‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 374 sur 511 · DE JÉRUSALEM A LA MER MORTE · texte numérisé non relu

DE JÉRUSALEM A LA MER MORTE

PAR BKTHI.ÉIlKlf ET MAR-SABA, RETOCR PAR JERICHO ET nÉTHANIK.

Le voyageur fera bien d'adopter l'itinéraire indique ici, de préférence a la route plus généralement suivie de Bethanie et Jéricho a la mer Morte. Il y trouvera l'avantage de jouir presque toujours d'un superbe panorama, auquel il tournerait le dos s'il suivait la route ordinaire. De plus, s'il veut prendre le bain obligé dans la mer Morte, il pourra ensuite se rafraîchir par une ablution dons les eaux pures du Jourdain. Cette excursion peut se faire

facilement en deux jours et demi. Pour recevoir l'hospitalité uu couvent de Saint- Saba, on devra se munir, par l'intermédiaire du consulat français, d'une lettre d'introduction émanant de revenue grec.

Les dames n'ont pus accès dans ce couvent. Si l'on a une tente de voyage, on fera bien de l'envoyer d'avance avec des provisions à Jéricho, pour éviter de passer la nuit dans les chambres trop habitées de la forteresse ou du village. Quel que soit le nombre des voyageurs, une escorte est considérée comme une trarantie morale indispensable; outrefois elle était fournie par les cheikhs des tribus voisines, et le prix en était fixe depuis longtemps a 100 piastres par voyapeur : mais depuis que, pour couper court aux prétentions des tribus rivales, le pacha s'est adjuge le monopole du prix de passage, il est impossible de l'indiquer d'une manière positive. C'est donc au consulat et }»ar l'entremise du chancelier-drogman que les stipulations pécuniaires devront être fixées. Emporter quelques provisions, poulets froids, etc.

— De Jérusalem à Bethléhem, 2 h. (T. R. 114, IH ). — En sortant tle liethléhem, à l'E., on suit par une pente douce des plateaux arides et sans intérêt; a dr. est le petit v. de Hui-Sahour, et. à quelques kil., au S. , le pic isolé nommé mont des Francs. Après 1 h. 15min.

île marche on aperçoit, pour la première fois, la mer Morte, que Jes inégalités du terrain déroberont ou montreront aux regards pendant tout le reste du trajet. On atteint bientôt le bord du ravin du Cédron et on a une première vue <30 min.) du couvent dont les deux tours massives, reliées entre elles par une haute muraille, semblent suspendues sur le bord de l'abîme. Uu descend un contre-fort assez escarpé qui aboutit au chemin de Jérusalem et on arrive (-20 min.) devant la petite porte en 1er pratiquée dans le mur occidental du couvent. On frappe à cette porte jusqu'à ce qu'un panier suspendu à une corde descende d'une des tours. On y dépose la lettre d'iu-

ALESTINK. [Roc te 14."».;

troduction, et. au bout de quelques minutes, la porte s'ouvre.

Couvent de Mar-Saba (~2 h.

35 min. de Bethléuem}. Après avoir traverse une première cour oi.

sont des écuries pour les. chevaux un escalier abrupt à deux étage* conduit sur une plate-forme, a; centre de laquelle est une petit, chapelle circulaire : c'est le ton beau de saint Saba. De l'autre cé:t<:

est l'église. Une longue terrassa ombragée par quelques arbres domine le ravin. On descend encore Quelques marches pour entrer dans une petite chambra très-propre, meublée d'un tapis k d'un double divan; c'est la sal.

de réception et le dortoir d»

étrangers. L'hospitalité des solitaires de saint Saba est modes:mais cordiale. Aux tournées ordinaires de raJii succède un repas toujours maigre, parce que U règle de l'ordre défend d'é'evrr des animaux dans l'intérieur du couvent. On visitera ensuite IVglise construite en forme de * ro\\ grecque et surmontée d'un dôme que soutiennent d'énorme* artsboutants, disposiyon qui rappel]»* celle de Sainte-Sophie. L'intérieur, encombré de peinture grecques et d'ornements modernes, de lampes d'argent et d'œuts d'autruche, n'offre rien d'intéressant. L'n véritable labvnnlbe d'escaliers tournants, de corridor*, etc., met en communication avec?

l'église les cellules habitées p.«r les moines et creusées dans le roc.

On y mon ire la grotte de saint Jean de Damas, celle de saia:

Cyrille, et l'antre ou saint Saba.

le fondateur de l'ordre, apr- < avoir congédié le lion qui l'habitait , passa soixante ans dans U méditation et les austérités. Pr * de là, est un palmier planté par > saint. Ce pieux personnage, né er> Cappadoce vers l'an 439. fonda c* monastère en -183, et fit adopteles règles rigoureuses de son ordre à plusieurs milliers de fidèles.

