‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 90 sur 511 · DE SUNIUM A ATHENES · texte numérisé non relu

DE SUNIUM A ATHENES

on trouve PaUeo - Legrana. probablement l'ancien Azenia. En face, s'élève dans la mer un rocher à pic formant l'îlot connu sous le nom de Gaidouro-Nisi. île Provençale, ou île de PatTOCle. Ce dernier nom n'est pas celui du héros troyen, mais celui d'un amiral du dernier roi de Macédoine, Persée, qui commandait la plus puissante flotte de son temps, et qui avait fuit de cette île une station fortifiée. On quitte lacôte pour remonter le vallon boise de Korphona qui se dirige vers le N. et on arrive (l h. 30 m. de Sunium) à Legrana, misérable hameau qui parait être l'ancien dème de Laurium, et qui forme la station la plus voisine du cap Colonnes. On se dirige à l'O. et on franchit une espèce de col pour descendre près d'une tour ruinée, au hameau de (30 m.) Cataphygi Phégée). Au delà, on descend sur la plaine d'^t nuvyso. laissant k gauene la baie assez profonde de Saint-Nicolas, de l'autre côté de laquelle on remarque des salines assez étendues. La plaine est dominée à l'O. par le mont Olympos, aujourd'hui Elymvo, qui projette dans la mer l'îlot d'Eléoussa ou Arsida et le promontoire d'Astvpalœa. C'est ici que M. Hannot, pour des raisons que nous ne pouvons reproduire, mais qui nous semblent concluantes, placel'ancien Colias, contre l'opinion générale des antiquaires, qui mettent le Colias beaucoup plus près d'Athènes, les uns au Trispyrghi de la baie de Phalère, les autres à la pointe d'Hagios Kosmas. Il 'n'y avait pas, du reste, de cap Colias, mais un rivage de ce nom sur lequel s'élevait le temple célèbre de Vénus Colias, où les femmes d'Athènes allaient célébrer des fêtes solennelles.

C'est pendant une de ces fêtes que Solon et Pisistraieayantsurpris les femmes des Mégariens, avec qui ils étaient en guerre, en profitèrent pour leur enlever Salamine.

Plus tard, on raconte que les debris des vaisseaux perses furent .

après la bataille de Calamine, jetés par le vent d'O. sur le rivage de Colias.

Traversant une plaine marécageuse, on arriveà (lu.' la ferme isolée à'Anavyso (Anaphlyste) (3 h.

de Sunium). On suit alors la plaine, comprise entre le mont Olympos au S. et le mont Kératia au N., pour gagner (30 m.) Olympos ^Œgylia\ misérable hameau avec une vieille tour, où l'on peut, à la rigueur, trouver un gîte. Au delà d'Olympos, on entre dans une région déserte qui s'étend jusqu'à Vari et presque jusqu'à Atlnnes, et qui, d'après Hérodote, fut le dernier asile que les populations helléniques, devenues maîtresses du sol, laissèrent aux vieux Pélas-

Ses. .On y rencontre souvent des ébris de murs pélasgiques, et de nombreux tumuli. « La contrée est, du reste, empreinte d'un cachet particulier Nulle part ne se fait plus vivementsentir la désolation d'une terre dès longtemps ruinée.

Du temps des Komains déjà cette contrée était un désert.» (Hanriot.)

A partir d'Olympos, il est difficile de trouverile l'eau. Près d'une tour en ruines à gauche (45 m.) on aperçoit la mer , un petit promontoire et quelques îlots; traversant alors une plaine couverte de broussailles et d'arbres résineux, on atteint (90 m.) un défilé entre deux monticules , puis on descend dans une petite plaine d'où l'on découvre la mer à gauche. C'est là, près du hameau ruiné de Thinikia, oùsubsistent d'anciens tombeaux, que se trouvait le dème de Lampra inférieure.

Hemontantdans un nouveau défilé (20 m.) qui renferme quelques cabanes de bergers, on redescend dans un petit vallon, où l'on reconnaît à gauche (20 m ) l'emplacement ou dème de Thorx, signalé par un puits , une ferme ruinée et la chapelle de Saint-Dimitri.

On gravit ensuite (15 m.) une colline boisée pour redescendre dans une plaine bien cultivée, d'où l'on aperçoit l'Hymette. Au

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delà de cette plaine, on franchît (30 m.) dcns un défilé étroit et pittoresque l'extrémité N. de la petite chaîne du mont Kérarnoti.

Traversant (10 ni.) une petite plaine cultivée, on atteint (15 m.) un puits, près duquel sont deux maisons, et les ruines de Thili. Un peu plus au N., vers l'angle de l'Hymette, le hameau de Lamvrika indique le dème de Lampra supérieure, qui fut l'asile et le tombeau de Cranaiïs, chassé d'Athènes par l'Hellène Amphictyon. Au delà de ces faibles vestiges de civilisation , on rentre dans la contrée déserte d'Anagyros au pied du petit Hyraette ," nommé Ânhydros (sans eau) ; peu d'endroits méritent mieux ce nom.

