III. Topographie moderne, aspect
ollmat.
Jérusalem est située sur le point culminant des montagnes rte la Judée, par 31* 46' lat. N., et par 33° de long. E. La ville a son assiette principale sur une montagne qui incline sensiblement vers le N., où elle aboutit à une plaine sur le chemin qui conduit a Damas. De tous les autres côtés, elle est entourée de ravins profonds bornés eux-mêmes par de hautes collines qui dominent la ville et ne permettent pas de l'apercevoir de loin. Le ravin de l'E., nommé autrefois vallée de Kidron (Oédron) et aujourd'hui vallée de Josaphat, a une longueur d'environ l2 kilom., et sépare la ville de la montagne des Oliviers. Tournant vers le S., il reioint au-dessous de la fontaine de Siloé le ravin qui borne la ville au S. et à l'O., et qui portait le nom de vallée de Hinnom; enfin, au N.-O. est un vallon moins profond, oui se nommait vallée de Gibon.
C'est dans le triangle irrégulier formé par les deux vallées de .Tosaphat et de Hinnom, que s'élève la ville moderne. Outre les collines ou mamelons qui l'environnent de différents côtés, on remarque dans le voisinage immédiat de Jérusalem trois montagnes principales. La plus élevée est le mont des Oliviers h l'E. (7î)3 mèt.
ou 2 381 pieds au-dessus de la mer, selon M. Schubert); au N. est le mont Scopus, qui ne parait être
3ue le prolongement du précéent, et au S. le mont du Mauvais Conseil, dominant les gorges profondes du ravin de Hinnom.
— L'enceinte fortifiée qui entoure Jérusalem fut élevée par le sultan Suleïman, en 1534, et parait répondre assez exactement aux murailles qui la défendaient à l'époque des croisades. Cette enceinte, qui a 13 met. de hauteur et un mèt. environ de largeur, est fortifiée de tours et de bastions, et décrit plusieurs sinuosités, surtout vçrs la gauche du montSion.
SYRIE. - PALESTINE. lRoute 143..
Le côté de l'enceinte, oui longe U vallée de Josaphat à l'E. suit une ligne regulièrejusqu'au côté N.-O., où le mur repose sur des rocher* taillés à pic; c'est le point le plus élevé de la ville: à l'O., en se dirigeant vers le S. du côté de U porte de JafTa, se trouvent les tour* massives et les travaux de défend les plus importants; ces ouvratre* sont d'ailleurs fort délabrés et résisteraient difficilement au feu d'une batterie européenne.
Portes. — Cette enceinte renferma sept portes dont deux sont condamnées, en voici les noms : l*« N. la porte de Damas, nommée par les Arabes Bab el-Amoud ou Port?
de la Colonne: elle mène à Naplouse, à Nazareth et à Damas; o* y remarque quelques ornement dans le gout musulman et c'esi la mieux fortifiée de toutes :2°e:
se dirigeant vers l'angle N.-E..fvoit la Porte d'Ilérode, fermée depuis une vingtaine d'années : e\\t est de grandeur médiocre et sur montée d'une tour; les musulmaa* luidonnent lenomde Babez-Zoher et ne sont pas d'accord sur l'interprétation de ce nom ; le sens plus probable est celui de Port?
fleurie. En tournant vers la farc orientale du mur on rencontra 3' la porte de S aint-É tienne, air.* nommée en souvenir de cet apôtre, qui auraitété lapidé en cet endron:
mais les Arabes la nomment Jfa1 Sith Mariam, ou Porte de Notr^ Dame-Marie, parce qu'elle condûii au tombeau de la Vierge; 4* un ftf'J plus loin, en continuant vers le S.
18. porte Dorée, la plus remarquai de toutes par la profusion <Je se?
ornements. Elle est murée depui* longtemps et sans doute à cvm d'une légende fort accréditée danle peuple qui assure que c'est p*~ la que la ville sera conquise ; 5° ^ porte des Barbaresqnes {bab e/-A> ghâribèh) ou, selon les chrétien* la porte des Ordures; elle est situe au-dessus de la fontaine de Siloé. * peu près au centre de l'anciennvallée de Tyropœon; la porte de Sion vers l'angle S.-O. de cette monta
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LICEJTDE OU PUWDE JERUSALEM
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[Houtk 143.] JERUSALEM. — TOPOGRAPHIE MODERNE. 7«5
gne; son nom arabe est Bdb el-Nebi Daoud, ou porte du prophète David , parce que dans son voisinage est une petite mosquée bâtie sur l'emplacement du tombeau de David a-, p. 810). La face occidentale du mur ne possède qu'une seule porte, c'est 7° la porte de Jaffa, ou en arabe ftab-Khalil , porte d'Hébron ; en effet, cette porte mène h Hébron et aBéthléhem; un peu plus loin sur la droite est le chemin de Jaffa. Près de là est la forteresse el-Kal'ah, l'ancien château des Piians , débris des croisades nommé aussi la tour de David.
Aspect intérieur de la vUle.— Jérusalem forme une espèce de trapèze irrégulier dont les côtés les plus longs sont au nord et au midi. Elle est coupée par trois artères principales. La première, qui se présente au voyageur qui entre par la porte de Jaffa, sedirige vers l'E., passe devant la citadelle et aboutit à l'une des portes du Haram.
