‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 315 sur 511 · ASCENSION DU GRAND HERMON · texte numérisé non relu

ASCENSION DU GRAND HERMON

Cette ascension peut se faire en partant de Racbeya ou d'Hasbeya. Elle demande environ 6 h. de montée, et 3 à 4 h. de descente. On peut en pariant d'un de ces villages redescendre sur l'autre en une journée dVnîiron 10 h. On peut atteindre le sommet à dos de mulet ou de cheval. On peut également redescendre en 4 h.

&ur le village de Kala't-Djendal, du côte de la plaine de Damas, et regagner cette ville en un jour.

De Racheya à Hasbeya, par la route directe (î h. R. 119. — Idem , par le .mont Hennon, R. 118.— ItUm, par Nebi-Safa et la gorge du Leontès, 9 h. On descend de Racheya dans le Wadi-et-Teim pour remonter a (3 h.) Nebi-Safa, et l'on suit la R. 114 jusqu'à Djissr-Bourghai , d'où l'on rejoint (2 h.) Hasbeya. On se rend également par Nebi-Safa a Neba-Andjar, Ba'lbek et Beyrout. R. 114 et 113.

La route de Racheya, au sommet «le l'Hermon, a été décrite ainsi par M. Porter ( /tue years in Damagciis, I, p. 281 j. « Kn sortant de Racheya, on descend la vallée quelques instants, puis, tournant a gauche, on suit un petit vallon, planté de figuiers et de vignes , jusqu'à t'IO m. ) un petit bassin d'eau claire , à l'entrée d'une plaine, à l'extrémité de laquelle 20 m. on pénètre dans une gorge sauvage pour commencer l'ascension véritable du mont Hermon.

La montée est partout dimeile et pénible, parce qu'il n'y a pas de sentier tracé; tantôt on suit le lit d'un torrent, tantôt on grimpe en

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zig7ag des pentes escarpées , sur lesquelles u faut craindre l'éboulis des rochers. On atteint (2 h.) une immense grotte, à partir de laquelle on tourne vers le S.-O.

pour suivre le flanc de la montagne , et, laissant à gauche une de ses sommités, on arrive [20 m.) près d'une petite fontaine près de laquelle on peut camper, car on no trouvera pas d'eau plus haut. De là, on gagne en (1 h.) le sommet le plus élevé de l'Hermon. Cette montagne a trois sommets : le plus élevé est au N. et domino la plaine de Beka'aet les chaînes du Liban et de l'Anti-Liban ; le second, à 300 mèt. environ au S. du premier, domine ln plaine de Damas et surplombe l'entonnoir profond où se trouve la source du Pharphar; le troisième, à 400 met.

a l'O. du second, est le moins élevé et domine la vallée du Jourdain. La hauteur du grand Hermon n'a jamais été mesurée exactement, mais on l'évalue à environ 3,'100 mèt : c'est la seconde montagne de la Syrie, elle vient immédiatement après le Djébel Maternel, la plus haute sommité du Liban. Le pic principal de l'Hermon, immense cône tronqué, s'élève à environ 1000 mèt. au-dessus du reste de la montagne, et surpasse au moins de cette hauteur le plus haut sommet de l'Anti- Liban, au-dessus de Zebdant. »

Du sommet de la montagne, la vue s'étend au N. sur la Cœlésvric, les chaînes du Liban et de l'Anti- Liban, la vallée de Zebdani , à l'E., sur le grand désert de Syrie et les montagnes du Hauran , au S., sur la vallée du Jourdain, les lacs de Houlé et de Tibériade , et à perte de vue, au S.-O., sur la Galilée et la Samarie, jusqu'au Carmel ; h l'O., on aperçoit la Méditerranée, du cap Carmel au promontoire de Tyr; au N.-O. la vue est arrêtée par la chaîne du Liban.

