DU CAIRE AU WADI-NATR01TN
LACS, COCVRWTS, BAUB-BKLAHà.
(De Î0 à II h.)
On pourrait aller directement '!« Caire aux lacsNatroun par le chemin du Bahr-el-Farigh 'le fleuve vide), embranchement du Babr- Béla-mâ (le fleuve suns eau . <;ui débouche au pied de la pyramûie ruinée d'Abouroacb (V. p. 1001.
et continue de là vers l'O. N.-0.
C'est la voie des Arabes ; elle est de 16 h. environ. Mais la route habituelle est celle de Téranèh, qui diminue de 5 à G h. la traversée du désert. On se rend à Tértnèh (10 h.) par le Nil ; on voit ™ passant (4h.)les travaux inachov»** du barrage (F. p. 990). Téranèheit un gros village oui a succédé, sur la rive gauche du Nil de Rosette, à l'ancienne ville de Terenuthis dont il garde le nom ; les habitants vivent principalement du transport du natron des lacs au Nil. On trouve là des chameaux et des in** pour le reste du voyage, qui est de
10 à 12 heures. On passe 30 min.) devant des ruines anciennes, Que Ton a supposées, avec grande probabilité, être celles de Terenuthis ; on n'a plus, à partir de là, que l'aride monotonie au désert. Fr.îiu on voit apparaître et s'étendre lt vallée où si)nt situés le lacs. (]" s'arrête au village de Zùkik. l<>r\i-:
11 y a une trentaine d'années «iatis un lieu appelé auparavant cl-Ka*r.
le Château, et oui est habite par les ouvriers et leurs familles. On voit là aussi les vestiges d'une verrerie que Ton croit dater du temps des Romains.
Le wadi-Natroun n'a qu'une très-faible population : 500 anu'5 environ pour le village, et 80, un peu plus ou moins , pour les quatre monastères. Lésines groupe
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dans la vallée sont au nombre de douze ou quinze ; ils sont répandus dans la longueur de la vallée, sur une longueur de 25 kil. Deux ou trois fournissent le natron , qui se recueille aussi dans la plaine. Les deux lacs principaux sous ce rapport sont le Bohaïret el-Gounféayèh et le Bohaïret el-Hamra. Le Khortai et le Mellâhat eî-Djoun produisent aussi ce sel ; mais comme ils sont très-petits, ils en donnent fort peu. Des lacs de la ▼allée, il y en a huit qui ont de l'eau toute Tannée ; on les désigne sous le nom de Mellâhat. Le plus
frand , qui est aussi le plus mériional, est le Mellâhat oum-Richèh; il ne produit que du sel commun (chlorure de sodium). 11 y a aussi quelques étangs (birkèhj t|ui se dessèchent en été, et d'où 1 on tire du natron de qualité médiocre. Dans ceux des lacs qui contiennent à la fois du natron (sous-carbonate de soude) et du sel commun, les deux sels cristallisent séparément; le dernier au-dessus, en une couche d'environ 43 cent., et le natron en dessous, celui-ci variant d'épaisseur scJon la forme et la profondeur du lac , mais n'ayant jamais moins de 68centim.
L'eau des lacs varie beaucoup en hauteur, selon les époques de l'année. Leur croissance et leur décroissance sont périodiques comme celles du Nil , mais elle3 n'ont pas lieu aux mêmes époques.
Les lacs commencent a croître vers la fin de décembre, et continuent à monter jusqu'au commencement de mars; ils décroissent alors jusqu'en mai.époqueoù la plupart se dessèchent. Le travail de l'extraction commence au mois de mars. La différence entre le lit des étangs (birkèh) et celui des lacs (bohaïrèh) , c'est que les
f>remiers, après l'évaporation de .'eau, n'ont que de la vase, tandis que les autres laissent une incrustation solide. C'est alors qu'on recueille le natron appelé soultâni.
.Mais la meilleure qualité du natron, appelé le natron blancy est
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celui qui s'extrait des terrains bas non couverts par l'eau, autour des lacs. Des caravanes régulières viennent prendre le natron et le transportent à Téranèh , d'où on l'expédie par etu soit à Alexandrie pour l'Europe, soit au Caire où on t'emploie à blanchir le lin, ou dans la fabrication du verre. La végétation de la vallée est rare et chétive. La massette à larges feuilles (Typha lattfolta) est la plante la plus abondante au bord des lacs ; on y voit aussi le grand roseau (Arundo maxima), le tamarisc (Tamara? gallica), l'armoise {Artemisia mariiima), le jonc épineux (Juncus $mnosus) , et un certain nombre a'autres plantes. Il y a çà et là quelques bouquets de palmiers, mais qui s'élèvent peu et ne portent point de fruits. Les animaux n'y sont pas non plus très-nombreux. La gazelle s'y montre quelquefois. On voit sur les lacs et aux environs la poule d'eau, le canard et la sarcelle.
