‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 322 sur 511 · UU · texte numérisé non relu

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SYRIE. — PALESTINE

[Roctb m.}

une muraille cyclopéenne, et deux pressoirs à l'huile. A la base N.

de la colline , on voit aussi un rocher creusé en forme de tombeau. Le Tell Kboraïbèh pourrait, selon Robinson (Lat. Res. , p.

365), représenter l'antique Hatzor de Ncphthali , dont nous avons déjà parlé plus d'une fois.

Cette ville, où régnait Jabin , qui fut battu et tué par Josué (Jos., xi, 1, 11), et plus tard un autre Jabin, qui opprima Israël et dont l'armée, commandée par Sisera, fut détruite par Barak (Juges, iv, 7), paraît avoir été rétablie plus

dont on atteint le fond (1 h.) près d'un moulin solitaire, au bord u un ruisseau ombragé par des bosquets d'oliviers et de lauriersroses. On remoVite sur un plateau cultivé, où s'élève (30 m.) le d'Alma. Plus loin (30 m.), on laisse à gauche le v. de Delâta, ei traversant un plateau d'où l'on découvre la plus belle vue sur le lac de Houlèh, le grand Hermon et la chaîne du Liban jusqu'au Sannin , on atteint (1 h. 15) l'extrémité d'un wadi profond qui u contourner à l'O. le monticule de Safed, et faisant le tour d'un pic

tard (peut-être est-ce THézer ou élevé, on aperçoit soudain ceite ou Hatzor de Salomon, I Rois, | ville, dominée par un vieux chaix, 15), puis détruite encore parteau ruiné ; on atteint bientôt Teglat-Phalazar (II Rois, ix, 29), I (20m.) les premières maisons de

et par Nabuchodonosor (Jérémie, xlîx, 28-33).

Safed (4 h. 20 de Kédès,— 10 h.

35 m. deBanias). 11, v a un assc2

Saint Jérôme et Eusèbe (Onomas- grand nombre de maisons aisée» ticon) parlent de l'Hatzor de Josué ; où l'on pourra trouver un gite.

comme d une ville complètement ruinée. Porter (Handbook, p. 442) fait remarquer assez justement que le Tell Kboraïbèh répond assez mal à l'emplacement d une capitale dont farinée était forte principalement par ses chariots.

Comment ceux-ci auraient-ils pu

Histoire. — On n'a aucune preuve de l'antiquité de Safed. Le nom de Safed, mentionné dans la Yvlgatt (Tobie, i, 1), ne se trouve pas dans les éditions grecques et hébraïques de la Bible. C'est à tort qu'on a voulu l'identifier avec Béthulie ( V. Sanoûr, R. 138;. Peut-être ré-

gravir ces hauteurs? Du reste, Hat- i pondrait-elle au Seph , place de

zor ne devait pas être loin de là Josèphe (Antiq., v, 5, 1), dit qu'elle était au-dessus du lac Semecbonilis (sr.ipxeirzi rfo Ztfj.eyoi<>i?t£oî >/tt»jç), et deux versets de la Bible [Jos. xix, 35 37; — II Rois, xv, 29), laplacent au S. de Kédès. Il semble que l'emplacement de cette ville antique devrait être cherché dans la plaine, à l'O. du lac Houlèh, vers Ain el-Mellaha, ou Ain el-Belatha; ce dernier répondrait peut-être au Hen-IIatzor, cité dans les mêmes comme étant

fortifiée par Josèphe guerre des Juifs contre

GalUce dans la

les Romains (II, 20-6.) C'est encore une des montagnes sur lesquelles on a placé la Transfiguration (F. pape 680). La première mention qui en soit faite se trouve dans Guillaume de Tyr (xvin, H.

xxi, 28, xxn, 16). Sa forteresse parait avoir été élevée vers 1140 par les Croisés; elle fut défendue par les Templiers contre Saladio i lui-même, et rendue après cinq semaines de siège. Démolie en

au N. de Kédès. Un hameau men- I 1220 par le sultan Melik el-Moaddhtionné sur la carte deZimmerman, I dham, elle fut rendue en 1240 aux

à 10. de Ain el-Belatha, porte le nom de Azour.