Nommé archimandrite ou al« bides anachorètes .le la Palestine, 1

KoriK 140. j MAR-SARA.—

se signala par son zèle à détruire l'hérésie (les monopbyaites et mourut en 532. On lui attribue plusieurs miracles et entre autres l'existence de la source qui jaillit du creux d'un rocher, au-dessous des murs extérieurs du couvent.

Le monastère fut pillé au vi* siècle par les troupes de Khosrocs, et un ossuaire, que l'on montre près de l'église h côté du tombeau de saint Saha, renferme les reliques des moines qui périrent lors de cette invasion. Le couvent de Mar-Saba passe aujourd'hui pour un des plus riches de la Palestine.

La réputation de sainteté qu'il s'est acquise lui attire d'abondantes aumônes, et la libéralité, uvec laquelle les moines distribuent des secours aux Arabes du voisinage, les protège, non moins que leurs murailles crénelées, «ontre les attaques de ces dangereux voisins. Leur bibliothèque renferme, dit-on, une riche, collection de manuscrits liturgiques et des Pères de l'Eglise grecque.

Le nombre des moines ne dépasse pas 30; ils sont presque tous d'origine grecque et obéissent à l'évéque de Pétra.

La gorge profonde, sur le bord occidental de laquelle est suspendu le couvent, est formée «l'une roche calcaire blanchâtre, serrée et légèrcrnentferrugineuse, coupée d'assises régulières de silex noirâtre. On y voit plusieurs cavernes. A part l'humble potager des moines et les herbes sauvages oui naissent auprès de la source du saint, on n'y trouve aucune trace de végétation. Les scorpions pullulent dans les environs.

Un chemin direct conduit do Mar- Saba à (2 h. 30} Jérusalem, par la vallée du Cédron.

En quittant Mar-Saba, on remonte pendant quelque temps le chemin de Jérusalem, en suivant le bord du ravin desséché nommé u udi en-Xdr <-. ravin du Feu », qui n'est que le prolongement du r'édron. Après l'avoir franchi

MKK MORTE. 833

(-20 min.\ on gravit au N.-E. un rocher escarpé au sommet duquel (10 min.) on revoit, a travers les déchirures du sol, la mer Morte et le désert d'Engaddi On franchit une suite de plateaux décharnés formés d'un calcaire marneux tendre, variant du calcaire lithographique à la marne blanche, et entrecoupé de fortes assises de silex noirâtre. On passe (l h.) auprès d'un réservoir creusé dans le roc et rempli à moitié d'eau potable. A 1 h. '30 min. du là, on aperçoit, au N\, sur une hauteur voisine, à gauche, un tombeau musulman surmonté d'un minaret. C'est le irc7i d'un dévot, connu sous le nom de Mouça , et que la pieuse ignorance des gens du pays confond avec le prophète Moïse, Ncbi- Monra. M. de Sauicv a placé dans les environs la montagne de Pisgah , où Balaam fut conduit ponr maudire les Hébreux (Nombres xxm, Il ; mais celte localité était d ins la Palestine transjordanienne (V. p. 003). Le terrain devient plus marneux et plus sablonneux ; on aperçoit distinctement au X. de lu mer Morte le tcadi - Hesban , l'ancien emplacement d'Hesban , capitale des rois amorrhéens [V.

p. 003), et dans le lointain, au S.-E. des montagnes de Moab, la gorge profonde de Zarka.

On desrend vers la plaine (30 min.) par un défilé étroit nommé Sakh -el-Koneitirah c la percée du Petit-Pont s>. A droite et à gauche, des monticules ravinés, en pyramides tronquées, dont le sommet est protégé par Quelques pierres plates , rappellent par leur formation les cheminées des fées, qu'on voit au mont Prarion (Savoie) et dans quelques points du Valais. On atteint (-20 m.) et l'on passe un petit ruisseau, le Ain-Djohair ( source des pierreries:, qui est bordé de buissons épineux et de roseaux. Après 45 min. de marche à travers cette plaine, on met pied à terre sur la petite péninsule que forme l'angle S*. O. de la mer Morte.

SYK1K. — PALESTINE.

