PAR LE CHATEAU D'AKABAH
(D« 76 à 78 b., dont Î8 da wadi-Mouça a El- Akabah, el 50 environ d'Akabalt ao S.naî.
On descend de wadi-Mouça à l'Arabah par le wadi-Kouschdibèh, gorge longue, sinueuse et assez difficile, oui contourne au S. le pied du diébcl-Hor. Cette descente* emploie environ 7 heures.
La marche jusqu'au château d'Akabah, en descendant du N. au S.
la large vallée du wadi el-Arabah qui a tous les caractères du désert, n'offre à l'observation que peu de points dignes d'intérêt.
Sorti du wadi Kouschaïbèh , on coupe (35 m.) le wadi-Ma'afrah, et 1 on arrive un peu plus loin (l h. 40 m.) à un point nommé et- Satèh (le toit), que M. de Bertou (Bull, de ta Soc. de Géographie , 1839, t. XI, p. 292, et t. X. p. 28i, comme, avant lui. MM. Erdl et Schubert {Reise in das Morgenland, t. II, p. 396 et suiv., 1839), croient être le point le plus élevé de l'Arabah (2222 pieds au-dessus de la mer Rouge, suivant le premier ,
2046 suivant lo second; , et qu'ils regardent comme la ligne de partage des deux pentes générales de cette grande vallée , la pente du N. ayant son inclinaison vers la mer Morte, la pente du S. se portant vers la mer Rouge ».
Al h. 35 m. du Satèh sont des ruines appelées Kassr el-Kda (le Château do la plaine). De là au wadi Daléghèh, 40 m. , et, à 2 h. 40 m. au S. du wadi Daléghèh, le wadi Gharandèl. De ce dernier wadi aux sources d*.4m el-Ghadhydn^ dont l'eau est fortement imprégnée de soufre, on compte 6 h. 20 m., et d'Ain el-Ghadbyan, il y a encore 7 h. 40 min. de marche jusqu'à
Akabah. Ce lieu n'est qu'un pauvre village abrité sous des plantationsde palmiers, et qui entoure un château quadrangulaire de forme oblongue, flanqué d'une tour à chacun des quatre angles. Ce château, où le viee-roi d'Égypte entretient une petite garnison, n'a d'autre objet que de protéger lo pèlerinage de la Mekke, et de servir de dépôt aux provisions pour les pèlerins. Il est situé sur le bord oriental de la bifurcation de la mer Rouge, qui en prend le nom do golfe d'Àkabah '.filanites sintts), à 40 min. de la pointo extrême du golfe, où deR monceaux de décombres sans nom marquent le site de l'ancienne jElana, 1 Élath des livres hébreux. L'existence d'Elath est très-ancienne, puisqu'elle est mentionnée dans l'Exode; tout près de là (peut-être sur l'emplacement actuel d'Akabah, où la côte forme un petit havre) était, dès la même époque, le port <1 Éziongabèr. qui devint si fameux au temps de Salomon comme point de dé-
*. Ca fait «tt très-contesté, notimra«nt par Robinsen, (I. II. append. nota xxxvu). Semant la docteur Roth (Mitlhe ilungen da Petermann 1858 p. 3 et. p. 15«), ce point de partige «rail à II h. plut au S. aui vources de Ghadhyln, qui ne «ont élevée» selon lui que de 35 met. au-dessus de la mer Rouge. De nouvelles observation* seraient nécessaires pour décider cal te question, qui intéresse a un si haut point la géographie physique d« cette région.
part des flottes qui allaient à Ophir. Aujourd'hui Akabah n'a plus môme un simple bateau.
La route de wadi-Mouça aa château d'el-Akabah par l'E. des montagnes de Chéra (Seïr) n'a été jusqu'à présent suivie par aucun voyageur, si ce n'est par M. Léon do Laborde, en 1828 (Voyage de V Arabie Pctrèt). Cette ligne, qui était autrefois la grande voie de communication commerciale des caravanes nabathéennes entre Pitraet Leuce Coma, et où se reconnaissent encore les traces d'une route très* probablement romaine, serait cependant bien digne d'être explorée de nouveau avec quoique détail. M. de Labordu y a signalé des ruines importantes, notamment celles que les Arabes nomment r*- Sahra, à 2 h. au midi de wadi-Mouça.
Pour la sécurité du voyage d'el- Akabah au Sinaï, il est nécessaire de s'entendre avec un cheikh des Arabes Haouàt. Des Américains, qui , au mois de janvier 1857 , avaient refusé le tribut de G livres aterl. pour six personnes) exigé
f ar ce dernier, furent attaqués sur a route, et ne rachetèrent leur vie que par une contribution de 100 livres sterl.
