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II. Histoire et topofraphie

Ou sait qu'Alexandrie lut f°D* dée, 331 ans avant l'ère «r'tieune, par le héros dont elle le nom. L'emplacement, antoneu-

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ALEXANDRIE

rement occupé par une obscure bourgade appelée Rhakô'tis, était admirablement choisi ; aussi la nouvelle cité devint-elle bientôt la reine du commerce de l'Orient.

Les Lagides y établirent le siège de leur empire ; ils la couvrirent de somptueux monuments et y appelèrent de toutes parts les poètes et les savants. La Bibliothèque, fondée par leur munilicence, fut en peu de temps la plus riche qui eût existé jusqu'alors. Le Phare, construit sous le règne de Ptolémée Soter, à l'extrémité orientale de l'Ile de Pharos , était regardé comme une des merveilles du monde.

L'aspect et la disposition de la ville d'Alexandrie, telle qu'on la voit aujourd'hui, ne peuvent donner gu une idée très-incomplète do 1 Alexandrie des Ptolémées.

(Voyez le plan annexé à la carte de 'la basse Égvpte. ) Le terrain même sur lequel repose la partie de la ville actuelle qu'on nomme la ville turque n'existait pas au temps d'Alexandre. L'ancienne cité occupait tout l'espace, de H à 10 stades de largeur (environ 1 kilom. 1/2 ou 1/3 de lieue), qui se trouve compris entre le fond des deux rade3 (appelées maintenant le Port -Neuf et le Vieux- Port) et le lac Maréotis, et elle se déployait ainsi de l'E. à l'O., en bordant la cote sur une longueur de 30 à 40 stades, En avant des

ration entre la partie orientale et la partie occidentale de la rade, et elle créa ainsi les deux ports.

3u'une double coupure ménagée ans l'heptastade laissait communiquer entre eux. Le port oriental était appelé le Grand-Port (aujourd'hui le Port-Neuf) ; le port de l'O. (aujourd'hui le Vieux -Port) avait reçu le nom iYEunostos ou du Bon -Retour, et on y avait creusé un bassin particulier ( le Cibotos) où venait déboucher un canal navigable, aujourd'hui remplacé par le Mahmoudièh. Ce qui n'était originairement qu'une simple chaussée s'est élargi peu à peu par les atterrissements, et est devenu avec le temps l'isthme d'un demi - kilomètre de large où e3t maintenant située la ville turque. Mais sous les Ptolémées, et même au temps des Romains, ce n'était encore que la jetée primitive conduisant de la ville au phare.

La ville elle-même était distinguée dans sa longueur en deux quartiers principaux, le Bruchion à l'E., bordant le Grand-Port, et qu'une enceinte particulière séparait «lu reste de la ville, et le Rhacotis à l'O. sur les bords de l'Eunostos C'était surtout dans la partie orientale que se trouvait accumulé le plus grand nombre des palais, des temples, des monuments de toute espèce dont les successeurs d'Alexandre avaient

deux rades qu'elle protège, et pa- I rempli leur capitale. Ce somprallèlement à la cote, s'étendait 1 tueux quartier eut beaucoup a

une

lie étroite et longue : c'était : suufl'rir durant le siège que César l'île de Pharos, dont le nom se trouve déjà dans Homère. Au

temps de la fondation d'Alexandrie, cette île était séparée du continent par un intervalle d'un millier de mètres dans sa partie la plus proche ; ce fut un «les

Îiremiers Lagides , probablement e premier de la dynastie. Ptolémée Soter, qui la réunit à la ville par une jetée qu'on nomma Y Heptastadion ou les Sept- Stades, en raison de sa longueur. En même

y soutint en l'année 48 avant notre ère, lorsqu'après la victoire do Pharsale , poursuivant Pompée jusqu'en Egypte, il fut retenu sept mois à' Alexandrie par les séductions de Cléopàtre, et s'y vit attaqué par les partisans de Ptolémée Dionysos qu'il avait évincé du trdne.

