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II. Rive orientale

Louksor. La petite ville, ou plutôt le village de Louksor» qui marque l'extrémité méridionale de la Thèbes pharaonique à la droite du fleuve , occupe un monticule artificiel de 7 à 800 mèt. de longueur, sur une largeur de 3 à 400 m., monticule en partie formé des débris de la ville antique. Les ruines de l'ancien temple domi* nent cette butte artificielle, où elles-mêmes sont enterrées de plusieurs mètres à leur partie inférieure;, le village enveloppe la partie septentrionale des ruines, qui ne s'en dégagent que vers le S. De quelque côté que l'on s'approche de Louksor, on voit se détacher de loin la masse imposante des monuments antiques, au milieu desquels se perd et disparaît la chétive excroissance des habitations modernes.

Temple de Louksor. — Histoire.

Ce temple est l'œuvre de deux souverains puissants et illustres, Aménophis III. de la xvin* dyn.

et Ramessès II, ou Sésostris le Grand, de la xixe, qui avaient aussi semé la rive oceidentaleMcs splendides monuments que nous venons de décrire les deux Uamesséïons, 1rs deux colosses).

A Louksor, Aménophis construisit le sanctuaire et le corps principal du temple ; Hamessès, 170 ans plus tard (vers 13H0), y ajouta les pylônes qui en forment au N.

la partie antérieure, et y lit dresser les deux magnifiques obélis-

ques qui en décoraient rentrée.

Dans cette part inégale des deux princes, la principale revient a Aménophis ; aussi son nom et »« louanges se retrouvent-ils dai* les inscriptions sans nombre qu, décorent toutes les parties du temple. On y vante les richesses et fa grandeur du Pharaon < auquel tous les peuples apportent leurî tributs, leurs enfants, leurs chevaux, et d'immenses quantités d'argent, de fer et d'ivoire. » Les rois et les peuples tributaires venaient de pays si éloignés, qu'avant ce temps où les armes du roi les soumirent « ils ne connaissoient ni la routg ni le nom de l'Egypte. » Aménophis est aussi glorifié dans ses inscriptions pour avoir construit des temples à son père céleste, ledieuAmoun, « pour avoir agrandi la ville de Thèbes et avoirremplaeéd'anciennescon*tructions en briques par des édifices en pierre. » Le nom actuel de Louksor est une altération de l'arabe eUKoussor, les palais.

Le dromos qui précédait l'entrée du temple est aujourd'hui enseveli sou3 le monticule de décombres et de sable sur lequel e3t bâti le village de Louksor; dans l'état actuel des ruines, les premières constructions qui se présentent en quittant le village sont les pylônes de Ramesscs, devant lesquels ce prince avait fait drfcsser ses deux obélisques et ses deux statues colossales. Les deux statues, taillées, de même que les obélisques, dans un seul bloc de granit rouge des carrières deSyène, sont enterrée?

aux trois quarts en arriére Je* obélisques, n'ayant au-dessus du sol que le buste et la téte, trèsmutilés. Comme toutes les îmaces analogues qui se* rencontrent devant les monuments égyptiens, celles-ci sont assises ; leurs proportions sont celles d'une statue de 1*1 mèt. Les deux obélisque»

étaient d'une hauteur un peu inégale. Le plus grand, qui est à g., mesure 25 mèt. 6 depuis sa Ha*e jusqu'au sommet du pyraniidion.

(Route 175.] TIIKBES.-

lo second, qui était placé à droite (<lu côté do la rivière), n'a que 2.*J mèt. 57. C'est ce dernier, donné àlaF rance par Mohammed-Ali. qui a été transporte â Paris en 1836, et que l'on Toit aujourd'hui sur la place? de la Concorde. Tous deux sont d'une beauté d'exécution extrêmement remarquable ; les hiéroglyphes, gravés en creux sur leurs quatre laces, ont une pureté et une finesse que le temps n'a pas altérées. Les inscriptions n'ontpas, «lu reste, de caractère historique ; elles ne contiennent que les titres de Ramessês, accompagnés de tout le formulaire honorifique du style égyptien.

Le double pylône, devant lequel se dressaient les monolithes, se compose de 2 massifs pyramidaux que réunit un portail de 17 m. de hauteur, surmonté d'une corniche «lont il ne reste plus que quelques arrachements ; les deux parties du pylône dépassent de 6 mètres la hauteur du portail, et s'étendent a :iOmct. de part etd'autre. Les salies qu'on y a sculptées se rapportent à une campagne de Kam esses contre les Kétha et d'autres peuples de la Syrie, dans !a 5« année de son règne (1403 av. J.-C .