On trouve sur le second sommet des ruines intéressantes :

elles se composent d'un mur circulaire, qui couronne le sommet

du rocher, et dans l'enceinte duquel se voient plusieurs monceaux de pierres taillées en bossage :

un peu plus au X.t sont les ruines d'un petit temple, et plus loin, les débris d'une colonne. Ces ruines , d'une haute antiquité, paraissent celles d'anciens autels , probablement élevés à Daal, désigné dans l'Écriture sous le nom de Baal-Hernion (1 Chroniques, v, 23}. Le grand Hermon, dont le nom semble provenir de »a forme conique, était désigné par les Amoreens et par les Sidoniens sous les noms de Chénir et de Sinon, qui signifient ious deux cuirasse, à cause de la splendeur de ses neiges; on l'appelait encore Sion, élevé (Deutéronome , iv, 8.

— Psaume cxxxm, 3). Les Arabes l'appellent Djébel ech-Cheikh, la montagne principale, et jL/jébel eth-Theldj, la montagne neigeuse.

Les Hébreux l'ont regardé comme leur frontière septentrionale. C'est sur le grand Hermon qu'on pourrait placer la scène de la Transfiguration. C'est, en effet, à lianias, ou Césarée de Philippe, que se trouvait Jésus-Chiist tEv. Saint- Matthieu , xvi, 13; — Ev. Saint- Marc, vin, 27), lorsqu'il emmena ses disciples, Pierre , Jacques et Jean, sur une haute montagne, et se transfigura devant eux (Saint- Matthieu , xvii , 2 ; — Saint-Marc , ix, 2 *.

Pour redescendre sur Hasbcya, on descend le ilanc C). de la montagne par un sentier escarpé et dangereux, jusqu'à { 1 h. 15 m. ; la fontaine Ain tl-Lous, d'où l'on arrive (35 m. dans la valléi* profonde qui pari de Racheva et suit la base de l'Hermon . Traversant cotte vallée, on monte sur une peine chaîne de collines basse, mais pittoresque, d'où, à travers un joli vallon boisé, on aperçoit le Wadi

1 L* tradition commune di sque IcTIuLot; !j i,ii«<m en o»t «l.«ni le mot u part «j'u lerminc Je \ or sot de «.mit Matthieu, et rjui \ [.il «licnlior ii ut! montagne styan'tr un i«ol«*c. l e *ur?ct de Mint M*rc wonlr* au contraire qic le mut k'ap- |li«iue au* diiciplci qu'il prit stuh ù part.

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et-Teim. On gagne, au fond dec^ vallon, le v. de Chàit, d'ou l'on rejoint (l h.), au v. de Koféir, U route de Racheva a llasbeva { V. R. 119 j.

DE RACHEYA A BAN1AS- (13 h. 2 j. — On couche i Hubeyaj.

On suit un mauvais chemin en éeharpe , qui domine le grtnd Wadi et-Teim jusqu'aux hameaux de ( 1 h. ) Reitkifa, et de (35 m.; Beitlaya; on s'éloigne alors de la grande vallée, et { 20 m. ) on se rapproche des montagnes à l'E.

pour s'enfoncer ( 20 m. ) dans un vallon à g., et laissant à g. ;*2o m. le v. de es-Seûnèh, on s'eleve sur la montagne de droite jusqu'à ' 25 m. ) un col d'où l'on aperçoit de nouveau le Wadi et-Teim. L*chemin appuie a gauche et long»

la montagne en éeharpe jusque un nouveau col MO m.) pour redescendre ,20 in.} au v. de Ko/ri».

On gagne ensuite (15 m.) le v. île Mimis. Traversant un grand raviu, on remonte 40 m.) un contre-fort, qui conduit ^20 m.) près d'un bouquet d'arbres, sur un col d'où 1 oc aperçoit tout à coup Hasbcya. hsentier serpente à travers un coteau planté d'oliviers, et franchit un pont pour entrer dans (15 m-

Hasbeya(6 h. de Hacheyal, penu ville bAtie en amphithéâtre, *u fond d'un vallon secondaire h Wadi et-Teim, arrosé par un \ttwtorrent et plant'- de beaux olivier* et de vignes. Elle compte environ f>000 hab., dont 1000 chrétiens ».-t lOOO Drusea. Elle possède m* mission protestante anglaise en voie de prospérité, une église ea tholique, et une mosquée dru>' Hasbeya est gouvernée , coinn:i Racheva, par un émir de la M mille Chehab , relevant du pariu de Damas. — A l'entrée de la vil!«% près du pont, on remarque <igro* massifs de bâtiment». t»'r' maitt une espèce

de eitadeliV avec un minaret et une gros-

^ Ko UT JE 119.J

tour carrée, perchée sur les rochers, c'est la demeure de l'émir. M. Lynch a donné la latitude de cette ville à 36*o 25' 13". Elle ne répond, du reste, à ducune ville antique.

