‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 63 sur 511 · SALAMI NE · texte numérisé non relu

SALAMI NE

du Pirée, décrits par les auteurs anciens, et que cet antiquaire avait plus ou moins disséminés, doivent être en général placés autour du nouveau port ; mais il n'en reste plus de vestiges. Le port Cantharos se trouvait dans l'enfoncement le plus méridional, près la douane actuelle; le port de Zéa, avec les cinq portiques (oxovl iti-srs) , et le Phreathys , oui en était voisin, semblent être à la partie N. du port, vers le marais de H al te Entre les deux s'étendaient l'Apurodisium et l'Emporium, ou port de commerce. La forteresse deMunychie, son temple d'Art émis Munychia et le Bendtdeion, doivent être placés sur la presqu'île méridionale. Cette colline est creusée d'anciennes carrières et de cavernes, conformément à la description de Strabon. Sur toute sa circonférence, le long de la mer, on retrouve des vestiges d'anciennes muraille*. Elle se termine à l'O. par le promontoire d'Alcimus, qui se trouve à droite quand on entre dans le port. En suivant le rivage, le long de ce promontoire, on arrive en 30 m. au Tombeau de Thémistocle, situé presque immédiatement en arrière du mât qui sert à faire les signaux, sur la pointe la plus extrême, et a l'entrée d'une petite crique. C'est une fosse rectangulaire creusée dans le rocher, et que la vague vient remplir ; elle regarde Salamine : à côté est une fosse semblable qui regarde la pleine mer; près de là gisent de gros tronçons de colonnes. C'est là, en vue de Me et du canal de Salamine, immortalisés par ses hauts faits,

Phalère étant ainsi, nonobstant les | que furent transportés les restes

observations de M. Ulrichs, con servé au Porto-Phanari , tout le système de ce savant est mis en per:l. Le port de Stratiotiki, dès lors, ne peut plus être que Munychie, et Zéa rentre dans le Pirée, d'où M. Ulrichs s'est appliqué à le faire sortir. »

D'après cette réfutation du système de M. Ulrichs, les édifices

Orient.

du héros athénien, mort en exil â Magnésie. Les Anglais n'ont pas craint de profaner ce sol consacré, en y élevant le tombeau d'un de leurs compatriotes, obscur chapelain d'un navire de guerre.

De la douane du Pirée, on franchit en 10 m. le petit col rocailleux qui sépare ce port do celui de Munychie. Ce dernier est un joh

bassin ovale, communiquant avec )a mer par une ouverture étroite, près de laquelle on trouve des restes d'anciennes fortifications.

Sur la f^age, au S.-O., on voit des colonnes brisées, et une plateforme oui semble indiquer les restes d'un temple , plutôt que ceux du théâtre Piréique. Près de là, on a établi des bains de mer.

En se dirigeant vers l'E., et contournant la colline qui portait l'Acropole de Phalère, on rencontre quelques grottes sépulcrales, et on arrive au petit port Phanari ( Phalèrc ) , presque entièrement ensablé. Un y voit des restes de fortifications , notamment sur le rocher qui le ferme du côté du S.

Sur le côté O. de la colline, on trouve les restes d'un théâtre. Du côtédu N., les hauteurs de Phalère dominent la plaine de 'a)/timv.

C'est sur un des derniers rochers de ce côté qu'on a- élevé un petit obélisque de marbre aux soldats anglo-français, morts au Pirée en 1864. Le cimetière est au-dessous, dans la plaine, et un peu plus loin, on aperçoit le monument de George* Karaïskaki, un des héros grecs de la guerre de l'indépendance, qui périt en ce lieu, daus une descente infructueuse, tentée, en 1827 , par l'amiral anglais Church, pour repousser les Turcs qui assiégeaient l'Acropole. En rentrant au Pirée de ce côté, on rencontre les vestiges importants «les longs murs C'est près de là que se trouvait l'Agora d'Hippodamus.— Le marais situé au N. du grand port, et où Leake avait placé le port Kantharos, et d'autres auteurs le port Zéa , parait bien

GKKCE. [Kot'TK 8

resse élevée par les Quatre-Cents, l'an 411 av. J. C. La petite baie, à l'O. de ce promontoire, paraît être le K»fbi Xtpjv de Xénophon.

