‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 84 sur 511 · MARATHON · texte numérisé non relu

MARATHON

on voit les ruines d'un petit temple ; un toit voûté et une colonne cannelée gisant à terre sont tout ce qui reste de l'édifice antique.

De ''autre côté de la source est une petite chapelle chrétienne. A cent pas de là sont les restes d'uu petit temple antique.

Après Céphissia le désert recommence, et l'on parcourt une région montagneuse couverte de broussailles, qui s'étend entre le Pentélique à droite et le Parnès à gauche. On atteint (2 h.) le v. d\4pano-Stamati (l'antique Hecalè?;.

Le chemin tourne à droite et conduit sur la hauteur d'où la vue embrasse la plaine de Marathon, qu encaissent au N. et au 8. de hautes montagnes. Le fond du tableau à l'K. est formé par la baie de Marathon, l'île d'Eubée, et la mer Egée jusqu'aux iles de Zéa et d'Andros. — Ici la route se divise en deux embranchements; celui de gauche descend rapidement par un chemin tout dégradé dans la vallée du Charadros, ou se trouve le v. de Marathon (2 h. d'Apano- Staniati. 7 h. d'Athènes). L'embranehement de droite, qu'on doit prendre de préférence, descend vers la plaine par un sentier étroit pavé de grosses pierres inégales , au couvent et au v. de Vrana (l h.) situés au pied du Pentélique.

Selon Leake, O. Millier et Finlay, Vràna occuperait l'emplacement de l'ancien Marathon. M. Hanriot, d'accord du reste avec la tradition ordinaire, a revendiqué cet honneur pour le Marathon moderne.

Quoi qu'il en soit, si l'on peut avoir des doutes su rie m placement du bourg de Marathon, on ne peut en avoir sur celui du champ de bataille, qui répond parfaitement à la description qu'en a donnée Pausanias six cents ans seulement après la victoire des tirées. La plaine de Marathon a environ 10 lui. de long sur 5 de large. Elle a la forme d'une demi-lune dont la courbe intérieure est formée par le rivage de la baie, et l'extérieure par une série de montagnes : au .S.,

CiKKCE. [Route 4.]

Pyrgo, espèce de piédestal carré en inarbre blanc, .qu'on suppose être le tombeau de Miltiade, ou plutôt le trophée de marbre mentionné par Pausanias.

La position respective des armées des Grecs et des Perses pendant la bataille de 490 ne peut être établie que par des conjectures. Leake, Finfay et le général Church se sont livrés à des considérations de stratégie savante pour prouver que les Perses s'étendaient sur une ligne plus ou moins oblique entre le murais du S et le mont Koràki, faisant face à Vràna, qui aurait été le centre de l'armée grecque. M. Hanriot leur reproche de donner un front beaucoup trop étendu à l'armée grecque, et nous parait avoir partaite-

les monts Argahki et Aphorisme», qui appartiennent au Pentélique; à l'O. et au centre, les monts Kotrôni et Koràki, et au N. le mont Drakonéra. qui se continue avec le cap Marathon (antiq. Cynosura;.

jetée naturelle qui protège la baie.

Deux marais la bornent au N.

et au 5. : celui du S., le plus petit, est souvent desséché à la fin de l'été, tandis que celui du N., beaucoup plus vaste, reste impraticable en toute saison. Pausanias décrit exactement le ruisseau qui en sort. Tous deux sont séparés de la mer pur une large grève de sable. Le ruisseau de Marathon, ou Cbaradros, débouche entre les monts Kotrôm et Koràki, près des villages modernes de Bey et de Sefferi, et divise la plaine en deux

parties : c'est vers le milieu de la | ment raison contre eux en pinçant

partie S., et à 800 mèt. de la mer, que s'élève un monticule nommé Sorô (le Tombeau), qui n'est autre que le tumulus élevé aux 192 Athéniens morts dans la bataille, dont les noms étaient inscrits sur dix piliers, répondant aux dix tribus. Ce n'est plus qu'un tertre de sable, haut d'environ 10 rnèt.

et de §00 mèt. de circonférence, que Ton peut gravir à cheval ; on y a recueilli beaucoup de pointes de flèches en bronze, d'un pouce de long et de forme triangulaire.

Quant aux silex pointus que l'on y découvre aussi, et que l'on a considérés longtemps comme les pointes des flèches des archers éthiopiens, ce sont des pierres que Ton observe en bien des lieux où les PerBes n'ont jamais pénétré; au contraire, on n'en trouve ni aux Thermopyles ni k Platée. Outre ce tumulus, on en voit deux autres plus petits :

ce sont peut-être les tombeaux des Platéens et des esolaves qui avaient combattu à Marathon.