Elle était appelée rue de David, au temps des croisades. La seconde part de la porte de Damas, passe derrière le Saint-Sépulcre, traverse la ville du X. au S. et se termine à la porto de Sion. La troisième part de la porte de Sitti-Mariam et aboutit au Saint-SépuVcre , c'est sur son parcours que se trouve la Voie douloureuse, Citons encore la rue Chrétienne qui s'étend de la rue de David au Saint-Sépulcre.
La ville se divise en quatre quartiers : 1<> le quartier des chrétiens ou des Francs, au N.-O., qui renferme les principaux couvents, l'église du Saint-Sépulcre, dont le dôme délabré domine cotte partie de la ville, plusieurs consulats et la chapelle anglicane, dontle style gothique fait un contraste désagréable avee l'architecture générale de la ville; 2° le quartier arménien, au S.-O., où l'on remarque le vaste couvent des Arméniens, situé sur un des sommets du mont Sion : 3* le quartier mu*- 8ulman, au N.-E. , qui renferme le Serai, résidence du gouverneur et la célèbre mosquée d'Omar,
4a le quartier juif (S.-E.) , sur le penchant du mont Sion et dans l'ancienne vallée appelée nar Josèphe Tyropœon, ou vallée des fromagers : c'est la partie la plus sombre et la plus fétide de toute la ville. Dans le dédale de mille ruelles infectes vivent de malheureuses familles juives, entassées dans des maisons de boue dont la porte basse et les étroites fenêtres laissent à peine pénétrer un peu d'air et de lumière dans l'intérieur. Le • voisinage d'un cloaque où se déversent tous les égouts, les boucheries établies en piein vent, l'aspect misérable de ses habitants , tout contribue à donner h ce quartier une physionomie hideuse, et l'on ne peut, en le traversant , oublier la fatalité qui semble peser sur les enfants d'Israèl. C'est cependant au milieu de ces décombres et de cette dégradation qu'on retrouve les types les plus purs de cette idéale beauté qui a inspiré le Cantique des cantiques.
Jérusalem offre d'ailleurs l'aspect de la plupart dos \illes d'Orient, des rues étroites et irrégulières, fort imparfaitement pavées, des bazars voûtés , qui ne reçoivent le jour que par de minces lucarnes ; .des maisons où l'argile remplace la pierre et la brique ; des portes basses, quelques fenêtres discrètement grillées, des terrasses au-dessus desquelles s'è- 1 an cent quelques minces minarets, les deux imposantes coupoles du Saint-Sépulcre et de la mosquée d'Omar ; partout l'absence de cette vie, de cette activité des populations, qui rachètent en tant d'autres endroits, par leur couleur pittoresque, les misères réelles de la vie orientale; et, pour encadrer ce sombre tableau, ae hautes collines, nues, escarpées, arides, vastes nécropoles couvertes de sépulcres blanchis, voila la glorieuse Sion « brillante de clarté. »
Climat. — La température de Jérusalem n'est pas soumise aux brusques variations qui se re-
marquent dans nos régions occidentales. Depuis le mois d'avril jusqu'à la fin de septembre, le ciel est toujours pur et brillant, la chaleur est excessive pendant le jour à cause des montagnes voisines qui interceptent les courants d'air. Cependant le climat, même pendant cette période, ne serait pas malsain , si l'autorité turque veillait aven plus de soin à l'entretien des rues et des marchés ; mais on connaît la négligence des musulmans à cet égard.
Les nombreuses citernes ou mares qui se voient dans tous les quartiers, l'insalubrité des maisons , toujours imparfaitement ventilées, peut-être aussi la mauvaise qualité de l'eau qui sert à l'alimentation déterminent pendant l'été et l'automne de violents accès de fièvre qu'on a attribués à tort à de prétendues exhalaisons venues de la mer Morte. Dès le mois d'octobre, la température se rafraîchit et bientôt commencent les pluies, qui durent presque sans interruption jusqu'au mois d'avril. Par suite de la position élevée de la ville, l'hiver y est quelquefois rigoureux et il n'est pas rare d'y voir de la neige et du givre.
JBRCSALKM ET SES ENVIIONS EN 8 JOURS.
\w jour (Dans la soirée de l'arrivée^ visite au consul. — L'église du Saint-Sépulcre, hôpital de Saint-Jean, la voie Douloureuse. — Sainte-Anne.
2* jour. (De bon matin) — Au mont des Olivier*, vallée de Josaphat, Siloé, vallée de Hinnom, retour par le mont Sion, (v. notre § vu, l 'îi — visite au couvent Arménien, au couvent Syrien, ÉkHso protestante , tour de David .
3« jour. — Mosquée d'Omar (s'il est possible de visiter l'intérieur), — sinou en faire le tour avec soin, enceinte extérieure, porte dorée, porte du S., restes du pont,
8« jour. —
SYRIE. - PALESTINE. [Route 143.)
muraille où tes juifs vont pieurer. mekhémé, les basars, hôpital de Sainte-Hélène.
4« jour. — Excursion uu N de 1s ville (v. $ vu, 90). prendre un puide et se munir de flambeaux pour visiter les carrières, et les tombeaux des rois et des juges.
6« jour. — A Saint-Jean duni îe désert, la fontaine de Philippe, Bethléem et Ilebron- 6« jour. — Retour d Hebron à Bethléem,
coucher a Mar Saba.
7« jour. — De Mar Saba a la mer Morte, au Jourdain, coucher a Jencào.
Retour à Jérusalem par Bethanie. — repos.