‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 57 sur 511 · GRECE MODERNE · texte numérisé non relu

GRECE MODERNE

:a loi de juin 1852. L'Église de Grèce est régie par le Saint-Synode, «légeant à Athènes, et composé de cinq membres, présidés par le métropolitain d'Athènes : elle compte vingt-quatre sièges épiscopaux, dont onze archevêchés. « Le métropolitain reçoit 6000 dr. par an ; chacun des dix archevêques. 5000 dr.; chaque évêque, 4000 dr. Le clergé inférieur n'est pas salarié par l'Etat; il perçoit certaines rederances sur les récoltes, et surtout il vit de l'autel. » Les prêtres grecs f*f*i) sont mariés. Les moines caloyrrs) sont encore nombreux, bien que le gouvernement ait fermé beaucoup de couvents. M. About et de Gasparin ont tracé de spirituels tableaux de leur vie insouciante et sensuelle, de leur naïve ignorance, et en même temps de la bonhomie de leur hospitalité. (V. Mégaspiléon.)

Les Grecs sont sincèrement attachés à leur religion. Elle représente pour eux un des éléments vitaux de leur nationalité. Ils observent scrupuleusement les fêtes et les jeûnes du Carême. Les fêtes de Piques sont signalées par des réjouissances, et surtout de grands repas, qui dégénèrent souvent en orgie. La Grèce est couverte d'é- *hees et de petites chapelles qui tombent en ruine, mais ne sont jamais complètement abandonnées. Un grand nombre d'entre elles s élèvent sur l'emplacement d'anciens temples païens, et on trouve, la plupart du temps, un rapport entre leur nom actuel et le nom du dieu auquel le temple était consacré. Ainsi, Apollon répond à St. Elie U>.t3.-, le soleil]. Minerve à Ste Sophie {fîyfa ïopt'a), ou à la Vierge, les Dioscures et Hercule à St. Georges et à St. Michel, etc., etc. L'Eglise grecque a souvent fait preuve d'intolérance, en persécutant les juifs, et en poursuivant des protestants accusés de prosélytisme. Cependant les catholiques romains sont assez nombreux dans les l'yclades, où ils comptent six sièges apostoliques.

% 9. Instruction publique.— La Grèce, où l'instruction publique est gratuite à tous ses degrés, compte un assez grand nombre d'établissements. Outre l'Université d'Athènes, elle possède une école polytechnique, qui n'est qu'une école d'arts et métiers ; une école normale, qui ne forme que des instituteurs primaires ; un séminaire, sept lycées, un établissement pour l'éducation des filles, cent soixante-dix-neuf écoles helléniques , où Ton apprend un peu de grec ancien, et trois cent nouante-neuf écoles communales, qui ne donnent que l'instruction élémentaire; une école militaire et une école d'agriculture. Nous avons parlé de ces deux dernières écoles. « L'enseignement de l'Université d'Athènes, dit M. About, est réparti en quatre facultés, de théologie, de philosophie, de droit et de médecine. La faculté de philosophie comprend treize cours de littérature, de linguistique, de sciences «•t d'histoire. On voit que les Grecs appellent philosophie, comme au temps de Thalès, l'ensemble des connaissances humaines. La faculté de philosophie remplace à elle seule une faculté de lettres et une '.acuité de sciences. > Mais les sciences y tiennent une place insuffisante ; les Jangues et les littératures de l'Occident y sont omises.

Les Grecs s'imaginent que leurs ancêtres savaient tout, et ils se trompent. Les cours de la faculté de philosophie sont beaucoup moins fréquentés que les autres. C'est qu'ils n'aboutissent à aucune carrière

ÎAI OKKCE.

lucratire. » Le désir d'apprendre est un des traits les plus caractéristiques et les plus honorables du caractère grec. Il n'est pas rare de voir des fils de paysans suivre les cours de l'Université. Mais cet amour exagéré pour les professions libérales n'est pas sans inconvénient dans un pays où l'agrioulture manque de bras, et où l'industrie est encore à créer.— Nous citerons encore l'Observatoire d'Athènes, la Bibliothèque, quelques musées naissants, les hôpitaux. Il est k remarquer que tous ces établissements publics ont été fondés par des souscriptions particulières.

La Grèce compte aussi plusieurs sociétés savantes • la plus connue est la Société archéologique d'Athènes, constituée définitivement en 1837 sous les auspices du roi Olhon. Un grand nombre de savants et de hauts personnages de l'Europe figurent parmi ses correspondants et ses souscripteurs. Elle veille à la conservation des monuments, et s'occupe de recherches archéologiques. Elle publie, aux frais du gouvernement, le Journal archéologique, où sont reproduites les inscriptions nouvellement découvertes. — La médecine compte aussi la Société médicale d'Athènes, fondée en 1836, qui doit publier bientôt un bulletin de ses travaux. Elle reçoit des allocations du roi, du ministre de l'instruction publique, et des cotisations particulières. Elle distribue un prix annuel, qui, en 1847, a été décerné à M. le professeur Piorry, de Paris— La Société d'histoire naturelle, à Athènes, fondée en 1835, a une organisation analogue; elle a formé un cabinet d'histoire naturelle, qui prendra du développement.— La Société des beaux-arts n'a pas encore reçu d'organisation définitive, ni commencé ses travaux.

« Athènes possédait en 1852 dix-neuf imprimeries, contenant quarante presses, huit fonderies, dix presses lithographiques ; Syra, cinq imprimeries et une fonderie; Tripolitza, Nauplie, Patras et Chalcis avaient aussi des imprimeries. Il se publiait en Grèce quatre recueils périodiques et vingt-deux journaux, dont deux en français : le Moniteur grec et le Spectateur de l'Orient. Les journaux sont a pou près toute la littérature du pays. Les quelques livres qui ont été imprimés en grec moderne sont des traductions du français. La littérature originale se compose de quelques tragédies enflées, de quelques odes emphatiques et de quelques histoires de la guerre de l'indépendance. » « Le peuple n'est pas poëte; il est encore moins artiste. Tous les Grecs chantent faux et du nez, sur un ton lamentable ; ils ne sont ni peintres, ni architectes, ni sculpteurs. Le petit peuple d'Italie témoigne Un respect religieux pour les œuvres dart, qui font la richesse du pays. Le petit peuple de Grèce ne respecte rien. » Il détruit pour le plaisir de détruire. Les Grecs ont fait sauter le lion de Chéronée ; ils ont couvert d'ignobles bâtisses la muraille de marbre du temple de Delphes, et mutilé la statue de marbre que David d'Angers avait donnée h la ville de Missolonghi. Quand on leur reproche ces actes de vandalisme, ils les mettent sur le compte des Turcs.

S 10.— Population de la Grèce. Aspect, caractère, mœurs des habitants.— Nous avons dans les paragraphes précédents esquissé plus d'un trait du caractère grec ; il faut achever ce portrait , surtout au point de vue pittoresque. « La race grecque, dit M. About, compose la

