‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 373 sur 511 · IX. Saint-Jkan i>ans le okskrt, Bittir · texte numérisé non relu

IX. Saint-Jkan i>ans le okskrt, Bittir

ET LA FONTAINE DK SaINT-PuILIPPK.

0 u. environ, aller et retour.)

Sortant de Jérusalem par la porte de Jaffa, on prend à g. le chemin de Aïn-Kérim, laissant a dr. un cimetière musulman et le Birket-Mamillah. Le chemin assez égal , bien que pierreux , conduit d abord au rJU min.

Couvent de Sainte-Croix (en

arabe Drir el-Mossallabèh) , ainsi nommé parce qu'il contient l'endroit où s'eh'vmt l'arbre qui servit à faire la croix. Saint»' Hélène avait consacré cette tradition par une chapelle rtjuarcsmius, t. II, p. 712\ Le couvent appartenait originairement aux Géorgiens, et sa fondation remonte, dit-on, au

SYRIE. — PALESTINE. ! Roi te 144.

ve siècle. 11 appartient aujourd'hui

aux Grecs, et c'est un des édifice»

les plus remarquables en ce genre.

grAce à l'or de la Russie. Ec dehors, c'est un grand bàtimen:

rectangulaire avec des muraille* massives comme une forteresse.

L'église mérite d'être visitée. El!»1 est divisée en trois nefs par quam gros piliers supportant des arc* ogivaux. Une petite coupole sVlève au-dessus du sanctuaire. Lfmurs sont décorés de vieilles fresques et le pavé de mosaïques curieuses. Les compartiments de sanctuaire contiennent des pein tures curieuses, qui représentent toute l'histoire de 1 arbre sacrr Le trou dans lequel il avait cru voit derrière l'autel. Le reste de l'édifice contient de vastes dortoirs, des réfectoirs, une cuisin* admirablement tenue , et le* chambres et salles consacrée* a l'éducation de quarante jeunes gens. L'aigle de la Russie montre partout sa double tête. Une descente d'une heure , par un sentier assez rapide, conduit au village de Aïn Kerim, plus connu sous le nom de Saint-Jean-dans- le -Désert. -

Ce village, situé sur le contre-fort de la colline dans une position pittoresque, est trroup«« autour du

couvent de la Nativité de Saint Jean, appartenant aux latins. Cet

édifice, entoure de hautes murailles, occupe remplacement traditionnel île la maison de Ueharie. Il mérite d'être visité ain*i que son église, dont la restauration et les embellissements soci dus a Louis XIV. Une chapciU.

placée au-dessous du ehœur. indique l'endroit de la naissance de saint Jean. Cinq bas-reliefs en marbre blanc, représentant le* principales scènes de sa vie, sont disposes en demi-cercle autour du sanctuaire. Une plaque de marbre au milieu du pavement porte l'inscription : Hic prxcursor Domtm natus est.

En dehors du village, on va visiter la belle fontaine appelée.

[Rot te 141. j K.WIKONS DK

Ain-Kérim, qui lui a donné son nom. et <|iu; les chrétiens nomment la fontaine de la Vierge; et, plus loin (l kil. 12 du couvent), la maison des champs du prêtre Zacharie, où eut lieu la. Visitation de la Vierge a sainte Elisabeth.

I ne chapelle ruinée, que l'on fait remonter h sainte Hélène, marque <*e lieu traditionnel.

Pour se rendre au désert, où le précurseur du Christ passa de longues années dans la méditation, on traverse un pays assez fertile, où la vigne et l'olivier prospèrent, et on arrive (1 h.) près d'une grotte haute de 3 met. sur 2 de large; dans le voisinage est une source fraîche et limpide, même au cœur de l'été, CVst là que la légende place le séjour de saint Jean avant sa prédication (saint Luc, i, 80 \ La vallée, située au-dessous de cette excavation , est le wadi Bcït-Hanina, qui prend son origine près de Nébi-Samwill (V. R.

