‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 352 sur 511 · V. Topographie ancienne · texte numérisé non relu

V. Topographie ancienne

Nous avons décrit'§ ni la situation générale de la ville. Il nous faut maintenant pénétrer un peu plus avant dans cette étude et tâcher de retrouver dans les collines et les dépressions de la ville moderne, les collines dont il est si souvent fait mention dans la Bible et dans l'histoire des Juifs. C'est, le plan à la main, et du haut de quelque 'point culminant, comme la tour de la citadelle, le minaret du Sérai, la hauteur au-dessus de l'angle N.-O. de la ville, ou surtout le mont des" Oliviers, que le vovageur devra lire ce paragraphe.

La Bible ne nous est pas d'un très-grand secours pour rétablir cienne topographie de Jéru-

ALESTINE. [Roc te 143.}

salem. Les noms des localités qu'elle cite ont pour la plupart entièrement disparu, ou les applications modernes qui en ont été faites sont douteuses. Les positions relatives des lieux sont rarement indiquées; reconstruire d'après ces données la Jérusalem des rois de Juda, ou celle de Néhémie, est une œuvre impossible.

Les traditions rabbiniques ne sont qu'un amas confus de dissertations contradictoires. La tradition moderne, mêlée de tous les conte* du Bas-Empire et du moyen âge, si souvent en contradiction avec les textes le plus précis de l'Écriture, ne donne aussi que des renseignements douteux, dont il est très-difficile de connaître l'origine ou de contrôler la vérité. Le témoignage des historiens est malheureusement trés-peu explicite.

Tacite a décrit Jérusalem en quelques mots admirables de concision et d'exactitude, mais il est trop bref pour être d'une grande ressource. Dion Cassius, Strabon donnent aussi quelques détails.

Mais le seul auteur qui ait voulu faire une description de la ville, c'est Flavius Josèphe. On a tror répété qu'il écrivait loin de sa ville natale qui n'existait plus . et sur ses seuls souvenirs; qu'il a affirmé, sans crainte d'être démenti, ce qu'il ne savait qu'imparfaitement; ou qu'il a exagère ce qu'il savait, l'historien, qui, par sa naissance, appartenait aux premières famille* sacerdotales, qui fut chargé du commandement de la Galilée contre Vespasien, qui, prisonnier dr Titus, assista a tout le siège de Jérusalem et fut envoyé souvent comme parlementaire aux assiégés, qui, dans les Antiquités juiv**, écrit l'histoire de son peuple depuis les temps les plus reculés, et dans la Guerre dfx Juifs retrace avec une douloureuse émotion les moindres incidents de la ruine dtsa patrie; cet historien, disonsnous, connaissait assurément son pays, et, tout en faisant lapartd'une certaine exagération onuui iJe, eu

LRoiTB 143.] JERUSALEM. — TOPOGRAPHIE ANCIENNE.

n'exigeant pas de lui une précision mathématique que les écrivains anciens ont rarement connue, son témoignage reste encore debout, et peut seul, avec les données bibliques, nous guider dans cette difficile étude. C'est donc la Jérusalem des Hérodes, la Jérusalem du temps de Titus que nous allons chercher a reconstruire. Sur ce sol si souvent boule\ersé. bien des anneaux de la chaîne ont été brisés, bien des noms ont disparu, dont il est impossible de retrouver la olace ; nous tâcherons cependant de déterminer les localités principales, celles dont on peut reconnaître sur le terrain une trace appréciable, laissant de côté celles nui ne pourraient être que l'objet ae discussions purement critiques.

Collines et Vallées. — Le premier coup d'œil jeté sur Jérusalem nous montre que la ville est bâtie sur deux rangées parallèles de collines séparées par une vallée, oui court du N.-N.-O. au S.-S.-E., depuis la porte de Damas jusqu'à la fontaine de Siloé. De ces deux lignes de collines, la rangée orientale commence plus au N. que l'autre, dont l'extrémité inférieure s'étend plus au midi, la rangée orientale a son point culminant au N., la rangée occidentale a son point culminant au S., au couvent arménien; c'est le mont Sion t la ville de David, la haute ville de Josèphe. Au N. de cette sommité, il existe des hauteurs, auxquelles nous attribuerons provisoirement avec Robinson le nom d'^4cro, ou de ville basse de Josèphe, bien 'qu'au N.-O. leur niveau dépasse celui même du couvent arménien.

Quant a la rangée orientale, elle forme trois plateaux diminuant de hauteur, du N. au S., et que nous nommerons Bézétha , Moriah et Ophel. Il faut maintenant justifier ces dénominations ; nous commencerons par .la rangée orientale qui offre moins de difficultés.