En descendant du Tell Khoraïbèh, on se dirige au S.-O. vers AVadi Hendadj, coupant obliquement le bord N. du ravin pour éviter une courbe de la vallée ,

Templiers, et réédiliée par les libéralités de Bénédict, évêque de Marseille. Reprise en 1266 par le sultan Bibars , qui massacra ses défenseurs, elle fut toujours occupée depuis par une garnison musulmane, sauLune courte oc-

[Hou tk 128.] SAFËD.

cupation par les troupes de Bonaparte en 1799. Safed a été, dans les quatre derniers siècles, habitée surtout par une population israélite et est demeurée le siège d'une école israélite renommée, qui a produit au xvie siècleles illustres rabbins :

Moïse de Trani , Joseph Kard .

Salomon Alkabaz , Moïse de Coriloue , Samuel Oseida et Moïse Alcheikh. Cette école posséda deux imprimeries, plusieurs synagogues. Elle commença à décliner au xvn* siècle. Deux tremblements de terre, en 176U et en 1837, ruinèrent cette malheureuse ville.

Le dernier Ht périr près de 5000 personnes et détruisit les restes de là célèbre école.

État actuel. — Safed est aujourd'hui une ville de 4000 hab. environ, dont un tiers de juifs, originaires de la Pologne ou de la Rua

ques maisons sont aussi dispersées sur les pentes opposées du ravin.

La ville possède plusieurs fontaines et de grands enclos plantés d'oliviers, d'arbres fruitiers et do vignes. L'objet le plus intéressant de Safed est l'ancienne citadelle, qui couronne le sommet du N.

Cette forteresse était formée d'une vaste enceinte ovale et d'un gros bâtiment central de forme quadrangulaire, surle sommet duquel on peut encore monter k travers les décombres. Tout a été bouleversé, ébranlé ou lézardé par le tremblement de terre de 1837.

Jusque-là, le mutesselim de la contrée y avait fait sa résidence.

Ce n'est plus aujourd'hui qu'une ruine pittoresque. On y remarque l'ouverture de souterrains qui paraissent avoir une grande profondeur. Du haut de la citadelle, on

sie. Elle est située sur le sommet découvre un panorama immense,

d'une haute montagne, circonscrite au N. et à l'O. par une profonde vallée , qui porte ses eaux vers le lac de Tibériade, et du côté de l'E. et du S., par un ravin beaucoup moins important , qui

rejoint le

qui mériterait à lui seul d'attirer le voyageur en ce lieu. Au S.-E.

on voit se développer k ses pieds la majestueuse nappe d'eau du lac de Tibériade. bleue comme le ciel de l'Orient, dont l'apparition sou-

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mier vers l'angle ! daine charme les veux du voya-

S.-O. de la ville. Un espèce de col aplani le relie k l'angle N.-O. avec la chaîne des montagnes qui dominent l'Ard el-Khaït et le lac de Houlèh. La montagne de Safed présente deux sommités : celle du >. porte l'ancienne citadelle des croisés, celle du S. porte un autre édifice quadrangulaire ressemblant k une forteresse. Entre les deux, s'étend une place, et le quartier musulman, assez proprement bâti en pierre. Du côté de l'O. et sur les pentes de la grande vallée se trouvent le bazar, et le quartier juif, dont les maisons, ù cause de la déclivité du terrain , semblent bâties les unes par-dessus les autres. C'est cette disposition qui a été si fatale au quartier juif dans le tremblement de terre de 1837 ; les maisons s'écroulaient les unes sur les autres; sur 5000 victimes, 4000 appartenaient à la communauté juive. Enfin quel-

geur fatigués de 1 aspect aride et desséché de la contrée. Au-dessus des rives escarpées qui bordent le lac du côté de l'E., s'étend k perte de vue le vaste plateau du Djaoulan et du Haouran, l'ancien Basçan de l'Écriture , jusqu'aux montagnes du Lcdjah, au-dessus desquelles on distingue surtout le pic appelé el-koleib [}c petit cœur).

Selon Porter, on peut , avec une lunette, reconnaître au S. de cette chaîne le pic conique et le château de Salkhad 'Salca) , qui se trouve au delà de Bozra, et qui marquait la limite E. du Basçan (Jos., xtn ,11.) Au S. du lac s'ouvre la grande vallée du Jourdain, cl Ghor, par-dessus laquelle, au S.-E. , la vue s'étond jusqu'aux montagnes d'Adjloûn , au-dessus de el-Heussn et dans la direction de Gérasa. « Au S.-S.-O., à dr. du lac, se montrent le sommet du Thabor, le petit Ilermon, une par»

7<>2 SYRIE.— PALESTINE

tie de la plaine d'Esdrelon et les montagnes de la Samarie. Au S.- O. et à l'O., la vue est arrêtée par de ux sombres chaînes de montagnes en partie boisées. Les montagnes du N. et du S. sont nues. »

(Robinson, Bib. rex.t III, p. 336.)

