III. Athènes moderne
GRÈCE, cafés
Situation. — Aspect général. — Édifices publics.— Athènes est bâtie à peu près au centre delà grande plaine de l'Attique', entre le Cépbise, à l'O., et l'ilissus, au S.-E., au pied du mont Lycubette et du rocner de l'Acropole. Le terrain occupé par la ville moderne, au N.
de l'Acropole , n'appartenait pas entièrement à la ville antique, et n'en a môme fait partie qu'à une époque assez avancée de son histoire. L'ancienne Athènes s'étendait au contraire au S. et à l'O.
de l'Acropole, sur les rives de l'ilissus, et sur une série de collines. l'Aréopage, le Pnyx, la colline des Nymphes et celle deM usée, qui sont aujourd'hui des terrains presque inhabit/s et sans culture.
L'Athènes moderne est une ville de 20000 âmes et de 2000 maisons, coupée en croix par deux grandes rues, longues et droites : la rue d'Hermès, qui continue la route du Pirée et aboutit au palais du roi, et la rue d'Eole, perpendiculaire ù la première, et qui commence au pied de l'Acropole et se continue par la route de Pntissia.
Le quartier de la ville qui se groupe au pied de l'Acropole représente le v. turc. « Ce sont, dit M. About, des ruelles, des cabanes à hauteur d'appui, des cours où les poulets, les enfants et les cochons grouillent péle-mêle entre un tas de fumier et un tas de fagots. L'immense majorité de la population de ce quartier est composée d'Albanais. Le bazar est a a ra^me place que sous la domination turque. On voit encore l'horloge que lord Elgiti donna à la ville pour la consoler de tout ce qu'il lui prenait... Le bazar est peut-être l'endroit le plus fréquenté de la ville : c'est tout simplement le quartier marchand. Le matin, tous les citoyens, quel que soit leur rang, vont eux-mêmes à la provision.
« Les rues d'Hermès et d'Eole sont bordées de magasins et de]
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A l'intersection des deux rues est le café de la Nouvelle Grèce, rendez-vous de toute la population mâle d'Athènes. C'est dans ce carrefour que les citoyens, assis devant les cafés, ou debout ou milieu de la chaussée, agitent les questions de paix et de guerre, et remanient , en fumant des cigarettes , la carte de l'Europe.
Tandis que les hommes d'Etat professent en plein air, les bourgeois font retentir de leurs discussions la boutique de l'épicier, du barbier ou du pharmacien. Ces trois sortes d'établissements sont des salons de conversation à l'usage du peuple. Le pharmacien réunit surtout les gens établis et l'élite de la bourgeoisie.
« Dans le triangle formé par le palais, la rue d'Hermès et la partie de la rue d'Eole qui se dirige vers Patissia, s'étend la Néapolis, la ville neuve. Ce quartier s'agrandit et s'embellit tous les jours. Les rues ne sont ni très-régulièrement tracées, ni très-soigneusement nivelées, et un grand fossé, véritable cloaque à ciel ouvert, traverse ce beau quartier dans toute sa longueur. Mais ces maisonnettes un peu prétentieuses forment un petit panorama assez gai. Les légations étrangères, l'Université, le Palais, sont dans la v i 1 lie neuve. Le ministre de France y a posé, en 1854, la première pierre d'une église catholique.
« A l'extrémité de la rue d'Eole, on remarque le hangar où s'abritent les douze canons qui composent l'artillerie du royaume.
Au delà , on aperçoit une route poudreuse, longue d'un grand kilomètre, et terminée par le village de Patissia. Le public n'a pas d'autre promenade attitrée que cette route. On va s'y montrer en hiver de 3 h. à 5 h.; en été, de 7 h. à 9 h. On y vient à pied, en voiture, et surtout à cheval. A la sortie de la ville, a droite de la route, s'étend une plate-forme nue, dont le seul ornement est une petite rotonde de bois , qui peut
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abriter vingt personnes. C'est sous le toit de ce modeste monument que la musique s'établit tous les dimanches. Le peuple fait cercle alentour pour écouter. Le roi et la reine viennent ordinairement y assister. La musique est un* féte hebdomadaire pour toute !
la population d'Athènes. On peut y voir la réunion de toutes les classes de la société , depuis les personnes de la cour jusqu'aux pauvres loqueteux et mendiants. »
Églises. — La nouvelle cathédrale d*A thènes n'est pas encoreacbevée.
Cet édifice, de proportions assez grandioses pour le pays, offre un mélange de styles différents, qui fait peu d'honneur au goût de l'architecte. Le plan général est byzantin ; mais le narthex, ou portique de la façade, est formé de trois arceaux romains, que supportent quatre colonnes et huit pilastres de marbre, et que surmonte une grande fenêtre sans ! élégance. Un dôme s'élève sur le centre de la croix.
L'ancienne cathédrale, située tout à côté, est un édifice byzamin d'une extrême petitesse, et qui, selon M. Couchaud remonterait au vi* siècle. La coupole n'a pas plus de lî mèt. d'élévation; la façade a 7 met. de large, sur 11 mèt. de longueur , et 5 d'élévation sous corniche. Cette église a été construite avec des débris de temples païens. Une frise , d'un travail assez curieux, court le long de la façade. Au-dessus de la porte principale, on remarque un fragment antique, compose de deux triglyphes et deux métopes. On voit encore à l'intérieur quelques traces de peintures à fresque et à deux tons, jaune et bistre. Les clôtures des fenêtres sont en marbre, et percées de trous circulaires pour recevoir des verres. Depuis la révolution, cette église ne sert plus au culte, et forme une espèce de musée.
i. Choix <f?gtue> bjUBtine» eu Grèce. Paru, 1*42.