‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 91 sur 511 · D'ATHÈNES A CHALCIS · texte numérisé non relu

D'ATHÈNES A CHALCIS

PAR KAT1PBAR1, KAPANDR1TI, M ARCOPO0L0, OROPOS.

(15 heure*, deux jonrt. — On couche A M*r-

ropoolo.)

D'Athènes à Céphissia (3 h.). (1*.

Route 4, 40.)— Au delà de Céphissia, on traverse le plateau buissonneux qui unit le Parnès au Penlélique, et d'où descendent la plupart des sources du Céphise , lesquelles, jointes à l'aetion des torrents , ont creusé des ravins aux parois très inclinées, dont la profondeur dépassse 60 mèt. On laisse à droite le chemin de Sta-

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mata et de Marathon, pus le hameau de Boyau, et i on s'élève par des pentes bien boisées jusqu'au (*2 h.i passage de katiphori, qui franchit la chaîne de collines par leequelles le Parnès s'unit à la région de Marathon . On descend alors dans une petite plaine verdoyante, enfermée de tous les côtés par les montagnes, au centre de laquelle, sur uneéminence nommée aujourd'hui Kotroni, où subsistent des restes de fortifications, se trouvait Aphidna,. l'une des douze cités de la confédération ionienne. Elle fut détruite par Castor et Pollux, qui y reprirent leur sœur Hélène, enlevée par Thésée; rebAtie plus tard par les Athéniens, Aphidna vit naître le poiMe Tyrtée, et les deux tyrannicides Harmodius et Aristogiton. Le v. de Kapandriti (1 h. 15) a pris en partie l'importance qu'avait autrefois Aphidna.

La routed'Oropos, laissant à droite le v. de Varnava, près duquel on remarque une fort belle tour hellénique en marbre, et plusieurs restes de sculpture et d'architecture, puis le v. de Vilia et le

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renommée de la terre. Il fut un des sept que consulta Crésus avant de se résoudre à entrer en lutte avec les Mèdcs ; Mardonius le consulta aussi avant d'aller camper à Platée, et le consul romain Paul Emile le visita après sa victoire sur Perséc,en 109. Celui qui voulait interroger l'oracle devait jeûner tout un jour, et attendre, couché dans une toison fraîche.

qu'Amphiaraiis vint le visiter duii* son sommeil.

Au delà de Marcopoulo, on descend vers la mer et l'on jouit d'une belle vue sur l'Euhée. On

laisse à droite sur le mont Zastani le v. de Kalamo [l'antique Psanhis), et l'on arrive à (1 n.v Scala, ou Hapii Apostoli. petit port qui sert d'échelle à tout le district pour les communications

avec Erétrie, et qui représente l'ancien Delphinion, port d'Oropos. « Les restes d une ancienne jetée, quelques vestiges helléniques, une chapelle ruinée , des fragments d'architecture, une colonne de marbre qui sert d'amarre, des puits, des jardins, une fontaine

mont Zastani, et a gauche, les v. de d'eau suumàtre sur le rivage, sont T/iourka, de Masi et le mont He- d'ailleurs tout ce qu'on peut noter

leui, se dirige par une contrée montagneuse vers Marcopoulo {ï h.), gros bourg, situé a 3 kilom.

de la mer. dans un haut vallon planté d'oliviers et d'arbres de toute sorte, arrosé par une source qui sort de terre à 1 300 met. S.-O.

du village. On y trouve un des meilleurs kham de la Grèce.

C'est à Marcopoulo, et plus spécialement à la source d'Hagia Ptghi ( la sainte source), que M. Hanriot, dans une discussion savante et qui nous semble péremptoire contre les opinions de MM. Finlay et Leake , place la source sacrée et l'antique oracle d Amphiaraùs. Cet oracle devait son nom à Amphiaraùs, un des sept chefs argiens qui assiégèrent Thèbes : il t tait tameux par sa science divinatrice ; après sa mort, on lui rendit les honneurs divins,

d'antiquités à Scala, village qui semble plus peuplé de chien»

aboyants que d'habitants. Les ensablements de l'Asope paraissent avoir beaucoup exhaussé le lond de ce petit port, où. quand on aborde, il faut aujourd'hui se faire descendre à dos d'homme. Peutêtre une baie exista-t-elle jadis U où est actuellement une plaine. > (Hanriot.)

A 3U00 met., au S.-O., dans les terres, se trouve le v. d'OropOS, qui représente bien l'ancien Orunos, malgré l'opinion contraire de M . Finlay, adoptée comme à regret par M. Leake , mais réfutée pat M. Hanriot. d'accord en cela avec la plupart des antiquaires. Oropos était construite à l'embouchure du lleuve A^ope. qui vient de Platée :

cette ville appartint le plus souvent aux Athéniens, qui sen ser-

ot son oracle devint un des plus | vaient pour débarquer des troupes

Kot rr. 6.1 U ATHENES A CHAI.CIS PAR OECE LIE.