Promenade à l'ouest dtt Pirée. — Le trône de Xerxès.— Le canal et l'Ile de

Si l'on sort du Pirée du côté de l'O., on trouve un chemin qui passe près du cimetière, et qui se dirige vers le mont ^Egalée, à travers une région marécageuse.

C'est là, et spécialement à un massif d'assises helléniques qui borde le chemin à droite, que M. Hanriot place le célèbre sanctuaire Heraclium du Tétrakôme Piréique.

C'est au-dessus de ce temple, dans une position très-voisine de la mer, que Xerxès s'assit sur ud trône u'argent pendant la bataille de .Salamme. On a beaucoup discuté sur la position du trône de Xerxès. Leake le met sur une hauteur, au pied de l'^Egaleos, au fond de la petite baie de Kératini, conséquemment à la disposition stratégique qu'il attribue aux Grecs et aux Perses; M. Hanriot, qui n'admet pas cette disposition (V. cidessous), place le trône de Xerxès beaucoup plus près du Pirée, sur le mamelon qui fait face à Psytalie, | et qui borde l'entrée môme du canal, précisément à l'endroit où existe un haut tumulus hellénique, qui domine au N. l'entrée du Pirée.

« De ce point, le grand roi touchait presque aux vaisseaux ioniens de son aile droite , et son regard embrassait les trois lignes de sa flotte.

De l'autre côté du canal, sur lee rochers de Salamine , les restes malheureux de la population athé-

n'avoir jamais été compris dans I nienne considéraient aussi l'acl'enceinte du Pirée. Les vestiges tion qui allait s'engager, et im-

de celle-ci ont été trouvés sur la languette de terre qui le sépare du grand port. Ce marais est probablement celui que Xénophon mentionne sous le nom de Ualœ (kA>*t). La pointe d'Etionie, qui ferme au N. l'entrée du Pirée, ne porte plus de vestiges de la forte-

ploraient les dieux. » (Hanriot. ) — Reprenant le chemin du hameau de kératini (25 m. du Pirée), on arrive au bord de la petite baie du même nom , que Leake et M. Hanriot s'accordent à reconnaître pour l'ancien port de Thymœlades, où Thésée équipa la pre-

[Routr 3.] DU PIRKK

mière Hotte de guerre de l'Attique, quand il voulut aller réprimer le monstre crétois. Le village de Kératmi n'est plus qu'une simple ferme, mais on y trouve de nombreux débris, le» restes de deux tours, des puits de bonne eau, avec une margelle très-usée. Le port de Tbymœtades parait identique avec le port Pkoron , ou des Contrebandiers, mentionné par Démosthène et Strabon. — De Kératini, on peut suivre, par un sentier tracé sur les rochers, les bords du canal de Salamine jusqu'à Scarmanga (2 à 3 h. du Pirée). (V. H. 4, n« 6.j

Bataille de Salamine. —L'immortelle bataille livrée en 480 av. J. C . par les flottes grecques unies contre la Hotte de Xerxès, eut lieu non dans le détroit, mais à son entrée, du côté de la haute mer, à la pointe Cynosure, et au N. de l'ilc Psytalie. II. Leake a présenté (D#an« of Attùa. Apptnduv /I), à propos de cette bataille, des considérations stratégiques très-étendue*, pour aboutir à un système que M. Blakesley avait déjà attaqué en Angleterre, et que AI. Hannot bous semble avoir complètement réfuté. M. Leake suppose que la flotte pcr«e était rangée dans le détroit de Salamine, parallèlement à U côte, à partir de la péninsule de Munychie jusqu'au détroit d'Eleusis, et la flotte grecque sur une ligne opposée, adossée à l'Ile de Salamine. M. Hannot se demande comment lea trois rangs de la ûotte perse auraient pu tenir dans ub canal si étroit ; comment les Grecs, qui avaient expressément choisi ce poste, à raison de l'ouverture resserrée du canal qui en faisait une aorte de Tbermopyles maritimes, auraient ils permis aux Perses de se développer paisiblement sur un front de 6 kil., et se seraient-ils laissés déborder à 10.

