I. Rive occidentale
On 8e fait habituellement conduire r bateau de Lcuksor, en doublant ViU h<tr- ( voir le plan), au point directeajfoppoeé où aboutit le chemin direct d« Colosses ét »le Medinet-Abou : c'est à point de débarquement qu'on trour*- t plu* de guides et de montures. To^rfois, pour la première visite qui doit ct consacrée à Kournah, il vaudra mi-.descendre le Nil jusqu'au lien dit *•- Ghimmaïs, le Sycomore.
Temple de Kournah (ou Qour
nah). C'est la première ruine oîi?
l'on rencontre en montant du Si vers Bab el-Molouk. Le village t>: sur une petite éminence, à un pe.
plusd'un kilom.(l/4 d'h.v du fleuve L'édifice, comme la plupart de* constructions de cette partie occidentale de Thèbes, avait tout à W fois le caractère d'un temple tt d'un monument funéraire. Les hsbitants le désignent sous le noir, de Kasr er-Houbaïk. Il fut commencé par Hamessès, le l«r roui* la xixe dyn. (vers 1460 av. J.-C. ï, c terminé par son fils et son peinlils Néti et Hnmessès IL Les inscriptions le placent sous l'invocation d'Araoun, le grand dieu thébain. Ses dimensions sont médiocres, mais il est intéressant à eau*--* de l'élégante pureté de ses hiéroglyphes et de ses sculptures murales. On y arrive par un pyMne en partie détruit, qui porte les noms de Séti et de Ramessès 111, et qui marque l'entrée du droroos ; une allée do sphinx de 40 mètre»
de longueur est difficile à recon-
(Roijtb 175.1 THKBES. —
naître au milieu des masures des fellàh. Un second pylône, à l'extrémité de cette allée, conduisait ii un autre dromos presque égal au premier, et qui aboutit au péristyle formant lu façade du temple.
Trois portes pratiquées sous le vestibule donnent accès h l'intérieur de l'édifice. La salle du milieu a 18 m«-t. de profondeur ; elle est soutenue par 6 colonnes. A droite et à gauche sont trois petites chambres, avec une salle latérale, et un passage qui conduit h une cour extérieure. A l'extrémité de la salle du milieu s'ouvrent cinq chambres, dont l'une, celle du centre, conduit à une nouvelle salle soutenue par quatre piliers carrés. Au delà était le sanctuaire ; mais ici la dégradation de l'édifice ne permet plus de reconnaître sûrement la disposition primitive.
La partie la plus intéressante de ce temple est la salle latérale de l'O., dédiée par le roi Séti, ainsi que les H chambres qui y font suite, à son pére Ramesses îrr. Les sculptures qui couvrent l'intérieur et les murs du corridor sont du régne de Ramessès II, ainsi qu'on l'apprend par les inscriptions. La srene sculptée sur le mur de face représente, dans le compartiment inférieur, le roi Kamessès II présenté par Mandou à Amoun-Ké, derrière lequel se tient Rames, ses Ier portant les emblèmes d'Osiris. Dans le compartiment supérieur, le roi est présenté àAmoun- Ra par Atmou et par Mandou, le tout accompagné de légendes rappelant les noms des trois constructeurs du temple, et sa dédicace au dieu suprême.
A 100 met. environ de l'édifice qu'on vient de parcourir, deux Statues mutilées, on granit noir, représentent aussi Kamessès IL
tin peu plus loin vers le N., dans la plaine de Drah Abou Négah, à la pente de la colline du même nom et presque à l'entrée de la vallée qui conduit à Bab el-Molouk, les fouilles de M. Ma-
KOUUKAH. 1043
riette ont amené, en 1859, une découverte du plus haut intérêt.
L'heureux explorateur avait remarqué sur ce point une bande de terrain toute semée de poteries brisées, et qui ne semblait pas avoir été jamais fouillée. Il y fit appliquer la bêche, et bientôt sa prévision se trouva justifiée. A la profondeur de 5 à 6 mètres, on rencontra, déposées dans le sable même, toute une série de caisses de momies, et entre autres un ma- : gnifique cercueil doré, qui s'est trouvé renfermer le corps d'une princesse appelée Anhhoiep. que M. Mariette croit être la mère du ! roi Aamès, ou Amosis, le chef de la : xvin« dyn., une paitie des objets que renfermait la momie étant marquée au nom de ce prince. Ce sont des bijoux de diverses sortes, tous en ot et d'un travail précieux.
Ces bijoux, qui témoignent du haut degré de perfection où l'industrie était arrivée à Tbèbes plus de 1700 ans avant notre ère, figurent maintenant parmi les trésors du Musée du Caire.
Hypogées de Koumah. Au N.
de Kournah, à la distance de 10 à 12 min., on trouve une localité curieuse à voir. C'est une excavation de plus de 100 mèt. d'étendue pratiquée h la pente de la colline, et qui sert d'entrée commune a de nombreuses catacombes précédées d'une sorte de galerie formée par un double et quelquefois un triple rnng de piliers carrés ménagés dans la masse du rocher. Ces excavations, au temps des derniers Mamelouks et même de Méhémet- Ali, servaient de refuge habituel aux habitants du village quand venaient les collecteurs de l'impôt, et peut-être n'en ont-ils pas encore tout à fait perdu l'habitude ; on n'en a pas fait jusqu'à ; présent une exploration exacte, que nous sachions. Peut-être fai- | saient-elles partie des 47 tombes I royales que mentionnaient les annales sacrées de Thèbes.
Tombeau* des Rois. A une centaine de mètres au N, du temple dt
J044 EGYPTE
Kournah, on trouve un carrefour où 4 chemins se réunissent. L'un de ces chemin*, celui de gauche, prend sa direction vers le N.-O.
c'est celui de Diban el-Molouk, ou les Portes des Uois (au singul.
ttab el-Molouk), nom donné par les Arabes à la vallée solitaire que les anciens rois des dynasties thébaines avaient choisie pour y placer leurs tombeaux. Bientôt le sentier s'engage dans une gorge étroite et sinueuse, entre les murailles escarpées des rochers (V. le plan); il se replie à l'O. et au S.-O. en contournant la montagne, puis il tourne directement au S.
pour pénétrer dans la nécropole royale. A ce point, la vallée se bifurque en deux branches, l'une qui continue au S., l'autre qui se porte à 10. et au S.-O., etque l'on a distinguée par la dénomination de Vallée de i Ouest.