Pausanias dit positivement qu'il n'existait aucun tumulus élevé aux Perses, bien que les Athéniens eussent pris soin de leur Bépulture. Un peu au N. du grand

la bataille à l'entrée de la vallée du Charadros, près de Bey et Sefferi. On sait que les (irees, se précipitant k la course sur les Perses, plièrent d'abord au centre, mais triomphèrent sur les ailes. Cellesci vinrent alors au secours de leur centre. Les Perses dans leur fune vers Tricorythus périrent en grand nombre dans le marais du N . On a beaucoup exagéré le nombre des troupes perses présentes k cette bataille : M. Finlay évalue d'après Hérodote le nombre des Perses à 40000 environ, dont l'O 000 seulement auraient pris part à la lutte. Les Athéniens et les Platéens comptaient 11 000 combattants. Les Athéniens n'v perdirent que 192 hommes, et les Perses 0 400.

Do Vrana à Marathon, en longeant le pied des montagnes et passant par Sefferi et Bey. il faut compter 2 h. Pausanias décrit près de Marathon une grotte consacrée au dieu Pan et la fontaine Macaria : celle-ci devait son nom à une fille d'Hercule et de Déjà— nire, qui s'était dévouée à la mort pour accomplir un oracle et assurer la victoire aux Héraclide»

contre les Argiens. On observe un

tumulus est une ruine appelée ' pied du mont Koràki plusieurs

(koi i h 4.j Alll^UK.-

sources qui répondent peut-être à i la fontaine Macaria; elle» forment au milieu du marais un petit couraut, qui va aboutir à un petit lac bal-'-, situé a l'E., à la base du cap Cynosura. Quant à la grotte de Pan, on ne l'a pas retrouvée; ce n'est certainement pas la petite grotte que les guides font voir près de la fontaine d'Inoï, à l'O.

de Marathon. Leuke suppose i ♦ju'clle était creusée dans» le mont Kitraki ; mai* on n'y découvre aucune ( avrrno, et M. liunnot dit avec plus de vraisemblance qu elle n'était autre que la vaste grotte !

creusiV dans le mont Dralconera, ou Leake place les écuries d Arlap'uerne. Le camp d'Artapherne, dont ou montrait les vestiges du > temps de Pausanias. était placé sur le rocher lui-même et non j dans une grotte.

Nous renvoyojis aux ouvrages :

spéciaux de M M. Finlay, Leake et ' Hannot, pour ce qui concerne la f situation trop incertaine* des an- I cienne* villes de îaTétrapole. Prooalintnus Yràna?;, Œnoe iKalentzi ' . de i'Hétaclium (St-Georges de Setfen ? , et de la villa d lie rode Atticus.

Retour de la plaine de Marathon par U râte S. du Penteltque (6 h. 30 m... — En quittant le tumulus. on se dirige à l'O. vers le pied du mont Pentélique, où l'on rencontre (2U m.- quelques tombeaux et un puits : 3ô minutes plus loin on contourne une éminence circulaire, au delà de laquelle on traverse .10 m.) le lit d'un torrent. Le chemin monte et descend de distance en distance, laissantàdroite 50 m.) le monastère ruiné de Daoù. Cet endroit était autrefois fortifie et défendait le plus haut passage du versant du mont Pentélique. C'est a Daoù que M. Hanriot place l'ancien sanctuaire de Phlya, consacré à Bacebus, où se célébraient des mystères analogues a ceux d'Eleusis. Plus près de la cdte, à Hterolzakotdi. *e placerait Myrrhinunte. ancien sanctuaire non m.nn> célèbre, consacré à Diane. I

-PHYLE. 110

Ces deux cultes se rattachaient aux religions de la primitive Attique : V. Brauron et grotte de Pan.

excursion 7). On gagne ainsi (1 h.

le versant S. du Pentélique, puis (35 m.) une hauteur d'où l'on découvre Athènes et d'où Ton atteint en 40 minutes le monastère du Pentélique, situé à 2 h. 15 m. d'Athènes V. excursion 2.)

De Marathon a Rliamnunte ($ h/.

— On te dirige au N. du grand marais, par la plaine de Soufi. où se trouvuit le dème de Trieorythus, et où M. Buehon signale une tour qu'il attribue aux comtes de Sonia, seigneurs féodaux du xiv« siècle, qui s'allièrent à la famille byzantine des Cantacuzène. Franchissant ensuite des coll ines, on arrive à la plaine de Rhamnunte, à l'extrémité de laquelle existent encore les ruines du temple de marbre élevé par Phidias h Thémis. et dont huit colonnes se tiennent debout parmi un amas confus de débris. Sur la plate-forme consacrée au sanctuaire, il existe un autre temple plus petit, plus simple et vu pierre. Ses murs, où la construction pélasgique polygonale se mêle au dorique primitif, lui nsaignent une date très - reculée.

Ce temple était sans doute celui de Némésis, a laquelle était consacré le territoire de Rhamnunte.

Son culte fit place plus tard à celui de Thémis, sorte de Némésis purifiée et adoucie. Près da la mer s'élève un rocher portant les vestiges de l'ancienne forteresse de Uhamnunte , aujourd'hui Hevreo- Kastro. La porte O. est flanquée de tours, et le mur du S. qui s'étend vers la mer est bien conservé.

Sa hauteur est d'environ 7 met. Du coté de la mer, la ville était suffisamment défendue par l'escarpcment du rocher.

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