‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 323 sur 511 · TIBÉRIADE · texte numérisé non relu

TIBÉRIADE

LRou« 198.]

Tibériade, aujourd'hui Tabarièh.- Histoire. La ville de Tibériade occupait, d'après l'autorité de saint Jérôme (Ùnomastiscon), l'emplacement de l'ancienne Kenreth, qui avait donné son nom au lac ; selon les traditions rabbiniques, elle répond aussi au Rakketh de Josué (xix, 35). Elle est mentionnée deux fois dans l'Évangile (saint-Jean vi , 1, 23 ; tx , I), sous le nom de Tibériade, et Fl. Josèphe nous apprend que la ville fut fondée par Hérode Antipas, qui lui donnale nom de l'empereur Tibère, son protecteur, vers l'an 16avant Jésus-Christ. [Archéol., xvtn, 2,3. — Guerre des Juifs, n, 9, 1.) La ville nouvelle, dotée de privilèges de toute sorte , devint la capitale de la Galilée.

Néronladonna à Agrippale Jeune.

Dans la guerre des Juifs contre

les Romains, cette ville fut forti-ld'urî kil. de îbng. Du côté de Î'E., fiée par l'historien Josèphe, com- les maisons baignent leur pied mandant en chef de la Galilée, dans le lac ; des trois autres cotés,

remparts de la ville : elle futprise, en 614, par Chosroes; en 637, par le khalife Omar. Après la première croisade, elle fut donnée en fief à Tancrède, et érigée en évêché; reprise en 1187, par Saladin, puis rendue en 1240 aux chrétiens, elle retourna définitivement aux musulmans en 1247. Dès lors, elle n'est plus mentionnée que rarement dans les écrits des voyageurs ou des auteurs arabes. Au xvnie siècle, le famçux cheikh Dhaberel-'Amr l'entoura de fortifications.

Elle fut occupée un instant parles Français en 1799. Un tremblement de terre la bouleversa de fond en comble en 1759 et en 1837.

Etat actuel. — Tabarièh est située au N. d'une petite plaine pierreuse ménagée entre le pied des montagnes et le rivage. La ville forme un parallélogramme étroit de plus

qui y vint à plusieurs reprises pour" apaiser l'esprit remuant de sa population. {Josèphe, Vie, 8, 1?, 17, 32, 53, 63. — Guerre des Juifs, n, 20, 6.) Tibériade ouvrit ses portes sans résistance à Vespasicn, qui épargna la ville. Après la destruction de Jérusalem, elle devint un des centres de réunion de la nation juive, et dans le second siècle le siège du Sanhédrin présidé alors par le célèbre rabbin Judah Hakkodech, le compilateur de la Afischna. De l'école de Tibériade sortit encore la Gemara, plus connue son» le nom de Talmud de Jérusalem, composée par le rabbin Jochanan, et la Masorah, destinée h conserver la tradition des Ecritures et la pureté de la prononciation. Saint Jérôme étudia sous la direction d'un de ses docteurs.

Elle vit encore fleurir les rabbins Akiba et Maimonide? ( Robinson , t. III, p. 269). Sous le règne de Constantin, un Juif converti obtint d'y élever une église chrétienne, et Ton voit rnentionnéquclqnefois plus tard un évêque de Tibériwic. Justinien rebâtit les

règne une enceinte massive, flanquée de tours, bâtie en gros blocs Je basalte. La citadelle occupe l'angle N.-O. Le tremblement de terre de 1837aruiné cette enceinte, comme l'aurait fait un siéçe achar* né. Partout d'immenses lézardes, des pans de murs écroulés ou menaçant ruine, de vastes brèches, qui permettent presque partout d'entrer sans passer par la seule porte à peu près intacte, celle du N.-O., qui s ouvre en face d'une mosquée également ruinée. Tout autour s'étend un quartier couvert uniquement de décombres. Apoine un petit nombre de maisons ontelles été relevées à la hâte depuis la grande catastrophe.

Tibériade n'a plus aujourd'hui qu'une population de 2000 âmes dont 800 Juifs, originaires, les uns de l'Afrique et de l'Espagne, les autres de la Russie, dontils portent encore le costume. Ce pays dévasté est sacré à leurs yeux, car c'est là que doit venir le Messie, qui établira son trône a Safed. Les tombes des çrands rabbins qui entourent la ville sont aussi l'objet

SYRIE. — PALESTI N E

de leur vénération. Le quartier juif occupe à peu près le milieu de la ville du côté du lac ; il possède encore quelques synagogues et quelques écoles, restes de l'ancienne splendeur littéraire du lieu.

Mais ici, comme à Safed, c'est sur la malheureuse population Israélite qu'ontportélcsplusgrands ravages.

Au N. du quartierjuif et sur le rivage, est une petite église catholique et un petit couvent, habité par un des moines franciscains du couvent de Nazareth, qui y4 donne l'hospitalité. Cette église, appelée Saint- Pierre, occupe l'emplacement traditionnel de la pèche miraculeuse (saint Jean, xxi). Vers le S., on remarquera le long du rivage de grandes voûtes du moyen âge, aont l'usage est ignoré, mais oui peuvent servir d'abri au nageur désireux de profiter du bain délicieux que lui offrent les eaux fraîches et limpides du lac. Près de là est ordinairement amarée la seule barque que possède aujourd'hui la mer de Galilée, encore étaitelle submergée quand nous la vîmes en 1857. Voilà tout ce qu'on peut signaler dans cette ville ruinée, dont la désolation n'offre qu'une compensation au voyageur, la vue du lac paisible et solennel, des hautes falaises orientales, coupées parleWAdi es-Semak, et vers le N. de la ville de Safed couronnant un pic élevé, tandis qu'au loin le sommet neigeux du Grand- Ilermon se dresse éblouissant de clarté dans le ciel sans nuages.

On distingue assez bien l'entrée du Jourdain au N.-O., mais son issue au S. est cachée par un promontoire avancé.

La ville ancienne s'étendait beaucoup plus vers le S., comme on peut en juger par un assez çrand nombre de pierres taillées, de fondations , de colonnes brisées, que l'on trouve dans la plaine, et quelques cavernes sépulcrales, que l'on remarque à droite dans les rochers, un peu avant d'atteindre (30 min.) les

Bains chauds de Hammath ou

(RorTB 129.

d'Emmaûs. Ces sources chaude* sont mentionnées par Pline ( Hùf.

naî, v, 15) par Josèphe (Archeol xviii, 2, 3. — Guer. des J. n. 21, 6. —iv, 13) et parle Talmud. Yespasien campa près d'elles pendant le siège de Tarichéc. On les retrouve mentionnées à l'époque des croisades. On y voit aujourd'hui deux bâtiments couverts d'une coupole : le plus récent est dû à Ibrahim-Pacha, et conlienî quelques salles élégantes avec des bassins en marbre. L'autre est en ruines , c'est le bain des pauvres. Derrière se trouve le réservoir voûté qui reçoit d'abord le?

eaux des sources. Celles-ci sont au nombre de quatre. Leur température s'élève jusqu'à 62° centigrades. Leur odeur est sulfureuse, leur saveur très-salée avec un arrière-goût magnésien. Le surplus qui s'écoule vers le lac dépose un sédiment salin et ferrugineux.

Ces bains sont assez fréquentés, et passent pour efficaces pour les rhumatisants et les tempéraments a fTa i b 1 i s .

De Tibériade à Banias , R. 157; — s Damas, R. 121; — * à G ad ara et Botrt R. 124;— à Nazareth, R. 130;— au Thabor, R. 131.

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