GRECE MODEKNE. 51

grande majorité de la nation. C'est une vérité qu'on a essayé de mettre en doute. Suivant une certaine école paradoxale, il n'y aurait plus de Grecs en Grèce; tout le peuple serait albanais, c'est-à-dire slave. Mais ii suffit d'avoir des yeux pour distinguer les Grecs, peuple lin et délicat, des grossiers Albanais. La race grecque n'a que fort peu dégénéré. La guerre de l'indépendance a détruit, il est vrai, la plus grande part de la population. Depuis que la Grèce est libre, elle s'est repeuplée, mais par l'accession de familles grecques. Les unes venaient de Constantinople même, et de ce fameux quartier du Phanar qui a mené si longtemps les atfaires de la Turquie. Les premières familles d'Athènes, les plus riches et les plus instruites, sont des familles phanariotês. D'autres Grecs du Nord, les chefs montagnards de laThessalie, de l'Albanie, ceux-là même qui avaient commencé la guerre de l'indépendance, et que la diplomatie abandonnait au pouvoir des Turcs, sont venus s'établir dans le royaume. Avec les autres chefs, qui habitaient autrefois la Morée, ils forment la partie la plus originale et la plus colorée du peuple grec. lisse donnent a eux-méme le titre de pallicares, c'est-à-dire de braves. Ils sont restés fidèles au costume national et ont conservé leurs mœurs guerrières et une partie des usages turcs. Lenirs femmes, lansétre positivement enfermées, sortent peu de chez elîes : elle* ignorent l'usage du corset et portent le bonnet national. Ce sont les homme* qui portent le corset. Les Phanariotês s'habillent à la francise, et ressemblent h tous les peuples de l'Europe. Entre les Pallicares et les Phanariotês, mais plu* près des derniers, se placent les insulaires. Ils sont tous ou marins ou marchands. Ils portent le bonnet rouge avec un pli particulier, la veste courte et l'immenso pantalon des Turcs. C'est un fait digne de remarque que le prétendu cosvum** national des Grecs est emprunté soit aux Turcs, soit aux Albanais. Voici la toilette d'un Pallicare d'Athènes : une chemise de percale avec un grand roi rabattu, sans cravate ; un caleçon court en coton: des bas quelquefois; toujours des guêtres agrafées jusqu'au genou; des babouches rouges; une foustanelle ou jupe très-ample, serrée à petits plis autour de la taille ; une ceinture et des jarretières étroite* en soie de couleur; un gilet sans manches; une veste a manches ouvertes; un bonnet rouge a glund bleu; une large ceinture de cuir où l'on suspend le mouchoir brodé, la bourse, le sac h tabac, l'éeritoire et les armes. La veste et les guêtres sont presque toujours en roi? et souvent brodées d'or. Le costume d'un domestique de bonne majton vaut 600 francs. En hiver ou en voyage, les Pallicares s'enveloppent dans un manteau de laine blanche, qui imite assez bien latoison d'une brebis, ou dans un énorme surtout de feutre grossier imperméable à la pluie. Eh été, pour se défendre des coups de soleil, il» enroulent un mouchoir en guise de turban autour de leur bonnet ronge. Dans quelques villages le turban est encore de mode et l'on rt»e les cheveux. Le costume des femmes est varié a l'infini ; chaque village a le sien. Les Athéniennes portent une jupe de soie ou d'indienne, suivant leur condition, avec une veste de velours ouverte par devant; elles se coiffent du bonnet rouge tombant sur l'oreille, et le pins souvent elles se contentent de rouler autour de leur tête une

grosse natte de cheveux tortillée avec un foulard. (Jette énorme natte leur appartient, car elles l'ont payée ou reçue en héritage. Les Albanaises portent une longue chemise de toile de coton, brodée au bas, au col et aux manches, avec de la soie de toutes couleurs. C'est la partie essentielle de leur vêtement. Elles y ajoutent un tablier et un paletot de grosse laine, une large ceinture noire, et pour la coiffure une écharpe de coton brodée comme la chemise. On rencontre à chaque pas des femmes qui n'ont sur elles que cet habillement élémentaire. » La race grecque est célèbre par la beauté de son type, mais ce n'est ni à Athènes ni en Attique qu'il faut en chercher des échantillons, car le fond de la population est albanais. « Les belles Grecques, qui sont rares, ne se rencontrent que dans certaines lies privilégiées, ou dans quelques replis de montagnes où les invasions n'ont pas pénétré (surtout en Laconie). Les hommes, au contraire, sont beaux et bien faits dans tout le royaume. Leur haute taille, leur corps svelte, leur visage maigre, leurnez long et arqué et leurs grandes moustaches sans barbe, leur donnent un air martial. L'obésité est un mal inconnu chez eux. »

Nous n'entreprendrons pas de juger ici le caractère et la valeur morale des Grecs ; il y a quelques années à peine, tout voyageur croyait devoir en faire le panégyrique le plus ampoulé, et si quelques uns, par exception, se permettaient quelques critiques, comme Mm* de Gasparin, on les accusait d'injustice envers un peuple malheureux. Cet enthousiasme est bien tombé depuis quelques années; une réaction en sens inverse s'est faite sou» l'impression de la guerre d'Orient, et, à mesure qu'on a mieux connu les Grecs (le livre de M. About n'y a pas peu contribué), on les a jugés avec plus de sévérité. Nous avons mentionné l'aptitude des Grecs au commerce et à la marine, leur éloignement de l'agriculture et l'industrie, l'incurie et le désordre de leur administration. Les Grecs sont un des peuples les plus intelligents de l'Europe; ils aiment l'étude, ils «ont d'une sobriété exemplaire, commandée d'ailleurs par le climat ; ils n'ont pas de passions violentes, et leurs mœurs sont chastes. Leurs qualités principales sont l'amour de la liberté, de l'égalité, et le patriotisme. On n'oubliera pas par quels efforts ils ont reconquis leur indépendance. Sans l'aide de l'Europe, ils auraient succombé à coup «ûr ; mais peu de peuples ont montré plus d'héroïsme qu'ils ne l'ont fait dans cette glorieuse lutte. Il n'y a pas d'aristocratie parmi les Grecs, il ne saurait y en avoir; à peine ont-ils un nom de famille; on s'appelle encore par exemple Dimilri, fils de Michel, et les noms des familles illustres eux-mêmes ne sont guère que des surnoms. Il n'y a pas de gros propriétaires fonciers, et les fortunes commerciales sont rares dans le royaume. Le Grec aime son pays pour son pays; il y revient après avoir lait fortune à l'étranger; il donne par souscription, ou il lègue, en mourant, des sommes considérables pour des établissements utiles. Mais on reproche aux Grecs leur indiscipline, leur jalousie et leur égoï>me, leur vanité et leur vantardise, et surtout le peu de dignité de leur caractère; leur réputation de probité n'est pas non plus très-brillante.

Les Grecs lettrés d'Athènes affectent beaucoup de civilité pour Ie$

GRECE MODERNE. 53 étrangers ; ils aiment à parler politique et à faire du prosélytisme en faveur de leur nation. L'hospitalité qu'ils vous offrent est partout la même; on vous fait asseoir, on vous apporte une pipe ou une cigarette, une tasse de café ou un verre d'eau édulcorée avec une cuillerée de glyko, ou confiture de cerise, ou un morceau de rabt-loukoum, pire transparente et parfumée d'essence de roses, qui est d'origine turque. Mais l'hospitalité grecque va rarement plus loin, et l'on pénètre difficilement dans l'intérieur des familles. Un usage qui frappe tout d'abord les étrangers, c'est l'habitude qu'ont les Grecs de manier et d'égrener constamment un gros chapelet. Ils n'y attachent aucune :dée religieuse, car les Turcs ont la même habitude : c'est un passetemps, une espèce de jouet.

Si les Grecs lettrés d'Athènes ressemblent à peu près aux autres peuples de l'Europe, on est bientôt frappé de l'énorme disproportion qui existe entre cette élite peu nombreuse et le reste de la nation, de la misère et de l'état de barbarie qui se cache sous cette écorce légère «3e civilisation. Sans sortir d'Athi nés, on pourra observer que le peuple ignore les premiers éléments des arts les plus nécessaires à la vie. Leur alimentation et l'intérieur de leurs maisons sont également misérables et malpropres. Ils manquent presque entièrement de meubles , ils s'assoient et mangent par terre, sur une natte. Ils couchent tout habillés, enveloppés dans des couvertures ou des manteaux, rarementsur des matelasou descojssins; l'été, ils couchent dans la rue ou sur les toits. Ils ignorent l'usage du peigne et ne se lavent jamais. Dans les campagnes, leurs maisons sont de pauvres huttes de pierre, dont l'intérieur ne contient souvent qu'une salle sans fenêtre ou avec des fenêtres sans vitres, où s'entassent le soir, pêle-mêle, hommes, femmes, enfants, animaux domestiques. « L'intérieur, dit M«« de Gasparin. ressemble à une écurie; les vêtements déchirés, couverts de taches, y pendent à des clous; chaque trou de la muraille donne asile à de vieilles bardes mêlées avec des épis de maïs, des morceaux de fromage rance. des clous rouillés ou des bouteilles cassées. Une teinte noire, produit de vingt couches de crasse superposées, couvre les murs. Au milieu de tout cela, des raisins, des sacs de froment, des tonneaux dégoûtants a'huile. Il n'y a pas de cheminée, la fumée va où elle peut. D'ustensiles, point : quelques vases pour faire bouillir de J'eau, quelques pots de terre pour la tenir fraîche, une planche à pétrir, deux ou trois tonnelets, cinq ou six morceaux de fer aplatis en forme de pelle, recourbés en forme de pincettes; une table ronde, haute de huit pouces, quelquefois une planche fixée sur deux pieds en guise d'escabeau : voilà le mobilier. Les femmes n'ont pas de ménagea tenir, elles ignorent les premiers principes d'ordre et de propreté; jamais un balai dans les mains, rarement une aiguille, plus rarement un morceau de savon. Les plus habiles savent tisser des manteaux ou des tuniques, tourner le fuseau et broder patiemment les ornements de leurs vêtements. » Dans beaucoup de localités, ce sont elles seules qui travaillent à la terre.