Nous ne décrirons pas le détail de cette route. Uno succession ininterrompue de montagnes et de vallées sauvages, sans un seul lieu habité dans une étendue de huit journées, n'est guère susceptible d'une description utile, d'autant plus que la ligne suivi© par les guides, sans varier essentiellement, n'est pas toujours absolument la même. Il nous suffira d'en signaler les grands tfaits. Pour plus de détails, nous renverrons le lecteur aux ouvrages de Burckhardt, Riippell. Schubert, de Laborde et Sianley, mais surtout^de Smith et Uobinson.
Pendant deux jours, après avoir quitté El-Akabah, on longe la cote du golfe Elnnitique (Jl h.), ayant à gauche la mer, silencieuse comme le désert, et a droite de hautes montagnes. Une fois pajr an des barques remontent le golfe,
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portant a l'Akabah des provisions pour les pèlerins de la Mekke ; le reste do Tannée, pas un bateau ne sillonne ces eaux jadis si vivantes.
Mais si l'homme manque a la scène, la scène elle-même, telle que l'a faite la nature, est un des beaux panoramas de ces contrées.
A 4 h. du fond du golfe,, on remarque h gauche la petite île de Kouryèh, voisine de la côte, avec les restes d'un ancien fort sarrasin.
Outre les nombreux wadis qui débouchent à la côte, on trouve, après avoir marché 7 ou 8 heure»
depuis l'Akabah, une suite de passes qui dominent le littoral sur une étendue de près de 4 heures, véritables thermopyles dont une ou deux sont d'une ascension difficile. C'est la chaîne rocheuse du djébel et-Tih, dont les escarpements convrent au N. la presqu'île du Sinaï (p. 857), qui vient appuver ici ses derniers contreforts. Les deux passes priucipa'cs qu'on rencontre ensuite sont cvMe* de Chérafyèh et d Oum-Haïyïh.
A 12 h. de la passe d'Où mllaïyèh et & 20 h. d'El-Akabah.
on laisse à sa droite le débouché du icadi-Wét(r {dont plusieurs voyageurs ont remonté ou coupé la partie supérieure, où il porte le nom de tcadi el-A'in). C'est une des pluslongues et des plus remarquables vallées de tourte cette région. Elle réunit, au temps des pluies, les eaux d'un territoire considérable, et arrive à la nier avec l'abondance d'un grand fleuve et l'impétuosité furieuse d'un torrent.
C'est après avoir dépasse' ce wadi, au heu dit'Ain cn-Xomctthiâ, que la caravane, tournant au N.-O., quitte ordinairement la côte pour s enfoncer dans l'intérieur. lVs lors ce n'est plus qu'un labyrinthe de gorges sauvages, de profonds ravins et de chaînes de rochers où se montre rarement quelque signe de végétation. On est encore à 28 ou 30 h. du couvent de Sainte- Catherine et du mont Sinaï. Quelques vallées, en bien petit nom-
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bre, contrastent seules avec ce caractère universel d'aridité. 11 faut mentionner, à 9 h. 30 de la côte, une source appelle Ain e/- Hadhra, la seule de ces régions cjui ne tarisse jamais, et que l'on identifie, non sans beaucoup de probabilité, avec la station de Hazéroth où les Israélites, après avoir quitté le Sinaï sous la conduite de Moïse, s'arrêtèrent pendans sept jours 'Nombres, xi, 35; xxxm, 17). Du haut d'une chaîne ► de hauteurs que l'on franchit à 5 h. 30 d'El-Hadhra, on embrasse, pour la première fois depuis qu'on est entré dans les gorges Je la péninsule, un grand et bel horizon. Au S.-O., on voit se dessiner^ avec ses pics majestueux, le large massif des montagnes sinaïtiques ; au N.-O. et au N.. s'étend la chaîne du djébel et-Tlh, aux sommets' aplatis ; à l'O., on aperçoit au fond de l'horizon la belle chaîne des montagnes «l'Arabie qui borde la -côte orientale du golfe, et au dernier plan, par delà ces montagnes, une chaîne encore plus élevée à demi-voilée do vapeurs bleuâtres. Un entre ensuite ^1 h.
30) dans le uadi-Saydl, longue vallée qui dans un endroit s'étend en une large plaine, et qui en hiver, comme le wadi-Wétir, devient une grande rivière grossie de nombreux affluents, dont les eaux s'écoulent au S.-E. jusqu'à la mer. On remonte le Sayàl pendant 8 heures, ^>our entrer, 2 h.
plus loin, dans le wadi ech- Chcikh, près de la source d'Abou- Souweirah.
On y rencontre ensuite 30 min.) une petite chapelle surmontée d'un toit blanc de forme conique, et qui renferme la tombe du cheikh Salèh, dont la vallée a pris son nom. C'est un des lieux de la péninsule les plus vénérés des Arabes. La tombe appartient aux TouAra; eux seuls ont le privilège d'être inhumés dans rette terre sainte. De là, on gagne (2 h.) le pied de la montagne où se trouve le souvent de Sainte-Catherine. On