‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 65 sur 511 · OKI · texte numérisé non relu

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les Hellènes, Erichtbonius, Pandion, et Erechtbée, gu'on disait fils de la Terre et nourrisson de Minerve. Cefut lui qui bâtit Je temple de Minerve Poliade (V. Érechthéion) et donna à la ville le nom d'Aft-vca, du nom de la déesse Minerve { ÀHv»;), à laquelle elle était consacrée.

Après lui replièrent Cécrops II, Pandion II, Kgée, et Thésée, le héros ionien, qui n'unit en un seul Etat les douze cités ioniennes dont Athènes fut la capitale. La ville commença alors à s'étendre au S. de l'Acropole. Ce fut sous cette période mythologique qu'une colonie de Pélasgcs, accueillie en Attiquc, bâtit les murs de la citadelle. La royauté cessa avec Codrus, qui périt en l'an 1 132. A cette période succède la période aristocratique, qui se divise en trois époques : 1° les Archontes perpétuels, de 1132 à 751 ; 2° les Archontes décennaux, jusqu'en 684 ; S* enfin, les Archontes annuels, interrompus par l'usurpation des Pisistratides (f>60-5 1 Oj -

La législation de Dracon date de 623 ; celle de Solon, de 594; la tyrannie de Pisistratc, de 560. Les Pisistratides fondèrent un grand nombre de monuments : le temple d'Apollon, et ce gigantesque temple de Jupiter Olympien, qui resta inachevé pendant des siècles. La chute d'Hippias et les lois de Clisthène, en 510. inaugurèrent l'avénement de la démocratie pure.

La puissance executive était partagée entre les neuf archontes :

la nomination de ces magistrats et de tous les fonctionnaires importants, le droit de paix et deguerre, les mesures financières, les lois, appartenaient aux assemblées populaires ; le droit de suffrage était universel; tout citoyen pouvait siéger à son tour comme iuge.

Le3 habitants étaient divisés en trois classes : citoyens, habitants non citoyens, mais libres ( métœaues), et esclaves.

Une nouvellè ère s'ouvrit pour Athènes, après la première guerre médique. Réduite en cendres par

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Xerxès, en 480, elle fut rebâtie à la hâte par Thémistocle, qui donna la plus grande impulsion à la puissance maritime des Athéniens.

Maîtres de l'Archipel et de nombreuses colonies , les Athéniens recevaient le tribut de la Grèce pour la défendre contre les barbares. Ce développement de ri- ' chesses leur permit d élever ces admirables monuments, qui le, s

j placèrent au premier rang dans l'histoire de l'art.

Thémistocle eut la tàchela plus ingrate; il releva les murailles d'Athènes, et fit construire les long* murs, qui joignaient les ports à la ville {V . le Pirée). L'Acropole c e s s il d'être habitée et devint un sanctuaire de l'art et de la religion. Cimon bâtit le temple de Thésée, la stoa Pœcile, et peutêtre le temple de la Victoire sans ailes. Il planta et orna l'Académie et l'Agora, et bâtit la muraille S.

de l'Acropole. Mais ce fut Périclès ; 441-429) qui entreprit les plus beaux travaux d'art. Il bâtit, sur l'Acropole, le Parthénon, l'Erechtbéion , les Propylées ; dans la ville, un Odéon, et, hors des murs,

t le Lycée : tous ces édifices furent terminés en l'espace de Quinze ans, excepté l'Érechthéion. Il acheva, en outre, les longs murs, et le bourg même du Pirée. La guerre du Péloponèse (431-404) arrêta les travaux publics. A la prise d'Athènes par les Lacédémoniens, les longs murs et les fortifications du Pirée furent détruits; Thrasybule (401) mit fin à la domination des Lacédémoniens, et Conon (393) releva les murailles ; mais Athènes fit de vains efforts pwur retrouver sa supériorité perdue. (ïrâce à l'éloquence de Démosthène , elle résista quelque temps à Philippe de Macédoine ; elle finit par être vaincue et soumise (388). Vers cette époque, l'administration habile de l'orateur Lycurgue rendit a la ville quelque prospérité matérielle, et lui permit d'achever le théâtre de Bacchus et le Lycée. Lycurgue fit au*si former un arsenal dans l'A-

tRour*î3.] ATHENES.-

cropole et bâtir des bassins au Pirée. Athènes ent encore quelques alternatives d'indépendance et d'asservissement sous les successeurs d'Alexandre. En 146, elle tomba aux mains des Romains; avant voulu se révolter et s'unir à Mitbndate, elle fut prise et ruinée par Sylla, en 87. Dès lors, elle perdit son commerce et son impor- j tance; mais elle resta longtemps encore l'asile des lettres , des | sciences et des arts, et devint IVcole de la jeunesse romaine.

