LE CAIRE. — LA CITADKLLE
chands. Elle est de même aujourd'hui le siège d'un grand nombre d'administrations. Elle renferme dans son enceinte un hôtel des monnaies, une imprimerie, une fonderie de canons, un arsenal de construction , une manufacture d'armes et divers ateliers d'équipement militaire. L'explosion de la poudrière en 18i3 ruina une partie des anciennes constructions; celles que l'on voit aujourd'hui datent de Mohammed-Ali , ainsi que la nouvelle chaussée.
La nouvelle mosquée de Mohammed-Ali, commencée par ce prince et terminée seulement il y a quelques années, passe au Caire pour une merveille d'élégance. Les critiques les moins sévères sont loin d'être de cet avis. Au lieu do chercher des modèles parmi les charmants édifices sarrasins du Caire, on a voulu imiter les grandes mosquées de Constantinople.
Deux minarets avec l'inéVitablc couvercle en forme d éteignoir, élèvent à une hauteur exagérée leurs formes grêles et maigres. La cour, où l'on peut pénétrer parla porte latérale sans qu'il soit même bien nécessaire d'ôter ses chaussures, est entourée d'une colonnade en bel albâtre oriental ; au centre est la fontaine des ablutions, de forme octogone et d'une ornementation assez lourde. La galerie du N.-O. est surmontée d'une tour carrée, noire et or, surmontée d une espèce de pavillon chinois et portant une horloge, présent fait parle roi Louis- Philippe àMohammed-Ali. La mosquée elle-même est surmontée d'une grande coupole , flanquée de quatre demi-coupoles, avec quatre petits dômes octogones aux angles : c'est l'ancien plan byzantin, qui conserve toujours sa grandeur et sa beauté, même dans ses plus faibles copies. A l'intérieur, en dedans de la porte d'entrée , règne une galerie soutenue par une rangée de colonnettes; a dr.
est le tombeau de Mohammed-Ali.
La coupole esi soutenue par qua-
MO
EGYPTE
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tre gros piliers carrés. Les fenêtres sont Je forme carrée à l'européenne, la décoration verte et or est de mauvais goût, de vilaines lanternes, un çrand lustre euroéen dépaysé choquent également c regard. Le menber, tout doré , n'a rien de remarquable. Le minrat , en albâtre orientai, monte jusqu'à la frise. En somme, l'édifice fait encore un assez bel effet par ses grandes dimensions et par la richesse de ses matériaux, surtout de ce bel albâtre oriental dont la transparence et la teinte ambrée ont les chatoiements de l'opale. Malheureusement la base seule des piliers en est couverte, et la peinture dont sont revêtues les parties hautes a vainement cherché a l'imiter.
' Lt, palais du vice-roi, qui a remplacé l'ancien palaisde Saladin, est très-simple à l'extérieur, comme le sont d'ailleurs tous les palais d'Orierrt ; l'intérieur est vaste et magnifique, mais de cette fausse magnificence européenne que les Orientaux acceptent si facilement comme de bon aloi. La salle de bain, tout en albâtre, est fort remarquable.
L'attrait principal de la citadelle est l'immense panorama que l'on .
y découvre. Des deux cotés d'un petit pavillon vert, séparé du reste des bâtiments et qu'affectionnait, dit-on, Mohammed-Ali, on jouit d'une admirable vue. Devant soi, immédiatement à ses pieds, est la place Roumeïlèh, avec la mosquée du sultan Hassan ; derrière celleci, l'ancien harem d'Ab bas-Pacha, un peu plus loin à gauche, est la mosquée de Touloun , reconnaissablc à son gros minaret; plus au S., la grande place de Karameïdan, bordée de casernes; au delà de ce premier plan , l'immense ville se déploie toute hérissée de minarets. Au milieu de la masse confuse de sos terrasses, les rues n'apparaissent quecommo de sombres fissures. De grands palais blancs se montrent à côté des arbres touffus de l'Esbékyèû,
qui semblent toucher à Boulak.
Entre les palmiers des plantations d'Ibrahim-Pacha, on aperçoit le palais de ce prince et Kassr e!- Ainy. Au delà le Nil coule lentement dans son large lit , bord*»
d'une ligne de riche verdure, et va se perdre dans les plaines du Delta ; puis au dernier plan, tout au fond de l'horizon, la vue rencontrelamasse encore imposante, même à cette distance de 4 lieues, des pyramides de Gizèh, d'Abousir et de Sakkarah, qui se détachent sur le fond rougeâtre du désert. En reportant lo regard du coté du Mokattam , sur un plan plus rapproché, on verra le vieux Caire, le grand aqueduc, qui vient à la citadelle à travers l'immense champ de décombres de l'ancienne Fostat; la nécropole de l'Imam- Chafey, avec toutes ses coupole.-»
et tousses minarets ; les pentes du Mokattam, avec une autre nécropole; enfin le fortin qui couvre le sommet du Gébel-Giouehi ;autre nom du Mokattam), et qui commande la citadelle elle,- même.— C'est le matin qu'il faut venir admirer ce panorama; le soir , les brumes couvrent la plaine des pyramides.
Enfin une autre curiosité de la citadelle est le puits de Joseph , ainsi appelé sans doute du nom du grand Saladin (Youçouf , quoique la légende populaire le tasse remonter jusqu'à Joseph , fils de Jacob. C'est, en effet, Saladin qui le fit creuser, ou peut-être seulement déblayer du sable dont il était rempli. Le puits , de forme carrée, est'ereuse dans le rocher, sa profondeur est de 95 met. Ou estime que le fond est au niveau du Nil. Il est divisé en deux étages, séparés par un large palier .
la descente est une spirale en
Sente douce. Un manège, mû par eux bœufs, élève l'eau au niveau du palier, d'où un second manège l'amène à la partie supérieure.
C'est, au total, un fort bel ouvrage. La citadelle a en outre plusieurs grandes citernes et l'aqueduc ex-
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