Strabon, qui visita l'Egypte en l'année -24 avant J.-C, 24 ans après le passage de César, est, de tous les auteurs anciens celui qui nous

temps cette jetée forma une sépa- 1 a laissé les détails les plus circon-

KUYPTK.

stanciés sur lu topographie et le3 monuments d'Alexandrie. Cne rue de plus d'un plèthre de large ^de 30 à 35 met.) en traversait en droite ligne toute la longueur de l'K. à l'U., depuis la porte de Canopc jusqu'à la porte de la Nécropole ; cette rue était toute bordée de palais, de temple* et de constructions magnifiques. Une seconde rue de même largeur, allant du lac Maréotis à 1 Heptastade, coupait la première à angle droit. C'est une disposition commune à la plupart des grandes cités de l'Orient. Sur le lac Maréotis, au point où aboutissait la grande rue transversale, un port intérieur recevait, par les canaux, tous les produits de l'Egypte destinés à 1 exportation. Les jardins publics etles palais royaux, qui se suce, liaient sans interruption dans tout le quartier oriental (le Bruehion , occupaient au moins le quart de la ville. Devant le palais, au fond du grand port, on avait creusé un petit Dassin ou restaient à l'ancre les galères royales, et en avant de ce bassin une petite île avait reçu le nom d'Antirhodus.

Dans le quartier occidental, oui se terminait aux environs du Cibotos, on voyait le Scrapeum, un des temples "les plus renommés de l'Kgypte. et où était une bibliothèque qui le cédait h peine à celle du Muséum. Le Serapeuni était construit sur une éminence, et l'on y arrivait par plus de cent degrés." Pour sa consommation d'eau, Alexandrie avait un trèsgrand nombre de citernes . outre ce que lui fournissait le canal dérivé de la branche Canopique du Nil, oui venait aboutir au Cibotos.

Aux deux extrémités opposées de la ville , de vastes faubourgs la prolongeaient dans une étendue considérable. Celui de l'O. prenait, de la Nécropole ou il conduisait, le nom de A' écropolis : à l'K. , en dehors de la porte Canopique, on passait près de l'Hippodrome pour arriver à XicopoUs, qui devait son nom à la victoire détini-

! Route 160.

Il y avait aussi dans l' il

Antoine.

de Pharos, a l'extrémité de I Heptastade , un gros bourg habi> principalement par des pécheur?, et qui portait, comme l'île, le nor.:

de Pharos.

Telle était, sous le règne Ptolémées et des Césars , cvt:

ville fameuse dont la populat^' n'était pas au-dessous de T»

600 000 âmes ; mais à partir :

m'' siècle de notre ère , ce l'on «ait de son histoire n'est \Ls que le triste tableau de sa <1cadence. De fréquents soulèvements , tantôt politiques , urtôt religieux, lui attirèrent, atemps des empereurs, de sanglai tes répressions et de grands désastres. Sous le règne d'Aurélitft, en l'année '2~ï'.l , un de ces soui^vements amena non-seulerneat ^ destruction de la citadelle , mu* la ruine entière du Uruchion 'f J* ses snkndides monuments. E" 3811, «tans la guerre qu'il avait déclarée aux restes du paganisme, Théodose fit démolir le temple Je Sérapis. Il est douteux que la bibliothèque du Muséum, qui «v*j; été déjà la proie des flammes i l'époque où César fut assitlft dans le Bruehion, et qu'on avait reformée depuis, eût échappé au désastre \ie 273; mais celle du Scrapeum put ctre pré*err<<> quand Théodose fit abattre le temple, et c'est celle-là qu'Amrou livra à la destruction, lorsquen décembre 611, après un siège de M mois, il se rendit maître d'Alexandrie. Malgré tout ce que la ville avait souffert depuis ouatr** siècles, elle avait encore de beaui restes île sa première splendeur Amrou, écrivant au khalife <>m*r pour l'informer de sa eonquètr.

