‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 152 sur 408 · d^ ~auac Jhiesons · texte numérisé non relu

d^ ~auac Jhiesons

66 Jtond^poàUd^Ad el-lotif -- -

60 d' de l'hippodrome^. BA

70 d' — deJ^a^aZ/M.. D.2

71 d**-^deJrasn^èÀ . C.5j8

72 Sjuare de'Sabd,'lnuq. ... .... CA

Musées Jhéâtres, etc.

73 Jfusèe^^^ptiesn, ......... ... B.3

Ik Opéra . - \>X.Vk

75 Theatre^^nmoade B.i

7B Iti^podrome^ . - - - — B.4

Route 13] H£NS£iGNfiM£NTS. -— HISTOIRE.

BUT le feu au Caire, contribua à mer la ville de nombreux édifices; U loi doit la mosquée qui porte son

Cl {Gam'a-el-Bakem), Lorsque à la le des khalifes fatimi tes tout reniM BOUS l'autorité des Abbassides^ lui régnaient à Bagdad^ le Caire l»otinua néanmoins à rester le siège m dynasties puissantes qui se sucrèrent depuis Tannée 1176 de J. G.

[u'à la conquête de TÉgypte par m I*'. Salan-Eddin- Youçouf, si u sous le nom de Saladin, fonor de la dynastie des Ayoubites^ itîtuavers 1176^ aux murailles de ues dont le fondateur avait enfMré la ville, une enceinte en pierre, I même temps <^u'il construisait la ilatelle et qu*il étendait considéra- Ibment la ville du côté du S.

[Cest aussi sous le règne de Sala- B que des marchands chrétiens obèrent Tautorisation de s'établir au Êiy et donnèrent naissance au lier Franc, qu'on nommait elàû « La succession de ces dynas- U, dit M. Pascal Coste, donnait bssanee, à chaque période, à des lais où la vanité des princes cherfiit à surpasser leurs devanciers, audiences données aux étrangers, sentences ou les jugements renpar le sultan se faisaient avec grande pompe. On construisait Tistes salles avec des portiques iMtnus par des colonnes, où le Iface sur son tr^ne, ses ministres, i officiers de sa cour, les savants ei I hommes de toutes les conditions feaatent place chacun selon son Ég. Celte disposition des palais, tonnae dans les pays de l'Europe, pt, ainsi que sembleraient l'indi-

tles restes des anciens monuts aujourd'hui ruinés, particule à la cour des monarques perb; beaucoup de mots arabes ktifs à cettç architecture de luxe It empruntés évidemment à la )^e persane, et il est à remarét que lorsque es poètes veulent trirc U solidité, la magnificence,

la grandeur des édifices, des portiques ou des salles d'audience, la cour et les portiques des Ghosroës sont toujours cités comme modèles. » Le faste s'introduisit en Egypte sous ces dynasties indépendantes ; des colléget furent créés avec des hibliolM^ queSf où tous les princes, abbassides ou fatimites, ayoubites et mamelouks, se faisaient une gloire et un honneur de se réunir. Un des princes mamelouks, le sultan Bibars, se distingua par les nombreuses construc* tions dont il dota TÉgypte et le Caire. Il fit réparer la mosquée el- Azhar, la grande tour de la citadelle qui tombait en ruine, fonda des collèges et des mosquées au Caire. L'avénement de Kalaoun au trône, en 682 de l'hégire, marqua pour le Caire une époque féconde en grands monuments ; une mosquée encore existante porte son nom. Melek-en- Naçer, son fils, suivit les traditions de son père. II semblait, disent les historiens, qu'on eût fait proclamer l'ordre de bâtir; émirs, gens de guerre, commis de bureaux, simples habitants du Caire, se mirent à construire à l'envi, sous cette dynastie des Circasaiens. Parmi ces princes, on peut encore citer les sultans Barqouq et Kaït-Bey, lesquels ont doté le Caire de quelques édifices remarquabies qui portent leurs noms (F.

§ V). Sous ces règnes, à la fin du vn* siècle de l'hégire, Tart de décorer les édifices atteignit le plus haut degré de magnificence et de perfection. Les nécropoles du Caire nous ont conservé un grand nombre d'édifices de celte époque qui sont des^ modèles d'élégance (K. § V). L'aqueduc en pierre qui amène Teau du Nil à la citadelle fut construit en lôOO, sous le règne d'El-Crhouri.