La nourriture des paysans aisés se compose de pain, d'olives marinées tant bien que mal dans la saumure, de légumes, d'œufs, de fromage

de brebis salé appelé minsinthra et conservé dans des outres; quelquefois de poulets maigres , rarement de viande d'agneau. La grande majorité des Grecs n'en mange que le jour de Pâques : on prépare alors l'agneau à la pallicare, c'est-à-dire bourré d'herbes aromatiques!, et cuil tout entier à labroebe devant un grand feu. Dans bien des endroits, les paysans no mangent que des galettes de maïs, cuites sur la braise . Leur boisson est l'eau avant tout, quelquefois du vin mêlé de réaine, plus rarement du raki, espère d'eau-de-vie légère, ou du mastic, espèce d anisette tenant en dissolution la résine de ce nom, qui se précipite et forme un nuage blanc quand on la mêle avec l'eau.

« Les Albanais forment près du quart de la population du pays. C'est une race forte et patiente, aussi propre à l'agriculture que les Grecs le aont au commerce. » Les Valaques nomades sont tous bergers. On leur attribue la plupart des rapines qui se commettent en Grèce. Les étrangers feront bien de les tenir à distance. En approchant des troupeaux ou des villages, l'on devra aussi se défendre contre les chiens. « Ces monstres frisés se précipitent en nombre surtout Européen qui passe. Leurs maîtres, au lieu de les retenir, s'amusent souvent à les exciter. On ne s'en débarrasse qu'à coups de pierres. Ces animaux n'ont aucun respect pour le bâton ; mais les pierres leur inspirent une terreur superstitieuse. » Il nous reste peu de mots à ajouter sur quelques détails des mreurs grecques : le voyageur aura sans doute l'occasion d'assister à quelques mariages, à quelques fêtes de village, à quelques-unes de ces danses où les hommes se rangent d'un cété, les femmes d'un autre en se tenant par la main. La description de ces scènes nous entraînerait trop loin; on la trouvera d'ailleurs dans tous les récits des voyageurs, et ce sont de ces choses qu'il vaut mieux voir que lire. Le brigandage est une question qui touche d'un peu plus près le voyageur. Son existence presque permanente n'est que trop réelle, et aux époques de trouble il prend un développement alarmant. C'est une arme politique entre les mains des partis. On s'en sert pour faire tomber un ministère, pour se débarrasser d'un ennemi. Il est positif que beaucoup d'hommes importants ont été les complices de ces excès. Toutefois le brigandage empêche rarement l'étranger de circuler. On sait assez bien d'avance les régions où il ne faut pas s'aventurer, et, sous la conduite d'un bon courrier, les accidents sont rares. On courrait beaucoup plus de risques en essayant de voyager seul. Selon M. About, il serait inutile d'emporter des armes; les brigands grecs ne vous attaquent qu'en grand nombre et à coup sûr, et toute résistance ne peut être que funeste. Nous croyons toutefois qu'une paire de revolvers est une bonne précaution contre les maraudeurs, dans un paya où tout le monde est armé.

Section V.— Langue grecque.

§ 1 . — Formation du grec moderne. — Grâce à l'étudo du latin, un Français arrive en peu de jours à lire assez couramment les journaux italiens, et à demander en cette langue les objets les plus nécessaires à la vie. L'étude du grec ancien devrait nous donner la même facilité pour le grec moderne, car il y a encore moins de différence entre ces

LANGUE ET VOCABULAIRE. 55 deux langues qu'entre le latin et l'italien. Leake fait observer avec raison que la langue grecque n'a pas péri, comme le latin, sous l'invasion de$ barbares : l'empire grec a traversé le moyen âge, et, même scu* Ja domination turque, le grec est resté la langue des vaincus, qui ne se sont jamais fondus avec les vainqueurs. La langue grecque es: aonc restée à pou près ce qu'elle était sous le Bas-Empire ; elle n'a pas reçu une systématisation, une grammaire nouvelle, comme l'italien, et les efforts des Grecs lettrés pourront peut-être la rétablir dans fa pureté. On peut dire en effet qu'il y a aujourd'hui en Grèce deux langues, la langue écrite et la langue parlée. La langue écrite, celle de* journaux et des écrivains grecs modernes, affecte de plus en plus <3e *e rapprocher du grec ancien, et un bon helléniste de nos écoles arrive rapidement a la lire. La langue parlée présente au ooniraire une double difficulté, la prononciation et la corruption de la langue.

Si nous savions prononcer comme les Grecs modernes le peu de grec ancien que nous avons appris, nous aurions déjà fait un grand pas pour la pratique de la langue grecque; mais dans nos écoles nous avons adopté une prononciation de convention qui n'a pas le moindre rapport avec celle des Grecs modernes; aussi méconnaissons-nous les mots qui nous sont le plus familiers. Il est pourtant reconnu aujourd'hui que, si la prononciation des Grecs modernes n'est pas tout à fait identique avec celle des anciens, c'est au moins celle qui s'en rapproche Je plus.

Les déférences qui distinguent le grec moderne du grec ancien portent sur :

1» L altération de la langue elle-même, qui consiste principalement daai :

a.— Certaines altérations dans les consonnes radicales des mots, telles que le changement du tt en fiy du o en r, etc., etc.

^« — Certaines syllabes ajoutées ou retranchées aux mots anciens, Ropo pour Oropo, Likona pour Helicona, Levsina pour Elevsis, etc., etc. l'n système d'abréviations et de crases qui se retrouve souvent dans le grec des Ages primitifs et qui montre que, si le grec moderne diffère beaucoup de celui de Thucydide, il se rapproche davantage de celui d'Homère et d'Hésiode.

<L— L'habitude de ne pas décliner les substantifs, et dtf ne conjuguer les verbes que dans quelques-uns de leurs temps plus ou moins alcérés, de former le futur avec un auxiliaire, etc., etc. On comprend combien il résulte de barbarismes et de solécismes de toutes ces irrégularités.

«•—Le changement d'acception d'un grand nombre de mots anciens, le mot général pris pour le mot particulier, l'adjectif transformé en substantif, etc.

9° L'introduction de mots étrangers : ce sont principalement des mots

slaves, turcs ou italiens; ces derniers désignent surtout les objets de

consommation, ils fournissent les expressions géographiques, etc. Ajoutons que le grec moderne présente des dialectes comme toutes

les Un gues ; mais ces dialectes ne constituent pas des différences

importantes.

Nous n'avons pas la prétention de donner ici une idée complète de la langue grecque; nous renvoyons ceux de nos lecteurs qui voudraient approfondir cette étude à la Grammaire et au Dictionnaire grec moderne de David, et nous nous bornerons, dans les deux paragraphes suivants, à donner un exposé de la prononciation moderne, et un vocabulaire des mots et phrases les plus utiles pour un touriste.

S 2- Prononciation.

Voyelles grecques : a, «, r„ t, o, u, e*. Son français : a, é, i, i, o. i, ô.

Diphihongues : at, it, oi, au, *u, ou.

Son français: ai ou è, i, i, av ou af, ev ou ef, ou. On voit qu'il y a trois voyelles, rt> i et u, et deux diphthongues «, oc, qui se prononcent « d'une manière identique; aï, or. avec un tréma, se prononcent comme en français aï, oï.

Comonnes : S. — Comme le t; français. Le son h n'existe pas en grec ; il n'a d'analogue que la combinaison des deux consonnes /m. Ex.: ïpTTopii, pron. : emboros.

y. — A peu près comme le g allemand, c'est-à-dire dur devant a et o (gua, gou)t et doux, mais avec une petite aspiration, qu'il faut entendre pour la comprendre, devant les voyelles t et (. — Dans ce dernier cas, nous figurerons le y par les deux lettres gh.— Enfin, quand le y est redoublé, le second se prononce toujours dur, tandis que le premier a la valeur d'un n en français. Kx. : Kyyc>9«, pron. : anguelos.

c\— Son impossible à exprimer par les lettres françaises, et qui se rapprochede celui du fl.oudu f/ianglais.C'est un zézaiement particulier qui participe à la fois du v et du s.— Nous l'exprimons dans notre prononciation figurée par les deux lettres dh. — Le son d français n'a d'analogue en grec que la combinaison des deux consonnes vr.

