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HUITIÈME PÉRIODE. L'ÉGYPTE PROVINCE TURQUE

(281 ans, jusqu'à l'expédition française.)

Napoléon, dans ses Mémoiret sur la campagne d'Égypte, résume ainsi cette période de la domination turque :

« Selim laissa 40 000 hommes pour garder sa conquête, et les divisa en 7 corps de milices: six composes d'Ottomans, le septième de Mamelouks. 11 réunit, à cet effet, tout ce qui avait survécu à leur défaite. Il conféra à un pacha, à vingt-quatre beys, à un corps d'effendis, à deux divans, le gouvernement du pays. De ces vingtquatre beys l'un était le kiaya ou lieutenant du pacha... Le corps des Mamelouks, composé des plus beaux hommes et des plus braves, devint le plus nom*

breux. Les six premiers corps t'affaiblirent : bientôt ilt ne furent plus en tout que 7 000 hommes, tandis que les Mamelouks seuls étaient plu» de 0 000. En 1646, la révolution fut entière; les Turcs furent éloignés des places, et les Mamelouks s'emparèrent de tout/Leur chef prit le nom de Cheikh tUBèled ( ou seigneur du pays). Le pacha tomba dans le mépris.

En 1767, Ali-Bey, Chfilch-el-Beled.se déclara indépendant, battit monnaie à son coin, s'empara de la Mecque, fit la guerre en Syrie, s'allia aux Russes. Alors tous les beys furent, comme ils ont été depuis, des Mamelouks. En 1798, chacun des viùgt-quatre beys avait sa maison, plus ou moins nombreuse; les plus faibles avaient 200 Mamelouks : celle de Mourad-Bey était de 1 200. Ces vingt-quatre b«ys formaient une republique soumise aux plus influenls : ils se partageaient tous les biens et toutes les places.

< Les Mamelouks naissent chrétiens :

ils sont achetés à l'âge de sept ou huit ant, dans la Géorgie, la Mingrélie, le Caucase: des marchands de Constantinople? les amènent au Caire et les vendent aux beys. Ils sont blancs et beaux hommes. Des dernières places de la maison, ils s'élevaient progressivement et devenaient mouUëzims de villages , kiachefs ou gouverneurs de provinces, enfin beys. Leur race ne se perpétuait pas en Egypte; ils se mariaient ordinairement avec des Circassiennes ou des étrangères. Ils n'en avaient pas d'enfants, ou ces enfants mouraient avantd ôtre arrivés à l'âge viril. De leurs mariages avec les indigènes, ils avaient des enfants qui vieillissaient; mais rarement la race s'en perpétuait jusqu'à la troisième génération, ces qui les obligeait de se recruter par l'achat (f'enfants du Caucase. On évalue à 50 000 les Mamelouks (hommes, femmes, enfants), qui existaient en 1708. Us pouvaient mettre 14 000 hommes à cheval.»

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