‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 451 sur 511 · IV. Héliopolis (Matarièh · texte numérisé non relu

IV. Héliopolis (Matarièh

La distance est d'environ 2 h.

On sort du Caire par le Bal) en- Nasr, et l'on se dirige au N.-N.-E., croisant la route et le chemin de fer de Suez. On laisse a droite le Demir-fac/i (Dervieherie, et le grand palais Abbasych, qui a déjà l'air de tomber en ruines. On voit, dans la même direction, au pied de3 hauteurs , la mosquée- tombeau de Mélik-Adel (mort en 12-10) "La route est agréable et en partie plantée d'arbres; à moitié chemin à peu près on rencontre le Koubbet cl- Ghouri, coupole assez gracieuse, consacrée a l'avant -dernier sultan des mamelouks , et vide comme les deux autres tombeaux du Caire. (P. p. 988.) On traverse une campagne bien cultivée, avec quelques villages entourés de jardins. Un peu avant Matarièh, on montre, dans un champ, quelques pierres amoncelées qui semblent des chapiteaux antiques. Derrière ce village, une espèce de bassin rectangulaire entouré d'arbres , au-dessus duquel se dresse un obélisque, annonce l'emplacement de Héliopolis. Uistoire. — Comme site historique et archéologique , il n'en est pas de plus intéressant dans la basse Egypte que celui d'Héliopolis. Cette ville était renommée par son vaste et beau temple du Soleil, que Strabon a décrit. En avant du temple était une longue avenue de sphinx et plusieurs obélisques érigés

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narchie. D'après la description de Strabon, la ville était située sur un terrain élevé, au bas duquel des étangs ou grands réservoirrecevaient l'eau des canaux du Nil. La ville avait beaucoup sourfertlors de l'invasion de Carnbyse et elle ne se releva pas sous le? Ptolémées ; lorsque Strabon la vit, il ne lui restait que son lem-

Cle et un très-peiit nombre d'haitants. Plusieurs de ses obélisques furent transportés à Alexandrie (V. p. 9i»r>), et plus tard à Home. Xîn seul fut laissé surplace, et il s'y trouve encore.

C'est dans la plaine de Matarièh que l'empereur ottoman S<Him remporta, en 1517, la victoire qui renversa la domination des Mamelouks et lit de l'Egypte une province turque. C'est aussi au voisinage d'Héliopolis que Kléber, ie 19 mars 1800, mit en déroute, avec 6 000 Français , une armée de 60 OOOTurcs, que l'Angleterre avait poussée contre nous après la convention d'El-Arich.

Etat actuel — t L'enceinte de la ville antique se distingue eacore sous les collines de décombres qui la recouvrent. Elle était en briques crues, et s'ouvrait Je distance en distance par des porte* formées de jambages monolithes en calcaire tendre et couverts d inscriptions.» (Max. du Camp, LeKïl, p. tîl.) L'espace qu elle embrassait était de forme irrégulière, et mesurait environ 125U met, dans un sens sur 95G0 dans l'autre. L obe- , iisque dont nous avons fait meo- j lion est tout ce qui reste aujourd'hui de la ville du Soleil. Cet obélisque est debout: mais la partie inférieure (non compris le piédestal) est enfoncée de près de .1 mèt. en terre, et le sol primitif, sur lequel repose le piédestal luimême, est enterré probablement 'de 8 à 10 mèt. Ce fait seul, a défaut d'autres preuves, suffirait pour démontrer 1 exhaussement sécu- 1 1 aire du sol de l'Egypte. ( V. p. 900.; Les lacs dont parle Strabon ont

les Pharaons de la première rao-» disparu par la môme raison. Il est

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son écorce est tailladée par la niait» des pèlerins ou des curieux.

On peut, en revenant d'Héliopolis, traverser le faubourg Hassanièh et rentrer par Bab el-Foutouh, ou au contraire se diriger à l'E., vers le Gcbel el-Ahmar (le mont Rouge) et la foret pétrifiée .

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surprenant qu'on n'ait pas encore l'ait sur ce point des fouilles qui conduiraient, selon toute probabilité, à d'intéressantes découvertes, et feraient sûrement retrouver les vestiges inférieurs du temple. L'obélisque a 20 met. 75 de hauteur, au-dessus du sommet du piédestal, Sa largeur à la base est 1 met. 84 sur les faces N. et S. , et 1 met. 88 sur les faces E. et O. Ce qui lui donne un intérêt particulier, c'e.»t qu'il est le plus ancien obclisque connu de l'Egypte. Le roi Ousertésèn, dont le nom est inscrit sur le monument, régnait environ 2 70(J ans avant l'ère chrétienne. L'inscription de l'obélisque (identiquement répétée sur les quatre faces) est ainsi conçue, selon la traduction de M. Brugsch 1 :

« Le Horus, la Vie $c °e qui est né, le roi de la haute et de la basse Egypte, Chépèrka-Ra , le Maître des couronnes, la Vie de ce qui est né, le Fils du Soleil, Ousertésèn, aimé des esprits de la ville (d'IIéliopolis) , vivant à toujours, l'Epervier d'or, la Vie de ce quiest né. le dieu gracieux Chéperka- Ra (a érigé cet obélisque) au commencement de la féte d'une pancgyrie. Il Ta fait, celui qui accorde la vie à toujours. »

Ceci peut être regardé comme un spécimen du style épigraphique des Pharaons.

Dans la direction N.-O. s'étendait l'avenue de sphinx, dont on voit encore quelques débris en se rapprochant de l'aneienne porte N.-(). Du temps de Pococke, on y voyait encore un sphinx de 22 pieds de long et plusieurs grands débris ; on a encore trouvé quelques débris vers le S. -E. et vers TE.

On montre à Matarièh, dans un jardin appartenant à des Coptes, un sycomore énorme, sous lequel, dit la légende locale, Joseph, avec la vierge Marie et l'enfant Jésus, se reposèrent lors de leur voyage en Egypte. L'arbre est fort beau,

1 Celle traduction diffère légèrement de celle de H. Lepsiui, dans sei Aucuns monununU.

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