‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 391 sur 511 · XV. La ville · texte numérisé non relu

XV. La ville

Le bassin occupé par la ville est de médiocre étendue, de chaque côté de l Aïn-Mouça, qui traverse de l'E. à l'O. toute la longueur de la vallée, ée trouve une bande étroite de terrain plan. Plus loin,

de marches, par lesquelles descend sur le quai qui r<;pi*'.t le long de la rivière, et 1 on arri'v aux ruines d'un large pont jet'" sur le Aïn-Mouça, au point ou il reçoit les eaux d'un petit ruisscyi venant de la vallée du N. En suivant vers l'O. la rive gauch1-' de la rivière, on rencontre bientôt

t Kotte 151. j PÉTRA.

une douzaine de piédestaux et plusieurs fûts de colonnes qui marquent remplacement d'un temple. Des monceaux de pierres taillées dans toutes les directions, surtout du côté S. , indiquent l'existence de nombreux édifices.

Des fouilles amèneraient certainement des découvertes intéressantes.

En continuant h suivre vers l'O. le cours de la rivière, on observe bientôt des débris considérables de voûtes. Il est facile de constater en cet endroit que la rivière était pavée, encaissée par des murs de grosse maçonnerie, et de plus, voûtée sur la plus grande partie de son parcours dans l'enceinte de la ville.

Continuant à suivre le quni , dont on voit de temps en temps les larges dalles, on atteint en quelques minutes :

L'Arc de Triomphe. Ce monument, complètement ruiné, n'offre rien de remarquable comme architecture et date de la décadence.

Il était percé de trois portes. Il se reliait par une colonnade, dont on voit encore les traces, au :

Kassr-Fir'oun (château de Pharaon). Ce monument, comme le précédent, est malheureusement plus remarquable par sa grandeur que par la beauté de son stvle.

("est un vaste édifice carré, dont les murs très-élevés et encore bien conservés ont 2 met. 50 d'épaisseur. Du côté de la rivière, il était orné d'un portique dont il reste encore quatre colonnes.

Du côté E., on remarque une grande entrée flanquée de pilastres avec des chapiteaux à arabesques. La corniche est assez belle, la frine est ornée de triglyphes et de rosaces. Tous ces ornements d'un dessin assez délicat sont en stuc. L'intérieur n'offre que quatre murailles nues ; des traces de poutres montrent que ce palais était partagé en plusieurs étages.

En suivant toujours la rivière, on atteint en quelques minutes

la base d'un immense rocher attenant à la falaise abrupte qui forme l'enceinte du côté O. et derrière lequel le Aïn-Mouça disparaît. Ce rocher est isolé, et entouré au N.

et à l'O. par la rivière ; au S. une profonde fissure le sépare de la falaise. Il est percé de nombreuses grottes sépulcrales et parait difficilement accessible. Laborde a supposé que c'était le rocher de 1 Acropole ; c'est peut-être le site «lu château d'Àsvit mentionné par Nowaïri dans la vie du sultan Bibars. Il parait que l'on a distingué, quelques ruines sur le sommet; ce serait un point à éclaircir.

Au pied de ce rocher, on remar»

quera un tombeau inachevé ; les chapiteaux seuls sont encore dégagés ; on voit que les façades se commençaient par le haut.

Il serait intéressant de savoir au juste qu elle est l'issue de l'Ain* Mouça. Descend-il jusqu'à l'Arabah, ou se perd-il dans un trou immense comme le prétendent lea Arabes? Le plus souvent les eaux du Aïn-Mouça ne forment plus que quelques filets au-dessous du château de Pharaon. Derrière l'acropole, il est difficile de savoir au juste la direction du torrent, car dans toutes les directions s'ouvrent de nombreuses gorges obstruées par de véritables forêts de lauriersroses, qui atteignent 4 à fi mèt. de hauteur. Ces gorges encore peu ou pas explorées renferment aussi un grand nombre de tombeaux.

Il faut maintenant monter au S. vers la colonne solitaire, la seule qui soit debout à Pétra. qui porte le nom de Zubb- Fir'oun.

(Hasta virilis Pharaonis). Elle mar-

3ue l'emplacement d'un temple ont les débris jonchent le sol.

En se dirigeant au S.-E. à partir du Zubb-Fir'oun, on pénètre, au bout de quelques minutes, dans une des nombreuses gorges de la falaise peu élevée qui borne l'enceinte de Pétra du côté S. On remarque à gauche un tombeau orné de quatre pilastres surmontés d'un fronton, avec des fenêtres et trois

niches pour des statues dans l'ontre-colonnement. En face de ce monument, on remarque plusieurs excavations sans décoration extérieure. L'une d'elles contient une salle fort remarquable , ornée de 14 pilastres doriques cannelés.

En continuant l'ascension de la gorge, on rencontre bientôt , une tombe Dorique, et l'on arrive au sommet de la hauteur d'où l'on jouit d'un magnifique panoroma de Pétra. Au S., s'étend jusqu'à la hase du mont Hor un grand plateau appelé Soutouh-Haroun , les terrasses d'Aaron. On remarque en ce lieu , outre de nombreuses grottes sépulcrales , d'immenses réservoirs taillés dans le roc et destinés à recueillir l'eau de pluie.

Du ctHé de l'K. , on aperçoit les débris d une forteresse, et, un peu plus bas, un tombeau en forme de pyramide. De ce monument on eut redescendre 'au théâtre par escalier déjà décrit {V. p. 86(3), ou regagner le forum en quelques instants par une descente rapide.

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