Excursions à Meiroûn, Kefr Birim et Gisvala.— Au N.-O. de Safed se trouvent deux localités particulièrement révérées des Juifs, et oui attirent beaucoup de pèlerins do cette religion; Meiroûn (2 h.), où se trouvent les tombeaux des grands docteurs Hillel et Chainmai, qui florissaient avant l'ère

[Roots 1*8.]

situé sur une haute colline, a t ic totalement détruit par le tremblement de terre de 1837. Il contenait aussi des tombeaux de rabbim célèbres. De el-Djich, on revient, en traversant (30 m.) un bassin ovale qui n'est qu'un ancien cratère, à (l h. 40 m.; Safed.

Une route, suivie par Robinson, mèst de Safed à Tyr en 14 heures par el-Djick Bint-Djébaïl, Tibnip et Hàris, à travers le BelAd-Becbàrah, pays montagneux <; boi&é, appartenant autrefois à la tnfca de Nephihali, habité aujourd'hui parle» Metoualis, population fière et iudepen-

chrétienne, et du rabbin Siméon dante. La forteresse ruinée de Ben Joeliai, l'auteur présumé du livre Zohar, ainsi que les ruines d'une ancienne synagogue, dont il ne reste plus aue le fronton S. , avec un grand portail richement

sculpté; et Kefr Bir'im, çrand v.

maronite sur le sommet d'un pic

à 2h.au N.-O., où se voient aussi la' près du v- dc une

bâtie sous le nom de Toron, par Hugues de Saint-Omer en 1107, et priae par Saladin, est à peu près le seul point intéressant de cette route. On y decourre Kal'at ecb-Chakif ( V. R. 114) et le grand Herznon. On signale encore à 2 h. 45 de

les restes d'une belle synagogue , avec deux rangs de colonnes calcaires, dont les chapiteaux sont formés par des anneaux circulaires qui vont en s'élargissant vers le haut. Trois portes sculptées et quelques restes d'une cofonuade intérieure permettent de se rendre compte du plan de l'édifice.

A 500 met. environ, vers le N.jE., est une autre ruine semblable, mais où l'on ne voit plus qu'une porte avec une inscription hébraïque presaue effacée. Ces monuments semblent dater des premiers siècles de l'ère chrétienne, et montrent qu'après sa chute, la nation juive avait conservé dans ces montagnes un degré de civilisation assez avancé. Kefr Bir'im contenait aussi les tombes traditionnelles de Barak, le vainqueur de Sisera, du prophète Obadiah , et même de la reine Esther. — De Kefr Bir'im , on peut revenir en 1 h. environ, vers TE., à el-Djich, l'antique Gis cala, une des villes de Galilée fortifiées par Joièphe,

avec quelques sculptures assyriennes.

Reprenant à Safed la route de Tibériade, on descendra, en sortant de cette ville, dans le ravin de l'E., dont on suit la rive gauche. Arrivé près de ( 20 m. ) une source, au-dessus de laquelle on remarque quelques cavernes , on remonte vers l'E. par un vallon étroit et pierreux sur (lft m.) un plateau pierreux et aride . d'où l'on a une vue superbe sur le lac.

On descend alors vers le S. sur (1 h. 35j un plateau inférieur bien cultivé, d'où, laissant à l'E. la station de Khan Djoubb-Youssou»

[V. R. 127), on descend (ôO ni.ïa Ain eLTabigah, où l'on rejoint la route des caravanes d'Égvpte à Damas.