150). Klle a été nommée vallée du Terébinthe, sans doute parce ou'elle produisait jadis des pistachiers ; il ne faut pas la confondre avec le Téréhinthc de Mamré, près d'Hébron.

Un sentier à travers des hauteurs rocailleuses et désolées, qu'il serait assez difîicile de parcourir sans guide, rejoint par le v. de Wcledjèh, par le wadi el-\Verd fvallée «les Kose*>, et la route de Jérusalem à fin/a, au pied du v. de

Bittir, perché sur un contrefort escarpé u l'entrée du wadi- T^i t tir. On a cru reconnaître dans >on nom l'antique Bether, où les Juifs, sous la conduite de Bar- < 'ochéba, résistèrent si longtemps aux Romains, du temps d'Adrien 135 ans après J. •('.). Robinson (Lat.

rea., p. 20K-270} trouve cette identification douteuse. Une colline conique, qui le domine, porte, il est vrai . le nom de Kherbet el-Y ahond 'la ruine «les Juifs : mais, sauf les restes d'une tour carrée, qui n'a pas un caractère suffisant d'antiquité, on n'y voit que des vestiges douteux de fortifications.

Remontant le wadi el-Werd, dans la direction de Jérusalem, on arrive (10 min.) à la

Fontaine de Saint-Philippe (en arabe Ain- Hanyèh). C'est une source pittoresque à dr. de la route; elle a dû être fort ornée autrefois à en juçer par l'espèce de niche semi -«circulaire et les fragments de pierres taillées et de colonnes que l'on voit autour d'elle. Dans un champ voisin, il y avait une église. La tradition latine y place le baptême de l'eunuque éthiopien par l'apôtre Philippe (Actes, vin, 26-40). Eusèbc place cet événement à Beth-Sour, sur la route d'Hébron.

De Aïn-Hanyèh, on revient en 2 h. 40 min. a Jérusalem par Aïn- Djalou, et la vallée des Roses, où l'on cultive en effet cette fleur pour faire des eaux distillées. La vallée est fertile, mais sans caractère.

On peut, de Aïn-Hanyèh remonter le wadi-Ahmed jusqu'à Beït- Djalah et gagner (2 h.) Bethléem, réunissant ueux excursions en une seule.

ni. Bethléem, rkservoirs dr Salomon mont des Francs, etc.

Partir de très-bonne heure pour pouvoir rentrer à Jérusalem le soir. Se munir de torches pour visiter les cavernes de Khoreitoun. Une forte journée, si l'on veut visiter tous les environs de Bethléem.

Sortant de Jérusalem par la porte de Jaffa et tournant aussitôt vers le S.-O., on passe près du Birket cs-Soultan , et l'on remonte les pentes de la vallée de Hinnom, parallèlement à l'aaucduc. Laissant a gauche le mont au Mauvais-Conseil et la maison de Caïphe, on s'élève (20 m\n\ sur la plaine de Réphaim ou des Géants (Josué , xv, 8), où David battu les Philistins (II, Samuel, v, 18; I, Chroniq., xi, 15 : xiv, «r». La plaine est bien cultivée et s'incline doucement à 10. vers le wadi cl-Werd. On laisse à droite une tour nommée la tour de Saint-Siméon ; un peu

SYRIE. — PALESTINE. | Ror« LU

le puits des j un séminaire destiné à la fonri tion d'un clergé catholique indigène.

On laisse a droite la route *1 F!

brou pour prendre a giuch»

cliemin qui contourne le v.i...

cultivé, au-dessus duquel & -u (30 min.)

Bethléem (la maison du y* en arabe Beit-Lahm, la maiscla chair.

Histoire. — Cette petite viLU- :

primitivement nommée Êphra'..

fertile), dénomination que »or « pect actuel justifiejusqu à uu >.

tain point. C'est la ouc t»e pil les touchants épisodes de U c de Hachel (Gen., xxxv, l«v.l'églogue de Kuth la plan*-.