[Route 145.|

Mdr Morte (4 h. 30 min. de Mar- Sabu). — Aspect général. — La mer Morte peut être considérée comme le bas-fond de la grande vallée qui s'étend du mont Hermon au golfe d'Akabah, sur un parcours de 8ô kil. Cette vallée, qui s'élargit un peu du cri té de Jéricho, est ailleurs toujours uniforme, et les montagnes qui l'encaissent courent du N. au S. sur deux lignes parallèles. D'après M. Lynch, la plus grande profondeur Je la mer Morte est d'environ 400 met., qui.

ajouti s au 400 mot., mesure de la dépression du bassin, donnent une dépression totale de près île 800 mèt. au-dessous du niveau de la Méditerranée. A l'K., d'énormes roches volcaniques, à l'O., des blocs de marne grise la surplombent à pic. Vers le .S.-K., en face du ivadi-Kcrek , un promontoire peu élevé s'avance dans la mer et t'ait un retour de 800 met. vers le S.; les Arabes le nomment el-Lissan v la Langue >. La plus grande longueur de la mer Morte est de 01 kil. 300 mot. ; sa largeur varie entre 12 kil. 872 et 8 kil. 050. La

Sartie la plus profonde, résultant es sondages de l'expédition américaine, est au N. du promontoire; elle varie enire 10 et 218 brasses; au S., au contraire, elle no d t'passe jamais $ ou 3 brasses.

R e ie v e g co l o g i q u <> . — N o u s e m p r u n tons les observations suivantes au rapport publié par le docteur Anderson, membre de l'expédition américaine, qui explora la mer Morte en 1848. Le bord occidental du lac est formé par une suite de falaises dont le calcaire grossier est analogue à celui des autres montagnes de la Judée, mais plus varié dans ses teintes. A l'angle N.-O. s'étendent des marais salins • ouverts d'une couche blanchâtre de nitre et de fragments de soufre pur. Outre ces marais, on trouve au S. de Aïn-Djidi (Engaddi) des gisements île bitume, de soufre et île pon«*e lapillaire. A l'angle S.-O.

s'tli'vent les blocs de sel de Ous- <ioum, qui contribuent puissam-

ment à la salure des eaux du lac.

Derrière les marais du Ghor, des monticules de sable se prolongent jusqu'aux rochers des montagne* de Moab. La péninsule nommée eJ Lîssan est formée d'un dépôt tic carbonate de chaux et de sablt mêlé de soufre et de gypse. A l'embouchure du u:adi-y.arka sort les sources thermales de Calirrhoë.

dont il est fait mention dans Ja tti ble sous le nom de Lâhsa, et datiï lesquelles H< rode le (îrand vin:

inutilement chercher sa guéri ^oi (Josèphe, Guerre des Juif a, i. 21 .

elles tombent dans le lac à travers des falaises de sable rougeâtre Dans le voisinage , on rencontre de nombreux dépôts de lave, lie pierre ponce très-porouse et d'autres produits volcaniques. Ce*:

principalement sur le bord oriental du lac que les dépôts de soufre, de pumite et de bitume révèlent l'existence des agents volcaniques intérieurs. La Gènes* mémo parle des puits de bitume de la Pentapole. et, de toute antiquité, cette substance a été recueillie par les Arabes qui er.

font le commerce. Llle abonde surtout à la suite des tremblement* de terre; après celui de 1S3", ut.

énorme bloc de bitume surnage»

à la surface du lac. La salure ei l'extrême causticité de ses eaux tiennent k la nature de ce littoral volcanique entrecoupé de marau, de dépôts salins, etc.

L'analyse chimique, qui en a é iffaite, adonné les" résultats su iv;ua>

Pesanteur spécifique à C0°— 1 tJ Chlorure de magnésium

— de calcium 31 .eT4'"

— de sodium 7B.*-*>oT

— de potassium 0,'^

Bromure de potassium 1,3*4!

Sulfate de chaux 0,701*

Eau,

lOtKMW

Total des matières solides trouvées par l'expérience, 2C7,0OO0.

:Koirr* 145.;

En d'autres terme», les parties salines qui, dans les autres mers, sont dans la proporlion de 4 pour 1U0, sont do *2fi 1 4 pour 100 dans lt*s eaux de la mer Morte, et sa pesanteur spécifique dépasse d'un cinquième celle de l'Océan. Aussi ♦ st-il impossible de se noyer dans la mer Morte. Ou sait que Titus y lit autrefois jeter des esclaves enchantés, qui flottèrent à la surface. Le voyageur qui voudra tenter l'expérience d'un bain, pourra se convaincre par luimême de l'extrême résistance qu'oppose cette eau aux etrorts cju'on ferait pour y plonger. Il joit être prévenu seulement de la vive cuisson que cette eau fait éprouver en pénétrant dans les narines et surtout dans les yeux.

