‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 79 sur 511 · ATHÈNES. — LK PNYX · texte numérisé non relu

ATHÈNES. — LK PNYX

ves dont il avait besoin. » Dans la muraille à l'E. de la tribune, on remarque des niches destinées à recevoir des offrandes aux dieux et principalement à Jupiter, romme nous» le font savoir plusieurs inscriptions trouvées dans le heu même.

Les deux murailles ont ensemble une longueur d'environ 150 mèt.

Le ravon de l'enceinte varie de 55 à 75 met.; la superficie a plus de 10000 mèt. carrés. L'enceinte était donc bien suffisante pour contenir l'assemblée du peuple, qui ne dépassa jamais 5o00 h., d'autant plus que les auditeurs se tenaient debout. Mais si cette enceinte, si cette tribune est bien authenttqaement celle d'Eschine et de Deraosthèn**. elle n'est pas celle de Thémis&ocle. de Pénclès et d'Alcibiade. Elle ne remonte qu'à l'époque des trente tyrans. Un texte positif de Plutarque nous apprend que l'ancien Pnyx était dirigé du coté de la mer. L'état des lieux répond parfaitement à la description de Plutarque. En effet, derrière la tribune du nouveau Pnyx * *Vtend un espace horizontal iorme de la mè'me manière que l'enceinte du Pnyx . et terminé comme elle vers le foud, c'est-Adire vers le midi, par le rocher tailiéà pic. Ici toutest moins grand; mais, dans d'autres proportions , toas les détails de la première enceinte se trouvent répétés. Seulement l'enceinte, taillée dans le rocher, est plane et simplement horizontale. La surface de cette plate-forme porte partout les traces des marteaux qui l'ont aplanie, et parait diviaée en compartiments de formes diverses, indiquant sans doute remplacement de murs etde maisons construites plus tard, lorsque l'ancien Pnvxeutétéabandonné. A droite, dans la partie restreinte de l'enceinte, se trouvent les restes d'une ancienne tribune, entourée sur trois càu'» d'un degré bas et étroit : elle forme au dessus de ce degré un bloc carré de 3 mèt. 50 de large sur 2 mèt.

M) dans l'autre sens : la partie su-

périeure est dégradée par les pluies et plus encore par la main des voyageurs. C'est là la tribune de l'ancienne Athènes : elle ne s'élève guère aujourd'hui qu'à un demi-mètre de hauteur, mais elle est plus grande que celle du nouveau Pnyx. > On n'y voit aucune trace de siégea pour les greffiers.

L'enceinte triangulaire du vieux Pnyx n'a pas plus de 50 mèt. de long et de 50 mèt. de large, mais elle suffisait encore pour contenir l'assemblée du peuple. Du cdté du S., on reconnaît les vestiges de deux tours et de l'ancienne muraille, et, sur la pente méridionale, au-dessous de cette muraille, une rue striée avec un escalier , et les restes d'une vaste maison que M. Burnouf appelle la maison des Quatre-Tombeaux. Sur toute la hauteur qui prolonge vers l'O. la colline du Pnyx, on trouve un très-grand nombre de maisons antiques. La plupart de ces restes consistent dans une aire horizontale, taillée dans le rocher, sans substructions ni caves. Le rocher lui-même forme souvent une partie des murailles ou des cloisons qui séparent les différentes salles. La maçonnerie a presque partout disparu.

Sur le point culminant de la col line, M. Burnouf signale une maison remarquable contenant un tombeau, et une vaste citerne un peu au S. de cette maison.

Le vallon qui sépare la colline du Pnyx dé la colline de Musée répond à l'ancien faubourg de Cœlè. Le sentier qui le parcourt était évidemment une grande voie antique, probablement celle de Phalère, selon M. Burnouf. On j remarque des stries transversales destinées à faciliter aux chevaux le tirage des voitures, des ornières creusées par les roues, et sur les côtés une rigole carrée pour l'écoulement des eaux. Cette route aboutissait à la porte Mélitide, dont on trouve les restes près do la petite chapelle d Hagios Diinitrios, au pied de la colline du

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Pnyx et de la colline de Musée.