(Rutli, I, 19, H2 ; il, etc. ; que Samuel versa l'huile *~ sur le front de David, qui on

plus loin on atteint Trois-Rois ; c'est là que l'étoile apparut do nouveau aux mages pour le* conduire à Bethléem (saint Matthieu, n, 10;.

Plus loin (J0 min.ï se montre le couvent grec ( le Mâr-Élias, qui a l'aspect d'une forteresse féodale.

L'église ressemble assez à celle do Saint-Jean. On y voit une image bizarre du prophète Élie. A la droite du chemin, les moines montrent un rocher sur lequel le prophète s'est couché lorsqu'il fuyait la colère de Jézabel. Le roc a gardé son empreinte.

Au delà du couvent, on aperçoit Bethléem , sur une colline riante entourée d'oliviers et de vignes ; on rencontre bientôt à droite du chemin (30 m in.: le

Tombeau de Rachel {Koubbet- Rahtl;. C'est un joli wéli carré i originaire (I, Sam. xvi). Voila r surmonté d'un dôme qui date seu- quoi Bethléem est quelM^ lement de 1679, avec une allonge ! nommée dans la IJiblu la n.« à l'E. construite par sir Moses Mon- David (saint Luc, n, 11;. Ocr.: tefiore. Le tombeau est dans Tinté- j pendant quelque temps par rieur de l'édifice. C'est un monu- | Philistins, elle partagea en*

les destinées brillantes et cruels rovers de la ville m:

jusqu'au moment où Jésus naquit dans une étable de ce:: -

tite bourgade (saint Luc, n -i Matthieu, n ). Bethléem dr> alors un des sanctuaires les :

vénérés du Christian isme naisï-

ment en forme de double plan incliné, comme un do nos toits, sa hauteur est de 3 a «1 mètres , sa surface est recouverte d'arabesques en stuc. Mais si le monument est moderne, sa position répond parfaitement nu texte de la Genèse (xxxv, 16, 420 ). Le tombeau y est mentionné comme exis- 1 Lorsque Hélène et Constantin tant au temps de Moïse: 700 ans tirent la magnifique basil;. plus tard, Samuel l'indique àSaiil qu'on y admire encore. 1rs ; (I, Sam., x, 2); saint Jérdmo le rins nliluèrent do toutes par cite plusieurs fois; Areulphe le j Saint Jérômo et sa chère P»* décrit au vn« siècle, comme sur- achevèrent leurs jours dans 1j monté d'une pyramide; Edrisi , | elime contemplation des my>: géographe arabe'du xn* siècU, dit 1 divins. Bethléem , prise pique : sur ce tombeau sont douze | croisés, avant la conquête de J pierres placées debout en mémoire salem, fut convertie en su 1 ■ des douze tribus. Ainsi, par suite eopal par Baudouin II, l an 1> d'une tradition constante, juifs , '■ En 1834, le quartier inusulii'J1 chrétiens et musulmans saluent en ce lieu la sépulture de la gracieuse épouse du Jacob.

En avançant vers Bethléem on aperçoit à droite, sur une hauteur,

B«ii-Dja\ah, qui a pris une certaine importance depuis que le patriarche latin y a fait construire

la suite «l'une révolte fomt i :

par le fanatisme religieux, tu; t tn rement détruit par Ibrahim F cha. et, depuis lors, l'humeur o^uiète de cette population.

s élève à 3 000 âmes, a *ouv* alarmé le pacha de Jcrusalen»

État actuel.— Bethléem est mi-

Kot'TK U4.J

sur le sommet d une haute colline qui descend par une suite de terrasses couvertes de vignes et d'oliviers jusqu'aux profoml-s vallée* «I it i l'entourent de trois eût. s. On y jouit d'un panorama magnifique.