î.~Comme le z français.

B. — Comme le th anglais. Zézaiement impossible à exprimer par des lettres françaises, e'.qui ne diffère que par une nuance de celui du é*. — Cependant, après les lettres p, u et %, le 0 prend k peu près le son f dur. Ex. : c^9v«, pron. : eftis ; p9av&>, pron. : flano: yQU, pron. : chtès.

x. — Comme le k français.

v» P* °* t. — Comme en français l, m, n, r, s, t.— Les syllabes av, cv, rv, ev, etc., ne prennent jamais le son nasal, comme en français an, en, in, on; mais elles se prononcent toujours comme si elles étaient suivies d'un e muet, ane, eue, ine, one. Cependant ev, à la fin des mots se prononce seulement o. Ainsi, *snz6v, pron. : îepto.

f. — Comme f ou ph.

|. — Comme x dur, dans Xavier.

£. — Comme le ch allemand et le j espagnol; c'est le son ch des Français, avec une aspiration assez douce devant e et r, plus dure devant a et e. On l'exprime ordinairement en français par kh. A ces différences, déjà fort importantes, il faut ajouter l'accent tonique, qui ne s'apprend que par l'usage. L'esprit rude ( * ) s'emploie encore en écrivant ; mais il est complètement négligé dans la prononciation.

LANGUE ET VOCABULAIKE.

S 3. — Vocabulaire.

FRANÇAIS

Oui— non.

Ceat bien — c'est mal.

Xoms de

Cn— une— un (neutre), lieux — iroi* — quatre.

Cinq— six — sept.

Hait — neuf — dix .

On te — douze — treize.

► — quinze.

grec:.

vect — &xt.

xnùà — oiv i*vat xaxa.

ÀpiOfioi.

*U — «ta — fv.

Iti VTf — é£i — ïtztx.

oxtu — fwix — oUu.

PRONONCIATION FIGURgR I.

nè — ochi.

kala— dhen iné kala.

Arithmi.

dhyo— tria— tèssara.

pende— exi—eptà.

octo — e n ne a — dhe k a .

ivcttx— ô*o«a— 9iwpioL endeka,dbodhéka,dhékatria SixotTéîoa,;*— otxjcTrivTt. dbeka'èssara— dHekapendé. ÔW.î£c— ocxotcirroc. dhekaeti-dhekaeptà.

SexKO/rû — 3ixa<wia. dhekaocto— dhekaennéa.

Vingt — vingt et un.

Trente— quarante.

Cinquante — soixante.

Son.ua te» dix.

Cent— deux cents.

Mille— deux mille.

Dix aille.

Premier — second .

Tro.# je me— quatrième, uni.

le quart, le double.

«<xo?t — tl/oottva.

tacvra — concevra, w « v ij v ra — 4 Ifà vt« .

•yoivrx.

f'CV^v TOC.

cxsTOv — ôtoxôvta.

Xiira — ouo^titâ^c;.

o'txa^ùiaôc;.

îTfWTOi — ôeûrcp«>c .

toi'toç— riraptoi.

TO MWU— TO TÉTflt/ÎTOV.

TÔ TJtTOv TO C(7l).Ô.

ou payer.

Combien cela coûte-t-il ?

ikoei— ikociéna.

trianda— saranda.

peutnda— exinda.

evdommdu.

ogdonda.

éneninda.

écatô-dhiakoeia.

chilia- dhyochiliades.

dhékachiliades.

protos— dhefteros.

tritos — tetartos.

kanis— kammia.

to mici— to tétarto.

tô trito-to diplo.

Agora i pltromt.

poço echi afto?

mia ke dheka.

pendemi»si dhrachmas.

iné poly akrivo. tha ce dhoço...

iné ftino.

Ayopà. f) Tii^cwu»}.

woso i%u aOrô ; et dix lepta. «îa xai Sixa.

et demie ttcvti/uuov opay uâ;.

ecv*i 7to>ù «/pc6o.

Je oeTeai payer que... 6oc ee ôo>?6j.. Cest bon marché. ctvat pdivo.

P>,mr demander à manger Evac ônou Ç*jt«T va ©*y*j Étuu opou siti na faghi ou à boire. $ và îtî». % napii.

J'ai (un- j'ai soif. xtivô» — 3t^«. pino— dhipsd.

Oû y a-t-tf de l'eau ? :toû éj(«i -npô ; pou échi nerô ?

ÂTez-TOus à manger? fjriif çwyf ; echia faghi?

I. On* prononciation n'* rien de commun avec l'orthographe, ou la transcription étymologique, adoptée por les taiants et que non» reproduisons dans le courant de cet ouvrage. La prononciation que nous Ega^on» ici a seulement pour but de représenter au»si approximativement que possible les moU tels que les prononcent le* Grec» modernes : elle ne tient compte ni de l'orthographe ni de» espnt* rudes. Les accent* portes dans celle colonne ne »e rapportent qu'au •ea oovort on ferm- de* voyalles. Pour l'accent Ionique, il faut consulter dan* la colonne ci-Contre faccentaation d . mot écrit en caractères grec». Nous avons représenté par dli, tli, ch et gh les Lettres e, 9t X «* y, qoi ne sont pas eiaclement expnmibles eo français. Voves au paragraphe précèdent ce que nous avons dit do son véritable de cas lettres, ainsi que de la prononciation du v dus tes syllabes orv, «v, tv, etc.

Dans un café.

Garçon !

Donnez-moi une limonade.

Un orgeat— une glace. Apportez-moi du café.

Du cafe au lait .

Du the— du chocolat.

Une pipe— du tabac.

Un narguile— des cigares.

Du feu.

Un journal français.

Du sucre— des gâteaux.

Du mastic — du raki.

Dans un rtstaurant .

Qn'avex-rous à manger f

Le déjeuner— le dîner.

Le souper.

Une fourchette - une cuiller.

Un couteau— des assiettes.

Une serviette— un verre.

Du sel— du poivre.

De l'huile— du vinaigre.

De la soupe — du bouillon.

Du pain — du Tin.

Du vin de Santorin.

Du vin résiné.

De la viande bouillie.

De la viande rôtie.

Du bœuf— du veau.

Du mouton— du poulet.

Du poisson — des œufs.

Des œufs à la coque.

Des œufs sur le plat.

Une omelette.

Des légumes— une salade.

Dans un httet.

Avex-vous une chambre?

Un bon lit.

Les draps sont-ils propres ?

Un matelas.

Une couverture de laine.

Un vase de nuit — les lieux.

Une table— une chaise.

Un tapis— une natte.

Mon linge est sale.

Faites appeler une blanchisseuse.

Quand pourrai • Je avoir mon linge?

ftv.hxxpi.

«Ses- fit fiix XtuojxoGc.

//t'a vauxex — tsx rrayw-i.

yipi /xi Îjx xsepi.

èjx /y.'A uï-.à yyJ.a.

Tffàt — Ts-oxo/ârse.

fva TïiGïv/A — /.xn-jô.

iv* *xp/0i—77iyxpx.

uîx */«A/cx4 lfr,u£piox»

tZxy xpt — £ y// xfi / x.

fixixiyx — px/.L

Et'i hx (svooâxeîsv.

il v-xyi iyei< ; rà Tt^c'ysyust — rà yfûuy.

uv. -zzipfrjJi—îjx you)xxpt.

hx n'j.yxizt — Tttàra.

fiix xi77hx—i,y. xoripu à/s?; — Tzmipi.

Xv.ci — iûôt.

sovTta — Çou/xl.

^wvt — s.px9i.

r.pxst TLxvrophiO* npxrù osrauxro.

€pX970.

npôGio— rroy/i.

aU/â ftpX77ÔL.

avya 'aro sxyxvi.

ojitïirrx»

Jxyx^KX— sxXxrx.

ittapu<k.

Zytii fj.ix /«aa.ca ; f?v«t 7t'/7T3txx rx atvoi-jta;

ï tX UXJ M /0

f va 79oy/xM — r$ x jy.y/x}*>.

«va r^a-Té^r — ah. /x:i/)x.

i'j's.yx/i — tiiv. IvOv. [iit/y„

T a7^52£9UVà IJO'J îC*Xl€cO* fÛVStgf fi.iiJ.lX Kiùixpx.

1té7Z 0&Htflpr,i T***1tpi~

h éna kafftttion.

palikari !

dhossé mé mia lemooadha.

mia soinadha— ena pagôlo.

féré me ena cafe.

éna café me to gala, tsaï— tsokolata.