La première branche, celle que l'on suit d'abord, devient bientôt de plus en plus étroite ; on franchit une courte tranchée (20 à 25 pas; qui parait avoir été pratiquée de main d'homme, et qui se termine par un passage étranglé semblable à une porte (de là, peutêtre, la dénomination arabe de Dab el-Molouk) ; on est arrivé au fond de la gorge. — Cette partie extrême est la vallée des Tombeaikv proprement dite. C'est là que se trouvent les hypogées royaux. La distance, depuis le carrefour de Kournah, est d'environ 3 kilom.
1/2. Rien de plus aride et de plus désolé aue toute cette route et la vallée elle-même. Pas le plus léger signe de vie ; pas la moindre trace de végétation : tout est morne et silencieux comme la tombe. Cette longue gorge est le digne vestibule du séjour des morts.
Visiter toutes les tombes et les examiner en détail demanderait autant de semaines que la généralité des voyageurs peut y consacrer d'heures ; elles n'ont pas toutes, d'ailleurs, le même intérêt, ni au point de vue historique ni au point de vue de l'art. Il suffira de
Route 17'
voir les principales ; on aura }.-r celles-là une idée des autre». Etlr; sont toutes disposées sur le méinplan ; elles ne différent entre eli»quo par leur étendue et la riches, de leur décoration. Une port' taillée verticalement dans le rocher, sert d'entrée à une galerir qui pénètre dans l'intérieur de .i montagne, et qui descend par m plan plus ou moins incliné. I> distance en distance, on renconir* de petites chambres carrées ou d-.»« salles oblongues, dont la voûtée*:
soutenue par des piliers, jusqu; ce que l'on arrive a la pièce principale où était dépose le sarcophage. L'un de ces hypogées, l plus grand, n'a pas moins de 1?' nièt. de longueur totale, et da&toute cette étendue il n'est p^ une seule partie des parois, au^ bien des galeries que des chambra ou des salles, qui ne soiteouveru de peintures ou de bas-relieîv Une remarque, que l'on doit a Champollion, et que les études ultérieures ont de plus en plus confirmée , c'est que l'étendue de* tombes est toujours en rapport avec la longueur des règnes. Chaque roi, dès les premiers temps dson avènement au trône, f&isa:; travailler à l'hypogée où devaient être déposés ses restes. S'il régnai' longtemps, les travaux se déployaient sur une large échelle, les chambres et les salles se mu!
tipliaient, la chambre, destinée au sarcophage était portée très-avart dans les entrailles de la montagne; les peintures etlessculpture*.
enfin, étaient exécutées avec tout le fini et la perfection dont étaieo: , capables les artistes égyptiens ; s:
le règne était court, au contraire, les travaux ne pouvaient avoir que peu de développement, et il arrivait même que les peintures ol les sculptures restaient à l'état d'ébauche. On a vu précédemment (p. 999) que M. Lepsius a faitune remarque analogue sur la dimension différente des Pyramides, qui furent lestombeaux des anciens rois de Memphis, comme le furent les
[Routb 175.] THÈBES.- TOMBEAUX DES ROIS.
hypogées de Biban el-Molouk pour les dynasties qui résidèrent à Thèbes.
M. Wilkinson, à l'époque où il visita les tombeaux des rois, peignit au-dessus de l'entrée de chaque tombe un numéro de reconnaissance qui a depuis lors servi à les distinguer. Nous nous servirons de cette indication, qui est brève et claire.
Tombe du grand Séiostris. La
renommé qui s'attache à ce nom, aussi bien chez les historiens grecs que dans les documents égyptiens, y porte d'abord notre attention.
C'est le no 17 de Wilkinson ; on la désigne aussi sous le nom de tombe de Belzoni, parce que la découverte en est due à cet intrépide explorateur. Le nom du roi, dans ses cartouches, est Rainessou-Méramèn, nom que l'historien Josèphe, d'après Manéthon, a reproduit sans trop d'altération, dans sa transcription grecque Ramsès-Meïamoun.
L'hypogée est remarquable par la beauté de ses sculptures peintes et par son état de conservation, quoique ces tableaux, dont nous admirons aujourd'hui la fraîcheur et l'éclat, aient été exécutés il y a plus de 3300 ans.
On a d'abord à descendre un escalier très-rapide qui s'enfonce à 7 nièt. 1/2 au-dessous du sol de l'entrée; puis on trouve un passage de 5 mèt. 7*2 sur 2 met, 80 de large, dont les inscriptions et les figures se rapportent à Séti, père de Ramessès. On passe une autre porte et l'on descend un second escalier, au bas duquel un nouveau corridor de 9 mètres conduit & une chambre oblongue de 3 m. 70 sur 4 m. 32. Cette salle, aussi bien que le passage qui précède, sont décorés de scènes allégoriques, représentant le passage du roi dans le monde inférieur, l'Amenti (Émènt signifie en égyptien l'occident, le couchant), et sa réception par différentes divinités. Un puits, que Belzoni a comblé» semblait former ici la limite extrême de la tombe; mais ce puits, qui n'aboutit à rien,
Orifnt.
n'était destiné qu'à dérouter la recherche de ceuxquiauraient voulu trouver la salle où reposait le corps du roi. Belzoni n'y fut pas trompé. En sondant avec soin les murs de la salle, dont la maçonnerie est recouverte d'une couche de stuc ornée de peintures, un son creux sur un certain point lui découvrit le secret. Une ouverture fut bientôt pratiquée, et l'on vit alors recommencer une nouvelle série de salles et de galeries.
La pièce où l'on pénètre d'abord est une salle carrée de 8 m. de cotés, dont la voûte est soutenue par 4 colonnes, décorées, ainsi que les murailles, de belles sculptures recouvertes de couleurs qu'on dirait appliquées d'hier. Un des sujets les plus intéressants est une procession allégorique des quatre races du monde assistant aux funérailles du héros : la race égyptienne appelée Rotou, peinte en rouge (comme le sont toujours les Egyptiens sur les monuments) ; la race d'Ammon, de couleur claire, avec des yeux bleus et de longues barbes : ce sont sûrement les peuples du N.; la race noire, les Nahesou, qui sont les Nègres du S., enfin, la race des Tamahou, peau blanche, yeux bleus, barbe en pointe, plumes dans les cheveux en guise d'ornement, grandes robes flottantes, probablement les peuples de 10. Sur le mur du tond, dans un tableau remarquable par l'élégance du dessin et la richesse du coloris, le roi est conduit par Horus en présence d'Osiris et d'Athor. Là, s'ouvre la suite de la galerie.