et acculer au rivage de Salamine? Quel besoin avait alors Xerxès de détacher une forte partie de sa flotte pour aller garder l'issue du cioaj, du eôte" de Mégare, et en

i ATHÈNES. 1$

fermer lea Grecs , qui se trouvaient déjà enfermés? Comment les Grecs auraient ils pu discuter avant la bataille, s'ils s enfuiraient vers le Péloponèse par Je canal d'Eleusis? Comment l'escadre corintbienne. qui occupait le centre, et qui s'enfuit au commencement de la bataille, aurait-elle pu le faire? Pourquoi Xerxès aurait-il occupé Psytalie, lie qui se trouve alors en dehors du champ de bataille, et où ne pouvaient songer a se réfugier ni les Grecs adossés à Salamine , ni les Perses adossés à l'iEgaleos ? Suivant Eschyle, témoin occulaire , l'aile droite , formée par les Athéniens , avec son propre frère Amynias , s'avança la première contre les Phéniciens, et M. Leake met les Athéniens à l'aile gauche. Eschyle dit aussi que les Perses ne purent juger de la force de leurs adversaires, que lorsque ceux-ci déployèrent leur ligne. Dans la disposition de Leake, cet étonnement des Perses ne se conçoit pas trèsbien; il devient naturel, au contraire, si l'on admet que les Perses étaient postés aux deux côtés de Psytalie, et séparés de la Ûotte

: grecque par la pointe Cynosure, qui la leur eacna jusqu'au moment où cette Hotte vint prendre son ordre de bataille à l'entrée du détroit. Enliu, Diodore dit positivement que la ligne des Grecs occupait le canal entre Salamine et l'Héracliumdu Pirée, et il ajoute que les Perses, gardant bien leur ordre, tant qu'ils voguèrent au large, s'embarrassèrent en s'engageant dans le canal, et eurent à diminuer leur front, ce qui amena une grande confusion , et que dans leur déroule ils reculaient pour gagner le large. Comment auraient-ils pu le faire, s'il rt eussent été adossés à l'.Egaîcos ?

Quant au nombre des vaisseaux perses , M. Hannot établit que cette Hotte, composée à l'origine de 1207 vaisseaux, était réduite à 490 navires, par suite des pertes

,411e lui avaient fait éprouver au

commencomentde lacampagneles combats de l'Artéuiisium, et les tempêtes affreuses qui l'accueillirent au tournant de l'Eubée. La flotte grecque comptait 386 vaisseaux. Après sa défaite à Salamine, où il avait perdu 200 vaisseaux , Xerxès en rallia 300 sur la côte d'Asie .

L'Ile de Salamine, séparée de la côte par'un canal de 1800mèt. de large, s'appelle aujourd'hui Kolouri (de HoXoe.soclof, creux, recourbé), et forme une espèce de demilune, extrêmement découpée. Sa plus grande longueur est de J 5-200 met. Cette île, nommée autrefois Pityoussa, à cause des pins qui la couvraient, puis Sciras et Cychreia, du nom de deux héros qui la possédèrent, prit le nom de Salamine,de la mère de Cycbreus.

Elle fut colonisée par les iEacides d'Égine, Télamon et son fils Ajax, le héros de la guerre de Troie.