Il est très-ditlicile d'avancer en nageant sur le ventre, parce que les pieds sortent de l'eau en arrière et que le coup de pied ne frappe que l'air. Il faut faire la planche pour aller un peu vite. En sortant de cette eau, la peau se couvre d'eilloreseencos salines; elle reste gluante, et il est impossible de se sécher avant de R'être lavé dans l'enu douce. De quelle puissance thérapeutique une pareille eau, mann e avec prudence, ne serait-elle pas douée, s'il était possible de fonder un établissement thermal sur les bords de la mer .Mort»'! La composition chimique de cette eau explique aussi l'absence complète de poissons et d'êtres aniiiM s dans l'intérieur du lac. Des poissons pêches dans le Jourdain et jetés dans le lac sont morts au bout d'une minute, et l'autopsie a constaté que la mort avait été le résultat de l'asphyxie mi «l'un empoisonnement produit par l'absorption directe, puisque les organes digestifs ne présentaient aucune lésion. Cependant Ilasselquist et Maundrell ont découvert des coquillages nur le bord. Mais il était absurde de prélendre que l'air empesté de. ce lac lonnait la mort aux oiseaux qui le traversaient. Il n'est pas rare de

M EU MOKTE.

Yoir des bandes do canards sauvages ou d'hirondelles en raser la surface. L'équipage américain a pu d'ailleurs y séjourner pendant près ^Tun mois sans que la santé générale fut compromise.

Historique.— Avant la catastrophe qui bouleversa Sodome et Go?

morrhe , la plaine du Jourdain, dans laquelle il faut comprendre la Pentapole moabitique, est décrite par la Genèse comme une vallée fertile, comme un jardin divin < et semblable à l'Egypte pour celui qui arrive a Ségor iZoar) » (tienèac, siv, 3). Les rois de Sodome, do Oomorrhe, d'Adama, de Séboïm et de Sé^or étaient tributaires de Kedorlaomer, roi d'Llam (Suziane). Après avoir subi le joug pendant treize ans, ils se révoltèrent. Le roi d'Élam les attaqua et les mit en déroute dans la plaine de Siddim, où plus tard , par suite d'une éruption volcanique, se forma le lac Asphaltite. Un grand nombre de fugitifs périrent en tombant dans les nombreux puits de bitume que recelait cette plaine Ce fut alors qu'Abraham, à la tête de 318 esclaves, se mit à la poursuite des vainqueurs, les battit et ramena tous les captifs, parmi lesquels était son neveu Loth. Peu oe temps après, les iniquités de ces cinq villas florissantes attirèrent sur elles la vengeance divine.

« Alors le .Soigneur lit pleuvoir nut Sodome et sur (iomorrhe le soufre et le feu que le Seigneur jetait du ciel. Et il renversa de fond en comble ces villes, tout le pays d'alentour, tous les habitants des villes et toute la végétation de la terre > (Crenèse, xiv, -24, 2f>). Prise à la lettre, la tradition sacrée n'attribue pas la destruction des villes coupables, àl'irruption d'un volcan souterrain, suivie dune inondation, mais au feu du ciel.

Cependant cette interprétation peut se concilier avec les données delà science. Les puits de bitume

3ue la Bible place dans la vallée o Siddim. démontrent l'existence

SYKIK.— PALESTINE.

(Rouir ur>.

latente d'éléments volcaniques en fusion. Aujourd'hui encore elle est attestée par les plaques de bitume <iuc le lac rejette sur ses bords. Une terrible explosion volcanique, déterminée, si l'on veut s'en tenir au texte, par la foudre, aura provoqué l'embrasement général de la plaine. Les secousses qui accompagnent ordinairement ce phénomène peuvent avoir donné naissnnce au profond entonnoir que les eaux du Jourdain ont progressivement rempli. Il reste à déterminer le cours du Jourdain avant la catastrophe. On a longtemps pensé qu'il avait une communication souterraine soit avec la Méditerranée, soit avec la mer Rouge par le golfe d'Akaba.

« Mais il faudrait supposer, vu la profondeur considérable du bassin actuel de la mer Morte et la supériorité incontestable du niveau de la Méditerranée, que la dépression eût été de plus de 1,000 pieds, ce qui est énorme. D'ailleurs rien n'appuie cette conjecture, et on peut, à meilleur titre, supposer que le Jourdain et les autres fleuves s'infiltraient dans les pores du terrain, le fertilisaient, et que le Burplus s'évaporait, comme il est certain qu'il arrive aujourd'hui, où il n'existe, vu la profondeur de cette mer, aucune communication connue entre elle et les bassins du golfe d'Akaba et de la Méditerranée » (F. -A.

