V. Ed-Deïr.— L« mont Hor
Pour terminer notre exploration, de Pétra, il nous reste a conduire le voyageur à deux localités plus éloignées , à Ed-Deïr et sur le mont Hor.
1° A Ed-Delr.Cette construction, une des plus remarquables de Pétra, se trouvant hors de vue de la ville, n'a pas été connue des premiers voyageurs. Une passe étroite, qui s'ouvre à l'angle N.-O.
de l'enceinte, y conduit en 45 min.
par des sentiers qui n'ont été rendus accessibles qu'au moven d'une longue suite de marches taillées dans le rocher. Chemin faisant, on remarquera un grand nombre de cavernes qui ont évidemment servi d'habitations à en juger par les fenêtres dont leurs parois ont été percées. Ed-Deïr {le Couvent} est un édifice.monolithe taillé dans le flanc de la montagne, qui a de l'analogie avec le Khaznèh-Fir'oûn, si ce n'est que les proportions en sont beaucoup plus grandes et l'effet encore plus imposant. Ce remarquable édifice a pu être ori-
ginairement un temple païen; mais il a, sans aucun doute, été approprié plus tard au culte chrétien.
Nombre d'inscriptions semblables à celles (jue l'on connaît sous le nom de sinaïttques [V. p. 884.) se rencontrent aux environs.
En face du Deïr, se dresse une haute falaise creusée à sa partie inférieure de plusieurs chambres et sur laquelle on s'élève, par des degrés taillés dans le roc , sur une plate-forme, où l'on trouve plusieurs soubassements de colonnes, et une chambre avec une niche richement sculptée, qui parait avoir été le sanctuaire d un ancien temple. On voit aussi quelques fragments de mosaïque. Le sommet de la falaise, au-dessus de cette plate-forme, présente encore quelques débris de constructions l)e ce point, on voit se dresser, à quelque distance au S.-O., le mont Hor, et la vue s'étend au loin sur une chaîne de pics grisâtres dans la direction du wadi el-Arabah, et de la Palestine.
2' Le mont Hor. qu'une tradition ininterrompue, d'accord avec la Bible (Nombres, xx, -22-29} a signalé de toute antiquité comme le lieu où fut enseveli Aaron, le frére de Moïse , est nommé par les Arabes djébel-Nébi-Haroun (montagne du prophète Aaron}. Le lieu n'est pas moins sacré aujourd'hui pour les musulmans qu'il ne le fut pour les anciens Hébreux , et après eux, pour les premiers chrétiens. On s'y rend en 2 h. de Pétra par un chemin qui part de la ville près du Zubb- Fir'oun et se dirige au S.-O. On gagne (30 m.) le pied de la montagne. Les pentes de celle-ci présentent un grand nombre do terrasses, qui ont dû porter autrefois des jardins. Les flancs rouges de la montagne sont profondément ravinés par les pluies. Le sanctuaire qui en occupe le sommet (1 h. 30} n'a de remarquable que les souvenirs qui s'y rattachent et les impressions que ces souvenirs éveillent. Le bâtiment qui abrite* le cénotaphe est de construction
certainement musulmane ; mais on peut encore vérifier que les matériaux appartiennent, nu moins en partie, à une construction antérieure. On y remarque aussi de vastes souterrains soutenus par dos constructions voûtées. La vue que l'on embrasse du haut du Djébel-Hor est d'une étendue et d'une magnificence incomparables. Le regard plane sur presque tout le développement des montagnes de Seir et sur les campagnes -eonti- £Ut*s; sur la large vallée du wadi- Arabah, qui se perd aux deux extrémités de l'horizon, dans la double direction de la mer Rouge et de la mer Morte, et, au delà de cette grande vallée, sur le désert sans bornes qui se déploie vers le couchant.
Remarqua générales sur Pétra et sa monuments.— L" aspect général de» ruines, partout où elles sont accompagnées d'un travail d'ornementation, démontre suffisamment qu'elles aont toutes de l'époque romaine. Les tombeaux, par suite du grain peu compacte de la roche, ne conservent aucune inscription lisible qui.
puisse en fixer la date; mais tout annonce, dans le »tjle do leur construction et de leurs ornements, qu'aucun d'eux n'est antérieur au temps d'Adrien, et, selon toute apparence, lu plupart sont plus modernes. < Le siècle des Antonins, a dit à ce sujet M. Letronne, dont le sentiment sur ces sortes de questions était en général si fin et si sûr, semble être celui qui a tu s'élever la plupart de ces tombeaux , comme presque tous ceux de la décapole de Syrie, et l'on ne le tromperait peutêtre pas beaucoup en renfermant l'époque de leur construction dans le même intervalle de temps qui a vu s'élever les temples de Ba'lbck et de Palmyre > {Journ. des Savants, lH.JG,p. 5.15). Ajoutons, quant à la destination même des excavations, que, bien que la très-grande majorité aient eu certainement une destination sépulcrale, toutes cependant n'ont pas rc caractère. On en a signalé un certain •nombre qui, par leur disposition extérieure et intérieure, ont dù servir d'ha-
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bitation. Et ici nous voulons parler d« celles qui présentent un aspect relativement moderne; car il est certain que pin* anciennement, dans les temps que î'ea peut qualifier de primitifs, et même <» descendant jusqu'à l'âge des prophète*, toute cette région des montagnes d'Kdoa était habitée par des populations troglodytes.
D'HÉBRON A PÊTRA,
PAR LK WAM KL-AOABAH.
JHIébron au djébel-Ousdoun ;l(J h., R. 151); depuis l'angle S.-"de la mer Morte (au pied du djêbf.
