I. La Citadelle
Pour se rendre du quartier F
dont les murailles sont divisée*
en larges bandes horizontales , peintes alternativement en rouge et en blanc. lTn sentier, plus court que la chaussée moderne , conduit de cette porte à la partie haute du château. C'est dans cet étroit et sinueux défilé nue s'accomplit, le 1er mars 1811 , le drame sanglant du massacre des Mamelouks, acte terrible, mais nécessaire, qui délivra l'Egypte de la domination anarchicjue des beys et assura le pouvoir entre les h la citadelle, il faut suivre la rue ; mains de Mohammed-Ali. On mondu Mouski jusqu'à son extrémité , tre un peu au N. de la porte exté- E. , tourner ii droite, suivre la | Heure , l'endroit où Kmin-Rey, grande rue longitudinale jusqu'à île seul des chefs oui échappa à la mosquée d'el-Moeyed (à main la mort, lança son cheval à travers droite. ), et à Bab ez-Zoueilèh, porte une brèche de la muraille, si toumassive , flanquée de deux tours tefois le récit n'a pas un peu qui , jusqu'au règne de Saladin , tourné à la légende, car il y a une
autre version. '
On monte aujourd'hui à la citadelle par une rampe qui con-
rniie
marqua la limite S. du Caire. Au delà de cette porte, on a le choix entre deux chemins : ou bien continuer tout droit, pendant 10 minutes, jusqu'à une rue qui s'ouvre sur la gauche, et longe les hautes murailles de la mosquée du sultan Hassan, pour aboutir à laplacc Roumeïléh ; ou bien tourner à g., traverser le bazar des selliers et
tourne les murailles du côté du N.-E., et dont la pente est assez bien ménagée pour donner un accès facile aux voitures. On pénètre par une porte en pierre dans une vaste cour, et laissant à g. l'entrée de bâtiments neufs qui con-
Routb 16i.]
tiennent les ministères, on se trouve au centre de l'enceinte.
Le château , oui est lui-même une petite ville , se compose de trois parties distinctes et contigués, entourées chacune de murailles et de tours crénelées : ces trois enceintes sont relies d'el- Azab, qui regarde la place Roumeïlièh , d'el-KnkicharieU , qui regarde le N'., et la citadelle proprement dite, cl-Kal'ah, qui est la partie la plus élevée. On peut remarquer que le côté le mieux fortifié et le mieux armé est celui
?|ui regarde la ville ; la plateorme N.-O., couverte de canons, est formée par une porte flanquée de deux tours.
La citadelle date de la fin du xii« siècle, c'est l'ouvrage du célèbro Youssouf Salah-Eddin (Saladin), qui s'y fit aussi construire un palais attenant a une mosquée ; ce palais fut toujours depuis lors la résidence des sultans, et plus tard des pachas turcs; il est aujourd'hui en ruines. Ce que l'intérieur otîrait de plus remarquable était une vaste salle carrée, soutenue par 32 colonnes de granit rose enlevées aux Anciens temples romains ou grecs , et qu'on avait couronnées d'autant de chapiteaux pharaoniques apportés de Memphis et retouchés dans le goût arabe. Le palais de Saladin a été détruit en 1829 pour faire place à la nouvelle mosquée. La plupart des colonnes furent alors brisées, on en trouve quelques restes au milieu des décombres, et l'on voit sur plusieurs des caractères hiéroglyphiques. La vieille mosquée de Kaîaoun complètement en ruines, occupe le milieu de la cour; près de là est une petite fontaine sculptée en marbre gris.
La citadelle , avant 1798, était habitée par l'aga des janissaires , général en chef de l infanterie ; par les chiaoux , courriers ou messagers d'Etat, et par la plupart des grands otlieiers civils et militaires. Il s'y trouvait de plus quantité d'employés , de mar-