Aucun fait notable ne signale This- Loire de la capitale égyptienne dans les siècles suivants, jusqu'à l'époque de l'expédition française. La bataille des Pyramides nous livra la ville, dont l'amie.e prit posàCosicjn le

EOYPTB. — LE GAIRE.

22 juillet 1798. On sait avec quelles flatteries Bonaparte essaya de captiver les cheikhs, les imams, et de s*attacher la population du Caire. Il a régné à ce sujet une sorte de légende qui a été réduite à sa juste valeur dans rhistoire de M. Lanfrey. L'insurrection qui eut lieu le 21 octobre montra bientôt le peu de réalité de cette soumission : il fallut noyer la révolte dans le sang. Mais bientôt Tabsence du général en chef pendant sa folle expédition de Syrie compromit la nouvelle colonie. On sait ce qu'il advint après le départ de Bonaparte pour l'Europe, et les cir* constances qui signalèrent le commandement de Kléber, assassiné par un fanatique sur la place de l'Ezbékyèh. Les événements qui amenèrent Tèvacuation ne nous laissèrent pas le temps de mettre À exécution les plans d'amélioration et d'assainissement que nos ingénieurs avaient élaborés.

Toutefois une impulsion nouvelle était donnée, ,et le court séjour des Français en Egypte fut le point de départ des grandes réformes que réalisa le gouvernement de Méhémet- Ali. Sous ce prince, comme sous ses successeurs, les Européens, en prenant en Egypte une influence prépondérante^ y réalisèrent des progrès considérables. On a peut-être dépassé la mesure dans ces derniers temps, en appliquant à la ville du Caire, cette perle de l'Orient, le système des percements à outrance et des constructions de maisons européennes, qui lui font perdre de jour en jour son aspect oriental. Les vieux quartiers ont été heureusement épargnés jusqu'ici, mais il n'est que temps de s'arrêter. Dans toute la partie occidentale de la ville, Vhaussmanisationf pour nous servir d'une expression qui a eu du succès dans son temps, l'baussmanisation a été conduite à la hâte, sans préoccupation suffisante du sentiment artistique, comme dans l'intention de faire de cette ville une auberge du

[Route ij

monde, où les oisifs viendraient û penser leur argent et traîner le ennui au milieu de plaisirs purl ment matériels. On pouvait rèvj une plus noble destinée pour ce| splendide capitale où l'art des Pl^ raons et celui des Arabes, unis à i^ nature luxuriante, transportaient] pensée dans les sphères les plus ba tes de l'idéal.

m. Topofraphie. Aspect fénénl

Le Caire, capitale 4e l'Egypte, tj situé par 29* de longit. E. et p aO'' de lat. N., à 1800 met. envii^ de la rive dr; du Nil, à la pente oci dentale du mont Moqattam, auqi s'adosse la citadelle. Limitée à ï et au S. par les terrains sablonne qui s'étendent au pieU de cette m tagne et portent les deux nécropo de Kalt-Bey et de rimam-Chafey, la plaine couverte de décombres la sépare du vieux Caire, la vi touchait, il y a quelques années côté de ro. à de vastes plantati de palmiers, à de magnifiques aj nues d'acacias et de sycomores, Q s'étendaient du Nil jusqu'au port] Boulaq, et se prolongeaient au N- 1| de vertes prairies vers les ricl^ campagnes du Delta. Mais ces pU| tations ont été détruites, pour faj place à un nouveau quartier, le qui tier Ismaîlièh, dont les coustruclio à l'européenne s'étendent à l'O. de ville, du côté du Nil; ce quartier^ traversé par des rues droites et I larges boulevards, disposition (\ convient très<mal au climat et i ciel ensoleillé de l'Orient. Pour c^ riger ce défaut, on y fait de noi breuses plantations d*tLcaeias Le\ bek, arbre absolument égyptien, i tronc gros et contourné, aux feuill épaisses et découpées, qui prom6 tent d'agréables ombrages, quai ils auront vieilli davantage.