Depuis la chute de sa puissance, les embellissements d'Athènes avaient toujours été dus a des souverains étrangers. Ainsi, Ptoléinée Philadt'lphe avait bâti, vers 275, un gvmnasc près du temple de Thést'e : Attale, roi de Pergame.

vers 340, avait décoré d'un prand nombre de statues l'angle S. -E. de l'Acropole; Antiochus Kpiphane, vers 174, avait continué les travaux du temple de Jupiter Olympien . Ariobar2anc II avait relevé l'Odéon de Périclès ; Jules César et Auguste relevèrent le portique de Minerve Arcbegetis, qui existe encore, et le temple de Rome et d'Auguste. Néron fut le premier empereur nui dépouilla les monuments d Athènes pour orner les édtfices de Rome. Mais Adrien {1 17-138- fut pour Athènes un véritable bienfaiteur. Il termina enfin le temple de Jupiter Olympien, et embelut Athènes de deux temples, d'un gymnase, d'une bibliothèque, d'une stoa et d'un aqueduc, et donna le nom d'Hadrianopolis à un nouveau quartier. De simples particuliers rivalisaient avec le souverain : Hérode Atticus, qui vivait sous Antonin et Marc-Aurèle, bâtit on magnifique théâtre sur la pente S. de l'Acropole , et couvrit de marbre pentélique les sièges du stade de Lycurgue. C'est vers cette époque que Pausanias visita Athènes, dont il nous a laissé la description. Depuis lors, Athènes ne fit plus que décliner : la chule du paganisme et les progrès du christianisme furent les causes

principales de ta décadence et de la ruine de ses chefs-d'œuvre. — L'an 858 après J. C, Valérien en releva les murs ( V. Acropole) pour repousser l'invasion des Goths et des autres barbares. Sous le règne de Gallien, en Î67. les Goths v entrèrent ; mais ils furent chassés par l'Athénien Dexippus. En 396, Alaric y entra en ami, n'étant pas assez fort pour s'en emparer.

Le paganisme subsista a Athènes jusqu'au temps de Justinien ; alors les temp]es furent convertis en églises (V. Parthénon , Erechthéion, temple de Thésée). Mais cet empereur répara les murailles.

Pendant le moyen âge, Athènes est à peine mentionnée par l'histoire. Après la prise de Constantinople par les Latins, en 1204, elle devint un duché franc entre les mains des seigneurs de la Roche et de Brienne. En 1312, elle passa aux Catalans ; en 1336, au roi de Sicile, Frédéric II; en 1370, aux Acciaiuoli, qui la conquirent avec l'aide des Vénitiens et d'Amurat I,r.

Enfin , Mahomet II s'en empara en 1456. Les édifices antiques furent convertis en mosquées. Spon et Wheler visitèrent Athènes en 1675, et nous en laissèrent une description qui, malgré ses imperfections, nous donne de précieux renseignements sur les monuments principaux oui n'étaient pas encore ruinés. En 1687, le doge de Venise Morosini. le Péloponésiaque, vint assiéger Athènes, et s'en empara. Les monuments de l'Acropole eurent plus à souffrir de ce siège que de toutes les injures des siècles précédents {V, Parthénon, temple de la Victoire).

Quelques moisj après, Morosini se retirait, abandonnant les Athéniens à la vengeance des Turcs.

Lors de l'insurrection de 1851, Athènes fut horriblement saccagée et presque entièrement détruite.

Elle ne se releva qu'après que l'indépendance de la Grèce eut été proclamée. Elle devint en 1834 et elle est aujourd'hui la capitale du royaume de Grèce.

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