‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 348 sur 511 · ENSEIGNEMENTS · texte numérisé non relu

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tard, elle ne s'ouvre que sur Ih ordre du pacha, et moyennant baghchkh.

Le silence des historiens sacrés sur l'origine et le nom primitif de Jérusalem a ouvert un champ sans limites aux conjectures des érudits. S'il n'est pas démontré qu'on puisse identifier la capitale ae la Judée avec Salem, résidence de Melchiscdech, il est cependant hors de doute qu'avant David elle porta le nom de Yebous à cause des Jébusitcs, descendants de Chanaan, qui occupaient à cette époque le mont Sion où s'éleva plus tard la ville supérieure. Elle parait aussi avoir reçu, dès une naute antiquité, l'épithète de Kadischta ou la sainte, dont on retrouve le souvenir dans le nom de Kouds que lui donnent aujourd'hui les musulmans, et, si l'on, accepte cette hypothèse, c'est à Jérusalem même qu il faut appliquer le passage d'Hérodote [\iv. II, chap. cxxxix) où il est fait mention de la conquête de Cadytis, grande ville de Syrie, par le roi d Égypte Nécho. Quant au nom même de Jérusalem (héritage de la paix], il est difficile de dire à quelle époque il fut substitué aux appellations plus anciennes de cette ville. Ce ne fut que dans la septième année du règne de David (vers 1049 av. J.-C.} que ce roi, après avoir entièrement expulsé les Jébusitcs, se rendit »

maître de toute la ville et l'entoura d'une enceinte fortifiée. Sous le règne de Salomon son fils, Jérusalem atteignit l'apogée de sa grandeur. La construction du tcmplo et d'autres édifices magnifiques, les rapports commerciaux étendus par ce point jusque dans l'Inde et l'Afrique, d'autres causes encore firent de cette ville le centre de la civilisation dans l'Asie occidentale. Mais cette prospérité fut de courte durée. Épuisée par les folles dilapidations de Jéroboam, Jérusalem eut a subir pendant trois siècles les invasions successive* des Égyptiens, des

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SYKIE. — PALESTINE.

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Philistiy et de plusieurs peuplados arabes alliées aux tribus dissidentes d'Israël. En 508. sous le règne de Joachim, elle tomba au pouvoir de Nabuchodonosor qui détrôna ce prince et lui substitua Sedekia; lu révolte de ce dernier ramena l'armée des Assyriens qui saccagea Jérusalem, renversa ses murailles et incendia le temple (587 av. J.-C.). Après un demi-siècle de captivité, les Juifs furent autorisés par Cyrus ù relever l'édifice sacré et îcs fortifications de leur ville; mais, contrariés par les entreprises hostiles des Samaritains, ce ne fut qu'en 385 qu'ils purent terminer leurs travaux et probablement rendre à leur capitale sinon son ancienne splendeur du moins ^es limites primitives.

Traitée avec humanité par Alexandre le Grand $32 av. J.-C), qui lui accorda d'heureux privilèges, elle eut le malheur, après la mort du conquérant, de devenir la ligne frontière entre lo Svrie etl'Êgynte et fut ainsi exposée à toutes les horreurs de la guerre. Kn 305 av.

J.-C. elle tomba au pouvoir de Ptolémée Soter ; elle dut à la protection dis Plolémécs et des Séleueides d'Asie une période de calme et semblait prête à reprendre une vie- nouvelle, lorsque l'odieuse tyrannie d'Antiochus Épiphane la* fit retomber dans de nouveaux troubles (175 av. J.-C), et le temple ainsi que Ses principaux édifices et ses murailles furent renversés. Rendue à l'indépendance par la glorieuse famille dos Macchabées, elle fut ensuite gouvernée par les princes asmonéens jusqu'à la conquête de la Palestine par les Romains. Pompée s'en empara ;63 av. J.-C] et respecta la vie et les biens de ses habitants ; vingt ans nlus tard, les Partheii, profitant des dissensions de la famille royale, pillèrent Jérusalem. Hérode.devenu mai tre absolu, la dota de nouveaux édifices dans le goût des Romains et rebâtit le temple avec une magnificence dont on retrouve le témoignage

dans l'Evangile (saint Jean, il, 2<K A la mort de ce roi, la Judée ayant été annexée à la préfecture de Syrie, Jérusalem fut soumise à «les gouverneurs romains qui résidaient ordinairement dans la forteresse Antonia. Le mémorable siège et l'entière destruction de Jérusalem par Titus <70 de J.-C* sont racontés avec de longs détail* par l'historien Josèpbe qui joui le rôle de parlementaire entre les deux camps ; nous ne pouvons que les esquisser rapidement. Titus, a.

la téte de 100 000, hommes commença le siège par le côté N.. le seul endroit faible de la place ; i s'empara, au bout de 15 jours e:

non sans éprouver de grandes pertes, du quartier de Dczétha et à»

la ville basse (Akraï ; puis il éleva une enceinte nui entourait la ville haute de tous cotés afin de la réduire par la famine. Enfin, après trois mois d'une résistance désespérée, la ville haute fut emportée et les Romains, malgré lesordres formels de Titus, mirent le feu au temple, livrèrent la ville au plus horrible carnage, et, selon le récit île José— phe, onze cent mille Juifs périrent dans cette terrible catastrophe.

