CHAPITRE QUATRIÈME
PALESTINE TRANS JORDANIENNE
Aperçu général.
La Palestine transjordanienne, c'est-à-dire la contrée raontueuse et bien arrosée qui s'étend à 1*E.
du Jourdain et de la mer Morte jusqu'au désert, depuis Damas au N. jusqu'à l'Arnon au S., avait reçu des anciens le nom de Perœa, ( dans le sens le plus général , ttipotv xoû 'lopcâvcu, le pavs au delà du Jourdain). Elle était divisée par eux en six territoires principaux : c'étaient, on partant du N., 1° Ylturxa , pays qui devait son nom à une tribu arabe longtemps signalée par ses déprédations *, et qui s'étendait vers le S.-O. de Damas, à la pente orientale et méridion aie du mont IIermon;2° Gaulaniiis, auK. del'Iturée età l'E. des lacs de Houlèh et du Tabarièh jusqu'au Yarmouk (Hieromax). Ce pays tirait son nom de l'ancienne ville de [ Gaulan, qu'on trouve mentionnée dans le Deutéronome et dans Josué; 3* Trachonitù, cantons âpres et sauvages, comme l'indique leur dénomination , qui est d origine grecque (Tpa/wv, lieu rude et raboteux), au S. du territoire de Damas et à TE. de l'Iturée ; 4° Auranitis, au S. des Trakhdncs et au S.-E. de la Gaulanitide ; le nom est indigène, ôar on le trouve dans Ézéchiel (llaourân en hébreu); 5* Batanaa, à l'E. de l'Auranitide, jusqu'aux contins du désert: c'est le paysdeBasçan du tempsdeMoïse et de Josué, si ce n'est que le nom avait alors une application
1 Dan* la G«n*»« (xxt, 15, 16). Jeloûr «it an d«> ieai fil* d'buwêl qui donnèrent leur* nom* à eMleauc et à Je* fille*.
Orient.
beaucoup plus étendue, jusqu'à la vallée du Jourdain ; 6° Perxa propria, à l'E. du Ghôr ou vallée du Jourdain, depuis la Gaulanitide jusqu'à l'Arnon. Sauf la Trakhonitide et la Pérée, appellations grecques dont l'emploi ne s'est pas conservé, ces antiques dénominations sont toujours en usage. L'Iturée est aujourd'hui, dans la bouche même des Arabes, Djcdour ; la Gaulanitide, Diaouldn; l'Auranitide, Haouran; la Batanée, Ba~ thanyèh. Le nom actuel de laTrakhonitide est Lcdjah ; la Pérée propre répond aux deux territoires de Djebel Adjloun au N. et d'EJ- Belka au S. La grande route des pèlerins de Damas à la Mccke sépare l'Iturée et la Gaulanitide du Ledjah etdu Haouràn, de même qu'elle marque en grande partie la limite orientale de la Pérée propre.
Toute cette contrée, à partir de la plaine de Damas, n'est qu'un plateau élevV* dont l'escarpement occidental domine le Ghôr du Jourdain d'une hauteur considérable. Très-montagneux dans une partie de l'Iturée et de la Gaulanitide, dpre et de nature volcanique dans la Trakhonitide et la Batanée , formé de plaines accidentées et parfois arides dans l'Auranitide, le pays, dans la Pérée propre, n'est qu'une succession admirable de vallées pittoresques, de cantons boisés, de riches pâturages et de plaines fertiles. C'est une des belles parties de la Syrie; aussi fut-elle couverte , dès les plus anciens temps, d'une multitude de bourgs et de villes. Scel-
SYRIE.— PALESTINE
[Routk 121 j
zen, Burckhardt, Buckingham, et, I tribu de Mariasse. Mais un peut
dans ces derniers temps, le révérend J. L. Porter , M. G. Rey, et surtout deux explorateurs éminents , M. C. Grabarri et le consul prussien G. Wetzstein, ont, parmi beaucoup d'autres, décrit ou signalé de magnifiques restes d'arebitecture romaine, surtout à Djéràeh (Gerasa), à Bozra [Boslra], à Oum-Keïs (Gadara) et k'Ammàn (Philadelphia), outre les innombrables sites bibliques qu'ils ont reconnus a leurs noms antiques. Ces
nombre de villages, principalement occupés par des Arabes cultivateurs de la tribu d'Es-Sedbl, sont les seuls lieux habités qu'on y rencontre.