On peut visiter sur les hauteurs, au-dessus d'Hasbeya, un groupe de chapelles druses, saccagées en 183« par les troupes d'Ibrahim- Pacha.

En descendant la gorge d'Hasbeya, on trouve, à Tendroit où elle débouche dans le Wadi et- Teim (30 m.), la source de Hasbani, dont les eaux, retenues par une écluse, forment une espèce d'étang. Cette fontaine est considérée comme une des sources principales du Jourdain supérieur.

C'est au moins la dernière source permanente; au-dessus, on ne trouve plus que les torrents du Wadi et-Teim, qui sont desséchés une grande partie de l'année.

A 15 m. à l'O. de la source, on trouve au pied des hauteurs plusieurs puits de bitume intéressants pour le géologue.

De Hosbeya on peut se rendre en 2 h.

au pont de Bourghaz, visiter la gorge du Leïtani (V. R. 114), et retenir près de Djiisr et-Souk reprendre la route de Banias par le Wadi et-Teim. Cette excursion intereosante complète bien la journée un peu courte d'Hasbeya a Ban i as.

Le grand chemin d'Hasbeya à Banias descend à la fontaine de l' Hasbani et suit le Wadi et-Teim.

11 est moins intéressant que celui que nous allons indiquer et qui rejoint, du reste , le premier u el- Khoreïbèh.

En sortant d'Hasbeya, on re-

HÀSUKÏA.

passe le pont et l'on descend le - Wadi et-Teim , la plaine maréca-

iong du torrent, cheminant près que dans son lit et passant alternativement d'une rive à l'autre, à travers les oliviers. Au lieu de descendre jusqu'au Wadi ct- Tcim, on tourne à gauche, vers le S. 25m.;, pourentrer dans un vallon séparé par quelques monticules de la grande vallée. Bientôt lu m. on revoit celle-ci , et l'on

distingue, un peu eu arrière à droite , sur l'autre versant, le v.

de Kawkaba, dominant une vallée bien cultivée et couverte de beaux arbres , et près de là , un bâtiment avec une voûte assez large, nommé es-Souk (le marché), où débouche le chemin de Saïda à Banias ( Y. R. 114. ) On franchit bientôt (15 m.) le Nahr cch-Chibé'h, qui vient d'une belle vallée, dominée -par les hautes sommités de l'Hermon.

En remontant cette vallée, on atteint [W m.) le v. de Hibbâryih, près duquel on trouve dans un champ les ruines d'un temple semblable à celui de Medjdel Andjar.

L'édifice fait face à Hermon et mesure 18mèt. de long sur 10 de large. C'est un temple à anfei ( V. p. 36), c'est-à-dire que la façade principale à l'E. présente deux colonnes rondes au milieu et deux antea ou pilastres ioniques terminant les murs latéraux. Ces pilastres sont répétés aux angles O. de l'édifice. Les murs de la cella sont debout, excepté du côté N. Leur épaisseur est de 2 met., et les pierres qui les composent sont de grandes dimensions et en partie taillées en bossage. Chaque extrémité portant un fronton , les côtés du* pronaos sont ornés de niches, le soubassement est bordé d'une moulure ornée , et le bord du toit d'une double corniche. — De Hibbdryèh , un chemin escarpé conduit sur un plateau sauvage, où s'élève (1 n.) Racheyet el-Fakhar, connu par ses poteries.

De cette hauteur , on découvre soudain une vue d'une étendue immense, qui embrasse tout le

du

use et le lacdeHoulèh, au bout quel une montagne bizarrement échancrée indigue le passage du Jourdain. A 1 O., le Wadi et-Teim se resserre beaucoup et ne laisse au Nahr -el - Hasbani qu'une gorge profonde.