Changeant tout à fait de direction, on s'avance de TE. à l'O., parallèlement à la chaîne de Kérarnoti, vers le cap Zoster, et l'on atteint (45 m.) le namcau de Vari, d'où la vue s'étend sur la baie du même nom. On y trouve quelques fragments antiques.

A 45 m. de Vari, sur le rêvera de l'Hymette, se trouve la célèbre frotte de Pan, appelée aussi grotte d'Archid&mus.

Il serait difficile de la trouver sans guide. Le troue d'un pin, escalier peu commode, sert à la descente et a remplace les degrés tailles dont la trace existe encore. Un pan de rocher formant paroi en partage l'intérieur en deux chambres distincte», où pendent des stalactites. Au fond de la caverne, les infiltrations entretiennent une source) limpide. On y trouve un autel dédie à Apollon, un autre au Grand Tout (Pan), la statue mutilée de Cerès ou de Cybèle, et une tète de lion. Une inscription d'un caractère archaïque, et qui parait une espèce d'ex-voto, apprend que cette grotte a été consacrée aux Nymphes par un certain Archidamu* de Pbères La sculpture ressemble, par la rudesse de son style, à la métope de Sélinonte et aux lions de Mycènes, et parait remonter jusqu'à une antiquité trèslointaine.

« Cette partie de l'Attique est la seule

[Route 5.j D'ATHENES A CUA ou ie rencontrait le culte de Pan, ce dieu vajrue et agreste, sous le nom duquel la nature entière semblait enfermée comme en un symbole grossier. Ses sanctuaires étaient des grottes; et jusqu'à la bataille de Marathon les Athéniens l'a- Taient repousse de leurs temples. Mais à cette époque, l'invasion medique faisant taire toute rirai» te de races, Pan eut sa grotte à l'Acropole et à Marathon, en mémoire dn secours qu'il prêta dans cette occasion au* Hellènes.

« Cest dans cette grotte que jadis le divin Platon, jeune encore, tint pour sacrifier à la divinité du lieu. Il est permis de croire que le jeune disciple de Socrate Tenait y adorer, ron le Pan rustique de la mythologie populaire, mais bien le P«m primitif, qui était comme une gros- 9 iere ébauche de cet être suprême, que son génie devançant les siècles allait révéler au monde. > (Hanriot.)

Au delà de Vari, on franchit une spèce de col compris entre l'Hymette-Anhydros et le cap Zoster.

« Ce passage parait avoir été jadis soigneusement gardé, à en juger oar les deux Palteo Kastro, dont les ruines existent encore à 1 endroit (45 m.) nommé Palœo-Vari (Anagyre) et parmi lesquelles il se trouve une construction cyclopéenne.

« Le cap Zoiter, projeté parla chaîne de l'Hymette, est une forte péninsule, nommée aujourd'hui mont Kaminia, qui aboutit à la mer par trois langues de rochers 'Kavoura, Vouliasrr.eni et Zervi), au delà desquelles l'Hymette projette encore l'îlot Pbaura, aujourd'hui Phlèva, rocher assez pittoresque et vivement coupé. C'est là, disait-on, que Latone, près de mettre au jour Apollon et Diane, avait délie sa ceinture, et le cap avait pris son nom de cette circonstance. »

Palaeo-Vari dépassé, on traverse une lande aride et couverte seulement d'arbrisseaux; on laisse à gauche le petit port Hahki (Halae- >fexonides% on descend dans un

LCIS PAR OUOPOS. lif)

vallon qu'arrose un torrent venant de l'Hymette, nuis on remonte sur (I h.) un plateau où se trouve le hameau de «assam 'Aixones, patrie de Chabria-») , ' situé en face du promontoire de Hagios Kosmas. De ce plateau, on aperçoit le Lycabette, l'Acropole et la colline de Musée. On rencontre ici à droite et à gauche de la route (10 m.) les restes de plusieurs édifices antiques, et l'on atteint (5 m.) Trakonis , grande ferme dominée par une émmence qui porte un pyrgos avec une petite église.

Selon M. Hanriot, Trakonis représente l'ancien Halimons, partie de Thucydide, où l'on célébrait les mystères de Cérès Thesmophore.

A partir de Trakonis, la culture commence à reparaître sur les collines, qui s'étendent à gauche jusqu'à la baie de PhAlère. On traverse plusieurs torrents descendus de l'Hymette, et (45 m.) on aperçoit de nouveau la baie de Phalère et le promontoire de Trùpyrghi. On commence à descendre vers Athènes, puis, au bas d'une pente assez roide, creusée dans la colline du Stade, on débouche sur l'Ilissuf, en face du temple de Jupiter Olympien, et l'on rentre dans Athènes (1 h.).

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