éna tsivouki— kapno.

éna narghilé— uigara.

fotia.

mia galiki éûmérida.

zuchari — /ymarika.

maslicha- raki.

1s étia xénoMwchxon.

ti faghi echis?

to progherma— to ghevrna.

o dhipnos.

éna pirouni— éna chouliari.

éna machèri-piata.

mia petsêta— éna potiri.

alas— pi péri.

ladhi-xydhi.

soupa— zoumi.

psômi— kraci.

kraci Sandorinio.

kraci retsinato.

vrasto.

psito.

vodhino— vi-dhelo.

provio— pouli.

psari— avga.

avga vrasta.

avga sto sachani.

omeleta.

lachanika— salata.

pdrika.

h ena xenodhochùm.

echis mia kamara?

éna kalo krevaii.

ine pas tri en ta sindonia?

éna raallino sképasma.

éna tsoukali— to anangniron éna trapedzi— mia karrgla.

éna chuli.nna psatha. [milca

t'asproroucha mou ine vrophouaxe me mia plyitra.

pote tiia mé Éerii t'asproroucha mou?

LANGUE ET VOCABULAIRE. 59

Mon habit est déchiré, xà f°^'/J ,uov *tva" oxntiivo to roucho mou iné schismé- Faite*-le recoudre, oàvt xo va tô pâ/«uv. dhoce to na lo rapaoun. [no.

Faiies-vrtniettre un bouton €â/e «va /.oy/aSt. vaie ena koumvi.

Je Teux aller dormir toutde vâîiayw và TÙaytâ™ thelo na pago na plaghiaço

foi». <u6'J;. toraeftis.

EretlJei-moi demain matin. Çv?m« «S^i* td rr^wc. xypnicé me avrio to proï. A <pelle heure ?A su heure*. Tt Ctpx ; — 'ataj 15 1 . u ora ?— stas exi .

Pour demander l hturc.

Qoelie heure est-il? NL^cit— midi, l-ne heure— -deux heures, îreis hrure-s et demie.

Aiàvà'/wwTïjffôwvTtw^atttvat Dt'a na eroticoun H ora ine.

xi fiJrativati; u orainé?

ju™vyAT*-~iit9-ritxlpu meçanycta-meciméri.

pia âi^a — oJs c^ai*. mia 0ra— dbyo oreg.

tpeiTr.fxtcu. tricimici.

71*5**01$ xai TérasTOv. tessarès kè tétarto.

trois quarts, Tt9?oc£<; xxt xpix xixxpxx. tessarès kè tria tétarta.

un quart. îiîvti noLpà: xéxxpxov. pendé para tetarto.

1rs jours àt la Ô xxipà;, y.i t uipzt xf,

Anjourd hui— ce matin, cjutpct — rà Ce aou — demain. rè fpxôi — «Octo.

Demain matin de bonne k^'C to* Ttcraî ivtop'.ç I lier— hier soir. heure. y.Q*i — ?® Scaôc. 11 y a troi5 jour*. icvat t,£«ï< fykzxi.

Dan 5 quatre ;uurs. «î TSîffasai hpipv-i

Lundi— mardi— J v ud* — vendredi —

0 *r7W , è tmerè là wdomadhos, aimera — to proï.

to vradhi — arrio.

avrio to proi enoris.

entés— chtès to vradi.

iné Iris imerc.

cetessaras iméras.

oîurè.oa— xplxn — xtxpxoYi. dcftera— triti— tetradi. Tzitixr* — xxpxv/.tuj— ix&- pempti— parask^vi— *avato. fête. *vptatxrt-~u.U ioprri. [Saro. kyriaki— mia éorti.

Le» mou.

Janvier — Férrier.

Mars — Avril.

Mai — Juin— Juillet.

Aoàt — Septembre .

Octobre— Novembre.

Ol u?t'Jt;. J min h.

\xjwkpio;— QiSpwÂptOi iannouarios— fevroi MxfTo; — Anpuioi' martios— aprilios.

Mai©; — 'Igvvco; — 'lov).t«;. maios— iouniot— ioulioa. Kir/ojiroi — ZvxTlvSptùi» avgoustos — septemvrios. O/.rdSptoi — Nocpopioi.

ài<ifj.£pio;.

voyager.

Moyens de transport:

t'n cheval— un Ane.

l'a ehamcj l "ne bnde— 1 l'oe valise.

L'ne malle.

Une voit are — à un cheval.

— à deux chevaux

t ne barque à Toiles.

oktovrios— noemrrîos.

dhékemvrioa.

Dhia h taxidi.

A ta xd Ta|ct5t.

Mt53t fXtXX'.Oflistïii 1

h-x a/oyo — Iva yxïoovpt. éna alogo— ena gaidhoori. pix /ae/^a— //c'a ei/Àa. mia kamila— mia sella, «va yxAivxpt — iv«i xUÀl~ «na chalioari — énas chali- «va xZxu[Atlz.n. ena tzammeihani. (nos.

«va ïivoc-u/t. éna sendouki.

«va aux^i—tiL l>* «ioyo. éna amaxi— mé éna alogo.

— fxk ôwo «/57a. mé dhyo aloga.

evx •x/otxptQj. éna pliarion.

fiix €xpxcL jjii t« ffjcvtâ. mia varka mé ta pania.

Un batean à

t JX ZxX<SiÂXO.

éna vauello.

éna atmoplion.

rjo GRECE.

Un agoyate. «•/©««t*?». énas agoiatit.

Un courrier. ra^uopo^oj. énas tachydhromos.

Un interprète. «va« opa.you.xvoi. énas dhragomano*.

Pour partir ou s'arrêter. Évuç bnou âvax&jpri î Éna* opou anachon i

fihtt.

Quand partons-nous? ?r©T« 6' àvax«p»j©w/*ev ; poté th'anochoriçdmèn ?

Bientôt. ii bXiyov. cé oligon.

Je ?eux partir tout de suite. $u&j y* ava^wp^aw eûôûf. thélo n'anachoriço eftia.

Jusqu'où allons-nous? ivsitoû 0à Tràuev ; ospou tha pamcn?

A quelle heure arrivons- ri ^« 0K fi^^ ciÇ t© U ora tha ftaçomen is to

nous au khan? Jf*vt î chani?

Où peut - on passer la nov riu.KOsoûatv va pou imboroumèn na

nuit? n%pa.a*>tfivt tVjv vûxt« ; peraçomèn tin nykta?

Nous n'allons pas assez Jiv TtcptTraTOÛusv à.o*tT* dhén peripatoumèn arketa

vite.— Plus vite. yJuywpa— 7rÀéovyAi'ywp«. gligora -pléon gligora.

Vous allez trop vite. Tnjyatvet* iro/ù y>iy«pa. pighénis poly gligora.

Pour demander Je che- tfvaç ottou «>«t« t©v ÂW opou erdto /on mot. èpéfjLOt. dhromon.

Est-ce là le chemin de...? air' èoWvat ô o>o>oçe?«..; ap' edho iné o dhromoa is? Est-ce à droite— à gauche? cimk ô«£ià— optiTêpà ; jne dcxia-aristcra ? Toujours tout droit. ô>o Utx. 0lo icia. #

Revenez en arrière, ce n'est i^hrpt^t — ôiv etvoct avT©« épistrepsé -dhén iné aftoa

pas là la route. à ôpouoç. o dhromos.

Je vais à Athènes. uïjyaivw et» rà« Aj0i}yac . pighèno is tas Athinas.

Je viens d'Eleusis. *5X°.wai aTr0 T^y Biciwcva. crehomè apo tin Elefaina.

Par-dessus la montagne. a7i07t5cv« arc© to 6©vvé» apopano apo to vouuo. Le Ions de la rivière. ecç tov Trora.uév. is tom botamo.

Sur le bord de la mer. tii tà 7rap*0aiâ©-7iov. is to parathalassio . En descendant la vallée. irvjyatvovTXi îtpo* ri)-* xot- pighènontas pros tin kila- A travers le bois. tiç to oaç©$. [vaoa. is to dhaços. [dha.

Au delà de la plaine. e*ttôiv rfj; usoiâo©*. ékithen tis pedhiadhos.

Quelle distance y a-t-il ttoïov et/zi tà ocà»T>3/*a pion iné to dhiastima

jusqu'à...? la*...; eds...?

Combien d'heuresjosqu'à...? *oWe; wpaeç éw;; poces orès eos...?

Le chemin est-il bon? ««*©« © opouo; ; iné kalos o dbromos?