Quatre couvents, tous coptes, existent dans le Wadi Natroun ; le principal est le Déir-Sonridni, qui renferme de trente à quarante moines. Les trois autres sont le Deïr- Baramous, YAmba-Bichai, etlecouvent Saint-M acaire ou A bou-Makar, qui est le plus méridional de tous.
Du village au Deïr-Souriâni , la distance est de 2 h., en coupant la vallée droit au S.; le Saint-Macaire est à 3 h. à l'E. du Souriàni. Ces quatre couvents sont les derniers restes des monastères qui existèrent autrefois en beaucoup plus grand nombre danl cette partie des déserts d'Egypte, avant laconquête musulmane. Ce sont de grands bâtiments carrés, dont les murs d'enceinte s'élèvent à une quarantaine de pieds, sans ouvertures extérieures autres que des espèces de mâchicoulis au naut des murs, et une porte basse, très-étroite et solidement close, devant laquelle on peut encore, au besoin, ajuster deux blocs de granit qui la murent en quelque sorte extérieurement.
Il est à peu près inutile d'ajouter
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que ces précautions sont prises contre les Bédouins, qui pourraient avoir do temps à autre la tentation de venir piller .le peu que possèdent les moines. Trois des couvents ont a* l'intérieur des puits qui ne tarissent pas, et qui donnent le moven d'entretenir dans chacun un petit jardin abrite d'arbres où viennent quelques légume». Chacune des quatre communautés est gouvernée par un supérieur (Gommas). Quelques-uns des moines sont prêtres, et portent le titre de pères [Abouna) ; les autres ne sont que des frères lais.
Chaque monastère a son église ; Saint-Macaire en a trois, étagées les unes au-dessus des autres.
Tout y est d'une simplicité cénobitique ; on ne trouve la ni le déploiement d'architecture , ni les riches ornements de la grande église du Sinaï. Les moines, dans leur pauvreté, n'en font pas moins bon accueil aux visiteurs étrangers; les femmes seules sont rigoureusement exclues par la rèçle monastique. Deux ou trois des monastères avaient une petite bibliothèque de livres arabes et coptes; un Anglais, M. Tattam , a exploré ces collections en 1842 , et s'est fait céder par les moines tout ce qui pouvait présenter un intérêt littéraire. Il ne leur reste plus actuellement quo leurs livres liturgiques.
Le Bahr-béla-mâ et ses pétrifications. A ro., du wadi-Natroun et sur une ligne parallèle, s'étend une autre vallée nue le voyageur doit visiter avant de s'éloigner de ce désert. Le nom de Bahr-bélamâ que les Arabes donnent à cette vallée signifie le fleuve sans eau; elle se prolonge très-loin dans le S. jusqu'aux oasis de Thèbcs, et envoie plusieurs embranchements sur le Nil au-dessous de Gizèh (le Dahr el-Farigh) et vers le Fayoum. C'est un des traits singuliers de la configuration physique du N.-E. de l'Alri-
3ue. Une simple crête la sépare u wadi-Natroun ; c'est une course
[Route 1U6J
de 1 h. 30 depuis les courent*.
Le Bahr-béla-mâ est encombré de sable ; sa largeur est ici de 12 kil. On n'y voit ni végétation, ni sources ; mais en revanche on y trouve une grande quantité de ces tronc* d'arbres pétrifiés tels au'on en i déjà rencontré ati pied du ment Mokattam (V. p. 99o), seulement, comme le lieu n'a été que très-pou visité par les Européens, les pétrifications y sont bien autrement nombreuses et de plus grandes lis mensions. Quelques troncs changés en pierre ont jusqu'à 8 et 10 met. de longueur. On y a obsem aussi des empreintes tle poisson?
fossiles, et l'on a remarqué que les galets qu'on y ramasse parai* sent appartenir aux montagnes primitives de la haute Egypte. Les pétrifications se trouvent au*si dans le Bahr el-Farigh.