Au sortir de Damas, on suit à rebours la route l'20 (p. 684) jusqu à (2 h. 30 min.) Kaukaba. La direction générale de la route est au S.-O. On longe bientôt, à peu de distance, la rive gauebe du Nahr es-Sabir à ni, qui se forme un peu plus haut de la réunion du Nahr
contrées transjordaniennes, qu'un eî-Arni et du Nahr el-Djennàni gouvernement fort et régulier (R. 120), et qui elle-même prend comme celui des Séleucides ou ' plus loin le nom de Nahr-A\cddj, des Romains pourrait rendre à leur I le Pharpar de l'Écriture. Lt route antique splendeur, bien qu'elles I présente encore de fréquents *ei-
ne renferment plus que des ruines et à peine ça et là un village habité, offrent donc un vif et con-
tiges de construction romaine.
Sa'sa (3 h. 45 min. de Kawkabi est un petit village avec deux stant intérêt au voyageur qui ne 1 grands khans. Les maisons sontsur craint pas de s'engager au milieu la pente d'une éminence dont le des tribus turbulentes et avides sommet creux a l'apparence d'oc «fui en sont aujourd'hui les seuls ancien cratère. Le Djennani, qtr habitants. Les Anazèh , la plus coule à ses pieds, est traversé pir puissante des tribus nomades du i un pont en pierre. On passe (î b désert oriental, viennent chaque le Nahr el-Moughannyèh, on laisse année, depuis le milieu d'avril à dr. (1 b. ib min.) quelques ruine* jusqu'en automne, dresser leurs ; qui portent le nom iYEl-Khoraib&, tentes noires et faire paître leurs et l'on arrive (2 h. 35 min.) à troupeaux dans tout le pays qui | Koneïtirah , village en ruin' s'étend de la rive gauche du Jour- d une centaine de maisons, ou i; dain jusqu'à Damas. y a un khàn également dilapida
Tel est, a. grands traits, le pays Ce lieu est à la limite extrême du que nous allons décrire dans les nlateau ; c'est là que commence i-
routes suivantes.
DE DAMAS A TIBÉRÏADE,
PAR OJIS9R-BENAT- YACOUH.
(IS h.)
Cette route ne fait guère qu'effleurer la limite des tribus nomades. Elle traverse l'Iturée (Djédour, et touche à l'extrémité N. de la Gaulanitide. Ce que l'on voit de cette dernière province surtout justifie pleinement re que disent les lives saints de l'aspect et de la fertilité des territoires que choisirent pour leur partage les tribus de Ruben et de Gad, et la demi-
descente échelonnée qui, en 6 b conduit au fond du Ghôr et au port de Jacob. Les seuls points à note; dans cet intervalle sont (1 b. 40 leTell-el-Khinzlr (labutteduPorc.
et (-2 h. 30 min.] le site ruiné de Nawardn, dont les restes, en pierre* grossièrement taillées, ont tous les caractères d'une haute antiquité Le Djissr-Bendt-Yacoub . c'est-àdire le pont il es filles de Jaeob. K' seul qui existe sur le Jourdain, toxine construction en pierre, composée de trois arches ogivales e»
sans parapet. C'est un ouvra^' évidemment arabe. Il doit son nom à une tradition rnbbiniquf.
Un peu au-dessus du pont, sur h rive orientale, il v a un grand
I Route
DJKDOUH.
khân à demi ruiné. Au point où le Dont est jeté [k 20 min. au-dessous du lac Houlèh)lc Jourdain, jusquelà paisible entre des rives verdoyantes, se précipite avec impétuosité dans une gorge rocailleuse qui n"a pas plus de -25 met. dt large. Su pont de Jacob, on s'avance sur le plateau d'Ard el-Kaïth et Ton rejoint à ( 3 h. ) Khdn-Ujouhb-You- $ouf la route 128, qui conduit à (3 h. 30 min.) Tibériade.