A droite, un pic couronné d'un vieux donjon , qui doit aux souvenirs des croisades le nom de mont de* Francs; ii gauche, les dôme* et les minarets de Jérusalem ; en face, à TE., la chaîne bleuâtre des montagnes de Moab. La population de Hethléem, connue de tous temns pour son humeur rebelle et belliqueuse, se compose en grande partie de chrétiens des trois principaux rites. Outre la eulture des champs et des vignobles, ils se livrent à la fabrication des chapelets , des eroix de nacre croix en calcaire tendre, coupes en pierre noire de la mer Morte, et autres objets de dévotion qui forment le revenu principal de «•cite bourgade industrieuse. La beauté proverbiale des Bethb émitaines est rehaussée par l'étrangetc tîe leur costume : une étroite robe

DKTHLKHEM.

Il est entouré par les hautes murailles ou les jardins des couvents latin, grec et arménien qui le dérobent à la vue. L'église n a qu'une entrée à l'O., précédée d'une grande place dallée et couverte de débris. Un vestibule nu et obscur, divisé en trois chambres, ouvre sur la basilique. Nous laissons la parole à M. de Vogué, qui, dans son bel ouvrage sur les églises de Terre-Sainte, a consacré un long chapitre à l'église de la Nativité, le plus ancien et le plus authentique monument de l'art chrétien:

* On embrasse d'un seul coup d'oui cinq nets d'une grande longueur , formées par quatre rangs do colonnes corinthiennes monolithes. Ces nefs sont d'une égale longueur; celle du centre est plus large à elle seule que les deux oascôtés réunis. Klles se composent de onze travées. Le transsept est aussi large que la nef centrale , et forme avec elle la figure d une croix. Ses deux extrémités, nu N.

et au S., sont terminées par des absides demi-circulaires qui font saillie sur le mur extérieur de la

de coton bleu, dont le corsage en soie rouge est orné d'un feston | basilique. De l'autre côté du trans jaune ; pour coiffure, une sorte de sept, sépare du reste de !'églis<

jaune

panier renversé, recouvert d'un voile blanc ; une profusion d'anneaux d'argent aux bras et aux jambes, tel est l'ensemble de ce costume, qui n'est pas sans quelque analogie avec celui que la tradition et les peintres naïls de l'ancienne é'cole italienne prêtent à la mère du Christ. A l'extrémité K.

du village, au bout d'une esplanade qui domine la vallée, s'élève

ise

uar un mur de clôture élevé par le fanatisme des Grecs, les cinq nefs reparaissent avec d'inégales longueurs et forment le ehouir de l'église. Colle du centre se compose de deux travées et d'une abside demi-circulaire, égale a celles qui terminent les bras de la croix.

Les deux suivantes, a droite et à gauche, se terminent par un mur droit à la naissance de l'abside...

l'édifice qui le signale au loin à Cette disposition des bas-côtés dU J'o'il du pèlerin. chonir s étageant régulièrement

L'église de la Nativité. Elle fut entre les deux absides du transeomnteneée par Hélène et termi- 1 sept et l'abside centrale, est trèsnée par Constantin , i>on fiN, entre heureuse, et relève d'une manière

très-symétrique le sommet de la croix avec les branches latérales. »

La largeur totale de la grande nef est de -20 m» t. '10. Les colonnes monolithes qui séparent les nefs ont G met. de hauteur; elles sont corinthiennes, ainsi que le chapiteau qui les surmonte. Le toit de

les années 327 et do Josus- Christ. Quelques auteurs ont ess.ivé d'en attribuer la fondation à .riislinien ; mais la vue <="u!e de ce monument, qui ne présente aucun des caractères de l'architecture du vie siècle, sufïït pour démontrer l'inexactitude de cotte opinion,

Hou TE U4.

on v iài ter

SYRIE, — PALESTINE

c harpente qui couvre l'édifice est i corridors souterrains en bois de cèdre et date de la fin ! 1° la chapelle de Saint-Joseph, qui du xvn« siècle ; il est remarquable | est du xvii* siècle : 2° celle des par sa légèreté et son élégance. Saints-Innocents, sur l'ciRplace-

Des mosaïques sur fond d'or, de riches peintures ornaient autrefois les colonnes et la partie supérieure des deux murs de la nef centrale. Les fragments qui ont survécu présentent les caractères élégants d'une œuvre byzantine.