Le portail passé, on se trouve d n:s une cour rectangulaire de

> mèt. sur 52 environ, entourée • l'un double rang de colonnes qui fermaient une galerie continue surmontée de larges terrasses.

Mais les masures dont cette cour est encombrée permettent à peine d'en reconnaître la disposition.

C'est là que les musulmans ont construit leur mosquée.

C'était ce vaste péristyle et le pylône antérieur qui composaient les additions de Ramessês ; le reste des constructions, y compris le pylône qui forme le fond de la eour en regard de celui de Ramessês, appartient à l'édifice primitif d Amenophis.

Après avoir franchi le pylône d'Aménophis, on voit, en se retournant, une grande colonnade qui couvre la façade intérieure de ce

-LOUKSOK. 1059

| pylône, sur une longueur de !î3m6t.

Les colonnes, au nombre de 14 sur I deux rangs, sont enfouies jusqu'aux deux tiers de leur hauteur, qui est de 15 mèt. ; leur diamètre, près du chapiteau, n'est pas do moins de 3 mètres.

A 18 mèt. de cette colonnade, toujours en s'avnnçant au S., vient un nouvel espace découvert qu'on peut regarder comme une seconde cour ou dromos dont la profondeur est de 48 met., sur 5> mèt. de largeur, avec* deux galeries latérales de 12 colonnes chacune sur 2 colonnes de largeur, et, au fond, un portique couvert [pronaox), soutenu par quatre rangées de 8 colonnes chacune. Le fond de ce porticiue était fermé par un mur dont quelques arrachements percent encore les décombres.

A la suite «le ce mur, ou de l'axo qu'occupe sa base actuellement enfouie, il va un espace de 15 mèt.

qui s'étend de droite à gauche dans toute la largeur de l'édifice, et qui sans doute était occupé par ! des appartements ayant leur en- . tree sous le portique. Les sordides ' constructions des Coptes et des Fellah, élevées sur les débris de ces parties du temple, en ont tout a fait changé l'aspect. Quelques pièces s'y conservent encore, notamment tin vestibule soutenu par 4 colonnes, et, à gauche du vestibule, une chambre décorée de peintures curieuses, entre autres d'une composition représentant la naissance du roi Aménophis mis au monde par la reine Moutémoua sa mère, et reçu par les divinités qui président aux délivrances.

La porte principale nu fond «hi • vestibule, située dans le grand axe du temple, donne accès à une grande salle (le naos) dans l'intérieur de laquelle s'élève une construction entièrement isolée. Cette construction isolée est le sfoos ou sanctuaire. {V, p. C'est la seulo partie de l'édifice nont les murs soient en granit. Deux portes y sont percées en regard dans le sens du grand axe du temple. Le pla-

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fond est revêtu de couleurs où le bleu domine, et les murs sont couverts de scènes religieuses. Le sanctuaire primitif avait été détruit par Cambyse; celui-ci fut reconstruit par Ptoléraéc Lagus, au temps qu il n'était encore que gouverneur de l'Egypte, comme on l'apprend d'une inscription dédicatoire en caractères hiéroglyphiques. C'est un témoignage fort remarquable de la politique habile adoptée par les Macédoniens dès les premiers temps de la conquête. •

Après le sanctuaire et le couloir qui l'environne, on se trouve dans une galerie transversale de 22 met.

de longueur sur use profondeur de près de 9 mèt., dont le plafond est soutenu par 12 colonnes sur deux rangées Six portes y sont disposées symétriquement, et donnent accès dans une suite de chambres qui formait la partie extrême du naos et de tout l'édifice. Plusieurs de ces chambres existent encore.

Le temple de Louksor longe, à très-peu de distance, le bord du Nil (voy. le plan). Pour le protéger tout à fa fois contre les envahissements et les débordements du fleuve, on a construit sur ce point un quai en blocs de grès, sur une longueur de 65 mèt. Cette construction est du temps des derniers Ptolémées ou des Césars; postérieurement encore on l'a prolongée en amont du fleuve par un quai additionnel en briques.