Quelques marches que l'on descend conduisent à une autre salle de dimensions semblables à celle que l'on vient de quitter, mais qui n'est soutenue que par deux colonnes. Les scènes qui devaient en orner les murailles sont esquissées en noir sur le stuc d'un trait ferme et bien arrêté ; mais le sculpteur, dont ce tracé devait guider le ciseau, n'a pas eu le temps d'aborder son travail, sans doute interrompu
par la mort du roi. t *n double passage conduit de cette salle inachevée à une chambre de 5 m. 25 sur 4 m. 33, dont Jes peintures se rapportent à des scènes du rituel funéraire. De cette chambre, on
Sénètre, par une porte du fond, ans une salle carrée plus grande qu'aucune des précédentes (chaque côté a 8 m. 34), et dont le plafond est supporté par 6 colonnes.
A droite et a gauche est une petite chambre latérale, et a l'extrémité de la salle s'ouvre un espace transversal de 9 m. 27 de largeur sur une profondeur de 5 m. 88. Le plafond en est arrondi en voûte.
Au centre de cette espèce de chapelle funéraire, ornée d'une profusion de sculptures, était un sarcophage en albâtre oriental ; mais ce sarcophage était vide. On le voit aujourdliui au Musée Britannique. A gauche est une autre chambre dont les parois sont chargées de tableaux allégoriques.
Là, ne se termine pas encore cette longue série d'excavations.
De même qu'il avait découvert la porte masquée qui conduit à la chambre du sarcophage, ici encore, à la base même du cénotaphe, Helzoni s'aperçut, au son que rendait le sol, qu'un espace vide devait exister en cet endroit. Cette partie du plancher enlevée mit effectivement à jour l'entrée d'un
Slan incliné, accompagné d'un ouble escalier à droite et à gauche, par lequel on descend trèsavant dans l'intérieur de la montagne. Des éboulements, survenus à l'extrémité de cette descente, ne permettent plus de s'y avancer que de 46 mètres environ ; on ignore où se termine le souterrain. Il est assez probable qu'il conduit à quelque caveau ou repose la momie royale.
Depuis l'entrée extérieure jusqu'à l'endroit du plan incline où 1 on est arrêté par les éboulements, ce vaste hypogée présente un développement en longueur de 145 mèt. Le point extrême du plan iacliné est à 56 m. environ de pro-
l Route 17"..
du niveau de
EGYPTE
fondeur au-dessous la vallée.
Tombeau de Brape ou des har
pistes tu* llj. Celui-ci, dont kvoyageur Bruce a parlé le premier, offre un très-grand inieréi par la nature des sujet* représentés dans ses peintures. Toute a vie sociale des anciens Egyptien* y est en quelque sorte 6gurée. l< roi pour lequel la tombe fut creusée est le 3* Ramessès, chef de la xxe dyn. (vers i960). Le développement total de l'hypo^e, moir»
considérable que le'précédeni, «
de 125 m. en longueur, et sa via grande profondeur n'est que oc S à 10 mètres.
La partie la plus intéressant* est la suite de petites chambres desdeux premiers passages. Dans Ji première, à gauche en entrant, oc voit représentées différente» scènes relatives à la préparation <àt* aliments.Des nommes sont occu?»
à abattre un bœuf et k en détaefc*' les quartiers, que l'on met dir»
des chaudrons posés sur un trrpied sous lequel brûle un graix:
feu. D'autres pilent quelque chc^ dans un mortier, hachent d. U chair, font cuire les viandes. U pâtisserie, les légumes, etc.; d autres^ sur la ligne inférieure, transvasent des liquides au moyen dr siphons. Tous ces groupes, quoiqu'ils aient souffert, sont parfaitement reconnaissables. Sur Je mur du fond, les boulangers pétrissent la pâte et préparent la cuisson 3u pain dans des fours pareils aui nôtres.
Dans la chambre ouposée. or voit diverses sortes de barque richement peintes et très-orn -rs.
Quelques-unes ont des câlina spacieuses, d'autres it*ont qu'asiège près du mât.
La chambre qui vient ensuit-, à main droite, nous montre le* armes diverses et l»is instrument* de guerre des Egyptiens, cuuteli*.
sabres droits et recourbés, poignards, lances, ares, flèches e:
carquois, cottes de mailles, casques, javelots, massues, étendards,
[Route 175.] THEBES.— TOMBEAUX DES ROIS.
etc. De chaque côté de la porte, est représentée une vache noire avec les ornements de tête d'Hathor ; les légendes hiéroglyphiques qui les accompagnent désignent pour l'une le N., pour l'autre le S., comme pour indiquer que les armes sont celles de la haute et de la basse Egypte.
Dans la chambre suivante, on voit représentés des sièges et des couches de formes élégantes couverts de riches draperies et du
f)lus beau travail, ainsi que tous es accessoires d'un somptueux ameublement, vases, bassins, peaux de léopard servant de tapis, etc. Ces représentations, aussi bien que les bijoux trouvés par M. Mariette près de Kournah, suffiraient pour montrer tout à la fois à quel point étaient arrivés chez les Égyptiens de cette époque reculée les arts qui tiennent au luxe et les raffinements de la vie intérieure.
La chambre suivante nous transporte au milieu des scènes agricoles. Le Nil débordé se répand sur les terres à travers les canaux.
Ici, on répand la semence, plus loin, on fait la récolte et on rentre les grains.
D'autres chambres sont consacrées à différentes divinités et à leurs emblèmes. Puis viennent des représentations d'oiseaux du» ciel et d'oiseaux domestiques, avec les productions des jardins et des vergers. Enfin dans la dernière chambre on voit figurés deux musiciens jouant de la harpe devant une divinité. C'est de là que l'hypogée a reçu le nom de Tombe des Harpistes.
Chacune de ces chambres a un puits, maintenant fermé, où furent probablement enterrésdes officiers de la maison du roi. On peut supposer, avec beaucoup de vraisemblance, que la décoration de chacune des chambres avait rapport aux fonctions de chacun de ce3 officiers.