La ville, comme on peut le voir i l'examinant du haut de la ciudeU ou en jetant un coup d'œil sur le plai a dans son ensemble la forme d i

[noUTE 12] TOPOGRAPHIE, — ASPECT GÉNÉRAL, 305

carré oblong, dont la plus grande «tendue du S. 0. au N. E. est d*enr.m 4 kil. sur 2 kil. de large. Un ûm!, le Khalîg, dérivé du Nil, un p<?a au-dessous du vieux Caire ou F'>'!iJ, là traverse dans toute sa lonfaeur, et une branche du même canal ÏVaveloppe à l'O. Sa largeur est d'une iwine de mètres. Il va porter Teau \i^me vers Héliopolis et au delà. Un |nnd nombre de ponts généralement ta pierre traversent ce canal, mais teeun d'eux n'est digne d'attention.

; Qiatre grandes places peuvent serfrde points de repère : VExhékyèhj

•N. 0., que Ton rencontre tout

faîiord en arrivant au Caire, est un

square qui sert tout à la fois

lieu de promenade et de réunion, plie centre de la partie civilisée.

Birket-ei-Fylj grand espace maréux, au S. du quartier arabe, du Khalîg: et enfin les places

mailah et Qarameidanj au S. K.,

pied de la citadelle.

^Oq compte dans Tancienne ville kit rues principales {sekkèh) : trois p^ le sens de la longueur et cinq knsTcrsales. La plus large, la plus ■portante de ces dernières est la rue k Mouski ou quartier Franc, qui va h'Ezbékyèh jusqu'à la grande rue tagttudmale^ étendue du faubourg KÎ^yèh et de Bab el-Foutouh à u el-Saadèb ; cette rue touche aux ^ipaux bazars, elle a été prolonk à peu près en ligne droite par la pe^eure, jusqu'à la porte Gboraîb; k atteint ainsi la limite extrême I la ville du côté de TE. La rue la ^longue est celle qui longe le Kha- \ depuis Bab-Seideh-Zelneb jusqu'à ^ el-Cba'ryèh. Elle n'a pas moins ' & kil., grâce à ses détours.

A dr. et à g. des grandes voies, voDocnt les ruelles {derh) et les im- '^ses [atféh) et s'étendent les difTé- Dis quartiers. La plupart des petii rues intérieures ont à chaque ^mité une grande porte que Ton nne chaque soir et qui a son garnit. Ce qu'on nomme un quorlter

OBISNT n.

(harêt) se compose d'un certain nombre de ruelles n'ayant qu'une entrée générale, qui se ferme le soir, comme les rues particulières ; plusieurs néanmoins sont traversés par une rue ouverte. Le nombre total des quartiers est de 53. Ils prennent leur dénomination soit des édifices qu'ils renferment^ soit des classes ou des professions qui les habitent ; ainsi :

le quartier des chrétiens ou des cop> tes {Baret en-Nassara), au N. de rEzbékyèb, le Quartier des Francs {fiaret el-Freng) appelé a«8i Movski, à TE. de TEzbékyèb, le Quartier juif {Harel el-Yahoud) à i'E. du Kha- Itg et au N. de la rue du MtMiski prolongée. Le quartier grec est situé dans la partie £. de la ville, au delà de la grande rue longitudinale. Le Haret el'Touloun, à l'extrémité S. de la ville, en est le quartier le plus ancien, puisqu'il appartenait au vieux Caire. Parmi les rues nouvellement ouvertes, nous citerons : dans le quartier chréiien, le boulevard Clôtbey, qui va de la Bourse à la route de Choubrah; le boulevard Mohammed-Ali, qui part de la place ÂtaieUKadra, près du ministère des finances et de l'intérieur, situé à l'angle S. E. de l'Ezbékyèh, se dirige en droite ligne vefs la mosquée du sultan Hass<in et conduit à la place Roumaîlah et à la citadelle; la rue d'Jbdln, qui longe la façade G. de l'Ezbékyèh, passe devant les hôtels Shepheard et New-Hôtel et aboutit au palais d'Àbdln; la route de Bou- Ictq, qui débouche sur la place de l'Ezbékyèh et traverse le canal Ismailyèh ; enfin la longue rue du Kasrel-Nii, qui part de la route de Bonlaq et mène au vieux Caire en longeant les palais situés sur la rive dr. du Nil.

