GRANDE OASIS
pe 3 fortes journées ; la direction est au S.-O. Le premier objet notable que l'on rencontre, vers le milieu de la 3* journée , est un fort en briques, do construction romaine, appelé Ghanaim par les Arabes, et qui fut élevé là, évidemment, pour protéger une source qui est à proximité. Le lieu est connu aussi sous le nom d'ed- Deir, le Couvent, sans doute parce qu'à une époque plus rapprochée, il fut occupé par une communauté chrétienne. Les murailles, trèsépaisses, sont élevées d'une quinzaine de métrés, et flanquées de tours à trois de leurs angles. A un demi-quart d'heure du fort, vers le N.-0.,il y a une autre ruine avec des chambres voûtées.
El-Khargôh, la capitale de l'oasis, est à 6 h. du fort, vers l'O.- S.-O. La population de la ville est évaluée à 3000 habit. Ce qu'elle offre de plus intéressant au voyageur, ce sont* les restes de son temple. Ils sont un peu à l'O. de la ville. C'est le plus vaste de tous ceux que les Egyptiens avaient élevés dans leurs oasis. Il était dédié à Ammon , la grande divinité thébainc. Il fut élevé au temps de Darius, dont le cartouche hiéroglyphique est reproduit en nombre a endroits; des constructions ou des ornements y furent ajoutés sous les Ptolémées et sous les Romains. Une longue inscription grecque, au nom de l'empereur Galba, est gravée sur le pylône extérieur. Plusieurs de ces portes monumentales ou pylônes se succèdent dans la longueur du dromos; en avant du pylône extérieur (celui où est gravée l'inscription) est une construction hypèthre élevée sur une plate-forme a laquelle on arrive par plusieurs degrés. Cette suite de pylônes, conduisant à l'édifice, est d'un bel effet. Le temple lui-même a 44 mètres de longueur et près de 20 mèt. de largeur; sa hauteur intérieure est de 9 mèt. environ. Un mur en pierre formait l'enclos du Téménos.
EGYPTE. [Ror-r* 1*2.
ville touchait au une inscription grecque, fui col*
L'ancienne temple ; son nom égyptien était Héhi, dont les écrivains grecs ont fait Ibis. C'était, comme aujourd'hui Khargèh, la capitale de l'oasis. La nécrovoh est au N. du temple ; une église copte y fut construite à l'époque byzantine.
D'autres ruines moins importantes existent aux environs de la ville.
L'oasis, dans son ensemble, est une grande vallée qui s'étend du N. au S. sur une longueur de 150 kilom. (environ 34 h.), et qui , de l'O. à l'E., présente une largeur moyenne d'une vingtaine de kil.
(de*4 H 5 h.\ Son plus grand développement dans ce sens est à la hauteur de Khargèh, vers la partie N. de l'oasis. Les lieux principaux qui se sueeèdent dans la longueur de la Vallée, en partant du N., sont les suivants : Kasr-Gébel es-Sount (sur la route de Khargèh à Siout). — Aïn ech-Chagh ,
1 h. — Kasr-Biyar el-IIagar, 3 h.
— Ruines d'un temple, 1 h. — (Ici, en venant du N., on a à g. le Kasr-fïhanaïm et la route de Farehout.)- Khargèh, 3 h. — Gaïnah,
2 h. — Kasr (îoaïta, 1 h. — On voit ici un temple qui porte dans ses inscriptions les noms de Ptolémée Évergète, de Ptolémée Philopator etde Ptolémée Lathyre. Il est dédié à Ammon, à Maout et à .Khons, la grande triade thébaine. — Kasr Aïn ez-ZayAn , 40 min. — Ruines d'un temple dont le portique fut reconstruit dans la 3e année d'Antonin, comme on le voit par une inscription grecque gravée audessus de la porte d entrée. On voit par cette inscription que le.
nom de la ville était Tchànemyri*.
Le, temple était dédié à Aménébis (Amoun-NeplO .