Des scènes empruntées aux livres saints, ou la représentation des conciles, en formaient les principaux sujets. Elles ont été exécutées entre lir»0 et 1109. En 1842, les Grecs en ont détruit plusieurs.

ur i

ment supposé ou Hérode fît immoler 20 000 enfants; IV la chapelle deSaint-Eusèbe de Crémone, •l" l'oratoire et le tombeau de saîm Jérdme, surmontés de deux tableaux représentant ce savant docteur; 5° les tombeaux de sain;- Paule et de sainte Eustochie, orct?

d'une grossière peinture.

Ainsi qu'on la dit plus haut, l'église est entourée des couver; appartenant aux trois principaux rites chrétiens : ils ne présenter.:

C'est îi la même époque qu'ils ont | aucun objet digne d'intérêt. Ma détruit toute l'harmonie intérieure I les en virons du village sont riebe de la basilique, en séparant par en traditions pieuses. Ce sot: un mur le chœur du reste de t'é- 'd'abord, à environ 500 met. au Y

glise, nui n'est plus, considérée aujourd huî que comme un vestibule où les habitants viennent fumer et causer, et, où une foule de marchands sans vergogne, viennent assaillir de leurs cris et de leurs offres importunes le voyageur dégoûté de leur odieuse rapacité. Un double escalier circulaire s'ouvre au-dessous de l'abside centrale et permet de pénétrer dans la

Grotte de la Nativité, qui occupe l'emplacement de l'établo et de la crèche. Elle a à peu près H mèt.

de long sur 5 de large et 3 de haut. Les parois du rocher sont entièrement revêtues de marbre, ainsi que le pavé de la grotte. La place qu'on donne pour celle de la naissance de Jésus est du coté do l'Orient; elle est indiquée par une étoile d'argent autour de laquelle on lit :

Hic de Virginc Marid Jésus Christus natus est, 1717. A quelques pas de là, au midi, on montre 1 endroit où était la crèche (on sait que le saint Prœsepe a été transporté à Rome, à la basilique de Sainte- Marie-Majeure), et celui où se tenaient les mages. Vingt et une lampes d'argent et deux tableaux, dont l'un est de Maello (1781), ornent ce sanctuaire.

Enfin , en passant par plusieurs

du village, trois citernes creusée.dans le roc qu'on nomme puit* <u David (biar Daoud ; on y rattacha l'épisode rapporté au pre'mier îivrt des Chroniques (xi, 15-10 . Dans la môme vallée on remarquera les ruines de plusieurs couvents, e:

au S. la Grotte du lait , ainsi nommée parce que la Vierge s'y reposait souvent quand elle nourrissait l'enfant divin. Les gens pays attribuent la blancheur do-

parois de la grotte

gouttes du lait de la Vierge qui ;> seraient tombées; la poussière d.

cette grotte est envoyée au loit car on lui attribue de merveilleuses propriétés pour faciliter l'alaitement. En traversant la plairx bien cultivée qui s'étend à l'E. oa arrive, après une demi-heure de marche , à la Grotte des Berger*.

C'est une petite chapelle souterraine ornée de naïves peintures ei qui est bâtie , dit-on, sur le liea où les pasteurs reçurent la bonne nouvelle de la naissance du Christ, (saint Luc n , 8,14).

Mais nous avons d'autres excursions un peu plus lointaines à indiquer autour de Béihléem. Le vovatreurqui voudra pousser jusq^à Ta caverne de "Khoreïtoun et à la montagne des Francs devra prendre un guide de la tribu de*

Route 1 U.j ENVIRONS D

Taamirah , non qu'il y ait à craindre quelque danger , mais parce t|ue ces localités sont sur leur territoire et que l'usage arabe le veut ainsi. On peut à la rigueur ne prendre ce guide qu'à Ortas.