On redescend de Racheyet el- Fakhar dans un large vallon plante d'oliviers et bien cultivé, le Wadi

mi

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Khordibèh, où l'on rejoint {30 m.}, au-dessous du v. du même nom, le grand chemin d'Hasbeya à Banias. On remonte ensuite sur un petit eol, d'où l'on jouît encore d'une belle vue sur la plaine de Houlèh (Ard cl-IIoulèh), et sur la chaîne du Djébel Hounin, qui la domine à KO. Les collines voisines sont charmantes , et contrastent heureusement avec les pentes escarpées du grand Hermon et les grandes lignes de l'horizon au S.

On descend dans un vallon verdoyant, pour franchir (15 m.) un pont jeté sur un ruisseau, et l'on remonte (15 m.) sur un beau plateau, planté de chênes verts, qui s'étend au pied des derniers contre-forts de I HiTuion, et domine à dr. la vallée du Nahr-Hasbani.

On descend (35 m.) sur la grande plaine où aboutissent la vallée d'Hasbeva et celle de Banias. Audessus de la fontaine Ain Khirwanèh, se dresse, au sommet d'un pic élevé de plus de 300 mèt., une ruine appelée Kala't-Boustra, qu'on peut atteindre en 45 m. ; c'est un groupe de temples semblables à ces anciens temples de Baal que nous avons déjà signales autour de l'Hermon. On tourne à TE. (30 m.) en contournant le pied de la montagne , laissant au S.

Tell el-Kadi et la source du Jourdain, où nous reviendrons plus tard ( V. R. 127) ; on commence ('20 m.) à apercevoir le château de Banias (Kala't Sobaïbèh), mais on le perd bientôt de vue en entrant dans une région boisée et bien cultivée , au sortir de laquelle (•25 m.) on joint le Nahr el-Banias pour entrer à [10 m. ).

Banias, l'antique Césarée Paneas , ou Césarée de Philippe ^7 h. d'Hasbeya).

Histoire. — On ne sait pas si remplacement de Banias fut occupé par une ville antique. 11 pourrait, selon Robinson , répondre à Baal- Gad, qui formait la limite X. de la Palestine au temps de .Tosué.

Hérode le (îrand Ht bâtir près de l'endroit appelé Panium ; grotte

[Roi tf 119.:

consacrée à Pan), un temple superbe en l'honneur de César Auguste. Plus tard, Philippe, tétrarque d'Iturée, fonda ou au moins rebâtit et agrandit la ville, qu i!

nomma Césarée en l'honneur de Tibère. Elle est souvent mentionnée dans l'Évangile ; Jésus-Chnst s'y trouvait quelques jours avant sa transfiguration {V. p. 680'. Après la prise de Jérusalem, Titus y fit célébrer des jeux sanglants." En 1130, elle fut prise par les Croises, ainsi que le château qui la domine. Les chrétiens et les musulmans se la disputèrent jusqu'en Mt>5. époque où le khalife de Damas la reprit définitivement.

État actuel. — Banias n'est qu'ut misérable village d'une quarantaine de maisons, bâti sur remplacement de la ville antique.

Quelques débris de colonnes et de pierres taillées, disséminées sur des propriétés particulières, sor.t à peu près les seuls restes de la ville. La citadelle , dont on voit encore une portion considérable occupait le sommet d'un triangif* compris entre deux torrents ; î'ur .

formé par la grande source que nous décrirons ci-dessous, la bmgnait au N. et à l'O. ; l'autre, qni coule dans le Wadi Za'arèb, la baignait du côté du S. Les murs, très-délabrés , ont encore de 4 a 6 mèt. de hauteur. Du coté du S., on voit encore deux tours massives et *un pont jeté sur le Wadi Za'arèh. Les fondations sont formées de grandes pierres taillées en bossage , qui dénotent une haute antiquité. La partie supérieure est, au contraire, de l'époque sarrasine, comme on le voilà la forme ogivale des portes et des voûtes, a la construction des mur?

formés de blocs rapportés et de tronçons de colonnes , et comm?

l'apprend, du reste, une inscription arabe gravée au-dessus de ta porte. On trouve encore un granii nombre de fragment;?, qui in^i quent que In ville s'étendait de côté. De cette rive on jouit d'ur.r vue pittoresque sur Banias , le-

Route &0.j

Jébris de la citadelle , le mont Hcrraon et le château de Sobaïbeh.