.•n Béotie. et pour assurer leurs | Laapi, dominée au N. par une montagne abrupte, nu sommet de la qut'lle on trouve des ruines hellénique». C'est l'antique Aulis; on appelle encore ee pavs Vliké ou Avliké. La petite baie <îu S. semble être 1p petit port d'Aulis, qui, selon Strabon. ne contenait que 50 vaisseaux. Le grand port, où se réunit la flotte grecque sous les ordres d'Agamemnon, avant de se diriger sur Troie, parait être la baie de Laspi. Elle est fort étroite, sans doute, pour contenir les 1266 vaisseaux énumérés par Homère, mais suffisante cependant pour des bâtiments aussi petits que l'étaient ceux des (irecs.

La grande baie semi-circulaire, au N. de la montagne, est beaucoup trop agitée par le courant de l'Eunpe pour que ces faibles navire* pussent y jeter l'ancre avec aécurité. Il faut ensuite contourner les versants rocheux des montagnes qui forment cette baie, pour atteindre l'entrée de l'Euripe. Vue de cette distance, avec ses mosquées et leurs minarets, la ville de Chalcis a un aspect tout à fait oriental. Passant au-dessous du fort turc de Kara- Baba, on arrive enfin au détroit de l'Euripe, que l'on traverse sur un pont tournant, et l'on entre à (3 h.) Chalcis. [V. Route 18.)

lunicitions avec l'Eubee, crenier de l'Aitique. Elle fut prise en 402 par les Thé bains, qui transportèrent ses habitants à 7 stades plus loin dans les terres. Celte nouvelle Orope est représentée, selon M. Hannot, par le v. de Svcamino, situé en effet à 7 stades 1260 mèt.» d'Oropos, sur la rive béotienne de l'Asope. On y trouve quelques débris et des inscriptions antiques.

IVp Syeamino on peut se rendre à Tana^re en 3 h. en remontant le cours de :J»ope On traverse d'abord une gorge remarquable resierrée entrf le Mavro- Vooao, dernière ramification du Parues, -t les collines marneuses qui longent la plaine de Deliuœ. An delà de cette gorge on débouche dan» la plaine d'Hyporeia.

Au delà de Scala, on traverse une large plaine d'alluvion, on franchit l'Asope. et, longeant le bord de la mer. au pied d une chaîne de collines marneuses, on atteint (2 h.

15 Delvu, /antique Délium. Cette petite ville, le port de Tanagre, possédait un temple d Apollon Dé- Jien. Ce si sous ces murs que, Tan 424 av. J.-C, les Athéniens furent complètement battus par les Thébains. Le philosophe Socrate y combattit à pied avec un courage admirable, et y sauva les jours du jeune Xéoophon : lui-même dut »od salut à Alcibiade, qui servait dans la cavalerie.

On continue le long du rivage joaqu à (1 h. 15} Dramisi , où la carte française marque à tort le me de l>é\man. On traverse une [ lame parallèle à la mer, et bornée ,x j'E. par des collines peu élevées; on passe par les hameaux de G lésali •^t de Tcbek-bi, laissant un peu à gauche Je v. de Vatby. En cet endroit le canal de l'Eubée est tr^a- resserré : un promontoire avancé de IEubée porte le fort Hjhtzî, bâti par les Turcs et commandant entièrement le passage

(D'ATHÈNErf A CHALCIS par décelir rr tanagre.

(72 kil.,î jour*. — On couche ï Kikoml««:.j

D'Athènes à Patissia 3 kil }. (F.

Honte l\, 4°.) — Au delà de Patissia on quitte bientôt la grande route de Kapandriti pour prendre ikilom.) un chemin à gauche, qui traverse le bois d'oliviers ('S kilom.); puis, après avoir franchi le bras principal du Céphise , on laisse a gauche le chemin de Ménidi et l'on remonte à droite presque parallèlement au Céphise , qui co

ule

On contourne la petite baie de I dans un ravin assez profond. La

[ RotTTK 0.1

roule incline un peu vers le N.-E., à travers une plaine couverte de landes et de buissons. On a sur lagauche le Parnès, ou Ozéa.

dont le pic principal atteint 1413 mèt., et à droite le Pentélique?