Cette première galerie, avec ses phambres latérales, a une Ion-»
gueur de 40 mèt. Ici, la proximité de la tombe contigue a obligé de décrire un coude, après lequel la galerie reprend sa direction première. Les sujets figurés sur les parois de cette seconde galerie se rapportent au passage du défunt dans l'Amcnti ou monde inférieur.
On y voit aussi, comme dans la tombe de Sésostris, le cortège symbolique des 4 races du monde ; seulement les quatre figures qui représentent la race égyptienne sont ici peintes en noir, quoique avec la môme dénomination hiéroglyphique, Rotou. Après la grande salle du sarcophage, on trouve encore pratiqués trois passages suc-
cessifs.
de celles s les Ptolé-
Cette tombe est une qui furent ouvertes sous mées, il n'est donc pas surprenant que le sarcophage en ait été trouvé vide. Ce sarcophage, qui est en granit rose, est maintenant au musée Britannique.
Tombe de Memnon. La tombe n* 9, connue des Romains sous le nom de tombe de Memnon, est encore au nombre des plus vastes.
Son développement en longueur est de 106 mèt. Elle a peu d'inclinaison en profondeur; son point extrême n'est qu'à 7 mèt. 60 audessous du sol extérieur. Elle fut creusée pour le 5« Uamessès (xxc dvn.)f qui porta, de .môme que plusieurs autres pharaons, le surnom de Meïamoun. Elle fut ouverte au temps des Ptolémées. Plusieurs de ses peintures ont un certain intérêt astronomique.
La tombe n° 16 appartient au 1er Ramessès, fondateur delaxix»
dyn. et aïeul de Ramessès le Grand ou Sésostris (vers 1458\ C'est la plus ancienne de toutes les tombes de la vallée des Rois. Le n° 14, dont l'étendue est considérable (112 mèt.), est la tombe du Pharaon Siptah, de la même dynastie (vers 1288). Le no 6, où il y a des peintures phalliques assez singulières, appartient à Kamessès Vllfxxedyn.} le n*4, à Ramessès VI II; le n° 1, à Ramessès IX; le n°18, à Ramessès X»
Toutes cet tombes, et celles que nous croyons inutile de mentionner en particulier, sont, comme on le voit, de la xix« et de la xx« dyn., c'est-à-dire des deux grandes dynasties des Ramessides. On en reconnaît 15 comme ayant dû être ouvertes au temps des Ptolémées :
ce sont les noa 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 14, 15 et 18.
Vallée de l'Ouest. Cette vallée, qu'on laisse à droite lorsqu'on pénètre dans celle que nous venons de parcourir, renferme 4 tombes à son extrémité supérieure. Le voya-
Seur pressé par le temps peut se ispenser de les visiter. Deux seulement ont été ouvertes et explorées; elles appartiennent à deux princes de la xvme dyn., Amènhotep (ou Aménophis) 3« du nom (vers 1570), et son second successeur Armais. Elles sont plus anciennes, conséquemment, que les tombes de la vallée orientale. On a remaroué une grande ressemblance de physionomie entre les personnages représentés dans ces tombes de la vallée de l'Ouest et ceux qui figurent dans les tombeaux de Tell el- Amarna {V. p. 1026^, et on en a Conclu qu'ils devaient appartenir à une même famille d'origine étrangère ; ceci est un point qui est loin encore d'être bien éclairci.
Au premier coup d'œil, le fond de la vallée des Rois forme un bassin complètement fermé, dont les parois présentent une enceinte de rochers qui semblent inaccessibles. Ihy existe cependant, du côté de l'E., un sentier de chèvres qui permet de franchir directement sur ce point la crête de la chaîne Libyque (voy. le plan), et de redescendre dans la plaine, vis-à-vis du Deïr el-BAhn, sans reprendre le long détour de la gorge de Kournan. Ce sentier a un autre intérêt: c'est que, du point culminant où il conduit, on voit mieux que de tout autre endroit, se dérouler toute la carte de Thèbes, au S. jusqu'à Médinèt- Abou, au S.-E. jusqu'à Louksor, à l'E. jusqu'à Karnak et à Méda-
ÉGYPTE. [Route 17'.
mout; sur le sommet de la monu gne, on trouve de grandes quar tités de coquillages pétrifiés.
Deïr el-B&hri. Lorsqu'on a r.descendu, par le sentier dont j vient d'être question, la pen:?
orientale de la montagne Liby'qu = on se trouve au fond d'une pet r vallée dont l'axe s'étend de rO. * l'E., et qui va déboucher dans .* plaine, entre les collines d'AbJ eJ- Kournah et d'el-Assasif, directement à l'O. et à 1200 mèt. environ (1/4 d'h.) du temple (déjà visité de Kournah. Un ancien temple ruiti<.
vers la partie supérieure de cettt petite vallée, est désigné par le?
fellâh sous le nom de Deïr el- Bahri (le couvent du N\), usi doute parce qu'il a autrefois servi, comme la plupart des temples de Thèbes, d'église ou de monastère aux chrétiens des premiers siècles.
C'est un des plus anciens édifices de la Thèbes pharaonique. Il fui élevé par une reine régente dcommencement de la xvui* dyn.
(la reine Hatasou , vers 1630 ou 1640), après la mort de Touthmès II et avant l'avènement du célèbre Touthmès III, dont elle était la sœur ainée. On y arrive par une avenue de sphinx longue dur.
dcmi-kilom., à l'entrée de laquelle était un pylône dont il ne reste que les fondations, et qui te terminai:
par deux obélisques, dont remplacement n'est plus indiqué que par les piédestaux. On arrive deli a la porte du temple, par une succession de plans inclinés et de perrons conduisant à autant de terrasses, et en traversant deux pylônes en granit chargés de sculptures. Un mur extérieur qui prtcède le temple, accompagné a ut péristyle de 8 colonnes polygonales formant une galerie couverte, est également couvert de sculptures et d'inscriptions; partout on remarque que le cartouche de h reine a été effacé à dessein (biec qu'on puisse encore le reconnaître), et remplacé par celui de Touthmès III. La partie la plus reculée du temple, Yadytum, e$t
[Route 175.) THÉBES.— TOMBEAUX DES ROIS.
taillée dans le roc, et le plafond y t uns noirs, les autres arrondi en cintre. M. Mariette
est
y a commencé des déblaiements en 1858, et a déjà mis à jour de très-intéressants tableaux historiques.