Cette île reBta indépendante jusqu'en 6:40 av. J . C. Elle passa alors aux Mégariens. Solon la leur enleva, et elle devint un deme attique. En 318, les Macédoniens s'en emparèrent; les Athéniens la rachetèrent en 232, et elle resta une dépendance d'Athènes. La vieille ville de Salamine, résidence des jEacides, se trouvait sur la côte S., en regard d'Egine, là où existent aujourd'hui des ruines helléniques; la ville nouvelle, ou Salamine attique , se trouvait en regard du port Xhymœtades, à l'actuel village d'Ambelaki , où l'on restes d'anciens murs, et

[RorTE 3 ]

Panagia Phaneromeni, qui , selon M. Hanriot, a remplacé l'ancien temple de Minerve-Sciras. On remarque dans l'église une grande fresque byzantine très-curieuse, qui représente le jugement dernier. Le nombre aes saints, des anges et des damnés, est incalculable.— N. B. C'est en allant d'Eleusis k Mégare, qu'on devra visiter ce monastère.

5<> DU PIRES A ÀTHENXS.

(7 kilomètre*.)

A peine, au sortir du Pirée,a-t-on franchi la barrière, qu'on laisse à droite les restes des longs murs.

On aperçoit l'Acropole d'Athènes ; mais on la perd bientôt de vue.

On laisse à droite le monument des soldats anglo-français, et celui de Karaïskaki {V. ci-dessus).

« Cette route est entretenue avec quelque soin, dit M. About. Cependant elle est horriblement fangeuse en hiver, et poudreuse en été. Elle est bordée, en quelques endroits seulement, de grands peupliers. On ne rencontre d'abord que des landes stériles, qui vont se confondre à droite avec les marais de Phalères. A un quart de lieue du Pirée, on commence à voir quelques amandiers; un peu plus loin, la route passe sur un ruisseau imperceptible : c'est le Céphise. Dès ce moment, la route s'embellit un peu; elle longe un bois d'oliviers, qui faisait autrefois le tour de la ville, maisquela guerre de l'indépendance et l'hiver rigoureux de 1849 à 1850 ont successivement dévasté. » A moitié chemin, e cap Cynosvre, en face duquel \ les cochers s'arrêtent toujours au-

voit les

les débris d'un quai sur le i»ort. La pointe la plus orientale de Vile est le cap Cynosvre, en face du( est la petite lie de Psytalie, ou Xerxès avait débarqué un corps de troupes, qui fut massacré par les Grecs pendant la bataille de Salamine.

Salamine n'est plus qu'une ile rocheuse et aride. Koulouri en est le village principal. A l'extrémité N.-O. de f ile, en face du rivage de Mégare, sur l'ancien cap Sciradium, se trouve le couvent de la

près de deux petits cabarets, sous, prétexte de faire souffler leurs chevaux, mais en réalité pour se faire payer un verre de raki. Le cabaretier offre aussi du raki aux voyageurs , à moins qu'ils ne préfèrent le verre d'eau, avec le glyko, ou le raht-lokoum. — En sortant du bois d'oliviers, on aperçoit Athènes.

La petite ville moderne ne répond en rien à l'idée qu'on peut se faire

Ilnu rairc- dr l'Ot irnl. Al» J0A1WI i KH UUUOUCRT.

/>rv*ur A. 11. MHIi MH /«• ./«/»•• awi •/«- K ttwimbrrl

[Route 3.] ATHÈNES.

d'une capitale, et d'une capitale qui porte un si beau nom ; mais, pour corriger cette première ira-

f>re£Sion, on a sur le premier plan e temple de Thésée, qui de loin parait immense, malgré sa petitesse réelle, l'Acropole et le sublime fronton du Panhénon, le rocher déchiré du Lycabette, et, sur l'arrière-plan, l'Hymette, le Pentélique et le Parnès. Laissant à droite 1a colline des Muses, avec l'Observatoire moderne , puis le temple de Thésée, on entre dans Athènes par Ja rue d'Hermès, au bout de laquelle on aperçoit tout d'abord l'église microscopique de Kapnicaria, et, plus loin, le nouveau palais du roi Othon.

Page 1