‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 475 sur 511 · DE KÉNÈH AUX RUINES DE BÉRÉNICE · texte numérisé non relu

DE KÉNÈH AUX RUINES DE BÉRÉNICE

(tt journée*.)

Cette route, très-importante au temps des Ptolémées , n'a plus qu'un intérêt d'archéologie géographique. Elle part de Kobt , située sur les borôs du Nil à 5 h.

au S. de Kénèh, et coupe obliquement du N. O. au S. t., sur uneétendue de près do 400 kiloin..

tout le pays des Ababdèh . entre la haute Egypte et la mer Uouge.

Bérénicefutfondée par le second Ptolémée (Philadelpheï , qui lui donna le nom de sa mère, environ 275 ans avant notre ère, et elle se maintint pendant 4 ou 500 ans, concurremmentavec Myoshormos.

Son fondateur n'avait voulu et-pu créer sur cette côte inhospitalière qu'une station de commerce ; el'c dépérit et fut abandonnée quand les relations commerciales de l'Egypte bvzantine furent interrompues dans ces parages. La ville, qui n'eut jamais beaucoup d'étendue, était au fond d'un grani golfe que couvre au N. E. une longue péninsule, à très-peu vif chose près sous le même parallèle que Syène (mais non pas sous le tropique, comme le croyaient les anciens). 11 faut ajouter que la route qui conduisait à Bérénice La place" ne "vit que par lo com- existait, au moins en parue, bien

[Koutk 175.]

DE KENEH A THEBES.

longtemps avant les Ptolémées. f hammed-Ali voulut en faire repren-

dre l'exploitation . mais elle fut bientôt abandonnée. Il v a, près de Sakaït, un petit temple creusé dans le roc.avec quelques inscriptions grecques.

KUe avait été établie, pour l'exploitation des carrières , par les Pharaons de la xix' ou de la xx* dynastie t sinon plus anciennement.

Voici les stations que l'Itinéraire Antonin marque entre Coptos et lîérénice; la plupart ont laissé des vestiges aux distances indiquées.

De Coptos à Phoînieôn. 27 milles romains — Didyme, 21 m. — Afrodito, 20 m. — Compasi , 22 m. — Jovis , 33 m. — Aristonis, 25 m. — Phalacro.25 m. — Apollonos, 23m.

— Cabalsi , 27 m. — Caenon Hydre u ma. 27, m. — Bérénice, 18 m.

— Total 271 milles.

Pline, qui mentionne la mémo route (avec moins de détails), n'y compte que 258 milles. Peut-être y avait-il deux lignes à travers les vallées, Tune plus directe, l'autre moins. On sait que 3 milles roumains équivalent àl h. de marche.

Les ruines de Bérénice sont connues des Arabes sous le nom .le Sakait cl-Kibla (la Sakaït du S.), par opposition à un village de mineurs appelé Sakaït el-Kcbir ,

DE KENÈH A THÈBES.

(73 kil., «nwiron 18 h.)

K obi (-20 kil. rive E

ou comme

on Ko

prononce plus généralement, ft, fut l'ancienne CoptOS; sous les Ptolémées et sous les premiers empereurs romains, le commerce desmersde l'Inde, dont cette ville était devenue le principal entrepôt par la voie de Bérénice, en avait fait une cité riche et populeuse. Un soulèvement attira sur elle la colère do Dioctétien, dans les dernières années du m* siècle; elle fut saccagée par la soldatesque, et ruinée de fond en comble.

Elle ne se releva jamais complètement de ce désastre. Sous les dynasties arabes, la ville de Kous

nui est au milieu des montagnes l'avait remplacée comme dépôt du d'Emcraude k 1 journée 1/2 du commerce de la mer Kouge avec golfe vers le nord. Ces ruines la haute Egypte, comme plus tard sont peu importante?. La prinei- Kous à son tour a été supplantée pale est celle d'un temple, vers le : parKénèh. Les ruines mêmes qu'on centre de la ville ; on voit, par , voit k Kobt sont pour la plupart une inscription grecque qu'on y de la période musulmane, bien a trouvée, qu'il était dédié k Sérà- qu'on puisse encore reconnaître pis. Les noms de Tibère et de Tra- la trace de l'enceinte primitive, et jan ont été lus dans les eartou-jles restes d'une de ses portes du ches hiéroglyphiques. Ces restes ' côté oriental de la ville. On a sont presque entièrement enseve- quelquefois voulu en faire venir

lis sou* les décombres. Les maisons étaient construites, comme aujourd'hui celles de Souakin et de Massouàh, en pierres madréporiques.

Les mines d'émerande. autrefois célèbres, sont dans le wadi-Sakaït, 18 ou 20 h. avant d'arriver à Bérénice; il y a eu aussi des exploitations dans le Oébel-Zabara, à 5 ou 6 h. de Sakaït vers le X. E. Ces mines furent connues des anciens Égyptiens, aussi bien que des Khalifes etdes sultans Mamelouks; Mo-

le nom îles Coptes (V. p. 938); rien n'est moins fondé. Le nom de cette ville, qui remonte aux temps pharaoniques ( il est écrit Kabta dans les inscriptions hiéroglyphiques), n'a rien de commun avec celui de l'Egypte.

Ballas. situé vis-à-vis de Kobt, de l'autre côté et k une certaine distance du tleuve, est un village de potiers; ses jarres de teric, employées dans toute l'Egypte pour porter l'eau, lui doivent leur nom de ballàsi. Plus près du fleuve, un

vjOo^le

EGYPTE

autre village, Douaïdèh, représente Contra Coptos.

Kou8 (9 kil. rive E.) occupe le site <1 Apollinopolis Parva. Au temps

des Khtilileset des sultans Mamelouks, elle était regardée, par suite du commorco actif dont elle était devenue l'entrepôt, comme la ville la plus riche île la haute Egypte.

Elle a perdu toute son importance.

Elle n a plus de ruines anciennes, non plus que Négadèh, sur l'autre rive du Nil, où il y a plusieurs couvents coptes.

Chenhour, à une petite distance de Kous, sur la rive orientale, annonce par ses monticules arti- * ficiels le site d une ancienne place. Un temple de l'époque romaine, dont il reste encore quelques vestiges , a permis de reconnaître, dans ses inscriptions hiéroglyphiques, le nom égyptien de la ville, Senhôr.

Entre Chenhour et Thèbes, la rivière fait un détour considérable h l'E. l.'ne heure environ avant d'aborder à Thèbes, on aperçoit à sa gauche, à quelque distance du fleuve, le village de

Médamout (44 kil. rive E.) qui a des ruines anciennes, et, entre autres, un temple sur lequel on a lu les noms d'Amcnhotep II de la xvnie dynastie, et de Kamessès II, de la xix<% mais qui fut réparé ou agrandi au temps des Ptolémées, comme on le voit aussi par les inscriptions. Le pvlône porte le nom de 1 empereur 'Tibère. Le surplus des ruines se compose de maisons en briques. On ne débarque guère pour vindtcr cette localité; c'est habituellement de Karnak qu'on fait une excursion à Médamout.

Mais bientôt se montrent sur la rivo E. les grandes ruines de Karnak, pylônes, colonnades ete.; sur la rive O. les montagnes de Kounah, trouées d'hypogées. Entin , bientôt on aperçoit sur la rive E.

Louksor avec ses pylônes, son obébisque, son minaret, ses palmiers, les huttes des fellâh qui couvrent le temple. On est à Thèbes.

[Route 175. j

THÉBES.

Page 1