Mont Moriah. — L'identité du moiit Moriah uc peu! faire l'objet

d'aucun doute, c'était la colline du temple de Salomon, dont on reconnaît encore la plate-forme et les substruetions dans l'enceinte régulière du Haram-eeh-Chérif, qui porte la grande mosquée d'Omar. L'étude que nous en ferons bientôt nous en donnera la démonstration complète: tout le monde d'ailleurs est d'accord à ce sujet. Le nom de Moriah n'est jamais employé ni dans Josèphe, ni dans le récit de la construction du temple (I, Rois, v, 6, etc.), son nom ordinaire était la montagpe du Temple ou de l'Éternel. Le nom de Moriah se trouve pour la première fois dans l'histoire du sacrifice d'Abraham, avec son étymologie c Dieu y pourvoira > (Genèse, xxn, 2, 8, 14); c'est sur ce même Moriah que Salomon fait élever le temple de l'Éternel (II, Chron., ni, 1). Plus tard une forteresse nommée Antonia, fut élevée au N. de l'enceinte. Moriah est limité à l'E. par la vallée du Cédron; à l'O., par la vallée centrale de la ville; au N., par la colline de Bézétha; au S., par les pentes d'Ophel.

Ophel ou Ophla est cette colline triangulaire qui a sa base au côté S. de l'enceinte du temple, et sa pointe au S. vers la fontaine de Siloé. Les deux côtés sont resserrés entre le Cédron et le ravin intérieur de la ville. Plane à sa partie supérieure, elle s'incline rapidement au S. par une série d'étages et se termine a pic au-dessus de Siloé; sa longueur est* d'environ 500 mèt., et sa largeur moyenne de 90 mèt. Ophel est déjà compris dans la ville, du temps du roi Jotham (II, Chron., xxvii, 3T ; Manassé augmenta ses fortifications (II, Chron., xxxin, 141, qui, au retour de la captivité, furent réparées par Xéhémie (m, 21, 27). Son emplacement concorde bien avec les données de Josèphe (Guerre des Juifs, v, 4, 2).

Bézétha n'est pas meniionnée dans la Bible ; Josèphe nous raconte qu'elle fut comprise dam

la nouvelle enceinte d'Hérode Agrippa. Bézétha, riait placée en face d'Antoma et séparée d'elle par un fossé profond qui fut creusé

f>ourrendre plus difieile l'accès de a forteresse. Bézétha signifie la nouvelle ville (en grec xsuv-<j ^d/t;) [Guer. d. J., v, 4, 2). Dans un autre

f>assage, il ajoute que Bézétha est aplusélevéedetouteset que seule elle couvre iiczsàrîi, elle ombrage) le temple ducùtédu \. [Ibid. v, 5, S. ■ Ainsi Bézétha était seule au X. du temple, et elle était très-voisfne d'Antonia, puisqu'il avait fallu en séparer la forteresse par une tranchée artificielle. 11 est impossible de méconnaître, à ces caractères, la colline qui s'élève à l'E. de la porte de Damas , à l'angle X.-E.

de la ville actuelle , et qui est couronnée par le tekic des derviches tourneurs. En présence d'un texte si clair, il est difficile de comprendre que Schultz, sur son beau plan (que nous avons reproduit en le corrigeant sous ce rapport), ait pu reporter Bézétha tout à fait au X., vers l'origine de la vallée de Cédron, et attribuer à Acra la colline qui se dresseau X. du temple, tout à coté de l'emplacement incontesté de. la forteresse Autonia.

Sion. Revenons maintenant aux collines occidentales. Xous ne trouvons aucune difficulté pour reconnaître, dans l'extrémité S., la colline de Sion, l'ancienne citadelle des Jébusites , qui résista longtemps aux Israélites (Josué, xv , 6;{, Juges, 1, L21), et ne fut conquise que par David Jl, Samuel, v, 5-8; II, Chron,, xi. 7) , qui en fit sa propre ville, où lui et ses successeurs régnèrent et moururent. C'est évidemment elle que Josènhe appelle la haute ville ou le marché d'en naut, bien qu'il semble éviter de prononcer le nom de Sion. La vallée profonde de Hinnom et la vallée centrale de la villelormentses limites naturelles et incontestables au S., a l'O. et à l'E., mais il n'est pas aussi facile de déterminer où était sa limite au X.,etoù commençait ce que Josèphe appelle Acra , ou

PALESTINE. [Route )

la basse ville. Voici comment il les décrit toute* deux : i La ville « tait bâtie sur deux coteaux oppos«s , séparés par une vallée intermédiaire (designée plu* loin sous le nom de Tyropœon) dans laquelle les maisons descendaient des deux côtés. De ces deux collines, celle oui portait la ville supérieure est de beaucoup plus élevée et plus droite en longueur : à cause de sa force, elle fut appelée la citadelle

f>ar le roi David : nous l'appelons e marche d'tn haut. > Tout eeci est clairet conforme au\ données bibliques. Ce qui suit ne l'est pas tant :