La caverne sépulcrale, placée un peu en avant de cette porte, ne serait alors autre que le tombeau de Cimon. — Avant de gravir la colline de Musée, nous visiterons les chambres souterraines connues sous le nom de

Prison de Socrate. — Ces chambres sont précédées d'une espèce d'esplanade. * Le rocher de la colline, dit M. Burnouf, est en cet endroit taillé verticalement sur une hauteur moyenne de 8 mèt. et sur une longueur de 15 mèt.; vers le N.-E. est un angle formé par cette façade et par une saillie du rocher de plus de 4 mèt. d'épaisseur. Sur cette façade s'ouvrent trois portes:

celle du milieu, plus haute que les autres, et taillée en ogive, a une apparence monumentale: les deux latérales sont de forme rectangulaire et d'inégale grandeur.

Elles donnent accès dans deux salies carrées qui mesurent 4 mèt. en tout sens, et qui communiquent entre elles par un couloir dans la paroi duquel est taillée, vis-à-vis de la façade, une sorte de niche autel. On pénètre au delà de la salle de droite dans une arrière-salle circulaire de 4 mèt. 1b de diamètre, dont la partie supérieure se prolonge en se resserrant en une sorte de cheminée. Enfin, devant ces caveaux existait une construction plus grande, dont les pans du rocher formaient deux parois. C'est ce que prouvent les trous de soliveau régulièrement disposés sur toute leur surlace. » — Le nom de prison de Socrate donné à ces chambres singulières ne repose sur aucune donnée positive. M.,Hanriot, dans deux savants mémoires a cherché à établir qu'elles n'étaient autre chose que le Tholus ou Prytanée de Thésée, ancienne habitation des princes Ereehtht'ides, et plus tard résidence des prytanes, gardiens du feu sacré, des ciels de la citadelle, du trésor public

1 Mfm. nar l'Agora, drjà cit*. Nouvelle» obsertalioni sur l« Tholii» d'Athènes, 1855.

ll'K. [Route 3.;

et du sceau de la nation. La salle circulaire serait particulièrement celle qui contenait le trésor.

Sa forme ronde rappelle celle du trésor d'Atrée (V. Mycènesj. Les chambres intérieures auraient servi d'habitation aux prytanes ; l'esplanade qui précède les chambres était le lieu où ces magistrats rendaient la justice. Les statues des héros éponymes étaient rangées à la partie supérieure du rocher, sur la ligne des trous de scellement.

La position de cet édifice fixerait celle de l'Agora au S. de l'Acropole.

Près du tombeau de Cimon, sur la pente de la colline de Musée, M. Burnouf signale des carrières, un escalier oblique , large et très-doux à monter, et. plus haut, une enceinte qui parait avoir été une grande salle. Dans sa paroi S.-E. sont taillés sept sièges rangés en ligne et semblables à ceux du temple de Thésée. On trouve sur cette colline beaucoup de restes de maisons antiques, de puits, de citernes, et plusieurs rues striées.

Le sommet est occupé par une ruine, nommée

Le Tombeau de Philopappos. ou du Syrien. — Ce vaste monument avait été élevé en l'honneur de Philopappos , petit-fils d'Antiochus , détrôné par l'empereur Vespasien.

Sa façade concave, et formant un arc de cercle dont la corde avait env. 10 mèt. de long, présentait trois niches entre quatre pilastres corinthiens. La niche centrale, d«> forme arrondie, et la plus grand*, contenait la statue assise de Philopappos; les niches latérales renfermaicnt celles d'un roi Antiochus et de Séleucus Nicator, comme nous l'apprennent les inscriptions.

La base du tombeau portait desbasreiiels représentant un triomphe.