Un chemin, qui se détache a l'E. de cette route, à 15 min. au N. de Kkan- Djoubb-You?souf, conduit en trois heures, par un plateau accidente présentant de 6eaux pointa de vue sur le lac. nu Jourdain, près de Et-Tell ou Jouas (R. 129). Le voyageur qui ne p

. , . . i i 'I v — / ■ — " ' "j — ^ *•« fcur wc

et la dernière qui tint contre les proposerait pas de faire ultérieurement le tomains (Guerre des Juifs, n, 20, tour du lac complet fera bien, en descen- -iv, I, 1; 2, 1 a o . Ce village, j dnnt du haut plateau de Safed. de prendre

[Route 128.] BETHSAÏDE.— CAPHARNAUM.

cette route, laissant les chevaux de babajja tuirrele chemin direct de Tibériade. Après avoir visité Et-Tell, il reviendra vers l'embouchure du Jourdain, et, suivant la rive N. du lac (I h. 30). aux ruine» de Tell-Houm Choraxin), et à (10 mil.) Ain et-Tabigah» d'où, avec un bon cheval, on gagne Tibériade en 2 h. Celui qui trouverait cette excursion trop longue (U à 10 h. en tout de Safed à Tibériade) devra au moins descendre de Khan-Djoubb- Yoossouf à Tell-Houm (1 h. 15) pour revenir à ,'40 min.) Ain et-Tabigah. Ce n'est plus qu'un détour de 2 h. y compris le temps de visiter les ruines. Toutes ces localités bibliques sont décrites R. 199.

Ain et-Tabigah , hameau situé dans une pente baie formée en partie par le lac de Tibériade, et au Dord d'un ruisseau limpide alimenté par plusieurs grandes sources situées à Quelques centaines de mètres au X. au pied de la colline. Los eaux sont thermales , d'une chaleur modérée et d'un çoûtsaumâtre et légèrement sulfureux. La aouree la plus potable , située a l'E., près du rivage, et qui porte le nom de Ain-Eyoub (1a fontaine de Job), est entourée d'un mur circulaire. On voit a et-Tabigah un ancien réservoir octogone, les restes d'un aqueduc et plusieurs moulins, la plupart ruinés, bâtis par le célèbre pacha Dhaher el-Amr.

Robinson (Lut. rex. , p. 35>0 , a identifié et-Tabigah avec Bethsaïde ( la maison des pécheurs) , patrie des apôtres Pierre, André et Philippe (saint Jean, i, 44), village situé dans la Galilée (saint Jean, xn, 21 ). et distinct de Bethsaïdc-Julias, Mtué a l'E. du Jourdain dans la Décapole (Comp., saint Marc, vu, 31, et. saint Luc.

ix, 10; — Fl. Josèphe, .4nfi</.,xvm, 2, 1). Bethsaïde de Galilée, comme le fait remarquer Robinson, devait, d'après le récit des Évangiles , être situé près de Capharnaum, puisque , après le miracle de la rnultiplication des pains ( à Bethsaïde-Julias, V. p. 712), les disciples s'embarquent pour se ren-

dre à Bethsaïde, selon saint Marc ( vi, 45), et à Capharnaum, selon saint Jean (vi, 17) ; surpris par une tempête, ils sont rejoints par Jésus-Christ marchant sur les eaux, et ils abordent là où ils allaient (saint Jean, vi, il), dansla contrée de Génézareth (Marc, vu, 53;— Matthieu, xiv, 34). Capharnaum , Bethsaïde et Chorazaïn sont confondues dans les malédictions de Jésus-Christ, à cause de l'incrédulitéde leurshabitants (saintMatthieu, xi, 21 ;— saint Luc, x, 13), et saint Jérôme (Confient. inEsai., ix. 1, et Onomasticon, art. Chorazaïn ) les mentionne comme à coté l'une de l'autre, sur la rive du lac. Le même rapprochement est fait dansl'/fineratre de savH 1VV- Ubad au vin* siècle [Early TraveU in Palest. Bohn, p. 16, 17). L'existence de deux Bethsaïde dans le même pays à 2 heures de distance, a été' cependant contestée par des arguments sérieux ( V.

F.-A. Isambert, Bull. Soc. Géogr., 4e séri^ tom. VI, p. 315).

Après Aïn et-Taoigah , on suit un instant une plage sablonneuso pour s'élever sur un petit promontoire, où l'on marche (15 m.) sur un chemin taillé dans le roc et à pic au-dessus du lac. On domine celui-ci dans toute son étendue: au S.-O. se déroule la grande plaine de Génnésareth, limitée au S. par la montagne pittoresque d'Arbela. On descend ensuite ( 5 m . ) à

Aïn et-Tin (la fontaine du figuier), quimaraue, avec un vieux bâtiment appelé Khdn Minx/èh 9 l'emplacement de Capharnaum , où Jt sus -Christ vint s'établir après qu'il eut été chassé de Nazareth par ses concitoyens ( saini Matthieu, iv, 13), et qui fut appelé sa propre ville [ib.y ix, 1). C'est là qu'il passa les trois années les plus importantes de sa vie : c'est en ces lieux qu'il accomplit ses principaux miracles, qu'il ût entendre ses prédications, ses paraboles (Voy. saint Matthieu, ix, xm, xv, xvn; — saint Marc, i, v, xx.