On p*ut ioset, an lieu de franchir le pont, suivre la rive panche du Jourdain jusqu'à (2 h.) Et-Trll on Bethsaïde (V. ît. 130) et delà, franchissant à gué le Jourdain , rejoindre par Tell-Houm et (2 h. 10) T<ib\tjah la R. 1?8. qui conduit en 3 h. à tibériade en suivant toujours les bords du lac. Cette route est infiniment plus intéressante, et dispense de /aire plus tard le tour du lue.
DE DAMAS A BOSRA,
PAR L'OUEST DtT LEDJAH.
35 h. les station* principal** ion! NeJjlia, Brtt, C.ha'arah, Dima, Ahirr, Hit. Batluoych, tbttke, Cliouhha, KanaWat, Atil. Sow«ida et Chien. C«»l I* roula qua «uiveiit habituellement les carabine* dru»** at chrétienne» du paj«. Une escorte druje e*t indispensable. On l'obtient aisément par l'intermédiaire- dei consuls i Oima% ou en #e rendit directement à Deîr Ali, i 4 h. S de Daroi», aiec une lettre de ion teomol. — Pour le traite a»ee la* ehe»klt,«, V. p. 605.
La direction générale de cotte route est du X. au S., et les pays que l'on traverse, ou dont on touche les confins, sont le Djédour (l'Iturée), le Ledjah Ta TraKhonitide;,le Haourdn etla Pérée propre.
Cette grande contrée, dont nous avons indiqué ci-dessus le caractère général (V. p. 635-08G} possède une population sédentaire et agricole composée en grande partie de Druscs, en partie d'Arabes musulmans et de quelques chrétiens.
Deux tribus arabes prédominent dans le Haouràn : les Fouhaïlî et les Serdyèh. L'intérieur du Ledjah cet occupé par quelques tribus de
—LEDJAH. C87
Bédouins sauvages. Toutes ces contrées sont envahies chaque année, à des époques fixes, par les troupeaux des Anazèb.
Laissant à droite, en sortant de Damas, la route 121, on prend sa direction au S.-E. On touche au village de Kabr es-Sit (1 h.), avant d'atneindre (1 h.) le village de Nedjha et le Nahr-Awadj, dont les eaux rapides et profondes vont se perdre à 4 h. de là dans le Bohairet el-Hidjânèh (V. p. 672). Nedjha est, de ce côté, le dernier village habité de la plaine de Damas.
L'Awadj traversé , on est entré dans ce qu'on appelle le désert, « non un désert de sable, a dit un explorateur, non un désert de pierres, non un désert stérile, mais des campagnes inhabitées, uh désert fait par l'homme. » Le premier site, après une marche de 5 h. au S., est
Brâk ou Berâk, à l'extrémité N.
du Ledjah. A en juger par son étendue, ce lieu doit avoir été autrefois une ville assez considérable : elle est aujourd'hui tout à fait uVserte, quoique les maisons semblent battes d hier, tant elles sont parfaitement conservées. Cette conservation s'explique par la nature mAme de la construction. Les murailles sont en grands blocs carrés de basalte, d une extrême âurcté ; le toit est plat, et formé de longues plaques de lamême pierre, proprement taillées et bien ajustées. Les portes, quelquefois épaisses d'un pied, sont également en basalte, aussi bien bien que les fermetures des fenêtres ; elles tournent sur des pivots ménagés dans le bloç, et qui portent, du haut et du bas, dans des mortaises artistement creusées. Toutes les habitations anciennes du ledjah et du Haourùn sont, sans exception, construites de même. Plus anciennes que Moïse, contemporaines peut-être d'Abraham, sinon plus anciennes, elles ont traversé les siècles, tandis que la race inconnue qui les a élevées depuis longtemps a disparu. Comme beau-
coup d'autres lieux anciens de ces cantons, Brâk n'avait d'eau que celle qu'elle recueillait dans ses citernes. On voit cependant ici les restes d'un aqueduc , sans doute de construction romaine, qui allait chercher l'eau du Wadi el-Liwà, grand torrent hivernal qui enveloppe à l'E. toute la longueur du Ledjah.
La barbarie des habitants ne permettant guère de traverser ce dernier pays, il faut en longer, pour arriver à Bostra, soit le pourtour oriental en suivant le cours du Lhvà, soit le côté occidental.