lui mandait qu'il avait trouve dam cette immense cité 4 000 palais autant de bains publics, 400 arques ou places pour les divertissements et U 000 jardins. 40 (KO juifs v habitaient un quartier séparé. Mais la grandesouree de I o* pulence d'Alexandrie , c'était le

tive qu'Auguste y remporta sur 1 commerce, surtout le commerce

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ALEXANDRIE

yiîi

de l'Orient. Déjà bien amoindrie | 21 mars 1801, les" Anglais, qui ve-

sous les empereurs de ('onstanu nople, cette source «le richesse diminua L ien plus encore après la conquête arabe ; aussi la population y décrut-elle dans une proportion* rapide. On peut juger de cette décroissance par ce seul fait, que dans la seconde moitié du ix' siècle, vers 875, Ahmed ibn-Touloun, le fondateur de la dynastie desToulounides, lit abattre les anciennes murailles , devenues infiniment trop vastes, et construisit une enceinte nouvelle beaucoup

S lus resserrée. Dana cette période e son existence , Alexandrie eut encore des jours d'une prospérité relative? ; la découverte du cap de Bonne-Espérance, qui ouvrit une route nouvelle au commerce de l'Inde, et, 20 ans plus tard (1517), 1h conquête de l'Egypte par les Turcs, en furent le dernier terme.

De ce moment, la chute d'Alexandrie fut rapide, et bientôt sa ruine fut complète. Les derniers restes de sa population se dispersèrent; la ville arabe fut abandonnée, comme l'avaient été auparavant les trois quarts de la ville ancienne. C'est alors que se forma dans l'IIeptas4ade, auquel les atterrissements avaient donné , entre les deux ports, la largeur qu'on lui voit aujourd'hui , la misérable bourgade

3u'on a nommée la ville turque , ernier degré auquel pût descendre Alexandrie. Le voyageur Savary, en 1777, n'estime pas au-dessus de G 000 âmes la population de l'Alexandrie turque.

L'expédition française a ouvert pour Alexandrie , comme pour toute l'Egypte, une ère de régénération. C'est le 2 juillet 1798 que Bonaparte débarqua sur la plage du Marabout, à 3 heures à 10. du vieux port, et qu'il s'empara de la ville presque sans coup férir. Le nom d'Alexandrie se rattache à d'autres événements de cette campagne mémorable. Le 23 août 1799, Bonaparte se rembarque à Alexandrie pour revenir en France, où le rappelaient les événements. Le

Orient.

riaient de jeter 17 000 hommes sur la plage d'Âboukir, pendant qu'une armée turque débouchait de la îSyrie et qu un corps anglo-indien débarquait à Koçeïr , livrent bataille, pr. s de la ville , à 8000 Français commandés par Menou , et, cette fois, c'est le nombre qui l'emporte. Quelques semaines plus tard, le 13 avril, les Anglais rompent les digues du canal d'Alexandrie, font pénétrer les eaux de la mer dans le lac Maréotis (Birkét- Mariout), et, par cet acte que la guerre excuse à peine, ruinent une étendue de pays considérable:

150 villages furent submergés et une vaste plaine desséchée tut de nouveau changée en marais. Enfin , dans les premiers jours de septembre, Alexandrie vit se rembarquer l'armée française pour son retour en Europe. L'Egypte conserve aussi le souvenir de la tentative faite par les Anglais , au mois de mars 1807 , pour occuper Alexandrie, sous prétexte de prévenir une nouvelle invasion française. Mais dès cette époque, Mohammed-Ali commandait en Egypte.

Il attaqua vigoureusement' les auxiliaires équivoques qui s'imposaient au pays et les obligea de reprendre la mer. Quelques années plus tard, quand Mohammed- Ali put se livrer tout entier aux grandes idées de rénovation dont l'expédition française avait apporté les germes sur la terre d'Egypte, il tourna sérieusement sa pensée vers Alexandrie, seul point où pouvait se reconstituer une marine. Afin de présider aux grands travaux qu'il méditait, il se fi; élever un palais dans l'île de Pharos. et y résida régulièrement plusieurs mois chaque année. Le vieux port (celui de l'O.), mieux abrité que le Port-Neuf, fut choisi pour devenir le centre des nouveaux établissements. C'est là qu'a été construit l'arsenal, sous la direction d'un Français, M. de Cérisy. En môme temps , la ville a commencé à s'étendre dans plu*

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