—saint Luc, vu ;— 3aint Jean, vi).

C'est elle qu'il maudit pour son incrédulité (saint Mathieu, ZI, 23, 241, et l'on peut s'étonner, avec M. Porter j Handbook , p. 430) , Qu'une localité si importante dans 1 histoire évangélique ait pu être si longtemps mise en oubli, alors que tant de légendes insignifiantes ont trouvé leurs localités déterminées dans la Palestine.

KhAn Minyèh est un bâtiment carré ruiné , oui a dû être autrefois une granfte et belle bâtisse ; il est situé juste au pied de la hauteur d'où descend la route de Damas, h 30 ou 40 perches du rivage. Entre le Khan et le rivage se trouve, au pied du rocher, une source abondante, ombragée par un beau figuier, qui lui a donné son nom; l'eau est douce, fraîche et potable; elle se déverse à peu de distance dans le lie qui , dans ses hautes eaux, peut en retour couvrir la fontaine. Près de cette source , il y en a plusieurs autres, qui répandent laTertilité sur le terrain environnant, couvert de hautes herbes et de grands roseaux. Au S. de Khàn Minyeh et de Ain et-Tin, des monceaux de pierres informes, qui s'étendent sur un espace assez considérable le long de la petite baie, dénotent l'existence d une ancienne ville :

on n'y trouve toutefois aucun reste d'édifices publics.

L'identification de ces ruines de Khàn Minyèh avec Canharnaiim , proposée par Hobinson dans son premier voyage (1838) a été depuis établie par ce savant explorateur des terres bibliques dans son second voyage ( Lat.Bibl.

Res.j p. 347-360), aussi solidement que peut l'être une question d'archéologie sur laquelle on manque presque entièrement de données historiques et topographiques.

Les Evangijes sont les seuls livres des Ecritures qui mentionnent Caphamaiim (saint Matthieu, iv, 13), sur les bords du lac, aux confins de Zabulon et de Neph-

SYRIE. -PALESTINE. [Routb li8.]

nom qu'une fois ( Guerre des Juifs,

m, 9, 8) ; encore l'applique-t-il à la source qui fécondait la plaine de Gennésareth, et qu'on supposait communiquer avec le Nil , parce qu'elle produisait un poisson semblable au coracinus, auisetrooTe dans les lacs autour d Alexandrie.

Dans un autre passage (Vie de Josèphe, § 7?, ) il parle d'un village de Képharnome , où il fut transporté après avoir été blessé près de Julias; ce n'est probablement que le nom juif grécisé , mais il n'est cependant pas sûr qu'il s'agisse de la môme localité. Robinson tire son 'argument principal du récit de la tempête où Jésus marcha sur les eaux ( V. p. 703\ qui prouve que Caphamaiim et Bethsaïde étaient deux localités voisines, attenantes à la plaine de Gennésareth (Matthieu, xiv, 34 ; — Marc, vi, 53; — Jean, vf;; il reconnaît dans Aïn et-Tin la fontaine décrite par Josèphe, où les poissons du lac peuvent remonter facilement dans les hautes crues de celui-ci. Il invoque enfin l'autorité des écrivains chrétiens, qui ont mentionné la ville quand elle existait encore, surtout le rapport d'Arculfus qui , à la fin du vne siècle, décrit Capharnaùm comme étant située au bord du lac (maritimam\ sur un espace étroit, étendu de 10. àl'E., entrela montagne au N. et le lac au S., indications qui s'accordent parfaitement avec la position de Kn&n Minyèh, et dont on retrouve la confirmation dans plusieurs écrivains jusqu'à Quaresmius qui. en 1620, nomme expressément KhAn Minyèh. Ce n'est qu'au xvn* siècle que la tradition parait s'être perdue, et la localité de Caphamaiim transportée par Nau, en 1674, aux ruines de Tell-Houm (V. p. 712}.