'Colline d'Abd el-Kournah. Grottes tumulaires. L'avenue de sphinx qui conduit au Deïr el-Bâhri commence au voisinage de deux collines, l'une au N., celle d'Assasif [à dr. de l'entrée de l'avenue en taisant face au temple], l'autre au S., à gauche, et à très-peu de distance de la précédente, celle d'Abd cl- Kournah. Les flancs de ces deux collines, et, l'on peut ajouter, de toutes les hauteurs environnantes, sont percés d'une multitude d'hypogées tumulaires, dont quelquesuns au moins méritent a'être visités. Quelques-unes des excavations de la colline d'Abd el-Kournah appartiennent à des rois de -la xvin», de la xixe et de la xxe dynastie. Il y en a deux de particulièrement intéressantes ; ce sont celles que M. Wilkinson a marquées des nM 16 et 35. Le n° 16 est du règne d'Amenhotep ou Aménophis III (xvin« dyn. , vers 1530) ; c'est la tombe clu scribe royal de ce prince. Une longue procession représente les obsèques mêmes du défunt , dont le cercueil est transporté sur un radeau traîné par 4 bœufs. Beaucoup d'autres tableaux représentent des scènes diverses , soit de chasse ou de pèche, soit de la vie intérieure du palais. Mais la plus curieuse de toutes ces tombes est le n° 35. Celle-ci est du temps de Touthmès III (xvm* dyn.), prince fameux dans les Annales de l'Egypte par ses expéditions et ses conquêtes, et auquel appartient un grand nombre de constructions des deux côtés de Thèbes. On voit ici (dans la 1m chambre à g. en entrant) une longue file de nations étrangères apportant au roi leurs tributs. Ces nations se distinguent en 5 groupes. Le premier se compose des envoyés du pays de Pount (c'ost l'Arabie mérid.), les
rouges, oui apportent de l'ivoire, des léopards, des singes, des peaux, "des fruits séchés. Ils sont vêtus d'un habillement court. Le second groupe représente un peuple dont la peau est rouge comme celle des Egyptiens, mais dont la coiffure est en partie disposée en touffes relevées sur la tête, et en partie en une tresse qui retombesurlecôtédroit.
Pasde barbe. L'habillement est une courte tunique serrée aux reins; la chaussure, des brodequins qui rappellent ceux des Etrusques. Ils apportent des coupes et des vases de forme élégante, couverts de dessins, de fleurs et d'autres ornements. Le nom du peuple cstXeto.
Les noirs du Midi, appelés Je peuple de Kousch , forment le troisième groupe. Les chefs portent le costume égyptien : les autres sont en partie vêtus d'une peau de bête sauvage. Leurs offrandes sont des anneaux d'or, des sacs de poudre d'or, des peaux, de l'ivoire, de l'ébène, des œufs d'autruche, des plumes, des singes, des léopards , des chiens ornés de beaux colliers, et un troupeau de bœufs à longues cornes. Le 4» groupe se compose d'hommes à la peau blanche, portant de longs vêtements serrés au cou, les cheveux rouges, la barbe courte. Ils apportent des vases pareils à ceux de Kéfa , un chariot et des chevaux, un ours, un éléphant et de l'ivoire. Leur nom est Rétennou. Les Egyptiens marchent en tête du 5* groupe, et ils sont suivis des femmes noires de Kousch et des femmes de Rétennou. D'autres chambres intérieures présentent des tableaux extrêmement variés, où l'on voit, entre autres, des ouvriers de diverses professions livrés à leurs travaux . dont»
on connaît par là les procédés.
Colline d'Assasif et ses tombes.
Les hypogées d'el-Assasif diffèrent par leur aspect extérieur des autres tombes thébaines. La plupart sont creusés dans la plaine même qui borde les hauteurs. Une cour
EGYPTE
entourée de murs *cn briques et oruée de colonnes, avec une entrée de forme monumentale, conduit à l'escalier par lequel on descend dans les souterrains. C'est, selon l'usage, une suite de cham
[Roctk 175.]
sarcophage, Qui est ordinairement d'un beau calcaire et qui a quelquefois plus de 3 m. de longueur.
Ces sarcophages ont été points tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et le nom du défunt y est in^cr.t.
bres et de salles reliées par une I/un d'eux, maintenant à Ber!;r. galerie continue. Parmi ces hy- j porte l'appellation générique ie pogées d'el-Assasif, il y en a ûn ( fa xi« dyn. rovale, Nentef. qui surpasse de beaucoup en éten- Hypogées des hauteurs de Del: due toutes les autres tombes de el-Médinèh et de Kournah Mur- Thebes, même celle de Sésostris, I rayi. Toute la suite des hautcjr* dans la vallée des Rois. Ses galeries, ; qui forment la ceinture du cet:< depuis la porte d'entrée jusqu'à j partie de la plaine, et qui se prieur extrémité, n'ont pas moins longent vers 10. et le S.-O. à parde 2G6 mèt. de développement , I tir de la colline d'Abd el-Kournai. avec un grand nombre de cham- est remplie d'excavations sembla
bres et de salles, toutes couvertes de sculptures et de peintures. Les dimensions de l'entrée, que précède une enceinte extérieure de
bles, mais en général d'époque* moins anciennes. Toutes ces batteurs sont composée* dYnorme»
bancs de dépôts calcaires coup**
32 m. sur 24, répondent à celles à pic, et présentant, du côté de .i des souterrains. L'occupant n'é- J plaine, des parements escarpé-* e; tait cependant qu'un des fonc- 1 très-élevés. Lorsque den bas cl tionnaires de la cour du roi , ap- porte ses regards vers cette li^ne
d'escarpements arides , on aper-
partenant à l'ordre des prêtres.
