:
sur 20V de» large; les murailles, encore bien conservées, sont flanquées de grosses tours massives. On remarque dans les murs beaucoup de pierres antiques; Je* fondations semblent remonter à la période romaine. Cette forte resse, malgré son aspect formidable, n'a aucune importance militaire. On remarquera, à l'angle N.-E. du château, un café pittoresque bâti en pilotis sur le Barada. Traversant un bazar do cordonniers, puis tournant à gauche, on côtoie une ruelle dominée parleshautes muraillesdu château pour arriver près d'un platane gigantesque, une des curiosité.* de Damas. Le • tronc a environ 22 mèt. de circonférence; on se dirige ensuite au S , pour traverser le bazar des Grecs, Souk cl- Artram, un des plus curieux de la ville. Il est surtout remarquable par sa magnifique collection de vieilles armes.
A l'extrémité du bazar, et en face du Bab el-Hadid, s'élève le palais du séraskier. ou commandant en chef de l'armée de Svrie.
- Route 1 15. j DAMAS. —
L'entrée est une petite porte ogivale, peinte de grandes bandes blanches, rouges et bleues, et laissant voir une grande cour. A 1*0., s'étend un beau faubourg, où l'on fera bien d'aller visiter le marché aux chevaux, ombragé de trembles et de magnifiques platanes; V École militaire et le
Tékyèh (hôpital). Ce beau monument fut fondé en 1316 par Sélim I, pour les pauvres pèlerins se rendant à la Mecque. Au centre du Tékyèh se trouve une magnifique cour entourée d'une galerie couverte que soutiennent des colonnes antiques. Dans la partie S. de cette cour, s'élève une des plus belles mosquées de Damas; sa grande coupole, ornée de deux él< gants minarets, se voit de tous les points de la ville.
Revenant à la porte Bab el-Hadid, on suit l'avenue de platanes
3ui se dirige au S., on laisse à roite une petite mosquée tricolore, puis une autre mosquée, beaucoup plus belle, revêtue de marbres ulancs et colorés formant de beaux dessins et ornés d'incrustations, et l'on arrive bientôt à la mosquée Djamï'a ei-Senaniyèh et à la porte Djabyah, qui ont été déjà décrites.