Acra et le Tyropo&on. « L'autre colline , appelée Acra , qui port* la basse ville, est en croissant xj(cT9{). * Le mot grec a plusieurs sens, il veut dire à deux cornes, comme le croissant de la lune , ou bien à deux pentes opposées. Le second sên.-> s'applique à toute colline, il n'aurait lien de ^éciai; mais le premier parait plus probable. Cette manière de décrire une montagne, non quant à U forme de son sommet, mais quant à la surface de sa bas£, ne doit pas nous étonner dans Josèphe . il vient de décrire Sion de la même manière. * (A. Coquerel. Tvp. <i« Jcr. Thèse. Strasbourg. l*l:L, 'Mai* avant de chercher quelle est l'étui* r.ence de la ville qui peut présenter cette forme , nous «levons d'abord chercher quelle est cette vallée qui sépare Sion d'Acr*.

Quelques lignes plus loin Josèp ie nous l'indique '. « La vallée des Ty reposons (des Fromacer> , que nous avons dit séparer la collme de la haute ville de celle de U basse v ille, s'étend jusqu'à Siloatn, c'est ainsi que nous nommons la source, qui est douce et copieuse.»

\lbid.) Cette vallée de Tyropu ou.

qui se termine à la fontaine de Siloani , c'est la vallée .centrale ét la ville qui sépare Sion de Monab.

aucun doute n'existe sur sa purin; sud, et au premier abord , en voyant la dépression si remarquable qui commence déjà au N.-U

(KoiTTB 143.J JERUSALEM. — TOPOGRAPHIE ANCIENNE. 771

de la porto de Damas, pour se | Reland, d'Anville, Rosenmuller et

ordent à placer Acra

prolonger

au

S. . tdut le inonde

Raumer, s acc

croit reconnaîtra le Tyronceon , I au N. de Sion. Acra est le montiétondu de l'un à l'autre do ces cule qui porte l'église du Saintpoints extrêmes. Mais ici commencent les difficultés î si veut placer Acra de l'autn do cette vallée, c'est-à-dire à l'E.

de la porte de Damas, comme l'a fait Sehultz, on ne rencontre qu'un emplacement, c'est celui qui est au N. du temple et que le texte si clair de Josèphe appelle Bézétha, sans qu'il soit possible de rien interposer entre elle et l'angle X.- 0. du temple (V. p. 770;.

Ici se place l'explication donnée par Robinsou. Le Tyropœon, dirigé du S. au N. dans sa partie intérieure , tournait à l'O. vers la porte de Jaffa, où il avait son origine, et Acra n'est autre chose ciue la partie de la ville ou s'élève 1 église du Saint-Sépulcre, et qui

Sépulcre, et on peut reconnaîtra i l'on ; l'exactitude de ce que Josèphe dit 3 côté j de sa forme , ^j.-rt/.l/f.70i% puisque sa pente s'incline d'une part vers la porte de Damas, et, d'autre part, quoique plus graduellement vers le mont Sion. Lri autre passage de Josèphe montre qu'Aéra devait être à la fois au N. de Sion et à TO. du temple : en décrivant les portes cjui s'ouvraient dans le côté 0. de 1 enceinte du temple, il dit que la dernière ; la plus au X.) v conduisait dans Vautre ville (iUr.v , au moyen d'escaliers qui descendaient dans la valléo pour remonter de l'autre côté; car la ville s'étendait eu lace du tempte, à la manière d'un théAtre, enclavée par une profonde vallée dans est comprise entre la citadelle et ' toute la partie S. (Antiq. juiv., xv, la porte île Damas. Selon cet ob- 11, b) ; » cette autre ville ne peut servateur si consciencieux, si^ attentif aox moindres circonstances topographiques, le Tyropœon a été comblé peu à peu par la suite des temps; mais on remarque, a partir de la porte de Jaffa, une dépression considérable du mont Sion , qui s'étend de l'E. à l'O. , suivant l'ancienne rue de David pour rejoindre la vallée centrale.

Cette dépression est très-anparente.de plusieurs points de la ville, notamment du palais du gouverneur et de la maison d'Abou Saoud.

Elle est d'ailleurs prouvée par le fait suivant. On a retrouvé dans le couvent grec «le Saint-Jean- Baptiste, au coin de la rue Chré-

être qu'Aéra, puisqu'elle est mentionnée après le palais de Sion.

Il y avait encore, d'après Josèphe, une troisième colline, en face d'Acra, naturellement plus basse qu'Acra, et qui en était autrefois séparée par une autre large vallée. Mais les Asmonéens, désireux de joindre la ville au temple, comblèrent la vallée et rasèrent le sommet d'Acra, afin que le temple le dominât aussi. Cette autre colline , sans nom, était cette vallée que l'on avait comblée {en partie probablement ) pour joindre la ville au temple ; -c'est sans doute le quartier qui s'étend à l'O. du temple jusque vers les pentes de Sion et

tienne et de la rue de David, une ! du Saint-Sépulcre.

chapelle enfouie sous les décom bres, dont le sol est a près de 10 mèt. au-dessous de la rue, et les fenêtres dont elle est percée sur les côtés montrent qu'elle n'a pas été une chapelle souterraine.