8kilom. plus loin, on franchit un ravin et un bras du Céphise ; on laisse à gauche le hameau ruiné de Varibobi (Pœonida?, selon M. Hanriot) , alors on commence a gravir les hauteurs qui joignent le Parnès au PenU liqùe, etlon atteint (6 kilom.) la fontaine de Tatoy (5 h.

d'Athènes), place de l'ancienne Décélie, Tune des douze cités de la confédération ionienne. Sophocle y avait son tombeau. On arrive ensuite {i kilom.) au défilé (Klidi), qui existe entre le mont Katsimyti et le mont Maounia. Mardoniusse rendant d'Atlique en Béotie traversa ce défilé avec l'armée des Perses, l'an 479, quelques jours avant la bataille de Platée. C'était aussi là qu'était placée la fameuse forteresse que les Lacédémoniens élevèrent, l'an 413 av. J.-C, sur les conseils d'Alcibiade, banni de sa patrie. Cette occupation ruina l'Attique et amena, huit ans plus tard, la prise d'Athènes. De la citadelle lacédémonienne , il ne reste plus aujourd'hui qu'un amas de gros blocs taillés, épars sur la cime étroite du mont et ensevelis dans une végétation très-vivace.

De ce sommet escarpé, on domine toute la plaine d'Athènes et toute la région N. du Parnès, jusqu'au cap Cynosure de Marathon. Du côté opposé ii Tatoy, la forteresse plonge sur un précipice abrupt qui la mettait hors de toute atteinte.

En redescendant du Katsimytsi, on franchit la source principale du Cbaradros, et par un sentier difficile, dans des rochers escarpés, on atteint un défilé agreste entre le mont Liopési à gauche et le mont Béletzi à droite, et (4 kilom.) la chapelle d'Hagios Merkourios, où se trouve une fontaine ombragée de superbes platanes. Les voyageurs y font ordinairement une

station. Là se trouvait Sphendale, et Mardonius y campa en allant de Décélie à Tanagre.

On descend ensuite dans une»

plaine où coule la Marmaradn, affluent de l'Asope, et laissant h main droite (3 kilom.) un sentier oui conduit en? h. à Oropos, pardessus le Mavro-Vouno, on se dirige à l O. au pied des montagnes vers le v. de (7 kilom.) Kakosialési (l'antique Hyporeia?), entouré d'un bois d'oliviers, et situé au pied d'une muraille à pic formée par le mont Arméni, qui le domine de 764 mèt.

De Kakosialesi. on se rend on 3 h. à Tanagre (12 kilom.) par un sentier qui longe le pied des montagnes et traverse Liatani , ou par un chemin un peu plus long (14 kil.). mais plus facile, qui se dirige d'abord au N. à travers la plaine, franchit l'Asope (l h.) à gué près du point où il reçoit Ja Marmarada et un autre ruisseau, passe ensuite au 1 h.) hameau aima , près duquel on remarque une vieille tour, qui commande une partie de la Béotie, et atteint (1 h.) les ruines de

Tanagre. Cette ville avait été bâtie par les (Jéphyréens, colon»*»

phénicienne qui passa ensuite a Athènes. Sa position sur les frontières de la Béotie l'exposa à toutes les vicissitudes de la guerre.

Kn 457 av. J.-C. les Lacédémoniens s'en emparèrent et repoussèrent une attaque des Athéniens unis aux Argiens. L'année suivante (456), les Athéniens vainqueurs rasèrent ses murailles. En 426. ils défirent sur son territoire les Béotiens et leB Tanagréens. Au temps d'Auguste , Tanagre était, avec Th es pies, la ville la plus prospère de la Béotie. Elle fleurit jusqu'au vi* siècle. C'est aujourd'hui un lieu désert. Elle a vu naître Corinne , qui vivait vers 470 av.

J.-C, et qui fut la rivale de Pindare. Les Tanagréens étaient surtout une population agricole : ils avaient inventé les combats de coqs.

Rovtk -.1 D' ATHÈNES

L'emplacement de Tanagre est une large colline presque circulaire qui s'éh've sur la rive N. de i'Asope. A TE., un ruisseau se jette dans ce fleuve. La partie supérieure de la colline est rocailleuse et abrupte. Les ruines de Tanagre sont plus remarquables par leur étendue.que par leur grandeur. Les murs, dont il ne reste que les fondations, embrassaient un circuit d'environ 3 kiloin. Du edté S. il y a quelques restes d'une construction polygonale, et d'une porte dont le linteau, fait d une seule pierre, a plus de 2 met. de long. Du côté du N.-O. on observe les restes d'un théâtre creusé dans le flanc de la colline, et au N.-E.

le* restes d'un édifice d'un marbre vert sombre. Le sol est jonché de fragments de poteries. Les églises de Saint-Théodore au S., de Saint- George et de Saint-Nicolas au N.

de Tanagre, contiennent quelques fragments antiques.

Chemin de Tanagre à Tbèbea (86 kilomëtrrsi par Bratzi, Dritxa et Spaïdès

fV.R. 9.)

En quittant Tanagre, on sedirige ver» le N.. a travers une large plaine, et l'on arrive à (f> kilom.

Sktmatari , village de 80 maisons, d'où Ton rejoint le» bords de l'Euripe à 6 kilom.) Gierali. prés de Vatby. De là à Chalcis, 11 kilom.

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