C'est uue grande route- <*vat M-v/zaoç dpiuoi. iné mégalos dhromos. C'est un mauvais sentier, fô povonxn oiv ecv&.e xaÀo. to monopati dhên iné kalo. Voulet-vous m'y conduire? wïr/aivft» ; mé pighénis?

Y a-t-il des voleurs de ce «vat ^Ài^ratç xn* avr©1 tô iné kléptès ap* aAo to

côté? î meros?

Une ville— un village. — «'« X'J,f mia Polis~ *na chorio. [ni.

Hôtel— maison— kban. ÇtvoSoyyiov— ar.ïrt — yxti. xenodhochion— spiti — cha- Une église — un couvent. p.ix i//)r,<six—ï>z uow:- mia ekklicia — ena monas- Une ancienne mosquée. i>x n«Aatô T^a.ui. \xkpi- éna palaeo tzami. fteri. Un temple antique. iVxç ùpyzioç vooç. énas arehœos naos.

Des antiquités. àpyxarr.rii- archa?otités.

Un vieux château. «va nxlv.iixxiTpo*. éna palœokastro.

Une tour — un moulin. «va* Trvpys;— 껫{ ,uû)o;> enas pyrgos— énas mylos. La mer— uneile. ^ diiocîcix— i»k v/;çi. i thalassa— éna nlci.

LANGUE ET VOCABULAIRE

l'n lac — du murait.

L De riiieiv — un ruisseau.

Une fontaine — us puits.

Une montagne — un défilé- Une plaine— une vallée.

Un rociurr— un bois.

QoeJ est cet arbre ?

Le nord — le sud.

L'ooest — l°eat.

Grec.

Roumélie.

Un Turc— un Albanais.

L» France— uu Français.

L'Angleterre— un Anglais.

Ca Italien — un Russe.

Fera- 1- il beau demain?

11 pleurra— il a plu hier Il pleut— il fait un

vent.

Une

Pour appeler, etc.

Frère !

Comment t'appelles- tu ?

Viens ici!— va-t'en !

Prends earde!

Bonjour— bonsoir !

Adieu.

Vous êtes un brave homme Je suis tnajade.

Je tousse-j'ai la fièvre.

J"ai mal à la tète.

J'ai la diarrhée.

Y a-t-U ici un

pharmacien ?

Un purgatif— un vomitif.

Un fébrifuge — un

CVK 7T0TO/UU CvaÇ |0V3t£.

[tiu 6pim-—ivx 7tï;yâoi.

«va fisuvd— «va /utovoîtactt.

(lia. 7i«5'à* — //t'y. xoua;.

«va; tatuyoi — «va oâîoç.

ri ttvui aùrê to osvocov.

oM&ftâ;— ^ Povueit. [t»j«.

«va$ Toû/exof — <v«çAp€«v»j- ^Tai/ix — cvaç ra//0{.

Ayy/iac — e>«4 Ayy/oç.

«va« Itîc)6» — «va; Pâffvo;.

Ôâ xâur, xaièv xztpàv vCowv

ftioL pou/??oûva — fiiK uifôp».

Atà và p&)vâ£ouv.

s/* eow — pùyt.

ùî rà xot/o.

Tzrr/xcn va cw/jïjî «va ixxpô.

•7T0VCI Td Xt?Ct)l UOU.

t^w otà^spoix.

oxptxxxono'6; ; [xi».

mia limni — en as v altos, éna potaïui — enas rhyax.

mia vryci— êna pigadhi.

éna vouno — éna monopati.

mia pédhias— mia kilas.

enas vrachos— éna dhaços . ti iué afto to dhendron.

0 voiras — o notos.

1 dhycis — i anatoli-

i Hellas— enas Uellin.

0 Morias— i Roumeli.

enas Tourcos— enas Arvani-

1 Gallia— enas Gallos. [tis.

i Anglia— énas Anglos.

énas ltalos-enas Rossos.

thakami kalon kèron avrion?

tha rrexi— évrexe chiès.

vrechi-kamné polyn

anemon.

mia fourtouna— mia boni .

Dhia na fonaroun.

adhelfe !

pos sé léné?

ela edhôl-fyghéf

procéché î— Tarda !

kalimera - kalispera.

is to kaio.

icé kalos anthropos.

imé arrostos.

pighèné na evris ena iatro.

vicho— echo thermi.

poni to kefali mou.

écho dtarria.

évrisketé édho énas

pharmacopios ? fkon.

i*x xxQxpato — «va «u«Tt- éna katharsio— éna emeti- «ya àvTt^wseTtxô» — «vaxa- éua andipyreticon— éna caraTT/aTua. taplasma.

Un emplatre-de la charpie. «va *uîr/a*T/»v— Çavrô. éna emplastron-xanto.

La poste. là rxywpoutïo,. To tachydhromion .

A quelle heure arrive le ?t ûpx çîflàvet 6 ra^uo/so- ti hora ftani o tachydhro-

courrier? fio; ; mos?

Avez-vous une lettre pour tyjti ycâutt* ocà tôv echis gramma dia ton

M. N...? " Kvptot N...; Kyrion N...?

Combien paye-t-elle? Tf 0à iti^flî»»» ; ti tha pliroço ?

Faut-il affranchir? itpiittt va nXyptoQU ; prépl na pliroço?

Orient. 4

Verbes.

Être— e*#at— je suif.

Nous sommes— j était.

Noui étions.

J'ai-as-tu?— il a.

Nous avons - Avex— vous ?

—ils ont.

Je reux — veux-tu ?

Nous roulons — voulez-tons?

Je peux— peux-tu? — peuton?

Nous poutons-pouvex-vous?

Nous allons— j'irai.

Nous sommes allés.

Auirts verbes.

Je mange— je bois— je dors* Je me repose— je fume.

Je marche — je cour» — je Je monte à cheval, [nage.

Je monte -je descends.

Je pars-j'arrive.

Je viens— je reviens.

J'apprends — je comprends.

Je ne comprends pas.

Je connais — je crois.

J'entends — je pense — je parle.

Parlez-vous français?

Parlez plus lentement.

Je aaii- je sais l'italien.

Je sens— je me souviens.

Je vois— voyez-vous ?

Substantif».

L'homme — le mari.

La Le

L'enfant — le garçon — la Le frère— la [tille.

Le corps — la tête.

Le bras — la main.

La jambe— le pied.

Professions.

Douanier — gendarme.

Soldat— médecin.

Prêtre -moine.

««voce — ttuxt.

€tU£0ot — fflOVJ.

iyttt — (yci; ; — tyjtê îyouv* — iytzt iycut.

diXu—QOtt; ; 0t7o/«v — Qi/ert ;

YiU-ZOpOÛtJ.ït Ti/x-xoptiTt \

îtr.yatvw— rrvj/flci'vetç.

irt^/x/xcv.

vyjûyw— àvartaûo/Aou — xxTrvt'Çe*.

'utTTtù'ji. [)uy.€ù.

à v a6x i v w— xotffc&c t'w .

ipyopxi — imstpi?*».

pxvQxvto — xxTaAoyrôdcvtt.

yvtopiÇùè— vo,ui£ca.

axoO«u — oroy^OfisLi —

oaOtïç y«À>txà; /UU/a îT/ËOv or./XMt*.

pvpiÇto —

f Àiiticc ;

O'IWixxTixà* i xvQp<»7ctoi — i v.*ôpm»

fj yvvxl/.oc— ^ aù^irjOi* O ït«Ti|3— iir,mp.

rà nxioi — rè à-/0>t— -rdxtt*

t<J 5wi/.a — 70 xî^à/y, à Gpxy /wv — rc/jpi.

ETrayyO/*««t.

T £ / oV> /, ; — y/jtpofvïftÇ/ QtpoL^itoTr,^ —ixxpôç.

IVnmai*.

iné— imè.

imcthd — imoun.

imétha.

écho — échis ?— échî.

échomen— échétéf — échoun

thélo— thélis ?

thélomen — thélété ?

imbord — imboris ?

— imboroum ?

imboroumen — imborité ?

pighèno— pighènis.

pighènomèn-tha pago.

epigamèn.

Alla rhimata.

trogo-pino-kimoumè.

auapavomè — kapnizo. peripatd— trecho — kolymippévo. [vo.

anavèoo— katavèao.

anachoro— ftano.

erchomè-épistréfo.

man thauo -katalam vano .

dhén katalamvano.

gnorizo— nomizo.

akouô— stochadzomè— omilô.

omilis gallica?

mila pleon agalia.

ixevrd— ixevro ta itaîioa.

vlepo— vlepis ?