On sort de Hethléhem et l'on se dirige au S.-O. pour rejoindre [h 30 min.) la roule de Jérusalem a Hébron. On peut alors continuer vers l'O. pour aller visiter dans une vallée voisine (40 min.- le Couvent de Saint-Georges, aux Grecs ; c'est idulôt un hôpital d'aliénés ijue les venus curatives du saint y attirent de tous les coins de l'empire ottoman. Le traitement consiste à attacher ces malheureux à une espèce de cible, en fer qui servit à enchaîner le saint martyr. (Ci.

Saintine, ouv. cité, p. 210). Le couvent n'ayant du reste rien de furieux, le voyageur fera mieux de ne pas perdre une grande heure à cette excursion , et de se rendre directement, en suivant vers le S.

la route d'Hébron, aux [30 min.)

Réservoirs de Salomon. Ce sont

trois va>u s bassins « reusés dans le roc et cimentés à l'intérieur. Ils sont places sur une pente; le plus élevé verse son eau dans le second, d'où elle coule dans le bassin inférieur, qui est le plus vaste de tous ; selon Robinson, il a 177 met.

de long, sur 81 de large à une extrémité, et 45 à l'autre extrémité; sa profondeur est de 15 mètres. Le réservoir du milieu , éloigné du premier de 40 met. , mesure 129 mèt. de long sur 70 met. de largeur moyenne, et 12 de profondeur. Enfin l'étang supérieur, éloigné encore de 49 met., mesure 116 mèt. de longueur sur 70 de largeur moyenne et 7 met. 00 de profonde ur." Ce dernier réservoir, le plus élevé de tous, est alimenté par une fontaine située à 150 pas de là, dans le voisinage d'un petit fort que les Arabes nomment Kala't el-I3orak (château de l'Éclair), occupé par les gardiens des eaux.

Cette source , sur laquelle on a construit une voûte, est nommée la fontaine scellée, par allusion à

Oriknv.

î BKTHLKHEM. 8*9

un passage du Cantique des Cantiques jiv, 12). Les Arabes la connaissent ordinairement sous le nom de Ras el-Àïn, tète de la source.

L'entrée est une ouverture circulaire, comme celle d'un puits, ordinairement couverte d'une large pierre. En soulevant celle-ci, on descend à environ ! mèt. dans une chambre de 15 pas de longueur sur 8 de large; à « ôté est une autre petite chambre. L'eau sort par quatre ouvertures ; elle est d'abord recueillie dans un bassin , puis s'écoule par un conduit souterrain vers l'angle X.-O. du réservoir supérieur. Là, une partie se déverse dans le bassin, tandis que l'aqueduc continue parallèlement au réservoir, jusqu'au second et au troisième, auxquels il fournit de la même manière, pour aller se continuer avec l'aqueduc de Uethléhem et de Jérusalem. Ce système complique avait évidemment pour but d'amener à la ville sainte et au Temple l'eau pure de la fontaine, en amassant le surplus dans les réservoirs ; ceux-ci alimentaient la ville par l'aqueduc en briques que l'on voit piès du réservoir inférieur.

Tout délabré qu'il soit ' les eaux ne sont plus transportées au delà de Bethli'hem;, il mérite encore de iixer l'attention de l'archéologue , puisque c'est un des rares monuments voisins de Jérusalem dont l'origine hébraïque soit hors de doute; il en est de même des trois bassins de Salomon , dont Ja construction accuse une haute antiquité, et qui remontent certainement aux rois de Juda. Il est assez remarquable que ni la Bible, ni Josèpbe ne les décrivent explicitement. Mais ce dernier mentionne aux environs de Betbléhem, et à 50 r.tades de Jérusalem {Antiq. vin, 7, 31, une ville nommée Etham, où s'élevait le palais d'été de Salomon , dont les rabbins font une description féerique. C'est à lui que Ton rapporte le cel« bre passage de l'Ecclésiaste (il, 4, 5). Du magnifique parc qui l'entourait, il ne reste aujourd'hui qu'une