BélAk, 1 h. 1/2.— Tombe d'Émir Khaled Ibn-el-Wélid , 40 min. — Dékakin, 7 h. — Baïris, 2 h. 1/2.— Il v a quelques ruines un peu a YO\ bouch, 2 h. 1/2.— Ruines d'un temple dont les inscriptions portent les noms deDomitien et d'Adrien, et qui était consacré à Isis et & Sérapis. Le pylône, où ae lit
struit dans la 19e ann de Trajan Le nom de la ville, d'après cr; inscription , était Cysis. — Ki el-Hagar, 1 h 12.
Les lieux principaux, après d- Kbargèh, sont Raïris (600 hah:; et BélAk (environ 400 . La popu!!tion totale de l'Oasis n'est evak*que de 4 à 5000 âmes. Ses productions principales diffèrent peu celles de la Petite-Oasis (Y. R.l*> Isolée comme elle l'est au trilieu du désert, l'Oasis de Kbar^i a peu figuré dans l'histoire, i :
première mention qu'on en trou s est dans Hérodote, qui la dési£T> par le seul nom d'Oasis, ou p tôt qui semble appliquer ce u<z a la capitale; il qualifie aus<i \~< oasis en général d'île* des bienheureux. Une colonie grecque tic Namos, chose assez singulière, s'y était établie, peut-être d< s I temps de Psammétik. Une arm« '•• de Cambyse y pénétra et ptr:: dans les sables après l'avoir dépassée. Les inscriptions des temples montrent que ces lieux écartés, consacrés par la religion, attirèrent l'attention des rois per^e?
qui dominèrent sur l'Egypte .
aussi bien que celle des Pio]*^mées et des Romains. Dans les derniers temps de la domination romaine, la Grande-Oasis devm:
un lieu d'exil. Nestorius, révèotie schématique, y fut relégué en 43:Y Aujourd'hui, comme dans tous ir« temps, l'oasis sert de lieu de passage aux caravanes qui arrivent de l'intériour de l'Afrique par if Darfour, apportant en Kgypie de l'ivoire et des esclaves.
Oasis de Dakhlèh. Wdh el-Dallèh signifie l'Oasis Intérieure:.- Arabes la nomment aussi W\îJ. t - Gharbi, l'Oasis Occidentale. C* . e ousis, que le:? géographes de J'poque romaine n'ont pas mentior.née , est a 3 moyennes journ- •> de la précédente (environ chameau); le chemin qui pan c?
Khargèh se porte directement ï l'O. En voici l'itinéraire, à narr* d'el-Khargèh.
[Routs 173.]
Kasr-Aïn es-Sount, château de la fontaine de l'Acacia, 1 h. — Le temple d'el-Khargèh esta peu près k mi-chemin entre la ville et la source. On laisse la nécropole à droite. La ruine appelée le Kasr
Î>araît être de l'époque romaine. — tuines romaines. Tour de garde et tombes, 10 min. — (Ici se termine la Orande-Oasis de ce coté).
— Aïn-Amou. 13 h. Source. Ruines d'un temple égyptien. — Ténida, village ruiné, 14 h. — Entrée de l'Oasis de Dakhlèh, 3 h.— Ballat. (Près de fiallat, sont les ruines d'une ancienne ville appelée Béehendi. La principale construction parait avoir été un temple en briques. — Isment el-Kharâb (Tsment la ruinée), 2 h. 12. A 14 d'heure de ces ruines, il y a d'autres ruines nommées Kasr el-Arisèh.
Ismènt, 40 min. Près du village sont des ruines appelées ed-Deïr, le Couvent. A 12 h. au S.-O., vil-
OASIS DE DAKHLEH. 1035
mente plusieurs bains attachés à la mosquée.
Après el-Kasr, le lieu le plus important de l'oasis est Kalamoun. *
L'oasis, dans son ensemble, s'étend de l'E. à l'O. sur une longueur de 10 à 13 h. On n'y compte pas moins de 10 villages, outre la capitale, et la population totale est évaluée à près de 7000 âmes.