Ousdoum), on longe, entre le S. et le S.-G.,le pied des montape*d« sel, toutes tailladées par les torrents qui les traversent en hiver et qui viennent inonder la plaine du Ghôr. Cette plaine basse, périodiquement noyée, et, par suite, en partie marécageuse, qui bor.it l'extrémité S. de la mer Mort:, porte le même nom nue lalonp-' vallée où serpente le Jourdain, entre la mer Morte et le lac deTibériade. Après avoir dépasse S> min.} l'extrémité méridionale du djébel-Ousdoum, on arrive (3 h. *> au wadi el-Fikrèh, qui descend da plateau de l'O. (V. P. Nïï!. et J««* le lit apporte au Gnèr, durani ;î saison des pluies, une masse d eiu considérable. De l'autre côte du wadi, commence une chaîne collines calcaires, de couleur blanchâtre, hautes de 20 à i5 mètres en m^venne, mais par endroit}"* 40 à M) mètres, et qui, jrenM»
bientôt leur direction à l'E.. liment la ceinture méridionale dû Ghôr. L'existence de ces colline et la direction de ces wadis. (p* tous convergent vers la mer Morte, montrent la fausseté; de 1 hypothèse suivant laquelle le Jourdain se serait autrefois rendu à U mer Rouge. On lonce le pied de coite ceinture de collines entre Jc!> * le S.-E., jusqu'à C2 h. 10 m.) une large et profonde ouverture qui
Roi'tk l.r»3.
WADI KL-AKABAH.
débouche dans le Ghôr sous lo i n'éveille <juo des idées d'aridité;
tandis qu à l'K., les montagnes
nom de iradi el-Djeib. Ce wadi est le réceptacle de toutes les eaux qui, au temps des pluies, y affluent des hautes terres de l'O.*; le wadi Djeraièh V . p. 857 ) en est un embranchement supérieur. Le Djeïb présente, même desséché, l'apparence d'un grand fleuve ; là
granitiques d'Kdom reflètent, soua les rayons qui les colorent, toutes les nuances du rose et du pourpre.
On ne saurait s'empêcher de rapprocher dans sa pensée cet aspect de la chaîne édomitc du nom même d'Kdom, qui en hébreu signifie
ou il arrive au Ghôr. ses berges, j rouge. On arrive enfin (4 h. 15 m.)
eoupées à pic, n'ont pas moins do près d'une source d'eau potable
50 mètres d'élévation. On remonte nommée Ain eUHafirèh , non loin
le lit de ce fleuve à sec, où l'on | de là, au S., est une autre source
dépasse i;l h. 10 m.) le débouché plus considérable, Y Ain cl-\Vaibfht
du wadi-Hasb et quelques autres qui est une des stations les plu%
ravins qui tous affluent du côté connues de ce désert.
de lO
Dès qu'on a dépassé, en avançantau eten remontant le Djeïb, la ceinture de hauteurs qui ferme
A partir de Ain el-Hafirèh, on coupe obliquement la large plaine de 1 Arabah en se portant droit au S.-E. sur le djébel-Hor. Une marie Ghôr, on est entré d'ans cette , che de 6 h. conduit au pied des large dépression qui sépare le pla- montagnes d'Kdom, à l'entrée du teau d'Kdom des hautes plaines j wadi A-Abyad , un des nombreux d'et-Tih, et qu'on nomme le wadi , ravins qui débouchent sur le wadi el-Arabah. (V. y. 85(>.) el-Arabah. On remonte pendant
A mesure qu on remonte le lit 1 h. 15 m. le wadi el-Abvad, où du Djeïb, *esberges, surtout celles l'on trouve une source abondante de l'E., deviennent de moins en nommée Ain et-Tayibèh; on coupe inoins élevées; avantd' avoir atteint un peu plus haut (35 m.) lo wadi Aïn Halirèh, elles se sont abaissées Houbaï, qui débouche, comme le presque au niveau de l'Arabah1. précédent, sur l'Arabah, et, passant La vue, longtemps confinée par au pied du djébel-Hor du côté'du rencaissement profond du Djeïb, S., on entre ^2 h. 10 m.} dan? l'ens'étend graduellement et em- ceinte du u-ndi-Mouça par son exbrasse un plus large horizon. Les trémité S.-O. \V . H. 151.) montagnes que l'on a à sa gauche La ligne que nous venons de ou à l'K.. se dessinent comme un suivre est la plus habituelle; elle massif élevé, presque vertical, en l nous a été fournie principalement quelque sorte d'un seul bloc, sur- par les itinéraires de M.defiertou. monté çà et là de sommet* arron- M. Robinson, dans son excursion dis, et que domine au loin, dans à Pétra par le wadi el-Arabah, a la direction du S., le pic sourcil- quitté beaucoup plus tôt le Ut du leux du djébel-Hor. Les monta- | Djeïb, et est entré dans la montagnes de la droit»', ou de 10., sont gne par une passe beaucoup plus élevées, d'un aspect plus j septentrionale. Le temps employé
inoins
arid-e, et beaucoup plus déchirées par les nombreux ravins qui s'y sont fravé leur passage. On est frappé <ïe la différence d'aspect que présentent ces deux chaînes. (Telle de 10., de nature calcaire, garde une teinte blanchâtre qui
1 M. SrhuWrt déduit lr«-*-bien U i jturc ot l\i.*pecl de <•«!« I.*ut, < le h.i^in d»M«.;< lie d'une ,»*Me mer intérieure, ni ic »<r4i» Foim<i le |.iru« lit d on fleuve. *
a été à yvu près le même.