Soixante ans après sadestructivn, Jérusalem fut rebâtie par Adrien qui lui donna le nom d'*£"Jm, elle fut surnommée aussi CapitoHna en l'honneur de Jupiter Capitolin dont le temple s'éleva sur remplacement du sanctuaire juif. Sous le règne de ses successeurs, les Juifs obtinrent h prix d'argent le droit de venir pleurer sur les ruines de leur ancienne métropole.

En 3fi'2 ils essayèrent vainement de reconstruire le temple, tandis que la pieuse sollicitude de Constantin et d'Hélène consacrait par de nombreuses constructions les plus chers souvenirs du christianisme. Erigée en patriarcal par le concile de Chalcédoine, Jérusalem fut bientôt après pillée par l'armée de Chosroès II, qui ne respecta ni le clergé ni le Saint- Sépulcre. En 636, elle fut assiégée par les Arabes, et après une ré-

lRoltk 143.] JERUSALEM.

sistance de quatre mois, elle se rendit par capitulation. Pendant quatre siècles environ, elle obéit aux khalifes de Damas et de liagclad, qui ne ehe relièrent pas ù inquiéter les habitants ni ses nombreux pèlerins. Mais elle eut à souffrir de l'inquiète tyrannie des Fathimites, et en particulier du khalife Hakem, par l'ordre duquel l'église du Saint-Sépulcre fut de nouveau incendiée. Les Seldjoukides . qui leur succédèrent au xie siècle, ne se montrèrent pas plus tolérants, et bientôt la voix éloquente de Pierre l'Hcrmite appela les Croisés à la conquête de la Terre-Sainte. Ce tut le 7 juin 1090 qu'ils arrivèrent devant Jérusalem, sous la conduite de C»odel'roy de Bouillon. Ce général et Tancrède établirent leur camp à l'ouest de la ville ; Raymond de Saint-tiilles investit le midi; les comtes de Flandres et de Normandie, assiégèrent le côté nord. Pendant un mois, ils se préparèrent à donner l'assaut et souffrirent, sous un ciel ardent, toutes les horreurs de la soif. Le 14 juillet, ils tentèrent une première attaque générale, et furent repoussés avec «le grandes pertes. Entin le lendemain, vendredi Ifi juillet, tandis que le clergé marchait en procession autour de la ville, les assaillants revinrent à la charge avec fureur. Après mu; heure de combat, LetboMe de l'ournay s'élança le premier sur la brèche ouverte à l'orient, il fut suivi par Engelbert et Crodefroy et les chrétiens envahirent toute la ville. Ils poursuivirent les troupes musulmanes, jusque dans la mosquée d'Omar qui lut inondée de rang. Après une courte prière devant le Saint-Sépulcre, ils reprirent leur œuvre d'extermination. En moins d'une semaine, 70 000 musulmans furent massacrés et plusieurs milliers de Juifs périrent xoits les décombres tle leurs synagogues. Maîtres de Jérusalem les Croisés rebâtirent à grands frais l'église du Saint-Sépulcre, mais leur royauté éphé-

mère fut brisée par Saladin, qu reprit Jérusalem en 1187 et y rétablit le culte musulman. Vainement fut-elle rendue un instant à l'empereur Frédéric II (1229) , elle fut investie deux ans après par l'armée du sultan de Kharczm, et reprise presque aussitôt par le Soudan d'Egypte. Cette malheureuse ville fut le théâtre de nouvelles profanations sous les derniers khalifes Eyoubites et durant le règne anarehiquo des Mamelouks, jusqu'à ce qu'elle passât avec toute la Syrie sous la domination du sultan ottoman Sélim II (1517 ; elle subit alors toutes les vicissitudes de cet empire. Annexée pendant longtemps au pachalik de Damas, elle forme aujourd'hui un district particulier, gouverné par un pacha subordonné cependant au kaïmakam de Boiront. Aux terribles luttes qui l'ont ensanglantée pendant tant de siècles, a succédé de nos jours une rivalité aussi acharnée, mais moins redoutable, entre les différentes communions chrétiennes qui so disputent la possession, ou pour mieux dire l'entretien des sanctuaires. La vénalité des pachas turcs stimule habilement cette pieuse guerre, dont vainqueurs et vaincus ont toujaurs à payer les frais. On sait que la Porte, en 1852, en reconnaissant aux Latins la priorité dans la possession de quelques-uns de ces sanctuaires, notamment à Bethléem, leur concéda, à la demande de l'ambassade française, un firman qui est devenu le prétexte de la guerre de Crimée. Quelque vif ciue soit encore l'acharnement qui divise aujourd'hui les chrétiens d'Orient, il est permis d'espérer que dans un avenir peut-être prochain, Jérusalem, ouverte par le protectorat européen à tous les cultes, ne sera plus qu'un asile inviolable et paisible, où toutes les convictions religieuses viendront confondre leurs prières et leurs espérances.

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