Les deux routes sont également semées de ruines ; nous prenons ici la seconde. De Bràk on tourne à l'O. jusqu'à (2 h.)
El-Mesmeyèh, lieu désert, sauf quelques familles qui y transportent parfois leur habitation temporaire. L'étendue des ruines est considérable, et on y trouve des restes remarquables d'édifices de l'époque romaine. Une inscription grecque qu'on v a lue a fait connaître que ce fut autrefois la capitale de laTrakhonilide, |X£t^oxô)jxY) tov» Tpaxw^, et que son nom ancien était PhflBDO. Des hauteurs qui bordent cette extrémité du Ledjah, on peut embrasser au S. la vue du pays et sa singulii-re configuration, que tous les voyageurs s'accordent te comparer à une mer de lave liquide, saisietoutacoupet pétrifiée au milieu de son agitation. Les
la
SYRIE. — PALESTINE. [Routï l»."!
gagne (1 h. 90 min.) Oum ez-Zeïtoun, très -grand village occupé par une quarantaine de familles druses, ruines assez remarquables, inscriptions grecques très- nombreuses.
Hit (2 h.), un des principaux villages du Djébel-Haourân, résidence d'un des cheikhs druses les plus respectés du pays. Ruines étendues; un millier d'habitants .
nombreuses inscriptions grecques.
Bathanyèh (l h.}, ville abandonnée, l'ancienne Ba tance a , capitale d'un pays du même nom. Le territoire environnant est encore appelé par les Arabes Ard el-Bathanyèh.
Revenant alors au S.-O., on atteint : (I h. 10) Chakka, ruines considérables , parmi lesquelles une grande église, construite en l'an 369 d'après une inscription ;
Quelques centaines de druses et de chrétiens; Chouhba (\ h. 45 m. , ville autrefois assez importante, de construction toute romaine, à ce qu'il semble, aujourd'hui complètement ruinée et bouleversée, résidence d'un cheikh druse trèsinfluent; Mardak (40 m.), villagr ruiné, dont le nom grec est Mardokho dans une inscription; Sehïm, (50 m. ), grand site ruiné, temple, inscriptions, dont une donne NéapoUs comme l'ancien nom de la ville.
Kanawât (1 h.), la Kenath de la Bible, la Canatha de la périodf gréco-romaine; ruines importan
familles druses
druse, belles ruine* m.), Sowelda (1 h.), un des siruinés les plus considérable?
du pays après
tes
champs de lave qui entourent
base au Vésuve n en peuvent don-) tes. Temple d'Astarot^, déesse luner qu'une faible idée. Après Mes- naire des Cananéens (Astartv;, meych. on arrive à (1 h. 30 min.) quelques Chaarah, puis a (2 h.) Khebah, à Àtll, vi fl h.) Ez Zébirlh, à (1 h. 30 min.) 35 Djéddl et à (1 h. 50 ffnin.)
Bâma ou Dâmet el-'Adjâ. Toujours des villes en basalte, abandonnées plutôt que ruinées, sauf çà et là quelques familles druses.
Dâma est regardée comme la capitale du LcdjAh. Les habitants sont des Bédouins, qui campent sous leurs tentes, a coté des maisons désertes de Dâma a 'Ahiri (3 h.}; puis, tournant au N.-E., on
Bozra. Un la garde encore comme lacapitale du district montagneux de Djébel- Haouran. Les ruines couvrent ur espace de plus de 1 hectare d1?
circuit, mais elles sont dans un état de dilapidation complète Encore habitée par environ 50' Druses et quelques familles ehrvtiennes. Ari ou Irèh vl h. 45 m.\
/Route 122.J
BOZRA.
un des villages les plus importants du Haourân, résidence d'un pu/ssant cheikh druse. De là, 2 h )5 m. jusqu'à
Bozrâ, la Bostra des Romains, 'a Bosrah moabitc des Prophètes, pour la distinguer de la Bozrah d'Edom (R. 151). Quoique trèsancienne, cette ville n'a pris rang dans l'histoire qu'à dater des Romains. Elevée, sous le règne de Trajan, au rang de métropole de la nouvelle province d'Arabie, elle prit le nom de Nova Trajana Bostra, qu'on lit sur les médailles de cette époque (lOti av. J.-C.J, date d'une ère propre à la ville, et qu'on trouve fréquemment employée dans les inscriptions de la province. L'empereur Philippe, qui monta sur le trône en 24-1, était né à Bostra, d'un cheikh arabe {d'un chef de voleurs, comme dit Zonaras}. Sans doute il ajouta aux embellissements de sa ville natale.