Une reste plus de ce monument ■ QjUe les niches du centre et de I 1 E., contenant encore leurs statues mutilées. Les bas-reliefs de la base sont aussi extrêmement dégradés. — De ce sommet, à peu près aussi élevé que celui de l'A-

[Rovtx 3.j ATTLQUE.-*LK

cropole, on aperçoit le Parthénon sous son plus bel aspect.

La colline de Musée devait son nom au poète, disciple d'Orphée, qui y avait reçu lu sépulture. Démétrius Poliorcète v avait élevé,

en *229 av. J.-C, une forteresse dont il ne reste plus de traces.

Mais sur la crête méridionale on trouve des vestiges des anciens murs de la ville, dont le tombeau de Philopappos occupait un angle.

La colline de l'Ouest présente aussi des vestiges de murailles, que M. Burnouf considère comme les restes dû mur Phal^riquo. On y trouve enfin des carrières, des vertiges de maisons, la base d'une tour, et, tout à fait au S., une caverne sépulcrale , qui , pour MM. Forcbhammer et Ilanriot , leprésente le tombeau de Cimon.

Ici doit s'arrêter notre description des antiquité.** d'Athènes :

nous avons dû nous borner à mentionner celles qui ont laissé des vestiges apparents ; il n'entre pas 'ians notre plan de rechercher la trace de tous les édifices mentionnés par Pausanias ou les autres topographes anciens, et de donner une restauration complète de l'an- !

cienne Athènes : pour tous ces points encore trou controversés, nous renverrons le lecteur aux dissertations de MM. Leake, Ross, Forchhammer, Hanriot, etc. Nous indiquerons seulement, pour terminer, quelques points qui paraissent peu douteux.

Les mura d'Athènes, dont nous avons suivi les traces depuis la route du Pirée jusqu'aux bords de 1 llissus . franchissaient ce ruisseau pour embrasser la colline du Stade et le Quartier d'Agrœ, puis ils redescendaient dans la plaine pour passer au pied du Lycabette, près de l'Université, et contournaient la ville moderne pourrejoindre la route du Pirée, près de l'église d'Hagia Triada. En cet endroit se trouvait la porte Dioylun, porte Thriasienne, ou porte du Céramique, dont Leake a bien reconnu la position au point de bifurca-

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tion des deux routes d'Eleusis et de l'Académie. Il suffirait sans doute de quelques fouilles pour en découvrir les assises. La porte Sacrée était très-voisine et plus rapprochée de la route du Pin'e. Mais de toute la partie N. et E. de l'enceinte on n a»trouvé aucun vestige certain. Le Céramique, qui était à Athènes ce que le Corso est à Rome, la rue la plus large et le quartier le plus riche, panait de la porte Dipylc et joignait l'Agora, passant vraisemblablement entre l'Acropole et les collinesde l'Aréopage, du Pnyx et de Musée. Son faubourg, le Céramique extérieur, s'étendait le long de la route d'Éleusis. V Académie, ce jardin orné par Hipparque, puis par Cimon, et où s assemblait l'école philosophique de Platon, étaitsituée dans la même direction, à 6 ou 8 stades flOOO à 1500 raèt.) de la porte Dipyle, vers les bois d'oliviers oui s'étendent le long du Céphise. tTn peu plus au N. était Colone (V.

R. A, n° 5). Enfin, les collines des Nymphes, du Pnyx et de Musée, représentent, pour M. Hanriot. les dèmes urbains de Colytte, Mélite, et Colone Agoréos.

D'Athènes au Lycabette, au Penteliquc, à l'Hymette. route 4, 1», 2o, 3«, — à Marathon, à Rhamnunte. R. \. 4u, — a Phyle, R. 4. 5»,-à Daphni et Eleusis, R. 4. 6-,— a Sunium, R. I, 7°,— à Me gare s et Corinthe, K.g5et3ti.— àChalcis, parOropos.R.

5, — à Chalcis, par Dccelie et Tanagre, R.

6, — a Tbèbes, R. 7 cl 8.— à Egine, R. 29.

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