En remontant au-dessus du temple vers le S.-E., à la distance de 3 kilom. 1/2, et à 2 kilom. du fleuve, il y a une enceinte rectangulaire tout à fait semblable à celle que nous avons visitée au S.

de Médinet-Abou, (le Birket-Abou), sauf les dimensions qui sont un peu moindres. Celle-ci n'a que 1700 mèt. de longueur, sur 1050 mèt. de largeur. Les talus en briques crues qui l'environnaient ne s'élèvent aujourd'hui au-dessus du sol que de 3 à 4 mèt. au plus; autant au moins est maintenant cou-

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vert par les dépôts du Nil, qui è*~ puis l'époque aes Ram ess ides cz:

exhaussé de 4 ou 5 mèt., le nives:

de la plaine, (F. p. 900).

Karnak. Les ruines de Kanui les plus vastes et les plus beU* non-seulement de Thebes, irtu de toute l'Égypte, sont à 1,2 h.

village de Louksor dans la direction au N .-E. Le village de K ara il qui leur donne son nom. eit i 1 extrémité N. des ruines et à et deini-kilom. du Nil, faisant pra- . sèment face à Kournah, oui en cr.

éloigné de 3 kil. vers l O. N.-0.

Grande avenue des Sphim Quand on sort de Louksor par le N..

on se trouve au milieu d'un chemii bien frayé, que bordent à droite ti à gauche, à des intervalles asst:

rapprochés, des débris de pièces taux et des restes de sphinx. Plu»

on approche de Karnak, plus c-?s fragments se multiplient; et i Karnak. môme on trouve des sphinx entiers, à corps de lioa ti à té te de femme. Les sphinx tiennent entre leurs pattes antérieures la statue du roi Aménopbis III, ce qui indique suffi saminent'que cette allée de 2 kilom. de longueur. <«aj devait compter au moins 600 spbin appartient a ce grand prince de i xviii" dynastie. Klle est sûremec; du même temps que le corps principal du temple-palais de Louksor.

qui est aussi, nous l'avons vu, l'ouvrage pVAménophis.

Avenue des Béliers. Immédiat ment après avoir dépassé le villap; de KaJr, qui est encore à 10 bue en deçà du grand temple de Karnak, l'allée lait un léger coude sa:

la gauche et se continue par un avenue plus large (marquée f par le plan), bordée de sphinx à tf* de bélier accroupis sur leurs piédestaux. Au point ou l'allée de* béliers se rattache à la gT&cdt allée des sphinx, il y avait un carrefour d'où partait sur la droites* dirigeant à l'E., une troisièirt avenue de 200 mèt., qui allait aboutir à l'entrée d'une enceinte (d) renfermant un temple aux ruinés duquel nous reviendrot»

[Route 175] THËDES.-

plus tard. Nous allons maintenant poursuivre notre route vers le grand temple par l'avenue des Béliers.

Temples de Ramessès IV et de Ptolémée Évergète. A l'extrémité de cette avenue , dont la longeur est d'environ 300 met. à partir du carrefoua, on trouve un fort beau propylône, aorte de porte triomphale construite par Ptolémée Evergète , qu'on y voit figurer à côté de Bérénice sa sœur et sa femme. Dans un des bas-reliefs, le roi est représenté en -costume grec, ce qui est rare sur les monuments égyptiens mêmes de la période des* Ptolémées. Au delà de ce propylône, une nouvelle avenue de sphinx, -dont plusieurs subsistent encore, conduit aux restes d'un temple construit par Ramessès III et terminé par Ramessès VIII, tous deux de la xx« dynastie (entre 1288 et 1200), outre quelques additions postérieures. Ses colonnes sont basses et massives. Ce temple, qui est assez bien conservé, était consacré au dieu Khons, l'un des personnages de la triade thébaine (F. p. 926). A gauche de ce temple, c'est-à-dire à l'O., un autre édifice ae dimensions beaucoup plus petites, une sorte de chapelle dont l'entrée regarde le fleuve, fut consacré à. la déesse athor par Ptolémée Évergète II (vers 130 avant J.-C). Les peintures intérieures, empruntées à des sujets religieux, ont de l'intérêt.

Arrivée au grand temple. Nous

arrivons maintenant au grand temple, dont l'entrée principale (h sur le ,plan), est à 5 min. au N. du temple de Ramessès III. Cette entrée regarde l'O.. c'est-à-dire du côté du Nil, dont elle est éloignée d'environ 1 kil . ; et le grand axe des constructions qui constituent l'ensemble de l'immense édifice, à la fois temple et palais, se dirige de l'O. à l'E. en inclinant au S. Pour faciliter la description, nous répétons ici dans le texte les lettres de ronvoi du plan détaillé

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