V. Tombeaux, nécropoles
Il y a plusieurs cimetières (tourab) clans l'intérieur du Caire, deux notamment au voisinage de l'Esbékyèh, vers l'angle N.-E. ; mais les grands cimetières sont en dehors de la ville, un à TE., le Tourab Kait-Bcy, et deux au S., le Tourab es-Seidèh et le Tourné el- Korafah, plus connu sous le nom
four est un des lieux d'exécution \ d'Imam Chafey. Les cimetières eu-
pour les criminels. C'est là que l'infortuné Toman-Bey, eut la tète tranchée par ordre du sultan Sélim, en 1517.
Le transit en dehors de la porte Bab cl-fladid, est le rendez-vous «l.'s chameliers; c'était, avant le chemin de 1er, le centre du mouvement commercial qui se faisait entre le port de Boulak , Suez et l'Arabie.
ropeens sont au vieux Caire, près du Khalig.
Tombeaux des Khalifes et des Mamelouks baharites. On désigne communément sous le nom de tombeaux des khalifes la nécropole de Kaït-Bey, mais cette dénomination est erronée.
Les anciens souverains arabes qui régnèrent sur l'Egypte comme princes indépendants, du ix* au
La place en dehors de Bab en- \ xn° siècle de notre ère, avec le Xasr est également le point d'ar- 1 titre de khalifes, ou du moins ceux rivée et de départ des caravanes de la dynastie eyoubite (1171-1250), d'Arabie. La porte elle-même est : avaient leurs tombeaux dans l'enremarquable par sa bellcconstruc- \ ceinte rnêmodela ville, surl'emplation. En face on voit une jolie ; cernent maintenant occupé par le
bazarde Khdn-KhalU [V. p.985\On rapporte que lorsque ce bazar fut
en \'2\H de notre ère), rne du mamelouk baha-
fontaine.
F et es publiques. Parmi les choses curieuses qu'un voyageur peut i construit voir au Caire, il faut compter les j sous le rèri fêtes publiques, et au premier i rite el-Aehraf Salah-cddin-Khalil, rang, le départ annuel de la cara- J les ossements des princes qui y vane de. la Mekke, qui a lieu le 25 . avaient été ensevelis furent jetés du mois Chawal. VC est le mois qui parmi les amas de décombres dé-
qui
buii le jeune de Ramadan). L'ou-
parmi posés
hors de la ville. Tout le*
988 EGYPTE, anciens tombeaux furent alors dé-
truits, à l'exception de celui d'es- Salâh-Eyoub, qui se voit encore dans le bazar. C'était l'avant-dernier prince de la dynastie cyoubite, dont le fils, après quelques mois de règne, fut assassiné parle chef de sa propre çarde, le mamelouk el-Moëz, qui forma la souche des Mamelouks baharites.
Les tombes de deux sultans de cette dernière dynastie, le Baïbers ou Bibars Bondoukdar, mort en 1277 et le 9e, Nasser Mohammed ibn-Kalaoun , mort en 1294, se voient également dans l'intérieur du Caire, près de U mosquée du sultan Kalaoun et d4?» l'ancien Morostân (ce dernier a été décrit p. 981); non loin de là, un autre tombeau porte le nom de Barkouk, mais il n a servi qu'à la famille de ce sultan, qui a éié enseveli luimême dans un grand monument situé hors de la ville à la nécropole de Kaït-Bey (K. ci-dessous).
Tombeaux de Kaït-Bey. Cette antique nécropole se voit en dehors de la ville, dans une plaine sablonneuse et déserte, à un peu plus de 1 kil. de Bab en-Nasr et de l'angle N.-E. des murailles. Ces mo-l de rimam-Chafey s'étendent aussi
[ROCTB lt>5.
une grande cour quadrangulaire entourée de portiques dont les arcs sont partie en ogive , partie en plein-cintre. Le côté O. est dominé par deux grands minarets carrés à deux étages, qui, malgré leur état de dégradation, présentent un aspect plein de grandeur. A l'oppositc s élèventdeux belles coupoles, dont Tune couvre le tombeau de Barkouk (mort en 1399) et l'autre celui de sa famille. On remarque aussi un joli mrnfccren pierre finement découpé , et trois mihrabt , donf l'un est surmonté d'un petit dôme sculpté.
La mosquée de Kaït Bey .mort en U96; ne présente qu'une coupole et un minaret : la coupole est élancée, d'une pureté de lignes irréprochable, et revêtue d'un riche lacis d'arabesques sculptées en relief. Le minaret peut passer pour le modèle du genre. Il ne compte pas moins de trois étages avec des galeries en encorbellement, sans compter le couronnement. Les galeries, les fenêtres, le corps même du minaret sont ornés de sculptures d'un goût exquis.
Les tombeaux desmamelouks ou
numents improprement nommés Tombeaux de* Khalifes, comme nous l avons dit, appartiennent, au moins pour la plupart, à ladernière dynastie des mamelouks d'extraction circassienne, celle des sultans Borghites. Parmi ces monuments, on compte 8 à 10 mosquées , dont les trois principales sont celles d'el-Achraf , d'el-Barkouk et de Kaït-Bey. Ce derniera mêmedonné son nom au terrain tout entier.
Tous ces édifices, modèles de la plus pure architecture sarrazine , tombent malheureusement en ruines et sont complètement abandonnés; mais au milieu de cette plaine déserte, ils produisent un effet saisissant. La mosquée ou tombeau d'El-Achraf est une jolie coupole ogivale légèrement étranglée a la base, avec un minaret nu et dégradé.
La mosquée d'el-Barkouk est
dans une plaine déserte, mais à l'autre extrémité de la ville, au delà de la citadelle, au pied du Mokattam. On s'y rend en traversant la place de Karameïdan et sortant par Bab el-Korafah, oA trouve d'abord un champ couvert de monuments funéraires de toutes les formes et de toutes dimensions, petits dômes en ogives, la plupart un peu étrançlés par la base , ornés de cannelures variées; minarets carrés à la base, octogones au milieu, cylindriques vers le haut, surmontés d'un ovoïde orné d'un croissant ou de petites piques divergentes. Les étages sont séparés par des terrasses en relief, les fenêtres ornées de colonnettes, et de balcons sculptés. C'est une mine épuisable pour l'architecte et le dessinateur. Les pentes abruptes du Mokattam, la citadelle et sa haute mosquée encadAnt
(houtk m.\
merveilleusement le paysage. On arrive (15 m.) à la mosquée principale qui porte le nom d'Imam Chafey; on fait remonter sa fondation au temps de Saladin. Le dôme est surmonté d'une girouette en forme de bateau. Quelques maisons s'élèvent autour. C'est un singulier mélange d habitations et de monuments funéraires. Près de là est une enceinte qui contient de charmants mausolées de mamelouks, sarcophages sculptés avec des colonnettes aux pieus et à la, tête. Les plus riches sont recouverts d'un toit soutenu par une colonnade à claire-voie.
Un peu plus à l'O., une cour ilantce de jolis arbres renferme es sépultures de la famille de Mohammed-Ali; les tombeaux sont trèssimples en général, et dans le goût de Constantinople. On y verra avec intérêt la tombe de Toussoun