Au S. de Khan Minyèh, commence la plaine de Gennesar . ou ou Gennésareth (appelée aujourd'hui el-Ghotcctr, le petit Ghor , dont Fl. Josèphe (Guerre des Juifs, III, 10, 8,) nous a donné les di-

thali. Fl. Josèphe ne prononce ce 1 mensions exactes, 30 stades (5 610

[Routb 128.] CAPHARNAUM.— GENNÉSARETH.

mèt. ) de long sur 20 (3740) de large, et dont il a tracé un tableau enchanteur. On peut reconnaître que cette description n'avait rien d'exagéré, alors que le pays était un des plus peuplés de la Palestine : la plaine, aujourd'hui déserte, étonne encore par la puissance de sa végétation ; on

Eeut v retrouverla plupart des arres indiqués par l'historien juif.

Grâce à la dépression au-dessous du niveau de la mer, son climat chaud et égal se rapproche de celui de l'Egypte. Elle était arrosée non-seulement par les eaux de Aïn et-ïabigah et de Aïn et- Tin, qui y étaient distribuées par des conduits dont on a retrouvé

les vestiges, mais encore à 1*0. I blocs d'appareil hérodien ou ro-

sous), on franchit le wadi el-Hamâm pour atteindre (l h.) le hameau de el-Medjdel.

L'autre route , plus longue de 30 m., contourne la plaine de Gennésarcth, se dirige au S.-O. vers (15 m.) le déboucné du Wadi- Amoûn , continuation du Wadi- Tawahin qui vient de Safed ; près de là se trouvait en 1838 une colonne renversée , que Robinson n'a pas retrouvée dans son second voyage. On laisse à dr. (10 m.) une hauteur appelée Tell-Zerremân, et le hameau arabe d' Abou-Chouchèh , qui ne contient que des masures arabes, selon Robinson, mais où M. de Saulcy décrit une tour carrée et voûtée, en beaux

par le wadi el-Amoud et le wadi- Kabbadièh. Le premier n'est . il est vrai , qu'un torrent desséché une grande partie de l'année, qui n'atteint le lac que par des canaux mal tracés : le second est un cours d'eau permanent et abondant. Enfin, vers le S. on trouve

main , qui marquerait, selon ce voyageur, l'emplacement de l'antique Kenret , lequel cependant nVtait autre, selon saint Jérôme, que Tibériade même. On gagne ensuite (15 m.) l'entrée du Wadi er-Rabadyèh, ainsi nommé d'un village situé plus haut, et d'où

une source considérable , l'Ain ; descend une petite rivière qui ferel-Medaoutcarah, que nous décrirons ci-dessous. Tout autour de la plaine s'étagent des collines riantes, et vers le S. se dressent les parois abruptes de la montagne d'Irbid (Arbela), au pied desquelles est le v. de el-\fedjdel, le seul lieu habité de cette région.

Deux chemins conduisent de Khân Minyèh à el-Medjdel et à Tibériade; l'un suit de près le rivage, tantôt sur la grève sablon-

tilise la plaine et faisait tourner quelques moulins aujourd'hui ruinés. Ce wadi porte plus à l'O. le nom de Wadi-Rcllamèh. Des moulins de Rabadyèh, on revient vers l'E. à (15 m . ) Ain el-Medaouwarah (la fontaine ronde), vaste bassin entouré d'une muraille circulaire, formant un réservoir d'environ 30 mèt. de diamètre , et caché par un épais fourré d'arbres et de broussailles. Cette fontaine ré-

neuse, tantôt au milieu des hautes pond, sous beaucoup de rapports, herbes, des grands roseaux et des \ h la fontaine do Capharnaum de buissons touffus qui couvrent la ; Fl. Josèphe (loco citato), qui arro-

plaine de Gennésareth : l'œil se repose sur cette fraîche verdure, sur la surface paisible de ce beau lac, sur les collines de l'O. aux teintes chaudes et rougeâtres , comme sur la côte escarpée et bleuâtre qui se dresse majestueusement à l'E. du lac; on franchit un frais et limpide ruisseau venant de la grande source Aïn el- Medaouwarah, que l'on ira visiter; a 15 m. vers 10. (V. ci-des-

sait la plaine de Gennésareth.

M. de Saulcy ne doute pas de cette identité et place sur un tertre voisin , qu'il avoue ne pas avoir visité, les ruines de Capharnaum. Robinson , qui , par deux fois, a exploré ce monticule , dit formellement qu'il n'y existe aucune ruine. Nous avons vu d'ailleurs qu'il croit reconnaître la fontaine de Josèphe dans le Aïn et-Tin, qui peut recevoir du lac

le poisson

syuie. — Palestine.

le poisson du Nil qui y existe réellement. La fontaine ronde est trop éloignée du lac pour recevoir ces poissons, et il faudrait savoir si les petits poissons, semblables a des goujons, qu'y a vus M. de Saulcy, ressemblent au coraeinus du Nil. Il n'est, du reste, dit nulle part que cette fontaine fût immédiatemen t à côté de la ville).