Traversant de nouveau le v., on ira visiter à 10 m. au X. la grande source, qui fait la curiosité de la localité. Cette source, qui est considérée,avec celles d'JIasbeyaetdc Tell el-Kadi, comme une des trois sources principales du Jourdain, sort au pied d une haute paroi de rochers calcaires , où l'on remarque plusieurs chambres et niches sculptées avec des inscriptions grecques peu lisibles, et une vaste caverne naturelle , dont J'entréc est obstruée par des quartiers de rocs éboulés et des débris d'ancieucs constructions. C'était sans doute la grotte consacrée à l'an, ou Paneion, qui donna son nom à la ville. La source forme un beau ba»sin semi - circulaire d'une grande limpidité , d'où s'échappe avec impétuosité un gros ruisseau de -1 à (î met. de large , qui serpente dans le village , entre des fûts de colonnes, avant de se précipiter dans le ravin profond qui baigne les murs de la citadelle.

Le château de Banias ( Kala't Banias), ou plus proprement Kala't es-Sobaxoth , est situé sur le sommet d'une haute montagne au N. , à plus do 300 met. au-dessus du v. Il faut une heure pour y monter, et aucun voyageur ne doit négliger île le faire, car c'est une des plus belles ruines de la Syrie.

Complètement à pic de trois côtés, il n'a d'accès que du côté de l'K., où l'on arrive par un sentier en zigzag. Le château occupe une plate forme de .TJ met. de long sur 65 met. de large. Le plan général figure assez bien un 8, étroit au centre et renflé aux deux extrémités. La partie E. se trouve sur un niveau supérieur, et formait une citadelle à part, séparée des ouvrages inférieurs par un fo<sé creusé dans le roc et par une muraille élevée. De tous les autres cotés, elle est au bord même du rocher à pic. Les murailles , par les dimensions et par la forme de

BANIAS. 68a

leurs pierres taillées en bossage , paraissent remonter au moins au temps des Hérodes. Du côté S.

la base des remparts présente des fondations obliques, semblables à celles de la tour Hippicus à Jéru*salem. On trouve à l'intérieur d'énormes citernes. Du sommet , on découvre une vue magnifique, à 10., sur Banias, l'Hermon, 1 Ard el-Houlch et sur le Liban; et de l'autre côté de la vallée du Jourdain, sur le Liban, jusqu'au Kala't ech-Chakif ( V. p. 059; Cette forteresse, qui commandait la route de Damas, a eu de tout temps une grande importance; elle a cependant été prise et reprise plusieurs fois au temps des Croifades. Elle est complètement abandonnée depuis le xvir siècle.

On fera bien de rester an jour à Banias pour faire les excursion* du lac Phiale (R.190) et des sources du Jourdain audessous de Tell el-Kadi (R. 197).

De Banias à Damas, R. 1*0; - àSafed, R. 128; - à Tabaryëb, R lï>7 et 128; àTyr R. 119 et 111.

DE BANIAS A DAMAS nniecnwsNT.

(11 h. — On couche à B«it-Djcno oo à Kelï- Haotur.)

On sort de Banias par le pont antique, et l'on tourne à l'E. en remontant le Wadi Za'areh, pour gagner (1 h.) le pied de la montagne qui porte le Kal'at es-Sobaïboh ( V. R. 119 ). On monte ensuite vers la soun-e d'Ain clliazouri, et laissant a dr. le v. de Dj« bbata, on arrive sur la plaine verdoyante de Merdj el-Yafourèh.