830 SVKIK. —

bande de verdure et quelques po- l tagers cultivés avec soin par une petite colonie qu'entretient M.Mesbullam, israélite anglican. Cette oasis , située à 2 kil. à l'E. des étangs, ensuivant la vallée, a conserve, en l'honneur de Salomon, le nom de Jardin fermé, hortus concluswi 'L'antique des Cantiq., tv, \->\ Le pauvre hameau de (Jftas , dont les habitations ne sont guère que des grotte-', représente seul 1 antique Hétham , que Koboam avait oàti in, Chron.. xi, 6). Josèphe écrit Étham. (Antiq., vin, 10, 1.) On a supposé que c'était aussi YHf'tam où Sarnson fut saisi par les siens et livré aux Philistins (Juges, xv, 8-1-2). Les fondations d'une tour et d une muraille, une espèce de grotte sépulcrale et quelques rochers taillés, sont tout ce qu'on peut y signaler d'antiquités.

Pour se rendre à Khoreïtoun. on remonte le wadi-Ortas : les jarr dins disparaissent, le ruisseau tarit, et l'on marche entre deux parois de rochers qui deviennent de plus en plus sauvages à mesure qu'on avance. On croise (1 h.) le chemin de Bethléhem à Tékoua, et bientôt après, pour éviter une courbe du vradi-Ortas qui tourne au N.. on monte h dr. dans un ravin latéral , et franchissant un contrefort, on redescend vers Khoreïtoun. Le wadi-Ortas présente en cet endroit l'aspect d'une tissure étroite d° 150 mèt. de profondeur, remplie de blocs éboulés.

Les ruines de Khoreïtoun ( restes d'une tour carrée avec quelques fondations massives' , occupent un léger retrait au sommet de la falaise de droite; a environ 100 mèt.

plus bas, on trouve {30 m.) l'entrée de la

Caverne de Khoreïtoun ou d'Ha-

dullam, que l'on atteint en suivant une cote étroite et escaladant un gros rocher, qui s'est éboulé juste au milieu du passage. On entre par un passage étroit et bas dans une première chambre irrégulière, où Ton fera bien d'éter la plus grande

PALESTINE. Uouif 144.

partie de ses vêtements pour pas étouffer dans l'atmosphère chaude et humide de la caverne On pénètre alors par une galère sinueuse , longue «le près de H' mèt., dans une salle immense qu n'a pas moins de 30 mèt. de loi .; sur9 à 13 mèt. de largeur moyenne.

Le rocher forme, au-dessus"de c-r.

espace, une voûte naturelle q.

présente, a la lueur des torchaun aspect fantastique ; le sol ► couvert d'une couche ' paisse poussière. Plusieurs couloirs nb.i.

tissent dans cette salle, mai*. c= général, ils ne vont pas loin. L\i:

d'eux s'enfonce au contraire à ur grande profondeur dans Li mortagne. Après un trajet de 30 à ; mèt., il faut se laisser glisser -s fond d'une espèce de puits de mèt. de profondeur, où l'on t < ir .

l'entrée d'un autre pa -sn pe . dazlequel il faut bientôt ailer a qu*tre pattes, puis ramper, pour imgner, à près de ~0 met., une auc grande chambre où le souterra.parait se terminer, bien que, savant les Arabes, il se proloni:

jusqu'à Tékoua, et mAme jnsqii i Hébron.

Cetie caverne rcmarnuable a regardée par une vieille t rai. inr.

comme la caverne d'ILidu ! lam. c se réfugia David fuvant la c. 1er de Saiil (l Sam. xxn. 1. Ce::dernière parait en effet avilir < dans les environs de lleihl-'he" Comparer II Sam. wm, 13-17; Chron. VI, 15-10). t' est aussi 'x que David aurait épargné In vie :

son ennemi endormi dans la verne I Sam., xxiv^. Eusèi.e .

saint Jéréime indiquent ccpendîi" une autre situation.