Elle l'ut plus tard la résidence d'un évêque et la capitale d'une province ecclésiastique. Sa décadence date de la conquête musulmane, et sa ruine complète de la domination turque.
Vue de loin, Bozra présente un
fragment de la cella décorée de mitres, et 2 colonnes de péristyle encore debout, un arc de triomphé presque intact; Beit el-Yahoudi (la maison du Juif) qui rappelle un trait de justice du khalife Omar; la grande mosquée, attribuée au khalife Omar, cour carrée entourée" d'une colonnade, comme les mosquées des premiers temps de l'Islam. Non loin, au S-.E., sont les restes de la grande église et d'une autre plus petite, portant toutes deux le nom du moine Boheira, qui fut, dit-on, le premier maître du prophète Mahomet ; un arc romain et les débris d'un palais; le château, édifice massif qui rappelle celui de Damas, et dans l'enceinte duquel se trouvaient le théâtre, dont les gradins supérieurs sont parfaitement conservés , et surmontés d'une colonnade dorique, tandis que les parties inférieures ont été encombrées de constructions arabes, à l'exception des voraitoires à 10. la rue principale aboutit à une porte romaine parfaitement conservée, que les Arabes appellent Bah el-Hawa, la porte du vent.
Outre les localités que nous
aspect imposant.Le grand château, ] avons mentionnées, il y en a bien
d'autres à voir dans ces parties orientalesdu Haourân. Parmi leslocalités des environs de Bozra, qui se recommandent à l'intérêt du voyageur, on peut citer Hébrân, El-Kefr, Sdld, Bousdn, El-Moukhennef, et, plus au S., Ormân (dans laquelle une inscription a fait retrouver la PhilippupoUs fondée par l'empereur Philippe que nous citions tout à l'heure), Salkhât, à 4 h. E. de Bozra, et enfin Keréyèh, entre Bozra et Salkhât. Deux explorateurs savants, MM. Graham et VVetzstein, ont fait récemment des excursions du plus haut intérêt physique et archéologique à l'E.
du Ledjah, dans des cantons volcaniques appelés eî Harra et es- Safd. 11 reste là beaucoup à étudier et à découvrir pour les voyageurs qui pourront marcher aur leurs traces.
les mosquées, les minarets, les vieux remparts, les masses considérables do bâtiments, semblent annoncer une population active; mais de près l'illusion se dissipe.
La plaine environnante est înculte, les murailles écroulées, les mosquées sans toit, les maisons ruinées, jusqu'aux fondements, et il faut chevaucher longtemps à travers des monceaux de décombres avant d'arriver jusqu'aux cinq ou six familles qui sont toute la population actuelle de Bozra.
De ses anciens monuments' la ville g&ràe encore une enceinte rectangulaire avec quelques portes bien conservées. Deux grandes rues la traversaient dans les deux sens et se croisaient à angle droit-, c'est à leur point d'intersection nue se trouvaient les principaux édifices, savoir ; un temple t avec un
[RODTB
Gadara, autrefois une des places
les plus importantes de la Pérée.
Elle fut conquise, en 218 avant J. C, par Antiochus le Grand , reprise, en 198, par Alexandre Jannœus, répan' e par Pompée et détruite par Vespasien dans la guerre des Juifs. Plus tard elle fut le siège d'un évéché. C'est sur le territoire de Gadara (Marc v,l-19, Luc. vin, 26-39) que Jésus-Christ guérit le démoniaque Légion. — Les ruines de Gadara occupent le. sommet d'une colline élevée, où l'on trouve les restes d'une enceinte et beaucoup de pierres taillées. Sur le flanc N. de la colline* son; les
restes d'un grand théâtre, et, non la plaine comme uni loi une »orle de U vlUe oil
; est, selon toute pro- Commençait une longue rue droite
090 SYRIE.— PALESTINE
DE DAMAS A BOZRA,