L'époque où il a vécu est incer tainc.
coit de tous côtés, à toutes let hauteurs, une multitude d'ouvtf-
Tombes de la XI" dynastie. Au- i tures semblables à des fenêtre* dessus de la colline d'el-Assasif, | percées dans le rocher, qui en es: dans la chaîne de rochers qui la | criblé. Ces tombes faisaient pardomine au N., se trouvent les plus j tie sans doute de la nécropole anciennes tombes do toute la plai- 1 commune. Elles sont péut-rale~ ne de Thèbes ; car elles appar- mentpetites, et décorées de sculptiennent à la xi« et à la xn< dynas- , tures intérieures. Quelquefois li tics manétboniennes, qui sont les nature friable de la roche a obligé
* s d'en revêtir la partie supérieure
deux premières dynasties thébaines. On distingue "de loin l'entrée de ces tombes à plusieurs centaines de pieds de hauteur dans
d'une voûte de briques. Il sembla qu'au temps de la xviir dyn. ui quartier particulier de ces col-
les rochers, immédiatemant au nés, au voisinage d'Abd el-Kour
pied de l'escarpement vertical qui en forme la crête. Une sorte de petit parapet en pierres borde les sentiers qui y conduisent. Cette disposition générale, et l'aspectcxtérieur des hypogées, rappellent , ceux de Béni-Hassan, qui sont du même temps, entre 2G00 et 2800 ans avant notre ère. Les grottes sont généralement creusées en plan incliné, et descendent profondé
nah et de Kournah -Murrayi, été réservé à l'ordre des jprétrr* Beaucoup de tombes étaient i> eompagnées ou recouvertes d'uspetite pyramide en briques, dv ..:
plusieurs se sont conservées.
Tombeaux des Reines, l'n emplacement spécial était attribua, dans ce vaste quartier des mort*, aux tombeaux des femmes du san; royal. On y arrive en continuant
ment dans l'intérieur de la mon- j de s'avancer à l'O. , en long-car;! tagne. Elles n'ont ni décorations, | le pied des rochers depuis la coïni peintures ; elles n'ont pas non ! line d'Abd el-Kournah, J'espace plus d'inscriptions, sauf sur le J de 30 à 40 minutes. Ces tombes,
[Route 175.]
que les Arabes connaissent sous les noms de Biban el-Haghi~Hamed et de Biban es-Soultanât, n'ont d'ailleurs qu'un intérêt purement archéologique. Le feu en a détruit à peu près toutes les peintures, et n'a laisse subsister qu'un certain nombre d'inscriptions hiéroglyphiques. Les hypogées des Reines appartiennent aux trois dernières dynasties thébaines, la xvina, la XIXe et la xx«. Il y en a en tout une vingtaine; le mieux conservé est à 1 extrémité S. de la vallée.
Un peu plus loin encore (1/4 d'h.
environ) en continuant vers le S. O., on arrive à ce qtre les Arabes ont nommé Gabbanèt e\-Kérond% le
Cimetière des Singes, d'après le grand nombre de momies de ces
THÈBES. — RAMESSEION. 1051
teur de ce magnifique palais, ne permet plus d'hésiter sur sa véritable désignation. Ramessès IL le 3* prince de la xixe dynastie, est comme on sait, le Sésostris des historiens grecs, si célèbre dans les anciennes traditions par ses lointaines expéditions militaires; les bas-reliefs et les inscriptions du ce palais, de mémo que bien d'autres monuments de FÉgypte, en retraçaient l'histoire. Nous rappellerons que le long règne de Ramessès II se . place entre les années ,1407 et 1341 avant l'ère chrétienne. Il y a longtemps d'ailleurs qu'on a reconnu que l'édifice décrit par Diodore sous le nom de Tombeau d'Osymandias ne peut être que notre Ramesseïon.
Le palais, dans son ensemble,
animaux qu'on a trouvées dans les se composait d'une entrée monu
ravins de cette partie de la mon tagne.
Nous avons dû suivre sans interruption toute l'étendue de la Nécropole thébaine ; nous allons maintenant rentrer dans la plaine et en visiter les monuments, à partir des ruines d'Abd el-Kournah.
Immédiatement au S. de la colline d'Abd el-Kournah, à la distance de quelques minutes seulement, on rencontre une large enceinte de briques crues. L'n temple construit en pierres calcaires en occupait autrefois l'intérieur; il en reste a Pe*nc quelque trace.
Le nom de Touthmès III (xvm« dyn.), empreint sur les briques de l'enceinte, en détermine l'époque.
— A 6 ou 7 min. de là, dans la direction du S.-O, on se trouve devant une ruine qui améri té d'être signalée comme appartenant à ce qui fut autrefois un des plus beaux monuments de l'Egypte : c'est le Ramesseïon, ou palais de Ramessès II. Une confusion qui remonte à Strabon avait fait appliquer le nom do Memnonium à cet édifice dans les anciennes relations ; mais la lecture des inscriptions depuis Champollion, en faisant connaitre avec certitude quel fut le construc-
mentale, d'une vaste cour ornée d'une double ligne de colonnes formant galerie, de deux grandes salles successives soutenues par do nombreuses colonnes, et enfin d'une suite d'appartements formant l'extrémité de l'édifice. La disposition en était tout-à-fait régulière, et le grand axe sur lequel se succédaient la cour, les salles et les chambres, avait une longueur totale do 167 mèt. environ.
Un dromos d'une étendue proportionnée, avec une allée de sphinx selon l'usage égyptien, ajoutait sans doute à l'aspect grandiose du palais, et l'intérieur en était orné a profusion desculptures, de peintures et de statues colossales. Les statues ont été brisées, les murs et les colonnes en partie renversés, les peintures et les sculptures mutilées ou détruites; et cependant ce qui subsiste encore, tant des constructions primitives que des fondations, permet de se rendre compte de ce que fut le monument dans sa' magnificence. 11 est plus que problable que sa destruction lut 1 œuvre de Cambyse, qui se vengeait sur lès temples et les palais des victoires égyptiennes dont ils perpétuaient le souvenir.
EGYPTE
Les deux pylônes qui formaient la façade, sur une largeur totale de 68 met., et dans l'intervalle desquels était la grande entrée, sont encore debout, quoique trèsdégradés. Les bas-reliefs de ces pylônes commençaient la série des tableaux historiques du palais.
11 en existe encore quelques parties à la face intérieure, accompagnées de légendes qui en font connaître lesujet. Il s'agit ici d'une double expédition du roi contre les Khéta, en l'an 5 et en l'an 8 de son règne. Le nom de Khéta (les Khétim de la Bible), dans la géographie pharaonique comme dans Je livre de Josué, se prend pour l'ensembledes peuples de Kanaan.
Au-dessus d'un de cel tableaux de batailles, on a figuré une procession de prêtres sur deux nies, portant les statues des prédécesseurs thébain du grand Ramessès, au nombre de 13.