L'existence de la vallée en cet endroit est attestée par Brocardus en 1283; Adrichomius et Villalpan-

Tel est le système très-complet de Robinson {Lat. res,, p. 207 -210).

La conséquence en est de placer la ligne de démarcation de Sion et d'Acra à la citadelle actuelle, qui ne serait autre que la tour ilippicus. Des arguments assez sérieux lui ont été cependant opposés par M. Bonar {The land ofProm.. p. 41HÎ

dus à la fin du xvie siècle, en par- et suiv.). Celui-ci se refuse positilentdans les mêmes termes i enfin ' veinent à reconnaître l'existence

774 SYRIE. — PALESTINE. [Route 143.]

d'une vallée partant de la porte de , tout à côté U y en aurait eu une Jaffa. Elle n'est démontrée sur au- 1 plus haute e'ncoro ; et cette der-

nii I re (colle des derviches tourneurs1, qui domine tout le Haram, peut-elle être cette Acra dont les Asmonéens avaient fait raser le

cun plan (pas même sur celui du docteur Robinson), sur aucun des reliefs oui ont été faits de Jérusalem. Elle n'est pas visible sur les lieux, et l'écoulement des 'eaux pluviales ne prend pas cette direction : au contraire, il y a à la porte de Damas une va liée évidente pour tous et à quelque endroit qu'on se place. L'hypothèse d'une vallée commençant à la porte de Jaffa lni paraît en grande partie;

sommet pour nue le temple dominât toute la ville'? On s'est évidemment préoccupé, peut-être sans s'en rendre compte, de la signification grecque du mot acra, qui signifie ordinairement éminence, acropole. Josèphe, en l'appliquant à la basse -ville (v. p. 770,i, prouve

suggérée par le désir d'identifier • que ce nom n'avait pas cette accep la tour Hippicus avec la tour- de j tion. Il provenait de la forteresse David, identification qui soulève bâtie en ce lieu par Antiochus les objections les plus sérieuses \ Épiphone {Antiq., xn, 5, h) et que

les Asmonéens avaient rasée. Peutêtre aussi n'était-ce que la transcription grecqued'un nom hébreu?

Enfin on pourrait encore chercher autre part le commencement du Tyropœon, car il existe une autre dépression entre la porte de Damas et l'angle N.-O. de la muraille actuelle , dépression qui passe au pied du flanc E. du couvent latin et au chevet de l'église du Saint-Sépulcre. Acra resterait au N. et à l'E. de cette dépression, et la colline des derviches tourneurs resterait Bézétha.

On le voit, la question est loin ! d'être résolue ; pour rejeter le svstème de Robinson, qui avait l'avantage de concilier tous leç textes, il faudrait bien démontrer, par un nouvel examen des lieux, et surtout par des fouilles, que la vallée de la porte de Jaffa n a jamais existé.

Nous ne pouvons, pour le moment , pousser plus loin cette étude , et nous n'aborderons la question des enceintes qu'après avoir décrit en détail la ville et les antiquités qui peuvent nous servir de points de repère. *

( V. p. 797). Pour lui, cette tour doit être reportée bien plus au N.; le quartier chrétien fait partie du mont Sion, et même un passage de Guillaume de Tyr place positivement l'église tlu Saint-Sépulcre sur le mont Sion. mais sur la pente orientale de celui-ci. La conséquence qu'il en tire est de reporter Acra à l'E. de la porte de Damas, en y joignant hors de la ville la colline de Zahara (au-dessus de la grotte de Jérémie), qui n'en a été séparée que par une tranchée artifielle, et en la faisant revenir au N. du quartier chrétien. Ainsi s'expliquerait l'épithète ùu^t/ur.To?, Acra touchant par une de ses extrémités au mont Sion, et par l'autre au Moriah. Quant à Rézétha, pour ne pas la repousser ,au N., comme Schultz, et la séparer d'Antonia, dont elle ne pouvait être éloignée, il distingue une dépression très-sensible entre la hauteur qui porte le tékié des derviches tourneurs et celle qui porte l'église Sainte-Anne. C'est cette colline, tout à fait à l'angle N.-E., qui serait Bézetha. C'est là le point faible de ce svstème : cette colline est trop étroite ; elle est à peine apparente a côté de la hauteur des Derviches tourneurs. Est-ce d'elle oue Josèphe aurait pu dire qu'elle était la plus haute de toutes, et que seule elle couvrait 'ombrageait } le

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