Le Caire n'est plus, comme il l'a été autrefois, entièrement entouré d'une enceinte fortifiée; les agrandissements de la ville dans plusieurs directions, à l'O. notamment et au N., ont dépassé sur beaucoup de

EGYPTE. — LE CAIRE

points rencointe primitive. Là où eue s'est conservée, du côté de TE.

et du S., elle présente une muraille épaisse, flanquée de tours rondes ou carrées, et percée de portes munies aussi pour la plupart d'ouvrages de défense. On compte aujourd'hui 71 portes; plusieurs, par la raison qui vient d'être indiquée, se trouvent maintenant dans l'intérieur. Telle est celle qu'on nomme Bdb el-Zoéilèh, vers le milieu de la grande rue longitudinale, et à côté de la mosquée el-Mouayyad. Cette porte marquait au S. la limite de la ville avant Saladin. Celles qu'on cite comme les plus belles sont : Bdb el-Foutouh (la porte des Conquêtes), Bdb el'Nasr (la porte de la Victoire), situées toutes deux près de l'angle N. E. de Tenceinte, enfin Bdb el-Touloûn dans sa partie S. La citadelle, vers l'angle S. E., domine la ville j mais elle est elle-même dominée par un mamelon presque contigu, sur lequel Méhémet-Ali a fait élever un fort. Tout cela ne présente pas les éléments d'une défense sérieuse.

Malgré l'énorme mortalité que la peste y porta en 1835, et qui enleva près du tiers des habitants, on évalue la population actuelle du Caire, d'après la statistique de M. de Regny-Bey, pour l'année 1B68, à environ 350000 habitants, dont 331 000 sujets égyptiens et 19000 résidents étrangers.

Parmi les 331 ÛOO sujets égyptiens, il faudrait compter environ 270000 musulmans indigènes et Turcs, 1 5 à 20 000 Copies, 7000 Juifs, 10000 Levantins, 1 5 à20 0(X) Abyssiniens et Nubiens,etc.

La ville compte 1300 okelt ou khdnSy où les caravanes déposent marchands et marchandises, plus de 300 fontaines ou citernes, 3 à 400 mosquées, 70 bains publics. Les chrétiens des différentes communions y ont une quarantaine d'églises ou de chapelles, et les juifs, 13 synagogues.

Le Caire est, après Constantinople, la plus grande et la plus belle ville

de rOrient musulman. Elle présent même beaucoup plus d'attraits qu la première.

Malheureusement, la civilisatio européenne, en pénétrant dans c pays plus avant qu'elle ne Ta fa dans aucune partie de l'empire otU man, lui a enlevé une partie do su caractère original. Sans les maisui à l'italienne, b&ties autour de VEzU kyèh, sans ces palais et ces établissi ments nouveaux construits dcpiii Mohammed -Ali, qui n'appartiennei à aucun style, le Caire serait ur ville tout orientale, ou pour mici; dire purement sarrasine; car le styi arabe des premiers temps de Yvlam y est bien moins mélange ( byzantin et de syrien qu'à Alep, Damas et ailleurs. Des maisons cl< vées, à toit plat, des construction^^ formes singulières et tout à fait fai tastiques, y rappellent à chaque p:

les descriptions des MtUe et ur Nuilt. Lorsqu'on la voit apparaître travers les massifs de palmiers ei i sycomores en arrivant du Delta Q du Nil, ou lorsqu'on la contemple (| haut de la citadelle avec ses uiai^oi peintes, ses palais blancs et ses iJ nombrables minarets aux lortiif élancées^ elle présente un aspect ré( lement saisissant. Il ne faut poi^ tant pas .s'attendre à retrouver môme splendeur lorsqu'on desce^ aux détails : l'intérieur de la ville 4 très-irrégulier. Les rues, ou piaf les ruelles, sont pour la plupart éi(^ tes, sinueuses ; et comme elles i sont pas pavées, elles sont toujo^ ou boueuses ou remplies d'une ça{ che épaisse de poussière. Dn ^i nombre de mosquées et de mai ont un aspect délabré. Rare rencontre-t-on une place qui ne pas à demi obstruée de déc bres; et comme au-dessus do het coup de rues on tend des to' ou des nattes pour les garanti soleil, on y marche dans une obscurité. Les rues principale fc^fc)sont généralement bordée

les M ées d'tll

[Route 12]

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