La cour, dont le double pylône formait le côté méridional, était de forme à peu près carrée, quoique un peu plus large que profonde (56 mèt. sur 59); Tes murs de clôture, à droite et à gauche, sont presque entièrementdétruits, ainsi que les galeries soutenues par une double rangée de colonnes, dont il n'existe quelque trace qu'au côté gauche. Au fond de la cour, faisant face aux pylônes, et a gauche du portail qui conduisait à la première salle, était une statue colossale de Ramessès en granit rose de Syène. assise et dans l'attitude du repos. La statue a été brisée, et ses débris couvrent tout un côté de la cour; le piédestal, de forme oblongue.est seul resté en place. La statue entière devait avoir, quoique assise, plus de 11 mèt. de haut, près de onze fois la grandeur naturelle. On a calculé que son poids était de plus d'un million de kilos, 4 fois 1/2 ce que pèse l'obélisque de Louksor (*229 500 kil.) aujourd'hui dressé sur la place de la Concorde. On reste confondu en présence de telles masses, et des moyens mé-
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caniques par lesquels les Égyptiens pouvaient les transporter e:
les établir sur leurs piédestaux.
La salle carrée, où l'on pénètre en quittant la cour du colosse, présente également qu'un spectacle de destruction. Les dimensions de cette salle étaient un pei moindres que celles de la cour (52 mèt. de largeur sur 43 de profondeur). Une double rangée de colonnes, àdroite eta gauche, y formait deux galeries latérales"; 1« deux autres côtés, celui de l'entrée et celui du fond, n'avaient qu'une seule rangée de piliers caryatides- Une partie des caryatides existent encore, plus ou moins mutilées elles ont 9 m. 50 de hauteur. O qui subsiste des murs est couvert de bas-reliefs représentant des scènes guerrières. Trois perron** conduisent de cotte première salle à un vestibule orné d'une rangve de colonnes dans toute sa longueur de droite à gauche; de chaque côté du perron central est un buste colossal, l'un en granit noir, l'autre en granit mi-partie noir tt rose.
Le vestibule sépare la première salle de la seconde. Celle-ci mesurait 41 m. dans sa largeur Je droite a gauche, sur 31 m. fi> profondeur. On y pénètre par troi* portes en granit noir, qui répondent aux trois perrons de la première salle. Les murs latéraui n'existent plus. On y comptait 4* colonnes, disposées sur 8 rangée* de 6 de profondeur; 5 rangée* entières sont restées debout, et portent encore une partie des plifonds. Le plafond du centre e*i
fdus élevé que les deux plafond atéraux ; ces plafonds étaient peints en bleu et semés d'étoilei d'or. Partout où des pans de mur* subsistent, on voit reparaître Oi les scènes guerrières, ou des représentations et des emblèmes religieux.
Des chambres qui formaient I».
fond de l'édifice, il ne reste pinqu'une à peu près entière ; elle es' supportée par 8 colonnes. Un eu-
[Routb 175.] THEBES.-COLOSSES DE MEMNON.
rieux tableau astronomique décore le plafond. Quatre colonnes de la chambre suivante subsistent encore ; tout le reste est détruit.
Le palais de Ramessès était entouré de constructions en briques d'un genre particulier. On en voit des parties intactes au N. de l'édifice, à la distance d'une cinquantaine de mètres. C'est une double rangée de voûtes accolées les unes contre les autres au nombre de 10 à 12 pour chaque rangée, et surmontées d'une plate-forme ; il est difficile de deviner quelle a pu être la raison d'une pareille construction.
Ruines à l'O. et au S. du Ramesseïon. Parmi d'autres restes de constructions antiques qui avoisincnt le Ramesseïon, on remarque, à une petite distance au S., deux statues brisées d'Aménophis III ( xviii* dyn. ) Leur hauteur totale était d'environ 11 m.
Un édifice de ce prince, dont il ne reste que quelques débris de murailles où son nom se lit, est voisin de ces deux colosses.
Deîr el-Médinèh. A 10 m. à l'O.
du Ramesseïon au pied de la colline de Kournah-Murrâyi du côté N., est un petit temple élevé par Ptolémée Philopator (vers 50'av.
J.-C.) et termine au temps de César. Parmi les autres ruines dont tout ce terrain est couvert, on peut encore remarquer, à 7 ou 8 min.
de Deïr el-Médinèh vers le S., les restes d'un petit temple au milieu d'une enceinte en briques crues. Les peintures, comme celles du temple de Philopator, sont exclu- 8ivement religieuse» et d'un caractère funéraire. A 5 m. plus à l'E., des restes, connus des Arabes sous le nom de Koum cl-Hettan, la butte de Grès, marquent l'emplacement d'un temple d'Aménophis III. Cette construction se développait sur de grandes proportions. Il en reste à peine quelques traces : des bases de colonnes, des statues brisées, des débris de sphinx, etc. Un dromos de 340 m. en formait l'entrée.
C'est la ruine qui est marquée sur
le plan sous le nom de Rhamseïon, (n© 8.) Des colosses brisés dont les débris gisent dans la plaine (on en a compté 17) appartenaient probablement à cet édifice.
Colosses de Memnon. Les plus célèbres de ces colosses sont les deux monolithes que, d'après les anciens, on connaît encore sous le nom de statues de Memnon. Ce sont deux figures assises élevées sur un piédestal, a 5 m. du Rhamseïon vers l'E. Les légendes portent le nom d'Aménophis III.
Chacune des deux statues fut originairement taillée dans un seul bloc de grès-brèche, conglomérat dont l'extrême dureté défie nos ciseaux les mieux trempés, et que cependant les sculpteurs égyptiens travaillèrent avec une admirable perfection. Leurs proportions, supérieures à celles du colosse de Ramessès. étaient exactement les mêmes, 15 m. 60 depuis le pied jusqu'au sommet de l'ornement (peneht) qui surmonte la tête, à quoi il faut ajouter 4 m. 30 pour la hauteur du piédestal, en tout près de 20 m. C'est la hauteur d'une maison de quatre étages. La statue du S. est entière, quoique très-dégradée ; celle du N. a été rompue par le milieu , accident que l'on attribue au tremblement de terre de l'an 27 av. l'ère chrét.
dont les monuments de Thèbes eurent beaucoup à souffrir. Cette dernière statue est celle que les Grecs connaissaient sous le nom de statue vocale de Memnon, parce que chaque jour, au lever du soleil, elle faisait entendre, disaiton, un son harmonieux. Le basUe la statue est couvert de nombreuses inscriptionsgrecques et latines tracées par des voyageurs qui rendaient témoignage du phénomène.