Ce chiffre, et le nombre des lieux habités, annoncent une vallée productive ; bous le rapport du sol, en effet, l'oasis de Dakhlèh l'emporte certainement sur la Petite- Oasis, et même sur la plus grande partie de l'oasis de Khargèh. Les cheikhs d'el-Kasr se glorifient de descendre de la tribu de Koreïch; ceux de Kalamoun, qui sont d'extraction turque, s'attribuent l'honneur d'avoir gouverné les oasis depuis le temps du sultan Selim.
L'oasis de Dakhlèh est précisément au S., et à la distance de 8 ou 9 journées de la Petite-Oasis (K. 168). L'oasis de Farafrèh fp. 1022)
lage de Mâsarah. — Kalamoun ,
3 h. 12. — El - Kasr, 3 h. (Jus- est à moitié chemin, qu'à Kalamoun, la route est a l'O.
sans grandes variations, de Kalamoun h el-Kasr, capitale de l'oasis, la route monte au N.).
El-Kasr est le lieu principal de l'oasis; la population est de 12 à
DE KÉNÈU A KOÇE1R.
Les Arabes connaissent plusieurs routes de Kénèh à Koceïr ; ce
1 .r>00 âmes. Les environs, du cotét sont des déviations d'une seule et du S. et de l'O., sont couverts de même ligne, qui divergent et se monticules artificiels,, qui déno- rejoignent à différents points, plutent que la ville a eu autrefois une tôt que des routes réellement dif-
heaucoup plus grande extension qu'aujourd'hui. Â 1 h. 40 m. de la ville actuelle vers l'O. -S.-O'. sont les restes d'un temple égyptien qui était consacré à Ammon ; les habitants le désignent sous le nom de Déir el-ïlayar, le Couvent de pierre. C'est la ruine la plus intéressante de l'oasis. Les légendes hiéroglyphiques portent le nom de Néron et 'clui de Titus, qui sans doute firent réparer l'édifice.
Le temple e*t précédé d'un pyléne, et l'enceinte est entourée d'un mur en briques. A l'E. du site de l'ancienne ville est une source appelée Ain el-Kyâd. El-
férentes. On en compte deux principales, qu'on nomme la route de ModtJïh et la route de Derb tr- Rcssafu. La longueur des deux routes ne diffère pas sensiblement (de 43 & 44 h.) ; la première paruit être la plus habituelle. Les solitudes montueuses et coupées de ravins que l'on traverse sont occupées par les Ababdèh ; ce sont eux qui fournissent les chameaux pour lesquels on fait marché à Kénèh. C est du reste une route aujourdhui très-peu suivie et peu \isitéet bien que ce* soit la plus i directe et la plus courte en- I tre le Nil et la mer Rouge. Sa
Kasr a une source chaude, qui ali- I direction générale est à l'E. On
peut cependant vouloir vigiter, juste à mi-chemin de Kénèh à Koçeïr, les antiques carrières du wadi Hammamat , gui ont fourni la plus grande partie des pierres employées dans les constructions de rhèbes aussi bien que . des autres villes de la haute Egypte , et dont l'exploitation , attestée
EGYPTE. L Kot'TK 174.
merce du blé dont elle eut l'intermédiaire entre la haute Egypte et l'Arabie. Elle a une cinquantaine de barques occupées à ce transit.
Ce qu'on nomme le Vieux Koçei:
est un site ruiné, à 1 h. 1/2 au X «ur une autre crique de la cùtr Ce n'est certainement pas le Piloteras Portu$ des anciens, romm<
par une longue série d'inscriptions on l'a souvent répété, mais bien et «le cartouches hiéroglyphiques, I plutôt VAlbu* Portus. ï'ne place remonte à des temps extrêmement i jadis plus importante comme anciens. La partie de la vallée où se trouvent les carrières est appelée wadi-Fakhari , à cause des débris de poteries (Fakhâr) qu'on y trouve.