On aperçoit au S.-E. un petit lac nommé Jiirket er-Run , Que l'on identifie avec le lac Phialé, mentionné par Joséphe. Ce lac entre tenait une communication souterraine avec la source du Jourdain, ce qui fut vérifié par Philippe le Tétrarque, qui y jeta des objets

?ue Ton retrouva flottant dans le ourdain En attendant qu'on

puisse répéter cette expérience, on peut dire que la position du Birket er-Rân « a droite et non loin de la route de Trachonitide ■> s'accorde bien avec le texte de Josèphe; mais la distance n'est gue re que la moitié de celle qu'ilindique (120 stades ou 22 kilom.); il est difficile aussi de reconnaître dans les eaux noires et fangeuses de ce lac les eaux limpides de la source de Banias. (V. Robinson, Laterresearch., p. 400.) Ce petit lac, par sa forme arrondie et les roches volcaniques qui l'entourent, représente évidemment un ancien cratère. Un détour d'une heure suffit pour le visiter. On rejoint (45 m.) Medjde) ech-Chemx ( 2 h. 30 de Banias directement )* village druse au revers oriental du grand Herraon. La route continue à s'élever par une région montagneuse et aride, dominée par les parois escarpées de l'Hermon, sur la plaine nommée Merdj-Hathcr, couverte de roches volcaniques et de petits étangs. Elle franchit encore une crête basaltique , pour descendre dans une vallée encaissée de roches calcaires blanches, et gagner par un ravin escarpé (2 h. 15)

Beït-Djenn (la maison du Paradis ) , gros v. entouré d'assez beaux arbres, et arrosé par le Nahr el-Djennani, une des sources du Nahr el-Awadi, qui répond, selon M. Porter, à l'antique Pharphar.

Les rochers au-dessus du v. sont creusés de nombreuses grottes sépulcrales.

La vallée de Beit-Djenn débouche bientôt ( 30 m. ) sur la grande plaine de Damas, semée de monticules coniques d'origine volcanique. On incline à gauche pour longer le pied des montagnes jusqu'à ( 1 h. 15'

Kefr Haouar , gros v. moitié druse moitié musulman, prés duquel on montre un prétendu tombeau de Nemrod l houbr-Nimrod ), bloc perdu au milieu d'un champ. M. de Saulcy, a signalé ians la partie S.-E. du village, le

SYRIE. - PALESTINE. (Roitb lîû

soubassement d'un édifice", qu i!

regarde comme un temple çrec tir l'époque des Séleucides. V est un stylobate d'environ 3 met. 50 d<haut, avec une corniche de 50 cent, de saillie, et portant encore en place une base de colonne de 80 c.

de diamètre. Les blocsqui le composent sont en calcaire etnon cr marbre. M. de Saulcy veut identifier Kefr-Haouar avec JSre, des itinéaires Antonins, mais les distances ne concordent pas. (V. R. 1*23.

Entre Kefr Haouar et le v. de Beitlma coule le Xahr Ami, h seconde des sources du Pharphar, que l'on franchit sur un pont antique de deux arches. A partir dp Beitima, on peut , longeant 1?

pied de l'Herraon , rejoindre t (2 h. 30) Katana la R. 117, ou bien se diriger, à travers un plateau monotone et désert, vers (3 h.

ArtottS, gros v. assez bien bâti, arrosé par une des branches du Pharphar , qui va l'oindre l'oasi?

de Damas. C'est a Artouz que commencent les bois qui annoncent cette oasis. A droite, c est-àdire à l'E. d'Artouz, s'élève sur une colline le v. de Djouniés, derrière lequel passe l'ancienne routo romaine de Jérusalem î Damas, que nous ne tardons pa> à rejoindre, (''est vers ce point, au moment où l'on débouche d'Artouz ou de Kawkaba sur la plain<* /le Damas, dont les dômes et les minarets brillent déjà à l'horizon, qu'il convient de placer le lieu de la conversion de saint Paul, commr le faisait d'ailleurs la tradition I»

lus ancienne, admise aux tewp* es Croisades i V. Actes des Ap<">très. ix. 3-22, xn. 6-13. et xivî.

12-20). A mesure que l'on avance vers Damas, le sol, arrosé parle* ruisseaux dérivés du Pharphar tf de l'Abana ( le Nahr el-Awadj «:

le Barada), se couvre de végétation, de bois, de prairies. On dpasse el-Djedidé et Deïraya, l'on pénètre dans le faubourg J Damas par la porte Bawabet-Al!^ V. R. 1151.

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