Oussiatiika .

0 antropos— o au (iras.

1 gyneka— i syzigos.

o patir— i mitir.

to pèdhi— to agori — to ko- <> adelfos-i adelti. fritsi.

to sdma— to kefali.

0 vrachidn— to chéri.

1 koimi— to podhuri.

telonis — chorofilax.

btratiôtis— iatros.

papas — kaloghiros.

Tailleur-cordonnier.

Prrraqmer— lib

LANGUE ET VOCABULAIRE

emboros— bakalis fture).

Habillements.

Chapeau — bounet grec.

Habit — pantalon.

Han teau— soulier, jupe.

bl*.

ï rj* il— pistolet.

Adjtriifs.

Bon — tneiU etir— très-bon .

M aorais— méchant.

Grmtid — petit.

Bean— laid.

É>Té— bas-

Cher— bon ttiirch**.

îiece&saire —inutile.

Chaud — froid.

F</rt — l&i\)lt.

Malade— bien portant.

Poli-impoli.

Ik nnêt*— voleur.

Couleurs.

B.'inc — noir.

Brun — gris. Ronge — jaune.

.drfreroer.

U{oùj« fait).

Delà.

En haut— en bas.

En dedans — en dehors.

Autoar — auprès.

F.n Cace — derrière.

En arant — en arrière.

xovptvi — Çtfïunvir.ç.

itÀûffrpa.

Evou/Aarx.

xstiriïo — fivt.

poO/o — TzxvrvtXé'it.

/* sevré Jto — 7raîr5ÛrÇ<a.

foirrràv i — f* iwpovrrâv t.

Tou^sxi — jrcaroJU.

ff7iaoî — [xor.xex.ipt.

E7ri0ST«.

/atl^f— **«lAtTtf flf irelu

xaxo'f — clypiîoi» [y.'x)6i.

ftVfàiOi—'fHApH, tÙfl0p?9%'—&7,Xlfipi0fi

/*«x/nvs«— xavTtwé|.

waTT/Cueç — Gpofuxèç* uxpiGoi—fQtvôi.

àvayxaïo; — wif trrô» .

Çierd«—

îuvaros — aouvetTO».

&pfU770i — ir/etïtf.

tCr/fv>5$ — àïroÀÎTCVTO;.

ïrtrre'f — anarr,/0fi« Ttuiof X/tïTTVJf.

axoûpo — ).cu/épxco»« xèxtio—y.lripvo.

tt*0l ftf%7IV0*

kourers— firliopolis.

plystra.

BnéhymatA.

kapélo— féci.

roucho— pandaloni.

mundelo— papoutiis.

foustani— miçofoustani.

pocamiso-caltaès.

mandyli— xoni.

Hopla.

toufeki (turc)^piitoU.

spadhi— machèri.

Épithtta.

kalos— kallteros— poly kakalos — acbrios. [los* mégalos — micros, ermorfos — aschimos .

ypsil os — cha mil os.

macriuos— condinos.

èxtî (©«ou €</xar).

à*' ixii.

tîrâv&>— xàrto.

iré/jtÇ — xovra.

â»Tt/pu — ûiuVjJ.

iu.np6i— ôtuîw.

pastrikosakriros — ftinos.

anankèos — perittos.

sestos— kriot.

dhynatok— adhynatos.

arroslos— yghiis.

evghenis-apoliteftos.

pistos— apatilos.

timios— kleptis.

philoponos— okniros.

f^h fotft <\ (fi .

aspro— -mavro.

skouro— lcfkofèon.

kokino— kiterno.

mavi— pracluo.

Épirimala.

éki (opou imè).

ap' éki.

épano — kato.

meça— eio.

péris — kondaandikri— opiço.

embros— opiçs.

Un

Trop— pus du tout.

Combien ?— comment?

Jamais -toujours.

Souvent — quelquefois* Loue temps— autrefois.

Dernièrement — tout

Tôt- tard.

Prépositions.

A (aller à).

De (Tenir de).

Dans— hors de.

Sur — sous.

Arec — sans.

Pour ^-contre.

Pendant— après.

itôffo

ItOAÙ XOUpQV — 9U)&f«»

de t»xàT«ç — cu0û$.

[suite, vùpiç — |ei»/?a«.

tii (irïjyottvw tii).

ùno (ipyotian arc©).

Ircav w«— -àno*otTM • /utaÇû, /it — xupii- 5iâ — xarâ.

ivû — yera.

oligo— poly.

para poly— katholou.

poço? — pds?

pote — panda, sychna- kapoté.

poly kéron— aloté.

eschatôs— eftis.

noris— xorus.

Prothetsu.

is (pigbèno is).

endos -ectos.

épano— apokato .

mazi, mé— choris.

dhia — kata.

énô— i

Section VI.— Manière de voyager, itinéraires, etc.

SI. Communications maritimes. — On se rend ordinairement en Grèce par Marseille, Trieste ou Conatantinople. Les paquebots a vapeur des Messageries impériales françaises et* du Lloyd autrichien, ont établi à cet effet des services d'une grand* régularité (V. Introduction générale). Les paquebots français conduisent de Marseille au Pirée, soit directement par le détroit de Messine, soit par Malte et Syra. Les paquebots autrichiens conduisent de Trieste à Corfou et de là au Pirée, soit en doublant la Morée, soit en traversant le golfe et l'isthme de Corinthe. On peut encore se rendre de Malte à Patras et Corfou par les paquebots-poste anglais. Les paquebots français et autrichiens mettent également la Grèce en communication avec Constantinople, soit directement, soit par Smyrne (F. le Pirée). Trois vapeurs grecs font le service des côtes de la Grèce et des Cyclades jusqu'à Santonn (V. le Pirée). On se rend en Crète, soit par un service du Lloyd, partant de Syra, soit par un vapeur turc. On trouve enfin continuellement de petits bâtiments grecs à voile, Caïques ou brigantines, pour tous les points de l'Archipel ; mais c'est là une navigation aventureuse, sujette à mille retards, si le vent est contraire, et quelquefois périlleuse, malgré l'habileté incontestable des marins grecs. 11 n'y a plus guère de quarantaines qu'à Syra, pour les provenances de la Turquie. Encore la quarantaine n'est-elle ordinairement que de vingt-quatre heures, • comptées à partir de l'heure de l'arrivée.

& -2. Hôtels, khani, hospitalité, couvents.— On ne trouve d'hôtels qu'à Corfou, à Syra, au Pirée, à Athènes, à Patras, à Chalcis, à Naupne et à Corinthe. Dans cette dernière ville, l'hôtel n'est qu'un misérable bouge; ceux des autres villes sont fort modestes. Athènes possède deux bons hôtels. Partout ailleurs il faut se contenter de khani, comme en Turquie. Le khani est un bâtiment où l'on ne trouve ordinairement que le toit et les quatre murs. Il se compose d'une chambre unique ;

MANIERE DE VOYAGEK, ETC. 65 les fenêtres, quand il y en a, sont à peine fermées par un volet de bois : quelquefois un plancher, une espèce de lit de camp, rarement une natte, en forment tout l'ameublement. Les tables, et surtout les chaises, y sont presque inconnues. Le voyageur doit apporter avec lui son iit, ses provisions de bouche. Cependant on trouve souvent, mais pas toujours, « du pain, du vin, de l'orge et des fers pour les chevaux, de la corde pour les bagages, des allumettes, du savon, et cette épicerie élémentaire qui suffit aux besoins des Grecs. » Le matin, on paye au khangi un prix encore assez élevé pour un aussi mauvais gîte. A défaut du khani, on a l'hospitalité des paysans On vous cède un coin pour installer votre matelas : on y couche ordinairement pôle-méle avec la famille grecque, qui vous observe avec une curiosité naïve, et vous obsède souvent de sa familiarité. Mais on se fait à tout, et ce que l'on perd en confortable, on le retrouve en couleur locale, en détails de mœurs intéressants. Dans quelques localités, on reçoit une hospitalité plus confortable, chez le parèdrc, ou chez quelque habitant notable. Enfin, quelquefois on loge dans les couvents. Les moines grecs sont d'une humeur facile et agréable, et ne se piquent d'aucune austérité; ils accueillent gaiement le voyageur. L'hospitalité est gratuite ; mais il est bon d'y apporter ses provisions, et il est d'usage de donner cinq francs par personne : le couvent fournit le vin et le gite. Cette hospitalité est donc souvent plus coûteuse que le séjour dans les auberges et les khanis.