En sortant de la caverne de Kr* reïtoun, on traverse 1< wadi 0:u pour pravir '30 min.) la Montagne des Francs, eu are

Djci'tl-Fortifiis U montagne du iv lit-Paradis^. C'est une sommité * *.

nique « levée d'environ 100 mèt. a dessus du plateau environnant. L pentes en sont roides, mais régubres, et semblent porter l'empreint' de la main de l'homme. Un senne:

KotTK U5.

ddique conduit au sommet, qui >réscnte une surface aplanie de '.■29 met. de circonférence , où l'on

oit les restes d'une enceinte avec juatre lourdes tours aux quatre •oints cardinaux, qui paraissent l'époque romaine. Le centre de 'enceinte parait avoir été excavé.

\u N.-O. les substruotions sont dus nombreuses et semblent inliquer une ancienne ville. Le ter- •ain a été nivelé, et l'on voit un éservoir de 01 mèt. carrés, avec inc espèce d'ilcU au centre, et qui •tait sans doute entretenu par un iqueduf, dont les vertiges se trouvent du eété du N.

Cette localit»* a été identifiée par tobm^on avec l'Hérodium , ioreresse et ville bâties par Hérode e Grand, à environ GO stades de V-rusalem, près de Tékoa Cmerre /<•< Juifs, I, xvi), et où ce souveain fut enseveli. Après la prise le Jérusalem par Titus, l'Ilérolium était devenu un repaire de >rigands, qui fut pris par Lucilius î;i>sus [Guerre de» Juif», v, 8; vu, Jf) . On y a placé nussi, sans moît's suffisants, le Beth-Hakkérem le Jérémie i vi, 1). Quant au nom le montagne des Francs, il vient l'une tradition fort improbable, luivant laquelle les chevaliers de >aint-Jean seraient rest* s maires de cette monlasne, longtemps encore apr< s la prise de J -rusaem. Les ruines du sommet n'ofrent rien de semblable à une foreresse du moyen Age. De cette nontagne, on embrasse un panoama fort étendu : tout autour s'éend le désert de Juda, si connu iar les légendes de David; au I. - E. , on aperçoit les rochers l'Engaddi, et, à travers quelques roupures, les profondeurs de la ner Morte. Les montagnes bleues le Moab forment le fond du tadeau. A la distance de 3 à 4 kil., u S.-S.-O., on voit au sommet l'une montti^ne les ruines de

Ték;oua, l'antique Tékoa, monlonnée dans l'histoire de David et l'Absalon (II Sam., xiv, 1-20); lobaam y «'de va une forteresse

ENVIRONS DK 11ETIILKIIEM.

et le prophète

(II Chron., xi, 6} Amos l'a habitée [Amos, î, 1 ; vu, J4, 15\ Au vie siècle, saint Saba y éleva un couvent, et. du temps des croisades, Tekoa était occupée par une population chrétienne qui vint en aide aux croisés ; elle fut donnée en fief aux chanoines du Saint-Sépulcre. En U.'iH, elle fut saccagée par les musulmans et abandonnée depuis ce temps. On voit encore au sommet des ruines assez considérables, des pans de murs à bossage, les restes d'une tour et d'une église grecque, avec des colonnes brisées et un baptistère de travertin rose, des citernes et une source vive, on v découvre une vue analogue à celle de la montagne des Francs.

A 2 h. a PO. de Tékoua, des ruines nommé* Bereikoiit marquent probablement la vallée de Berachah . liénédiction » ou les bandes des ammonites et moabites , etc., furent détruites au temps du roi Josaphat 11 Chroniq. \x. J0 ;il)).

On revient de Tékoua à Bethlchem en 2 h. par le chemin direct que nous avons mentionné en remontant le wadi-Ortas. Ceux qui n'auraient pas poussé plus loin que la montagne des Francs reviendront à liethléhem en 2 h.

par Beït-Ta'tnar et le wadi er- Kahib. De Bethléhom à Jérusalem on peut galoper tout le temps.

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