Isambert, Bull, de la Soc. de Ge'ogr. , t. XIII, p. 138). Lynch, le chef de la mission américaine n'exnloration, est arrivé à peu près au même résultat. « Entre le Yabok et la mer Morte, nous avons trouvé tout h coup une interruption dans le lit du Jourdain. Si dans sa course vers le S. de cotte mer il présente la même interruption accompagnée de caractères volcaniques, il est difficile de douter que le (rhor entier ne bo soit effondré par suite d'une convulsion extraordinaire, précédé* très-probablement d'une éruption «le feu "t d'une «onllapration générale

du bitume qui abondait dans U plaine.... Incrédules ou sceptiques a notre arrivée, après vingt-deux jours d'un examen rigoureux, nous avons été unanimes à proclamerla vérité du récit biblique sur h destruction des villes de cetp plaine» Narrative, etc., London, 1850, p. 379-380 ).

Apres avoir longé pendant que!

que temps les bords du iac, on franchit le Nahr-Rihha < rivière Jéricho » et on se dirige vers It N.-E., à travers une plaine nue, > long de monticules analogues * ceux que nous avons déj.i décrit* (V. p. 833). On laisse à droite l'embouchure du Jourdain qui a M mèt. de largeur et 1 m. de profondeur ; à gauche dans le lointain on aperçoit l'ancien couvent *P pelé Kassr-Hadjla. et la colline tte (ïalgal. Puis on arrive 1 h. 30 m sur les bords du Jourdain, au §v de* pèlerins. Le fleuve est large er cet endroit de 21 à 30 mèt. Dac^ les basses eaux on a pied ilws toute la largeur, mais la rapidité du courant ne permet pas ne s-1 tenir debout. L'eau, quoique «s peu trouble, est fra^he et agréable au goût. Après une immersion dans l'eau salée de la mer Morte, un bain dans le Jourdain parait" plus délicieux. La rive sur laquelle s'arrêtent les caravanes e?t couverte d'une végétation vivac?

et ombragée de saules et de timarisques. Les jungles et les ro peaux qui bordent la rivière fe** vent quelquefois de repaire atii Arabes maraudeurs et il est prudent de ne pas trop s'écarter J::

campement.

On a cherché par d'ingénieuse hypothèse-* à déterminer le h*"* ou les Israélites passèrent \t fleuve, ainsi que l'endroit où Jfsus-Christ reçut le baptême de« mains de saint Jean-Baptiste, niais l'aspect tles deux rives a trop souvent changé depuis 18 sièclepour qu'il soit possible de rien précisera cet égard. Il r.M certain cependant que ces deux localité étaient dans le voisinage. h-

Koi ik i r». .1 KR

raélites venaient des montagnes de Moab,prèsdu Pisgah et campèrent à Habanm (Nombres xxxm, 18. 49} au pied âos mnntfi^nes, probablement à l'embouchure du wadi- Hesban ;'p. Wl.T, de là, ils s'avancèrent vers le Jourdain, en face de Jéricho -Josué, ui, 1, lt>). I/ernpla- ^ement du baptême de Jésus- Christ était sur la limite du disert de Juda, en arrivant de la Galilée saint-Matth. ni, 1. LT.

La valb't; solitaire du Jourdain présente une fois par an le coup «l'a il ie plus animé. C'est le lundi de la semaine sainte, que des milliers de pèlerins, attirés h Jérusalem par les cérémonies de Pâques, viennent, a l'exemple des chrétiens de la primitive église , se purifier de leurs souillures dans les eaux salutaires du fleuve, l'ne troune de soldats turcs commandés par le pacha lui-même ou par le biu-hachi .colonel) maintient l'ordre dans celle foule tumultueuse et la protège contre l'attaque des Bédouins. Le cortège s'avance avec recueillement, et les torches qui éclairent la route tiennent à ce tableau une teinte fantastique. Aux premières lueurs du jour et sur un signal donné par le chef de l'escorte, les pèlerins se précipitent dans l'eau, au gué même où nous campons. Le plus grand nombre ne quitte pas le bord, (jui n'a pas en cet endroit plus de 3 ou 1 pieds de profondeur. Mais les Coptes, les Abyssins, plus hardis nageurs, plongent en tous sens et se jouent dans le courant rapide, animés par le sauvage concert du doum et des trompettes. An bout de deux heures, le signal du départ est donné; la foule pieuse, ranimée par ce srmnd brtptvme , traverse lentement la plaine qui la sépare des montagnes de la Judée, et le désert rentre dans sa muette immobilité.

Reprenons notre marche à travers la longue et aride plaine qui nous sépare de Jéricho. Le monticule que nous voyons a gauche,

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