Les plus anciennes de ces inscriptions- sont du temps de Néron (deuxième moitié du 1er siècle) ; les plus récentes sont contemporaines deScptime-Sévère(commencement du in« siècle), sous le règne duquel la partie détruite de la statue fut refaite au moyen de blocs de grès
EGYPTE
sunerposés en cinq assises , tels qu on les voit encore aujourd'hui.
Le phénomène de pierres sonores n'est pas rare en Égvpte , et la brèche dont la statue d Aménophis est laite y est particulièrement favorable pourreu que dos fissures un peu profondes v pénètrent. Les inondations du Nif, qui atteignent depuis longtemps le pied des statues et y déposent leur limon, ont enterré le bas des piédestaux d'une profondeur de plusieurs pieds. Les Arabes désignent les deux statues sous l'appellation collective de Sanamât^es idoles, en les distinguant par les noms particuliers de Cltdma (qui est la statue du S.) et de Tdma (celle du N.).
Temples et palais de Médinet- Àbou. Parmi tant de remarquables monuinunls qui dominaient la plaine occidentale dcThèbes, ceux de Médinet-Abou tenaient une place éminente. Ils sont malheureusement au nombre de ceux où le temps et la main des hommes ont exercé le plus de ravages ; néanmoins ce qui en reste suffit pour qu'on en puisse restituer l'ordonnance générale et en apprécier la magnilicence.
Nous avons a peine besoin de faire remarquer que le nom de Medinet-Abou est arabe. Il existait sur ce point, à l'époque de la conquête musulmane, un village, ou plutôt une petite ville copte, qui avait approprié au culte chrétien plusieurs des salles du grand temple ; il parait qu'à l'approche des conquérants, les habitants abandonnèrent leurs demeures pour se retirer à Esnèh. Depuis lors, Médijiet-Abou cessa d'ôtre habité, ou du moins ne fut plus qu'un village insignifiant. Les maisons s'étaient élevées sur les monceaux de décombres qui obstruent l'édifice, et qui en ont mis sur quelques points les parties supérieures de niveau avec le sol; si bien que jusqu'àces derniers temps les masures couvraient en partie les constructions antiques. Mais depuis 1858, l'attention de M. Ma-
riette, le savant directeur du nouveau musée du Cairo, s'est tourné de ce côté, et sans doute les voyageurs seront bientôt à même dr connaître ces ruines bien y\m complètement qu'on ne pouvait. < faire jusqu'à présent.
Les constructions anciennes ferment trois groupes principaux:;?
l«f temple, le pavillon de Rarucv sks et le grand temple ; le u.<-y.
enveloppé d'une enceinte générale en briques, dont on reconnaît encore plus d'un vestige. Le l«r tett- , pie fut élevé par Touthmès Ir (xvin* dyn., vers 1(>60 ) , et terminé par ses successeurs iinreodiats.Touthmès II et Touthmès Ili- Le grand temple et le paviHi :
royal appartiennent à Itamessès Ili le fondateur de la \xe dynastie (vers 1*280). La façade des*inon> ments regardait le Nil, c'est de a côtt'* qu'il faut les aborder»
Cour» extérieures et 1er temple. Or.
entre d'abord dans une cour rectangulaire de 25 m. sur 31), fermée, sur trois côtés, par des murs e:
talus. La porte d entréc a T> m. ùV largeur, et sur les montants. <p:
sont en saillie, on lit, en hiéroglyphes, les noms de plusieurs enq-vreurs romains, depuis César jusqu'à Antonin. Même en dehors jc ce» inscriptions, d'autres indïer?
avaient fait reconnaître det'U.-; longtemps ces constructions extérieures comme devant être d'une époque relativement moderne. L* cour est feimée au fond par ut double pylône qui en occupe tfe.u la largeur, et (m avant duquel ? tend une rangée de 8 colonie?
qui sont du temps d Antonin I* Pieux, et que relient des in;:r.
d'entrecolonnement. Le pylône est des derniers temps des l'iolemées , les montants de la per:o centrale «ont décorés de bas-rcli»* religieux. Cette porte donne ace-dans unir seconde cour, qui appartient, comme tout ce qui suit, à la construction primitive. Un seconl pylône, oeuvre de lythiopien Tàrhaka ;le dernier prince de la xxvi* dyn., 695-087;, et dont les sculp-
iUoute nr».j
turcs se rapportent aux victoires du roi fondateur, fait face, à la distance de 15 m. à celui sous lequel on vient de passer.
Le second pylône franchi, on pénètre dans une cour de 19 m.
de long, dont la clôture qui subsiste en entier, est une addition du temps des Ptolémées. De chaque côté est une rangée de 9 colonnes. Cette cour est comme un vestibule intérieur, qui précède l'édifice primitif.
Cet édifice est coque nous avons nommé le temple construit par Touthmès I. Il est entouré de trois côtés par une galerie de piliers carrés, et du 4 côté par un massif de 6 petites chambres. Aux 2 angles de la façade du temple, on remarque, 90us la galerie, deux portes qui conduisentàdeux chambres remplies d'inscriptions en langue copte, ces pièces sont au nombre do celles qui furent appropriées au culte chrctienMans les premiers siècles.
A une trentaine de mètres vers le N.-O. du temple, on voit les restes d'un bassin carré revêtu en pierres de taille, et dont les côtés ont dû avoir originairement environ 15 m. On a trouvé, non loin de là. les fragments de deux colosses en granit, de 12 m. de hauteur.
Le Pavillon royal de Ramessh III.
Cette construction, située au S.-O.
de celles que l'on vient de parcourir, était primitivement isolée' ; le mur nui la rattache aujourd'hui au temple de Touthmès a été élevé plus tard. Deux tours rectangulaires à murs inclinés on forment l'entré»*. Après avoir franchi cet intervalle, on arrive à un baiiment élev»'. de plusieurs étages; c'est le pavillon proprement dit. Une porte au rez-de-chaussée donnait accès dans l'intérieur.
Des appartements dont le pavillon se composait, quelques-uns seulement subsistent encore: ce qu'ils offrent de nlus digne d'attention, ce sont les peintures de leurs murailles, unique échantillon que nous possédions aujour-