S 3. Chevaux, agoyates, courriers.— Il est plus facile d'arriver en Grèce que de voyager dans l'intérieur du pays. Nous avons vu quy la Grèce ne possède que trente lieues de routes en sept tronçons. Ce n'est donc qu'à cheval qu'on peut parcourir cette contrée. Outre sa monture, le voyageur doit avoir des chevaux pour porter les bagages, le» matelas, la cantine ou batterie de cuisine, les provisions de bouche, une table et des sièges pliants, etc. Les agoyates, ou conducteursde chevaux, suivent à pied. « C'est un rude métier, dit M. About, que celui de ces pauvres agoyates, qui font quelquefois des voyages de cinquante jours à pied avec des cavaliers. Ils se lèventavant toutle monde pour panser les chevaux ; ils se couchent quand les voyageurs sont endormis ; souvent même ils passent la nuit à garder leurs bêtes, lorsqu'on traverse un pays sujet à caution. Ils se nourrissent à leurs frais, eux et leurs chevaux; ils dorment dans un manteau à la belle étoile ; ils supportent le soleil et la pluie, le froid dans les montagnes, le chaud dans les plaines; et, après tant de fatigues, leur* seigneurs, comme ils disent, leur donnent ce qu'ils jugent à propos, car il ne leur est rien dû que le loyer de leurs chevaux. » C'est se montrer généreux que de leur donner cinq francs de pourboire, au bout «le huit à dix jours. Les chevaux d'agoyate se payent quatre francs cinquante centimes par jour ; moitié les jours où ils ne marchent pas. Il est assez difficile, même à Athènes, de trouver une selle convenable. Les selles grecques ne sont que des espèces de bâts, garnis de bois, fort durs et fort incommodes. Un voyageur parla* t le grec, possédant une cantine de voyage, son matelas, ses couvertures, muni d'une bonne carte et d'un bon itinéraire, peut aller seul avec deux chevaux et son

agoyate;mais il dépensera difficilement moins de vingt francs par jour. Le voyageur qui ne réunit pas ces conditions doit s'adresser à un courrier, qui lui sert d'interprète, de guide, de cicérone, quelquefois de cuisinier, lui fournit les chevaux, les matelas, la cantine, la nourriture et le gîte, moyennant un prix convenu, qui varie de vingt à quarante francs par jour, suivant le nombre des chevaux, le confortable du traitement qu'on exige, suivant aussi le nombre de voyageurs qu'il est chargé de conduire. Le courrier estun type curieux dont les voyageurs, et notamment M. About et Mme de Gasparin, nous ont donné de spirituels portraits. C'est un polyglotte, qui parle souvent, outre le grec, le turc et l'arabe, deux ou trois langues de l'Europe, l'italien, l'anglais, le français, ou l'allemand. Il connaît les routes et les curiosités du pays; il explique les antiquités. Il aime à se revêtir de costumes brillants et varids, comme pour donner a ses voyageurs un beau spécimen delà nation grecque. Le courrier règne en despote sur les agoyates. Sa spécialité est de connaître les bons gîtes ; il ades connaissances, des amis, dans toutes les localités. < Khan, auberge, maison particulière, tout, dit M»« de Gasparin, reconnaît sa puissance. Dès qu'il se présente, le maître et la maîtresse sont comme s'ils n'étaient plus. Il s'empare des chambres, les meuble, sert ses voyageurs, commande en général d'armée. Le cuisinier descend de cheval , allume son feu, souvent en plein air. Une demi-heure, trois quarts d'heure, et le dîner est sur la table. Le matin, on déjeune rapidement, on plie bagage, et le soir, quatre autres murailles aussi désolées revêtiront en un clin d'œil la même apparence confortable. »

$ 4. Saison favorable, hygiène, impression générale dn voyage en Grèce. — La saison la plus favorable pour parcourir la Grèce est le printemps, du milieu d'avril a la fin de mai : juin, juillet et août sont trop chauds ; septembre et octobre sont favorables pour la température, mais la végétation est brûlée, tout semble d'une aridité désolante. A partir de novembre, les pluies et le froid rendent le voyage sinon impraticable, au moins très-pénible. La Grèce est un pays insalubre, et le voyageur ne devra pas négliger les précautions hygiéniques que nous avons indiquées dans notre Introduction générale. Le voyage dans l'intérieur de la Grèce demande une certaine énergie. Les mauvais gîtes, la mauvaise nourriture, les fatigues du cheval, rendent ce voyage très-difficile pour les femmes. En est-on dédommagé par la beauté du pays, des ruines antiques? Pour la plupart des touristes, ce voyage, il vaut mieux le dire d'avance, est la source d'un profond mécompte. « Il en reste, dit M«n« de Gasparin, l'impression d'un travail qui n'est pas tout à fait en proportion avec le résultat. Du côté pittoresque, il y a quelques aspects admirables, comme partout où ce* deux éléments, la mer et les montagnes, se trouvent en contact. L'Ar— cadie, la Messénie, la Laconie, de nos jours, de même qu'aux temps antiques, sont le jardin de la Grèce. Mais que d'étendues pierreuses, désertes, que de croupes osseuses et décharnées ne faut-il pas traverser pour rencontrerde tels tableaux ! Du cété desmonuments encore, Il y a disproportion entre le plaisir et la peine. Parcourir la Grèce pour ne voir que ce qu elle renferme à l'heure présente, sans jeter un

ITINKRAIHBS. (H

regard en arrière, sans jeter un regard en avant, c'eat faire une mauvaise opération. Le voyage ne prend sa valeur que jour après jour. Chaque lecture lui donne du prix, en reçoit de lui, pour mieux dire. Il communique un caractère de réalité à ce qui n'était guère qu'abstraction. On s'accoutume involontairement à lire l'histoire grecque comme on lirait un poëme épique. On croit bien à l'existence des guerriers, des philosophes, des législateurs ; mais ils agissent dans un monde imaginaire, ils participent du vague de ce monde-la. Après le voyagedeGrèce, les événements prennent des proportions vraies. Tout cela secoue sa poussière, vit, marche dans notre planète, sous notre soleil. Aussi la physionomie du pays, l'emplacement des grandes cités, la conâguraxion des Etats, offrent-ils un intérêt plus réel que les monuments ou que les beautés de la nature. Là sont les richesses du voyage, et, comme elles ne ae découvrent que rétrospectivement, comme au moment même on tient un plus grand compte de ce qui parle aux yeux que de ce qui parle à la pensée, il en résulte que, sur l'heure, le voyage ne répond pas tout à fan à ce qu'on en attendait. »

$ 5. — Modèles d'itinéraires.

U A?BfcXltS ET l'AtTIQUK.

Athènes et ses antiquités 2 j •

Athée et à Eleusis, et retour par le

Pirée 1

Athènes k Philé, et retour 1

Atones au Pentélique et à Marathon, et retour à Athènes. ?

Athènes a Surnom, par Raphti, ai retour par Vari 8

Total 8j.

Ou bien Athènes au Penteliqne, à MiijMtfcoo, et retour par Raphti, Suxùun et Vari 3j.

Total 7j.

S* Atwèves. Éoikb, Nacplie, Aacos, kftocbpab CoaiNTUK. (Recommandé.)

Du Pirée à Egine (débarquer au petit port d Hagia - Marina pour voir le Temple;, et ae rembarquer pour Épi-

daure lj.

D"Epi d sure à Naupl ie, par H iéroa. i Tirynthe, Ar§oa et Mycènes,Khar-

vati 1

Kharvau, Xecnee, Corinthe 1

Corinthe, Megare 1

Total

On peut, à la rigueur, aller en un jour de Nauplie à Corinthe, en envoyant

à Myccnes, et en

visitant soi-même eu voiture; Tirynthe, Argos et Mycènes.

3* Athènes, Thebes, Delphes, bt retocr

PAR LE GOLFS DB COBINTtlE.

Athènes, Eleusis, Eleuthères 1 j.

Éleuthères, Thèbes, Platée, Leuc-

tres, Thespie 1

Thespie, Livadie, Chéronée 1

Chéronéa, Davlia, Delphes. 1

Delphes, Salona, — retour à Co«

rinthe par le bateau du Lloyd

(le jeudi) ]

Corinthe, Calamaki, le; Pirée (par

mer), Athènes 1 j.

Total 6j.

1° D'Atuknbb aux Thkrmopïles, Bjproca

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