De Ain cl-Medaouwarah, on gagne (15 m.) les bords du Wadi el-llamAm. et (15 m.)

El-Medjdel (Magdala), misérable hameau d'une trentaine de buttes, contenant une population presque nue, seul reste des anciens pécheurs du lac, et une vieille tour moderne. Les savants, comme la tradition commune, sont à peu près d'accord pour reconnaître dans El-Medjdel le nom altéré de Magdala, la patrie de Marie-Madeleine (Magdalena), (saint Marc, xvi, 9 Saint-Jean , xx, 11-18;.

On peut opposer à cette manière de voir l'autorité d'Eusèbe et de saint Jérôme (Onomasticon) , qui placent le Magdala, dont Marie était originaire, dans la tribu de deJuda, près de Jérusalem. Selon les mêmes auteurs, plus rapprochés que nous des traditions évangéliques, Magdala de l'Évangile de saint Matthieu (xv,39), qu'il faudrait lire M âge dan d'après les manuscrits, était dans la Décapole, sur la rive orientale du lac, avec le Dalmanuthade Saint-Marc (vin, 10). (V F. -A. Isambert, bull. toc. géogr., i< série, t. VF, p. 316-318.) On identifie aussi Medjdel avec le MigJal-cl de Josué (xix, 38); mais ces ressemblances de nom sont fort douteuses, carie mot de El- Medjd (la gloire) se trouve plusieurs fois dans la géographie de la Palestine (V. el-Medjd el-Andjar, etc.)

Le IVddi-el-Hamdm (la vallée des Pigeons)» qui s'ouvre à l'O. de el-Medjdel , forme une excursion intéressante.

C'est une gorge sauvage, resserrée entre des rochers à pic de 5 à 300 mètres de hauteur, qui, après 2 kilomètres

environ, te aboutir au plateau de Hattin. On remarque , dans la paroi méridionale des rochers, de vastes cavernes, auxquelles il est difficile de parvenir. Uo peu plus loin , vers le milieu de la gorge, on voit d'autres cavernes plus considérables auxquelles les Arabes durent le nom de KaTat-Xbo-Ms'an, qu'on ne peut atteindre que par use étroite corniche taillée dans le rochor, qui semble avoir été un ancien aqueduc L'entrée de ces cavernes a été taillée en forme de portes et de fenotrt»

et présente les vestiges de fortification* en maçonnerie. Ce sont là, sans aucun doute, les carernts à'Arhela, qui furent fortifiées par Josèphe [Vie de J., 37) et qui auparavant, sous le règne d'Herode le Grand, avaient servi de refuge à de» brigands, qui y opposèrent uue résistant: désespérée aux soldats du roi (G. <»«/•*/», 1, 16, 2-4). Antérieurement encore, elles avaient servi de refuge aux habitanu d'Arbela fuyant devant Bacchides, général de Dcmétrius 111 (V. I Macchabées.

IX, 2). On continue à suivre le fond du wadi, en côtoyant un petit ruisseau qui paraît et disparaît entre les rocher», puis (15 min.) s'elevant sur la hauteur à gauche, on va visiter les ruines de Irbtd, l'antique Arbela de Josèphe, le Beth-Arbel d'Osée (i, 4), forteresse célèbre dans l'histoire des Juif*. Les ruines d lrbid consistent principalement dans un portail sculpté avec deux colonne» debout et quelques colonnes corinthiennes renversées, qui paraissent avoir appartenu à une ancienne synagogue.

De El-Medjdol a Tibériade, on suit constamment le rivage ; on croise (30 min.) un vallon qui descend du plateau de Hattin, et par où débouche la route des caravanes. A l'entrée de ce vallon se trouve un terrain cultivé avec plusieurs sources, dont la principale, nommée Aïn el-Baridch ,;la source froide), est entourée d'une muraille circulaire en forme de réservoir, comme celle de Aïn cl-Medaouwarah, de Aïn et-Tln, etc.— De là, un chemin rocailleux conduit (40 inin.ï aux portes de

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